jeudi, 14 mai 2009
Les engagements de Fillon.
Entretien avec François Fillon,
publié dans Le Figaro,
le 14 mai 2009.
Dans une interview au Figaro, le premier ministre assure notamment que la fiscalité n'augmentera pas. Ses relations avec le président, les universités, la réforme de l'hôpital… Tour d'horizon de ses propos les plus marquants.
-La conjoncture : « Quelques éléments positifs permettent de croire (…) à une reprise lente en Europe en 2010. En France, l'inflation est très basse, la consommation résiste bien et les banques demeurent solides. Ce sont des signaux encourageants, mais rien n'est encore gagné, et nous ne sommes pas à l'abri de nouveaux à-coups ».
- Le déficit : «Nous acceptons l'idée d'un creusement du déficit dans les conditions économiques que nous connaissons. Personne en Europe ne reviendra à l'équilibre en 2012. Mais je prépare un budget 2010 avec l'ambition et la volonté de réduire les dépenses de l'Etat».
- Les impôts : « Nous n'augmenterons pas les impôts : c'est contre-productif en période de récession, car cela pèse sur la consommation, et c'est dangereux si la situation s'améliore, car cela risque de freiner la reprise».
- La réforme de l'hôpital : « L'équilibre auquel nous sommes parvenus est le meilleur qui puisse être trouvé. Le gouvernement ne bougera plus de cette ligne».
- Les universités : « Nous n'accepterons jamais que les examens soient bradés (…) Là où la situation reste tendue, j'ai demandé à Valérie Pécresse d'étudier deux solutions : un report des examens en septembre et l'organisation des épreuves en dehors de l'enceinte des universités bloquées. »
- Les européennes : « Ce scrutin se déroule dans un contexte totalement inédit. (…) Pour la première fois, le débat européen est concentré sur la réponse que l'Europe doit apporter à la mondialisation, c'est-à-dire sur l'Europe efficace. Cette Europe politique, à laquelle personne ne croyait dans le passé, est devenue crédible grâce à la présidence française. Mais aussi, il faut le dire, à la présidence allemande ».
- La campagne du Parti socialiste : « La gauche reste très divisée même si le PS s'est mis d'accord sur un texte de façade ».
- Ses relations avec Nicolas Sarkozy : « Je suis dans une relation de confiance totale avec le président de la République». « Ce travail, pour lequel le président m'a choisi, je m'y consacre entièrement sans penser à mes lendemains. »
- Les ministres d'ouverture : François Fillon s'est déclaré favorable à une «amplification» de l'ouverture de son gouvernement. « C'est une vieille conviction chez moi : les vieux clivages politiques ont volé en éclats. L'intuition du président était la bonne. L'idée d'associer des hommes et des femmes qui n'ont pas les mêmes convictions permet à un gouvernement et à une majorité d'éviter l'enfermement et la tentation du sectarisme »
- François Bayrou : «Sa démarche, qui consiste à être dans un dénigrement systématique, j'estime qu'elle le décrédibilise. Il tombe dans les mêmes travers que le Parti socialiste. »
- Dominique de Villepin : « Il a eu des jugements parfois excessifs. Quand il juge le climat social en France prérévolutionnaire, il se laisse emporter par le goût des formules. »
- Christine Lagarde commissaire européen ? : « Christine Lagarde a comme caractéristique de pouvoir occuper beaucoup de fonctions. C'est la raison pour laquelle je souhaite qu'elle continue d'être ministre de l'Économie »
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lundi, 11 mai 2009
L'Union pour la Méditerranée: pour une vision humaniste de l'avenir.
A la suite de la misssion que nous a confiée la Présidence de la République, le Club Nouveau Siècle, avec le concours de La Diagonale et de plusieurs expères, restitura le contenu de ses travaux, le samedi 16 mai 2009, à partir de 10 heures, dans la salle de presse de l'UMP (55, rue La Boètie - 75008 Paris).
Cette réunion publique sera honorée de la présence du Ministre Philippe Dechartre, Doyen du Conseil économique, social et environnemental, du Ministre Olivier Stirn, du Président Bernard Reygrobellet ainsi que de celle du Préfet Thierry Coudert.
N'hésitez pas à vous inscrire sur le site internet du Club Nouveau Siècle: www.club-nouveau-siecle.org
Nicolas CALLEGARI
Secrétaire général adjoint du Club Nouveau Siècle
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mercredi, 06 mai 2009
Nicolas Sarkozy : un second souffle ?
Par Jean d'Ormesson,
de l'Académie française.
Tribune publiée dans Le Figaro,
le 06 mai 2009.
Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy était élu président de la République avec une large avance sur Ségolène Royal. Il célébrait le travail, la réussite, le retour de la France au premier plan des nations. Il enflammait les foules. Il rendait confiance aux Français découragés. Tout semblait lui sourire. Les acclamations montaient vers lui. Deux ans plus tard, il est passé des sommets de la popularité aux abîmes de l'impopularité : d'un peu moins de 60 % à un peu plus de 30 %. Une chute de moitié ou presque. Une baisse en tout cas de l'ordre de vingt-cinq points. Que s'est-il passé ?
• Une descente aux enfers
Allons vite. Deux choses surtout : d'abord, il n'était pas rond, il ne fumait pas la pipe, il n'était pas radical-socialiste, il n'était pas sensible à la beauté de La Princesse de Clèves, il aimait trop ce qui brille, il s'était rendu successivement au Fouquet's et sur un yacht de luxe au lieu de faire retraite dans un couvent, il était nerveux, super-actif, impulsif, et on le traitait de bling-bling ; et puis, par vagues successives, est arrivée d'Amérique la crise la plus sévère depuis le jeudi noir de 1929. Dès la fin de 2007, la popularité du président fléchit pour des raisons surtout privées et qui lui sont imputables ; dès la rentrée de 2008, le système bancaire se déglingue un peu partout, l'économie mondiale vacille, et il n'y est pour rien. Sarkozy était victime du Fouquet's et de Madoff. Il payait cher ses propres erreurs et les méfaits des autres.
César le savait déjà, il y a un peu plus de deux mille ans : les Français sont difficiles à gouverner. Et ils sont changeants. Regardez les chiffres : un ou deux ans après leur élection, les trois derniers présidents de la République, Giscard, Mitterrand, Chirac, ont connu aussi une baisse importante de leur popularité. Et la crise économique emporte tout sur son passage. Il n'est pas légitime de tirer argument de ce qui n'a pas eu lieu. Il est pourtant permis de se demander - et à gauche et à droite - où le pays en serait aujourd'hui si Ségolène Royal avait été élue, il y a deux ans, à la place de Nicolas Sarkozy.
Tout va mal partout. Tout le monde souffre et se plaint partout. En Angleterre, le travailliste Gordon Brown est dans une situation bien pire que Sarkozy. Le chômage frappe l'Espagne du socialiste Zapatero plus durement que la France de Sarkozy. N'empêche. Les choses vont moins bien en France pour Sarkozy qu'en Amérique pour Obama, acclamé de toutes parts ; où qu'en Italie pour Berlusconi, encore étonnamment populaire. Un étranger, peu au courant des affaires françaises, qui arriverait à Paris comme les Persans de Montesquieu pour tomber sur les grèves et les manifestations, qui écouterait la radio, qui regarderait la télévision, qui jetterait un coup d'œil sur les hebdomadaires, considérerait à coup sûr la chute de Sarkozy comme inéluctable. Il pourrait même se demander si elle n'est pas imminente.
• Les atouts du président
Deux ans après son élection, la force de Sarkozy réside peut-être seulement dans la faiblesse de ses adversaires. Longtemps, la France a été le pays d'une dispersion politique qui allait jusqu'à l'atomisation. Il y avait dans ce pays autant de partis politiques que de fromages. À force de vivre dans ce système, son remplacement par une bipolarisation à l'anglaise ou à l'américaine est passé presque inaperçu. Le Parti communiste, naguère si puissant, qui a même été, un temps, le premier parti de France, n'existe plus. Le Parti radical, longtemps cœur de la nation, s'est pour ainsi dire infusé dans les autres partis : Giscard était radical par opposition au gaullisme, Chirac était radical par fidélité au gaullisme, et, en fin de compte, le socialiste Mitterrand était radical lui aussi. La droite, traditionnellement divisée, a été rassemblée et unifiée par Sarkozy - c'est même ce que la gauche et une frange de la droite lui reprochent le plus vivement. Il n'y a plus que deux forces en France comme dans la plupart des démocraties : l'UMP et le Parti socialiste. Et le Parti socialiste est en mauvais état. Ce ne sont pas ses adversaires qui dénoncent la décadence du Parti socialiste. Ce sont ses propres partisans et, plus étrangement encore, ses propres dirigeants qui n'en finissent pas de s'en désoler bruyamment. Les choses en sont parvenues à un tel point que, par un paradoxe merveilleusement français, la dégringolade du Parti socialiste, loin de réjouir le parti du président, commence à l'inquiéter sérieusement.
• Une double impopularité
Deux ans après l'élection de Sarkozy, la situation est assez simple. Pour impopulaire qu'il soit - aux yeux au moins des médias qui n'en finissent pas de résonner de cette impopularité -, Nicolas Sarkozy n'a plus d'adversaire. Il n'en a pas, bien sûr, à droite, malgré Dominique de Villepin qui croit, plus que Besancenot, plus que les communistes et plus que Martine Aubry, à une révolution imminente. Mais, bizarrement, il n'en a plus à gauche. Les choses, naturellement, peuvent changer du tout au tout en trois ans. Mais, aujourd'hui, ni Ségolène Royal, ni Martine Aubry, ni Dominique Strauss-Kahn, ni, bien sûr, Laurent Fabius, ni personne ne représente un danger réel pour Nicolas Sarkozy. Si l'élection se déroulait demain, le président, au comble de l'impopularité, aurait pourtant de bonnes chances d'être réélu. Oui, Nicolas Sarkozy a cessé d'être populaire. Il est peut-être franchement impopulaire. Mais ses adversaires le sont encore plus que lui.
• Le seul à droite
C'est là que le destin risque de tourner sur ses gonds. La faiblesse du Parti socialiste, loin d'être une chance pour le président, est plutôt un drame pour lui comme pour tout le monde - ou pour presque tout le monde. Le danger pour Sarkozy est que l'effondrement du Parti socialiste permette à François Bayrou, qui avait été troisième il y a deux ans, d'être deuxième dans trois ans.
Quelle est la ligne politique de Bayrou ? Le moins qu'on puisse dire est qu'elle est floue. Est-il à droite ? Est-il à gauche ? Qui le sait ? Personne. Et peut-être pas lui-même. C'est sa force. Et sa faiblesse. Beaucoup de gens de droite pensent qu'il est passé à gauche. Mais beaucoup de gens de gauche sont persuadés qu'il est resté à droite. La vérité est qu'il essaie simplement de grappiller des voix et à droite et à gauche. Il est l'héritier de Lecanuet qui était l'adversaire du général de Gaulle ; il est l'héritier de Poher qui était l'adversaire de Pompidou. Et, héritier avec évidence des adversaires du gaullisme, il est l'allié de Villepin qui est l'héritier du gaullisme. L'ambiguïté règne avec une clarté éclatante sur la démarche de Bayrou qui n'a pas d'autre ambition et pas d'autre programme que de devenir président à la place du président. Il ne sort de cette ambiguïté que sur un seul point, qu'il partage avec Villepin, et qui est décisif chez presque tous ceux qui se disent ses partisans : la détestation presque physique de Sarkozy. Cette détestation est le ressort à peu près unique et fort bien formulé de son livre de combat : Abus de pouvoir où une absence d'idées et de propositions est dissimulée avec talent sous le ressentiment.
Le calcul de Bayrou est simple : s'il arrive deuxième à l'élection présidentielle dans trois ans, la gauche tout entière sera contrainte de voter pour lui contre Sarkozy. Arrivé second en 2002, Le Pen n'a pas réussi à l'emporter contre Chirac parce qu'il se situait à sa droite. Se situant à la gauche de Sarkozy, Bayrou espère l'emporter contre lui à l'élection de 2012. On voit le sort cruel des socialistes affaiblis par la montée de Besancenot comme la droite avait été affaiblie naguère par la montée de Le Pen : les voilà menacés d'être contraints à voter demain pour Bayrou comme ils avaient été contraints hier à voter pour Chirac.
Dans ce jeu d'enfer, Sarkozy, en mauvaise position apparente, joue pourtant sur du velours. Malgré Villepin et les siens qui le poursuivent de leur vindicte, il est le seul à droite - et, au lieu d'avoir à sa gauche et au centre un adversaire unique et puissant, il en a deux qui se détestent et se méfient l'un de l'autre, François Bayrou et le Parti socialiste.
• Trois ans pour convaincre
Beaucoup de périls nous menacent aujourd'hui : la grippe porcine, peut-être déjà en recul ; un chômage que Sarkozy avait fait baisser de façon spectaculaire et qui s'est remis à grimper comme partout, avec toutes les souffrances qu'il entraîne ; les réformes qui patinent parce que tous les Français les veulent pour les autres et que chaque Français les refuse pour lui-même ; la crise surtout qui frappe le monde entier et qui bouleverse l'économie. Sur tous ces points, qui échappent pour la plupart au contrôle de qui que ce soit, Nicolas Sarkozy fait ce qu'il peut, et plutôt moins mal que les autres. Comment ne pas comprendre, comment ne pas partager la colère de ceux qui manifestent par crainte de perdre leur travail et de voir baisser leur niveau de vie ? Et comment ne pas constater en même temps que les racines de tous les maux qui fondent sur nous sont à chercher dans cette crise mondiale dont les effets finiront bien par s'estomper.
Tout dépend désormais de Sarkozy, de ce qu'il va vouloir, de ce qu'il va faire. Son destin personnel. Et le sort du pays. Il lui faut un nouveau souffle. Après avoir réussi avec éclat à rassembler la droite, il reste trois ans à un président éminemment pragmatique, devenu par la force des choses un négociateur hors pair, pour convaincre ce pays dont de Gaulle pensait qu'il n'était ni de droite ni de gauche, mais qu'il était la France. C'est la grâce qu'on lui souhaite. Ses adversaires n'y croient pas. Ses partisans lui font confiance. L'avenir tranchera.
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lundi, 04 mai 2009
«Un nouvel engagement américain pour le XXIe siècle»
Par le général James L. Jones (R), conseiller à la Sécurité nationale des États-Unis.
Tribune publiée dans Le Figaro,
le 30 avril 2009.
Principal conseiller stratégique du président américain, le général Jones dresse le bilan des cent premiers jours de Barack Obama au pouvoir, invitant à ne pas confondre les offres de dialogue de la nouvelle Administration avec de la faiblesse.
Il y a cent jours, les États-Unis fêtaient l'investiture de notre 44e président. Nombreux furent ceux à travers le monde qui se joignirent à nous dans la célébration de cette occasion historique pour le peuple américain et pour tous ceux qui espéraient un avenir meilleur.
L'enthousiasme et l'optimisme que nous, Américains, avons ressentis le 20 janvier n'ont fait que croître depuis, même confrontés à une grave crise économique mondiale, à l'apparition d'un nouveau virus de la grippe et aux défis colossaux du XXIe siècle (terrorisme et prolifération nucléaire, changements climatiques et pauvreté, conflits persistants et dangereuses maladies.) Ces problèmes n'ont pas été provoqués par une nation en particulier, et ils ne pourront être résolus par une nation toute seule. Comme l'a déclaré le président Obama dès son deuxième jour en fonction, « dans l'intérêt de notre sécurité nationale et des aspirations communes des peuples à travers le monde, l'ère d'un nouvel engagement américain dans le monde doit s'ouvrir maintenant ».
Durant les cent premiers jours de son Administration, le président Obama a déjà montré au monde à quoi ressemblera le nouvel engagement américain.
En premier lieu, il s'est engagé avec son gouvernement en faveur d'une politique étrangère qui assure la sécurité des Américains et celle de nos amis et alliés. Un engagement global sur la base d'intérêts et de respect mutuels constitue le point de départ de notre politique étrangère. Même s'il y a des circonstances dans lesquelles cette approche risque d'échouer, les États-Unis seront avant tout prêts à écouter et à parler avec des adversaires potentiels pour faire progresser nos intérêts et ceux de la communauté internationale qui compte sur notre leadership en matière de sécurité. Dans les cas où un usage plus démonstratif de notre puissance est inévitable, aucun adversaire ne doit se faire d'illusions sur ce qu'il adviendra. C'est pourquoi nous maintiendrons nos forces armées comme les meilleures du monde, mais aussi les plus admirées et les plus respectées.
Pour mettre en œuvre nos stratégies d'engagement, le président a désigné, pratiquement dès sa prise de fonction, quelques-uns des diplomates les plus talentueux pour servir comme représentants et émissaires spéciaux pour la paix au Proche-Orient, l'Asie du Sud-Ouest, le Soudan, l'Afghanistan et le Pakistan, le changement climatique.
Ce seul fait illustre combien au XXIe siècle les stratégies régionales seront au premier plan de nos efforts et de nos préoccupations. C'est une reconnaissance claire que nous devons nous occuper du monde tel qu'il est aujourd'hui et non tel qu'il était au XXe siècle. Au cours des trois derniers mois, notre appareil de sécurité nationale, incluant nos diplomates à l'étranger, a entamé une diplomatie active et efficace pour répondre aux nombreux défis qui nous sont posés. À ce jour, les résultats sont encourageants, mais il reste beaucoup à faire.
Le président Obama a, d'autre part, clairement exprimé son intention de poursuivre un dialogue profond et positif avec les communautés musulmanes à travers le monde. C'est la raison pour laquelle il a donné sa première interview télévisée à al-Arabiya. C'est aussi pourquoi il a dit au peuple et aux dirigeants iraniens qu'il recherche un nouveau dialogue sur l'éventail complet des questions en suspens, et c'est encore pourquoi il a défendu, dans son discours devant le Parlement turc, l'idée de nouveaux partenariats sur l'éducation, la santé et l'égalité des chances. Enfin, c'est pour cette raison qu'il a déclaré sans ambiguïté que les États-Unis ne sont pas, et ne seront jamais, en guerre avec l'islam.
En deuxième lieu, nous n'avons pas fait mystère de notre projet de désorganiser, de démanteler et de vaincre al-Qaida. En mars, le président a rendu publics les résultats d'une revue stratégique pour le Pakistan et l'Afghanistan, qui va enfin fournir les ressources dont nous avons besoin pour atteindre nos objectifs, tout en aidant les populations pour leur sécurité et leur développement. À Strasbourg, lors du 60e anniversaire de la création de l'Otan, il a reçu un large soutien international pour sa stratégie et un engagement de nos alliés à créer un nouveau concept stratégique, afin que l'Alliance réponde mieux aux défis du XXIe siècle. Et à Bagdad, le président a réitéré son engagement de réduire nos forces de manière responsable, conformément à l'accord négocié avec l'Irak, en aidant parallèlement les Irakiens à assumer la responsabilité de leur avenir souverain.
Troisièmement, le président Obama s'est employé à bâtir des approches communes sur toute une série de défis internationaux. À Londres, il a contribué à l'élaboration d'un solide consensus sur des mesures concrètes pour répondre à la crise financière mondiale, y compris un nouveau cadre de régulation internationale, une aide accrue aux pays en voie de développement et un engagement renouvelé en faveur d'un marché libre et équitable. À Prague, il a lancé un programme ambitieux pour sécuriser en quatre ans tous les matériaux nucléaires laissés sans surveillance de par le monde, pour inverser le courant de la prolifération nucléaire et tendre vers un monde débarrassé des armes atomiques.
Plus près de chez nous, le président Obama a admis notre responsabilité partagée dans la demande de drogue et le trafic illicite d'armes, et il a lancé un nouveau plan pour combattre la violence des cartels le long de la frontière avec le Mexique. Il a aussi annoncé la levée des restrictions sur les transferts d'argent et les voyages vers Cuba, et il a marqué un nouveau départ avec nos voisins (…) au Sommet des Amériques.
Le président a également travaillé de manière efficace avec les organisations multilatérales. Ces dernières semaines, les États-Unis se sont joints à la communauté des nations en réaction au lancement d'un missile nord-coréen, et ils intensifient l'effort international pour combattre la piraterie au large des côtes de Somalie. Enfin, ils montrent la voie en poussant des partenariats sur les énergies propres et les changements climatiques.
Pour terminer, le président Obama a rejeté comme une fausse alternative le choix entre la sécurité de l'Amérique et ses idéaux. Dès son premier jour au pouvoir, il a ordonné la fermeture de Guantanamo d'ici à un an, a interdit les techniques de détention renforcées et a fait savoir, sans exception ni équivoque, que les États-Unis soutiennent totalement les Conventions de Genève et ne pratiquent ni ne cautionnent la torture. Là aussi, on attend de nous que nous dirigions par la force de notre exemple.
Même si beaucoup a été dit et accompli durant les cent premiers jours, ceux d'entre nous qui ont le privilège de servir en ces temps remarquablement complexes et stimulants réalisent parfaitement que nous ne sommes qu'au début du voyage. Nous pensons que nous avons déjà fait des progrès en relevant certains des grands défis pour restaurer le standing de l'Amérique, amie et partenaire de tous ceux qui recherchent un avenir de paix, de prospérité et de dignité.
Traduit de l'américain par Philippe Gélie
11:03 Publié dans Diplomatie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : usa, diplomatie, politique, ump, sarkozy, ps, modem, europe
vendredi, 01 mai 2009
Pr Berche: "Je suis très inquiet, cette situation est pandémique."
Entretien publié dans Le Figaro,
le 30 avril 2009.
Le professeur de microbiologie, chef de service à l'hôpital Necker, estime que les personnes ayant des symptômes de grippe devraient se faire soigner à domicile, sauf en cas de forme grave.
Pr Patrick BERCHE. - Je suis très inquiet. Pour moi, la situation est clairement pandémique. Ce virus nouveau, hybride entre le porc, l'homme et l'oiseau, vient de passer à l'homme qui n'a jamais été en contact avec lui. Sa virulence tient en partie au fait qu'il va frapper une population «vierge» de toute immunité à son égard et donc très sensible. Le fait qu'il soit apparu à Mexico où vivent 20 millions d'habitants, dans des mauvaises conditions d'hygiène, permet de penser que le virus a pu se développer depuis au moins un mois, sans que l'on contrôle sa propagation. Pour l'instant, il y a eu 150 morts présumés, plus de 1 900 cas déclarés. Il y en a sans doute beaucoup plus au Mexique. Par ailleurs, ce virus se propage très vite dans l'espèce humaine. On peut s'attendre à ce qu'il touche le monde entier très rapidement. Enfin, il ressemble à celui de la grippe espagnole très meurtrier en 1918. Dans les pays occidentaux, nous disposons d'antiviraux, d'antibiotiques, d'infrastructures sanitaires, de masques… Les principales victimes seront dans les pays en voie de développement qui n'ont pas accès aux soins, pas de médicaments, pas de structures médicales…
Les mesures prises jusqu'à présent en France sont-elles pertinentes ?
Dès que l'on sait qu'un virus grippal se propage à partir d'un endroit connu, il faut arrêter tous voyages avec la zone concernée. En France, nous avons un plan, des médicaments, des masques. Tout le monde répète que l'on a le meilleur plan. Il ne faut pas être lénifiant. Tout dépendra de notre aptitude à le mettre en pratique, de la capacité des pouvoirs publics à distribuer les antiviraux, les masques de manière optimale. Cela va imposer de répondre de manière très précise à des problèmes de logistique et de communication.
Que faire avec les cas suspects ? Faut-il mettre en quarantaine les personnes revenant du Mexique ?
Il faut impérativement que le gouvernement demande à ce que les personnes présentant une grippe restent chez elles et évitent de se rendre aux urgences des hôpitaux pour réduire la propagation vers le personnel soignant et les autres malades. Sauf si leur état est grave. Les prélèvements devraient être faits à domicile. Il serait sage de recommander aux voyageurs qui reviennent du Mexique de rester à domicile pendant quelques jours, le temps de l'éventuelle phase d'incubation ou de contamination asymptomatique. Une telle mesure aurait dû être prise dès le début de l'épidémie. Si les cas augmentent en France, il faudra interdire provisoirement les rassemblements, fermer les écoles, éviter les transports en commun…
Combien de temps peut durer cette épidémie ?
La grippe devrait disparaître en Europe dans les semaines qui viennent avec l'arrivée de l'été. En revanche, elle pourrait se développer dans l'hémisphère Sud, en Nouvelle-Zélande, en Australie, pendant l'hiver austral. Ensuite, le virus pourrait revenir en octobre-novembre dans l'hémisphère Nord quand les conditions climatiques lui seront plus favorables.
Le vaccin qui a été utilisé cet hiver peut-il être utile contre ce virus ?
Une bonne mesure est d'utiliser le vaccin disponible, composé de trois souches H1N1 (différente de la souche mexicaine), H2N2, H3N2. Si quelqu'un présente une grippe, bien que vacciné, on pourra dire, sans tests compliqués, qu'il s'agit vraisemblablement d'une nouvelle souche. Par ailleurs, le vaccin actuel contient une souche de H1N1 qui pourrait induire une protection partielle contre la souche mexicaine. Cela pourra être rapidement vérifié s'il apparaît que les personnes vaccinées en octobre dernier souffrent moins de cette grippe que celles qui ne le sont pas.
Pourquoi meurt-on de la grippe dans certains cas?
Vous avez la grippe, 40 de fièvre, des douleurs musculaires, des maux de tête, vous êtes très mal. La situation devient inquiétante quand vous présentez des difficultés importantes à respirer qu'il faut prendre en charge en réanimation. Il peut s'agir d'une pneumopathie virale ou d'une surinfection pulmonaire. Dans la majorité des cas, les antiviraux prescrits précocement sont efficaces, tout comme les antibiotiques. Les réactions au virus sont variables : certains n'auront qu'une forme asymptomatique, d'autres une pneumopathie grave. Les morts de cette grippe mexicaine sont âgés de 20 à 45 ans, la même population cible que celle de la grippe espagnole. La forme saisonnière frappe avant tout des jeunes enfants et les personnes âgées. Lors des pandémies de 1957 et 1968, le taux de mortalité a été de 0,1 %, en 1918 il pouvait atteindre de 2 à 4 %. Lorsqu'il y a une pandémie, plus de la moitié de la population du monde est infectée. Mais une proportion importante est représentée par les porteurs sains, qui pourraient contribuer à propager le virus.
Propos recueillis parMartine Perez.
13:01 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, grippe a, politique, ump, sarkozy































































































