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<title>Blog de Nicolas Callégari-Lefèvre</title>
<description>PATRIAM SERVANDO VICTORIAM TULIT (Devise de l'Ordre de la Libération)</description>
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<lastBuildDate>Thu, 26 Nov 2009 09:08:18 +0100</lastBuildDate>
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<title>Strauss-Kahn : «Il faut revoir notre modèle de croissance»</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Economie</category>
<pubDate>Thu, 26 Nov 2009 09:00:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/01/501111272.jpg&quot; alt=&quot;e523b104-d92d-11de-a1ff-05a8ec6ca7f8.jpg&quot; id=&quot;media-2126378&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Interview de Dominique Strauss-Khan,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Directeur général du FMI.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Entretien publié dans Le Figaro,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;le 25 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La crise financière est «&amp;nbsp;à peu près maîtrisée&amp;nbsp;», même si les banques sont encore très loin d'avoir complètement nettoyé leurs bilans. L'économie mondiale commence à voir le bout du tunnel, mais ce n'est qu'à l'été 2010 que le chômage commencera à refluer aux États-Unis et en Europe. Dominique Strauss-Kahn a répondu aux questions du Figaro.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;LE FIGARO. - La reprise mondiale est-elle solide&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dominique STRAUSS-KAHN.&lt;/strong&gt; En Asie, elle est là. Ailleurs, elle se profile seulement - selon le FMI, elle viendra au premier semestre 2010. Mais la reprise est fragile. Quel est le risque aujourd'hui&amp;nbsp;? Que l'on ne continue pas à mettre en œuvre les politiques qu'il faut pour assurer la pérennité de la reprise. Nous ne croyons pas à une rechute, ce que l'on appelle un scénario de «&amp;nbsp;W&amp;nbsp;», mais nous ne pouvons pas complètement l'exclure. Il faut donc maintenir les soutiens publics, car la demande privée reste faible et le chômage va continuer à augmenter encore assez longtemps. On peut aujourd'hui considérer que la crise financière est à peu près maîtrisée. Elle a dégénéré en crise économique, dont on commence à voir le bout du tunnel. Mais la crise sociale reste très forte, principalement dans les pays avancés. C'est ma préoccupation majeure. Au delà, c'est notre modèle de croissance lui-même qu'il faut repenser.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Faudrait-il remuscler les plans de relance&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Non, mais la question se pose aux États-Unis. Le risque est que dans certains pays on n'estime plus nécessaire de réaliser les programmes de relance prévus pour 2010, ce qui augmenterait la probabilité d'une rechute. En même temps, il faut préparer les plans de sortie de crise, annoncer comment on va revenir à des situations budgétaires plus soutenables, tout le monde a besoin de le savoir, et en même temps il ne faut pas les mettre en œuvre trop tôt. C'est une contradiction apparente qu'il faut gérer habilement.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les dettes publiques atteignent des niveaux inquiétants. Peut-on les laisser dériver&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous étions face à un incendie. Le FMI a été le premier à sonner le tocsin. On a sorti les grosses lances à incendie la coopération monétaire, bancaire et budgétaire. On a ainsi évité une crise comme celle de 1929 et on a éteint le feu. Mais, maintenant, il y a de l'eau partout. Il faudra du temps pour l'éponger et revenir à des niveaux raisonnables. Mais il faudra le faire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment se sortir des déficits et de la dette&amp;nbsp;? Par l'impôt&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quand la reprise sera assurée, la stratégie budgétaire devra alors devenir la priorité. Le problème de la dette n'est pas le même pour tout le monde. Il dépend du niveau d'endettement avant la crise, de la démographie et, évidemment, du potentiel de croissance.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le rendement de ces plans de relance n'est-il pas décevant&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au contraire&amp;nbsp;! Selon nos calculs, une dépense publique de 100 milliards aura entraîné une croissance de 100 milliards on dit que «&amp;nbsp;l'effet multiplicateur&amp;nbsp;» est, grosso modo, de un. C'est un bon rendement. Rendez-vous compte&amp;nbsp;: certains pays auront été confrontés à des reculs de 10 à 15&amp;nbsp;% du PIB cette année. On a évité un effondrement généralisé.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;N'a-t-on pas une déperdition quand les gens épargnent l'argent public au lieu de le dépenser&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Effectivement. Le taux d'épargne américain est remonté à 6&amp;nbsp;%&amp;nbsp;; selon certains experts, l'objectif est de le faire remonter à 8&amp;nbsp;%. C'est salutaire à moyen terme, car cela contribue à réduire les déséquilibres mondiaux. Mais c'est un problème à court terme, car ce qui n'est pas consommé ralentit d'autant la reprise.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ce qui a redémarré sur les chapeaux de roues, c'est la spéculation, notamment sur les matières premières…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voilà pourquoi il faut revoir notre modèle de croissance, sinon chaque fois que la croissance repartira les tensions sur les matières premières et le pétrole referont surface. Le problème le plus important pour les pays émergents est l'abondance de liquidités mises en place pour lutter contre la crise. Ces flux de capitaux se déversent en masse dans certains pays émergents, comme le Brésil ou l'Indonésie. Je comprends que ces pays pensent à mettre en place des mesures pour empêcher que leur taux de change ne s'apprécie trop - y compris parfois des contrôles de capitaux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;On a l'impression que la coopération internationale s'est arrêtée sur les taux de change…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La coopération a porté sur les politiques monétaires des banques centrales, les soutiens aux banques et les instruments budgétaires. C'est la première fois que tous les grands pays du monde décident de la même politique, et c'est très positif. Pour les taux de change, c'est plus compliqué. L'élément le plus discuté concerne la valeur certaines monnaies asiatiques, y compris la monnaie chinoise. Une appréciation du yuan serait cohérente avec la stratégie de relance de leur demande intérieure que les autorités chinoises ont choisie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;S'acheminent-ils vers une simple réévaluation du yuan ou Pékin acceptera-t-il de le laisser flotter&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un jour ou l'autre viendra où l'importance de l'économie chinoise conduira le yuan à flotter. Mais aujourd'hui les Chinois veulent maîtriser la façon dont il s'appréciera. Cela prendra du temps, même s'il n'est pas inconcevable qu'il y ait un premier mouvement plus rapidement.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;N'y a-t-il pas une complicité entre la Chine et les États-Unis qui forment de facto une zone monétaire commune&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Oui et non. Cela n'arrange pas les exportateurs américains que le yuan soit sous-évalué, ce qui est le cas. Par ailleurs, un effondrement du dollar n'arrangerait pas les Chinois détenteurs d'énormes quantités de billets verts. Ce n'est donc pas une question de complicité&amp;nbsp;: avec la mondialisation, tout le monde se tient par la barbichette&amp;nbsp;! Faisons en sorte que ce soit pour le meilleur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vue d'Europe, la situation des changes n'est-elle pas pire&amp;nbsp;? l'Europe a la reprise la plus faible et la monnaie la plus chère…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce sont en tout cas les Européens qui se plaignent le plus de la valeur de leur monnaie. Le FMI considère également que l'euro est sans doute un peu fort, mais il est très difficile de déterminer de façon incontestable la valeur d'équilibre des devises. Les Européens doivent cependant mieux affirmer leur stratégie économique s'ils ne veulent pas laisser le couple sino-américain dominer le débat mondial des vingt prochaines années.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Que peut faire l'Europe pour exister face au couple sino-américain&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour être une puissance économique, aujourd'hui, il faut deux atouts&amp;nbsp;: un effet de nombre c'est ce qui fait la force de la Chine - et une avance technologique - qui donne un avantage comparatif aux États-Unis. L'Europe élargie a une population importante, avec 500 millions d'habitants, mais sur le plan technologique les choses n'ont pas suffisamment avancé depuis qu'on a lancé la stratégie de Lisbonne en 2002. Et je constate que le débat technologique, aujourd'hui focalisé notamment sur l'énergie, est beaucoup plus vif aux États-Unis qu'en Europe.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;En promettant des taux zéro pendant longtemps, la Fed n'encourage-t-elle pas une forme de spéculation à partir du dollar&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'objectif de Ben Bernanke est de faciliter la reprise américaine. Il a raison. Sa stratégie monétaire est la bonne. Mais toute solution a ses inconvénients. Le carry trade, c'est-à-dire la spéculation sur les différences de taux d'intérêt, est une source d'instabilité pour les pays émergents, car leurs monnaies se trouvent appréciées. Mais la priorité numéro un aujourd'hui, c'est le retour à la croissance.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quel est aujourd'hui le niveau des pertes non reconnues des banques&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il reste d'importantes pertes non dévoilées&amp;nbsp;: 50&amp;nbsp;% sont peut-être encore cachées dans les bilans. La proportion est plus forte en Europe qu'aux États-Unis. Je le redis&amp;nbsp;: l'histoire des crises bancaires, notamment au Japon, démontre qu'il n'y aura pas de croissance vive et saine sans un nettoyage complet du bilan des banques.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Faut-il imposer une taille limite aux banques&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne crois pas qu'il faille imposer des tailles limites. En revanche, si une banque prend des risques tels qu'elle présente un danger pour le système financier tout entier, il n'est pas illégitime de lui demander une contribution financière. Cette prime d'assurance aurait un double avantage&amp;nbsp;: inciter la banque en question à prendre moins de risques, et collecter des ressources pour répondre à une éventuelle crise bancaire future. Le FMI étudie toutes les propositions de taxation du système financier, comme le lui a demandé le G20, et rendra son rapport en avril.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ne faudrait-il pas alors couper les banques en deux&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'adhère à l'objectif de limiter les risques mais, si la partie banque d'investissement est bien surveillée et si elle paye une prime d'assurance, l'intérêt de couper les banques en deux s'estompe.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Faut-il taper plus sur les bonus&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sur le plan éthique, après les soutiens publics dont ont bénéficié les banques, je comprends que ce qui se passe paraisse scandaleux. Sur le plan économique, les bonus posent aussi un problème systémique, car il y a un lien entre des rémunérations démesurées et des prises de risques excessives même s'il y a aussi d'autres problèmes à régler, à commencer par le niveau de capital des banques. Sur le plan politique, enfin, la question des bonus est essentielle, car une nouvelle crise financière peut toujours survenir et la réaction risque de ne plus être la même&amp;nbsp;: on ne verra pas deux fois des centaines de milliards de dollars d'argent public ainsi déversés sur le secteur financier&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Par manque de moyens&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Non&amp;nbsp;! Parce que les opinions publiques et les Parlements n'accepteront pas de payer deux fois une telle facture. D'où l'importance d'une nouvelle réglementation du secteur financier comme de cette prime d'assurance. Limiter les bonus, moraliser la finance, c'est aussi préparer l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les gouvernements ont déployé des moyens colossaux pour lutter contre la crise. Comment en sortir de façon concertée&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce sera plus compliqué que ne l'a été la coordination des mesures de soutien. Mais c'est indispensable pour éviter les distorsions de concurrence. Politiquement, la sortie de crise ne sera pas facile à gérer non plus. Je n'ai pas d'inquiétude pour les banques centrales. La sortie des plans de relance par les gouvernements est techniquement et politiquement plus délicate…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vous êtes l'opposant de Nicolas Sarkozy le plus populaire de France. Qu'est-ce que cela vous fait&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cela fait toujours plaisir que vos concitoyens vous aiment bien, mais ce n'est pas mon sujet aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;sign&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #999999;&quot;&gt;Propos recueillis par Alexandrine Bouilhet, Gaëtan de Capèle, Jean-Pierre Robin et Yves Thréard&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Les moyens du Téléthon ne sont-ils pas disproportionnés ?</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Santé</category>
<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 15:46:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/01/1052351948.jpg&quot; alt=&quot;h_4_ill_1271260_71fb_473615.jpg&quot; id=&quot;media-2122925&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Par Pierre Bergé, Line Renaud et Bertrand Audoin, président, vice-présidente et directeur général de Sidaction.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Monde,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;le 24 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'Association française contre les myopathies (AFM), grâce au Téléthon, a pu créer de grands pôles de recherche, comme le Génopole ou le Généthon ; des PME travaillent à ses côtés dans les biotechnologies ; certaines de ses recherches bénéficient à d'autres pathologies, comme c'est aussi souvent l'inverse ; l'argent du Téléthon n'est pas détourné.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout cela, Sidaction l'a toujours affirmé, et n'a jamais dit le contraire. Mais ce constat – qu'une association fasse simplement son travail – doit-il pour autant interdire tout questionnement, toute divergence de vue, toute interrogation ? Nous ne le croyons pas.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le Téléthon récolte, bon an mal an, 100 millions d'euros environ. Sans même comparer avec les 7 millions d'euros que récolte Sidaction chaque année, ou aux résultats des collectes dédiées aux autres causes, dont le Téléthon est le champion financier toutes catégories, nous est-il permis de comparer avec le budget annuel de l'Agence nationale – et publique – de recherche sur le sida et les hépatites : 40 millions d'euros environ ? Deux fois et demie moins.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et quel budget public pour les recherches sur les myopathies et les maladies rares ? Quelle place, alors, quel poids pour les pouvoirs publics face à l'AFM dans les grands choix d'orientation de la recherche ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;AUCUNE CAUSE N'EST MEILLEURE QU'UNE AUTRE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans notre &lt;em&gt;&quot;monde idéal&quot;&lt;/em&gt;, les associations caritatives ne devraient pas exister, les impôts que paient tous les citoyens devraient suffire à répondre à leurs besoins, et les pouvoirs publics devraient suffisamment entendre ces besoins pour en faire des priorités d'action.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais dans notre monde réel, les citoyens doivent se mobiliser pour obtenir ce qu'ils veulent, et les associations caritatives comme Sidaction ou l'AFM doivent être les instruments de cette mobilisation. Une mobilisation qui doit se faire dans la mesure, et dans la complémentarité avec les pouvoirs publics; négocier et travailler avec les pouvoirs publics, oui, les remplacer, non.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De ce point de vue, nous est-il interdit de nous demander si les moyens dont dispose le Téléthon ne sont pas disproportionnés ? Dans la lutte contre les maladies, aucune cause n'est, per se, meilleure qu'une autre, car il n'y a pas d'échelle du malheur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cancers, myopathies, sida, maladies rares, nouveaux virus, d'autres encore, tous devraient pouvoir travailler ensemble et à armes égales dans un objectif commun : le mieux-être de l'humanité, la lutte contre des injustices sociales, pour des droits, contre des discriminations liées à la maladie, mais aussi à des choix de vie, comme en subissent trop souvent des malades, et beaucoup de séropositifs.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quand nous devons défendre des idées ensemble, quand nous pensons que nous serions plus forts à négocier côte à côte, nous est-il interdit d'appeler de nos vœux, à nos côtés, une présence constructive, égalitaire, et positive, de l'association avec laquelle les Français montrent la plus grande générosité ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;EXHIBITION POPULISTE ET INDÉCENTE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La lutte contre les myopathies a été construite en grande partie par les malades, leurs familles et leurs proches. La lutte contre le sida aussi. A Sidaction, comme très sûrement à l'AFM, les malades et leur entourage ne sont jamais oubliés dans les prises de décision.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous est-il cependant interdit de constater que l'AFM et nous avons fait des choix différents, voire diamétralement opposés, dans l'image que nos deux associations donnent des malades et de la maladie ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De constater que Sidaction a fait le choix de montrer, simplement, que les malades du sida sont avant tout des citoyens comme les autres, que les mettre à part n'a pas de sens, mais que nous n'avons pas vu le Téléthon nous montrer l'exemple d'un malade atteint de myopathie à inclusion des membres inférieurs, par ailleurs intégré dans la société, comme l'est par exemple l'un des signataires de cet article (Pierre Bergé) ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous est-il interdit de penser que parler des myopathies et des maladies rares en ne mettant au premier rang que des enfants malades, et malheureusement très souvent gravement malades, peut être indécent ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'AFM pense sûrement que le respect de la dignité des malades et leur intégration dans la société passent par l'exposition médiatique de cas parmi les plus graves, ou les plus touchants – et graves et touchants, ils le sont.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous, nous trouvons cette exhibition populiste et, répétons-le, indécente. Nous pensons que ce combat passe par l'exposition d'exemples d'intégration réussis, par une lutte quotidienne et sur le terrain, mais, hélas, rarement par la télévision. Sur ce point, c'est certain, nous ne sommes pas d'accord.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;MALGRÉ LA CRISE, LA SOLIDARITÉ N'A PAS FAIBLI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors, avons-nous voulu, à un moment quelconque, la mort du Téléthon, la disparition de la générosité des Français pour la lutte contre les myopathies et les maladies rares ? Certainement pas. Nous serions d'ailleurs mal placés pour cela.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous est-il interdit, en revanche, de nous demander simplement pourquoi le Téléthon est un si grand succès, alors que Plus de vie, ELA, les Pièces jaunes, les Restos du cœur et Sidaction, qui se succèdent dans les médias pour faire appel à la même générosité, ne collectent jamais le quart de ce même Téléthon ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ne pouvons-nous pas nous étonner que la lutte contre le cancer, seule, ne bénéficie pas du même soutien médiatique ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les Français sont généreux. Nous sommes plus de six millions à donner chaque année aux associations caritatives, et souvent à plusieurs. Malgré la crise, la solidarité avec les plus pauvres et les plus meurtris par la vie n'a pas faibli.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais ne pourrions-nous pas enfin tenter de nous organiser tous ensemble pour que nos appels à la générosité soient mieux coordonnés et cette générosité mieux répartie ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour mettre plus souvent en place des programmes communs de recherche ou d'aide aux malades ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour être, enfin, plus transparents et mieux organisés ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est ce que nous appelons de nos vœux. De tout cœur, nous espérons être entendus.&lt;/p&gt;
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<title>119e anniversaire de la naissance du Général de Gaulle.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Evénement</category>
<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 09:05:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/02/00/1118704377.JPG&quot; alt=&quot;IMG_0664.JPG&quot; id=&quot;media-2117932&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;J'ai assisté hier, au Mont Valérien, à la cérémonie d'hommage au Général de Gaulle, à l'occasion du 119e anniversaire de sa naissance, brillemment organisée par la fédération des Hauts de Seine de l'Association nationale des combattants volontaires de la Résistance (ANCVR).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette cérémonie, voulue sans discours ni lecture, était animée par les petits chanteurs de plusieues maîtrises des Hauts de Seine, qui ont interprété &lt;em&gt;La Marseilleise&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Le Chant des Partisans&lt;/em&gt; devant un parterre de personnalités civiles et militaires, parmi lesquelles le Préfet des Hauts de Seine, le Général de corps d'armée Jean Combette, Président d'honneur du Comité de la Flamme, M Jean Sarkozy, Président du groupe UMP au Conseil général des Hauts de Seine et de nombreux élus locaux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La cérémonie s'est achevée dans la clairière des fusillés du Mont Valérien dans un moment de recueillement et de profonde émotion.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;NCL&lt;/p&gt;
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<title>Olivier Todd : &quot;Il faut garder Camus vivant. Il permet de réfléchir&quot;</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Littérature</category>
<pubDate>Sat, 21 Nov 2009 04:19:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;dropcap&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/01/787595101.jpg&quot; alt=&quot;535b7d08-cf7b-11de-8694-eef099f7892b.jpg&quot; id=&quot;media-2113844&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Entretien avec Olivier Todd,&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;dropcap&quot;&gt;écrivain, biographe.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;dropcap&quot;&gt;&lt;em&gt;Interview publiée dans le Monde,&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;dropcap&quot;&gt;&lt;em&gt;le 21 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;dropcap&quot;&gt;A&lt;/span&gt;vant le cinquantenaire de la mort d'&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Albert Camus&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, en janvier 2010, on publie un &quot;Dictionnaire&quot;, dirigé par&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Jean-Yves Guérin&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, dans la collection &quot;Bouquins&quot; (992 p., 30 euros) et &quot;Les&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Derniers Jours&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;de la vie d'Albert Camus&quot;, de&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;José Lenzini&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;(Actes Sud, 144 p., 16,50 euros). L'écrivain est devenu une sorte d'icône. Vous qui avez été son biographe, comment l'expliquez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On le mythifie dans un rôle de belle âme. Ce qu'il fut, à son honneur. Pour moi et pour ce &lt;i&gt;Dictionnaire&lt;/i&gt;, fouillé, pas hagiographique, fondé sur une idée essentielle, Camus fut d'abord un écrivain, un artiste, un artisan, beaucoup plus qu'un philosophe dans la série Platon, Kant, Sartre, Wittgenstein. Un temps, il a tenté d'exprimer une philosophie à la française, très littéraire. Il en est revenu. Très tôt, il a dit &lt;i&gt;&quot;Je ne suis pas existentialiste&quot;&lt;/i&gt; et admis très tard qu'il n'était pas philosophe. Tant mieux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il ne laissera pas une trace dans la philosophie conçue comme un savoir totalisant. Sa conception de l'absurde ne tient pas la route. Pour lui, c'est presque une substance entre l'homme angoissé et le monde irrationnel - le monde n'est ni absurde ni noir ou rose : il est. L'absurde, n'est-ce pas d'abord la contingence ? Il fut un penseur politique agissant à coups d'intuitions en se fondant sur son expérience.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Né en Algérie et Algérois, il venait d'une famille de pieds-noirs modestes. Il savait, lui, ce qu'étaient le prolétariat et la pauvreté. Camus n'est pas un visionnaire face aux événements mondiaux mais il se révèle bon analyste sur le moment.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Ce qui a cours désormais est que Camus a toujours eu raison et que Sartre s'est toujours trompé.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Camus est mort en 1960. On ne sait pas comment il aurait réagi aux événements, le Vietnam par exemple, sur lequel Sartre s'est prononcé plutôt vite. Camus, comme beaucoup d'intellectuels français, n'entendait rien à l'économie. Ce fut un homme honnête politiquement, même quand il avait tort à propos de l'Algérie et raison face au communisme. Il faut connaître toute sa vie politique pour le comprendre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Jeune, excellent journaliste à &lt;i&gt;Alger républicain&lt;/i&gt;, avant la guerre, il dénonça la misère en Kabylie. Prodigieux reporter, plus attachant que l'éditorialiste qu'il sera à &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt; ou à &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; - point de vue très personnel, je le reconnais. Il a adhéré au Parti communiste algérien en 1934 et s'en est séparé parce qu'il ne défendait pas assez les nationalistes algériens. Son silence au sujet de son adhésion m'a laissé perplexe. Quand il nia, en 1945, avoir été communiste, il était en instance de départ pour les Etats-Unis. Alors, les Américains n'accordaient pas de visas aux membres du Parti communiste. Péché véniel pour un homme qui haïssait le mensonge.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Revenons à l'Algérie. Il fut le seul, dans la presse française, en 1945, à dénoncer dans &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt; la répression colonialiste à Sétif et Guelma - pour &lt;i&gt;L'Humanité&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;&quot;émeutes réactionnaires&quot;&lt;/i&gt;. Seul aussi à rédiger un papier fulgurant sur la bombe atomique. Pendant la guerre d'Algérie - il l'appela &quot;guerre&quot;, pas &quot;opération de police&quot; -, Camus fut déchiré et solitaire. Il refusait l'idée d'indépendance algérienne. Le grand dérapage fut la fameuse et maladroite phrase, peu logique, à Stockholm, après sa nobélisation, en 1957 : &lt;i&gt;&quot;Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice.&quot;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; la publia hors contexte. Beuve-Méry avait prédit : &lt;i&gt;&quot;A Stockholm, Camus ne dira que des conneries...&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sur Sartre et Camus, il faut aussi revenir au contexte quant à la querelle des &lt;i&gt;Temps modernes&lt;/i&gt; à propos de &lt;i&gt;L'Homme révolté&lt;/i&gt;. C'est un monument anthologique de l'histoire littéraire, pas de l'histoire politique. A part une cinquantaine de pages sur le communisme et un Marx messianique, je n'aime pas ce livre, mélange de littérature, de politique, de philosophie, de Rimbaud, de Breton... Une partie de &lt;i&gt;L'Homme révolté&lt;/i&gt; avait été publiée dans &lt;i&gt;Les Temps modernes&lt;/i&gt;. Naïf, Camus s'attendait à une bonne critique. Il rencontre Sartre qui le prévient : il y aura des réserves. Abasourdi, Camus découvre un éreintement de Francis Jeanson.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans ses Mémoires, Simone de Beauvoir affirme que Sartre avait pourtant appelé à une certaine modération. Camus, blessé et assez hidalgo, commence son article réponse par &lt;i&gt;&quot;M. le Directeur&quot;&lt;/i&gt;, ce qui exaspère Sartre. Camus se défend plutôt bien mais la rupture est consommée. Simone de Beauvoir, en 1954, dans &lt;i&gt;Les Mandarins&lt;/i&gt;, fait de Camus un personnage répugnant, collabo même.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Toute sa vie, Camus a été un homme du doute, incertain de son talent. Sartre, lui, croyait en son génie. Politiquement - aujourd'hui, c'est facile -, je suis plus proche de Camus. J'aimerais aussi qu'on se souvienne que Sartre, crypto-communiste, ne s'est pas toujours trompé. Par exemple, sur Israël et les Palestiniens, sur le Biafra. Il faut cesser de dire qu'il nous a trompés. On s'est trompé avec lui. J'ai de l'admiration pour Camus et je garde de l'affection pour Sartre. J'ai toujours aimé leurs livres.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'avais 19 ans lorsque j'ai connu Sartre, en 1948. Il a eu la gentillesse de me voir assez souvent. J'ai rencontré l'oeuvre de Camus. Pas l'homme. J'ai été frappé par le côté direct et simple de Sartre. Je n'ai pas l'impression que Camus ait été simple. Trop déchiré. On insiste maintenant sur la nécro de Sartre, dans &lt;i&gt;France-Observateur&lt;/i&gt;, à la mort de Camus, sur le &lt;i&gt;&quot;Nous étions brouillés... une autre façon de vivre ensemble.&quot;&lt;/i&gt; Beau sartrisme ! Les rapports Camus-Sartre ont été asymétriques. De copinage, de connivence, de fiestas. Pas d'amitié.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ils eurent une attitude fort différente face à l'action. Camus appartint à la Résistance active. Sartre, non. Les rapports écrits, imprimés, de Sartre et de Camus finissent comme ils ont commencé. Ils s'ouvrent sur un article de Sartre en 1942 : &lt;i&gt;&quot;Explication de &quot;L'Etranger&quot;&quot;&lt;/i&gt;. L'agrégé accorde un 21/20 à Camus écrivain et un 7/20 à Camus philosophe - licencié.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;firstLine&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est précisément ce que Sartre refait dans la querelle des &lt;i&gt;Temps modernes&lt;/i&gt;. Avec Jeanson, il reproche à Camus d'être incapable de lire &lt;i&gt;L'Etre et le Néant&lt;/i&gt;. Ses personnages sont &quot;métaphysiques&quot;. Il y avait pourtant eu, dans &lt;i&gt;Les Temps modernes&lt;/i&gt;, deux articles plus que laudatifs sur les héros de &lt;i&gt;La Peste&lt;/i&gt; - livre que je n'aime guère.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Que préférez-vous dans l'oeuvre de Camus ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;L'Etranger&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Noces&lt;/i&gt;, pour son côté lyrique pur sans grandiloquence. Et, avant tout, &lt;i&gt;La Chute&lt;/i&gt;. J'interrogeais souvent Sartre sur les livres de Camus. Il préférait &lt;i&gt;La Chute&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&quot;parce qu'il s'y est mis et caché tout entier&quot;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Et l'oeuvre de Sartre ?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lui aussi est, pour moi, d'abord un écrivain. Même s'il se prenait surtout pour un philosophe dévoilant le monde dans sa totalité. J'aime &lt;i&gt;La Nausée&lt;/i&gt; et ses nouvelles. Surtout, &lt;i&gt;L'Enfance d'un chef&lt;/i&gt;. Autrefois, je détestais &lt;i&gt;Les Chemins de la liberté&lt;/i&gt;. A reconsidérer. Par-dessus tout, &lt;i&gt;Les Mots&lt;/i&gt;, un diamant noir, contrepoint à &lt;i&gt;La Chute&lt;/i&gt;. Dans &lt;i&gt;Situations&lt;/i&gt;, il y a des choses extraordinaires sur l'engagement et un fatras politico-dialectique. &lt;i&gt;Huis clos&lt;/i&gt; que j'ai vu sous l'Occupation.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Que pensez-vous des rapports de Camus et de Malraux ?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Très importants. Asymétriques aussi. Leur correspondance est fascinante. Camus est un petit jeune homme inconnu et ils s'écrivent d'égal à égal. C'est grâce à Pascal Pia et Malraux que &lt;i&gt;L'Etranger&lt;/i&gt; fut publié. Malraux n'a jamais parlé de l'oeuvre de Camus, je crois. Quand Camus reçoit le Nobel, il dit : &lt;i&gt;&quot;C'est Malraux qui aurait dû l'avoir...&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans les rapports d'homme à homme de Camus se profile sans cesse l'ombre du père qu'il n'a pas connu : Jean Grenier, Malraux, Sartre, René Char - encore qu'avec ce dernier il y avait une amitié un peu solennelle, à en juger par les lettres échangées. Puisque je parle de documents, il faut dire qu'il y a encore beaucoup de choses inédites. Les correspondances avec certaines femmes importantes de la vie de Camus, dont Maria Casarès ou Mi, le dernier amour de Camus. Ces lettres-là ont été données à la Bibliothèques nationale.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Camus-Clamence, dans &lt;i&gt;La Chute&lt;/i&gt;, reconnaît qu'il ne pouvait voir une jolie femme sans se retourner. Le voir comme une icône désincarnée n'est pas lui rendre hommage. Il faut le garder vivant dans sa complexité et ses contradictions.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces mois-ci, on s'apprête à rebarbouiller l'icône. Les prétoriens intellectuels récupérateurs de l'Elysée lancent la grande manoeuvre pour, figurez-vous, je vous le jure, le &quot;panthéoniser&quot; ! Camus n'est ni exemplaire ni édifiant. Il permet de réfléchir. Qu'on le lise au lieu de débiter des généralités sans comprendre son parcours. J'aime sa réponse dans une de ses toutes dernières interviews. On lui demandait : &lt;i&gt;&quot;M. Camus, appartenez-vous encore à la gauche ?&quot;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&quot;Oui, malgré elle et malgré moi.&quot;&lt;/i&gt; D'actualité, non ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Propos recueillis pas Josyane Savigneau.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Soumettre le grand emprunt à une règle budgétaire.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Economie</category>
<pubDate>Fri, 20 Nov 2009 07:46:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/01/02/540778427.jpg&quot; alt=&quot;90b232e0-d4f4-11de-9d98-fdf10e98966a.jpg&quot; id=&quot;media-2112214&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Par Jacques Delpla,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;économiste.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Figaro,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;le&amp;nbsp;19 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Membre de la commission Rocard-Juppé sur le grand emprunt, dont le rapport est publié jeudi, l'économiste (1) souhaite qu'une règle de retour à l'équilibre budgétaire à moyen terme soit inscrite dans la Constitution.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour endiguer l'explosion de notre dette publique, il nous faut une règle budgétaire dans la Constitution. Ce n'est ni le grand emprunt ni les gigantesques déficits publics actuels liés à la récession qui mettent en péril nos finances publiques, car ce ne sont que des déficits temporaires. Le vrai danger vient des larges déficits structurels qui existaient déjà avant la crise (3&amp;nbsp;% du PIB de 1980 à 2007) et qui risquent de perdurer - il est vraisemblable qu'ils seront de 5&amp;nbsp;% du PIB, soit 100&amp;nbsp;milliards d'euros, à la sortie de la récession actuelle. Pour vaincre un tel danger, il faut un engagement durable et crédible à réduire nos déficits, avec une règle de retour à l'équilibre budgétaire à moyen terme, inscrite dans la Constitution.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En Allemagne, avec le plan de relance (50&amp;nbsp;milliards d'euros) de janvier 2009, la CDU et le SPD ont adopté une stricte règle budgétaire, insérée, en juin 2009, dans leur Constitution. Je suggère l'adoption, en 2010, lors du vote du grand emprunt, d'une règle semblable. Les grands principes de cette règle devraient être dans notre Constitution et les détails dans une loi organique. La règle serait ainsi&amp;nbsp;: à partir de 2017 ou 2018, les budgets de l'État central (projet de loi de finances, PLF) et de la Sécurité sociale (PLFSS) sont votés en équilibre - hors cycle - sous peine d'inconstitutionnalité. En cas d'exécution du budget avec un déficit, ce déficit doit être amorti sur les cinq années suivantes. Pour éviter toute manipulation des chiffres, un comité budgétaire indépendant et crédible estime les déficits hors cycle et le PIB potentiel. Cette règle s'applique tant que la dette publique est supérieure à 40&amp;nbsp;% du PIB (à ce seuil, après une crise majeure, la dette n'excède pas trop les 60&amp;nbsp;%). Cette règle ne s'applique ni en cas de récession ni en cas de circonstance exceptionnelle (déterminée par un vote à la majorité qualifiée, afin que le gouvernement ne s'affranchisse de la règle que pour des raisons raisonnables et consensuelles). Avec une telle règle, la dette publique atteindrait 60&amp;nbsp;% du PIB vers 2026 et 40&amp;nbsp;% du PIB vers 2036.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si l'on veut éviter qu'une telle règle ne comprime trop les dépenses d'avenir, on pourrait imaginer de contraindre le PLF à un surplus de 1&amp;nbsp;% à 2&amp;nbsp;% du PIB (comme l'ont fait les Scandinaves depuis dix ans) et d'affecter ce surplus à des «dépenses d'avenir», comme celles du grand emprunt.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Plusieurs critiques sont parfois adressées à ces règles. Tout d'abord, «elles ne marcheraient pas». C'est faux&amp;nbsp;: celles qui ont échoué étaient soit mal faites en s'appliquant au déficit courant (en ignorant le cycle économique), soit incohérentes (en Californie, la Constitution interdit les déficits, les hausses d'impôts et la baisse de la plupart des dépenses&amp;nbsp;!). «Elles abrogeraient le choix du Parlement et les choix politiques.»&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au contraire&amp;nbsp;! La grandeur du Parlement n'est pas de toujours faire payer à la génération suivante nos dépenses publiques de consommation (s'endetter pour payer les retraites n'a rien à voir avec la préparation de l'avenir). Par ailleurs, il existe déjà de nombreuses limites au pouvoir absolu du Parlement (le Conseil constitutionnel, les traités). Cette règle budgétaire est bipartisane&amp;nbsp;: dans une démocratie saine, la gauche doit assumer ses choix (des impôts élevés pour financer des dépenses publiques élevées) et la droite les siens (des dépenses publiques modérées avec des impôts modérés), les déficits ne faisant que lisser le cycle économique ou préparer l'avenir. Ce qu'il faut éviter, c'est le populisme budgétaire, i.e. des dépenses de gauche et des impôts de droite. Chaque parti doit assumer les coûts de ses choix politiques devant les électeurs.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Enfin ne nous leurrons pas, l'Allemagne est entrée dans une grande phase de réduction de sa dette. Si nous faisons le chemin inverse, aux yeux des Allemands, du G20 et des marchés financiers, la France aura la crédibilité financière de l'Italie, puis celle de la Grèce. Adieu alors les rêves de puissance, de leadership européen et de coopération étroite avec l'Allemagne. C'est au plus profond de la crise budgétaire, alors la dette et le poids du grand emprunt deviennent un enjeu de crainte, que nous devons voter une telle règle pour redonner espoir dans l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(1) L'auteur publiera une note détaillée sur la règle budgétaire en décembre à la Fondation pour l'innovation politique.&lt;/p&gt;
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<title>Rama Yade : &quot;Je veux être jugée sur mon travail&quot;</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Politique</category>
<pubDate>Thu, 19 Nov 2009 20:13:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/02/02/1692622171.jpg&quot; alt=&quot;rama_yade1.jpg&quot; id=&quot;media-2111589&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Interview de Rama Yade,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Secrétaire d'Etat chargée des sports.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Entretien publié dans Le Monde,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;le 19 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Aimez-vous le football ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Oui, parce que c'est le sport le plus populaire dans le monde entier. C'est même devenu un phénomène politique. Ne pas saisir cette réalité-là, c'est passer à côté de quelque chose. Mais le foot n'échappe pas non plus aux dérives de la société, à travers les violences, le dopage. Par son caractère très populaire, il est aussi devenu une tribune politique pour certains. Ce n'est pas propre à la France. Le football est un relais politique pour tous ceux qui ont un message à faire passer, positivement ou négativement. Cela peut donner des rencontres à hauts risques.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;La violence a-t-elle tendance à augmenter ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le phénomène a toujours existé, mais il évolue. Jusqu'à ces dernières années, ça se passait dans les stades. Maintenant, les violences ont lieu en dehors, bien avant le match ou bien après. Avant, les voyous s'en prenaient aux joueurs du club adverse. Maintenant, ils s'en prennent à leur propre club, leurs propres dirigeants, leurs propres joueurs. Ces évolutions doivent être prises en compte pour faire évoluer nos réponses. Ceux qui donnent du coup de poing ne sont pas des supporteurs, mais des voyous. Le ministère de l'intérieur met en place tous les dispositifs de sécurité nécessaires.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;La réponse est-elle uniquement policière ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est aussi aux clubs de faire le ménage. Ce n'est pas toujours évident, parce que les supporteurs ont un vrai pouvoir. Et les présidents de club ont du mal à porter plainte contre eux, mais il faut avoir le courage de le faire. Il n'est pas non plus normal qu'en France on ait moins de 200 interdits de stade, alors qu'en Angleterre on en compte plus de 3 000. La question de la sécurité fait aussi partie de la compétitivité du sport français.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Jugez-vous opportun le débat sur l'identité nationale ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A partir du moment où c'est un débat, chacun est libre d'apporter sa contribution, de dire ce qu'il entend à travers l'identité nationale. Donc je ne comprends pas qu'on soit choqué&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;La gauche commet-elle une erreur en refusant d'y entrer ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Oui, car la nation est aussi un acquis historique de la gauche. Je ne comprends pas pourquoi on devrait laisser ce débat confisqué par le Front national, qui ne manquerait pas de s'en emparer pour donner une vision restrictive, fermée et intolérante de l'identité nationale.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Peut-on porter en soi plusieurs identités nationales de façon cohérente ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je pense qu'on n'a pas à renier ses origines et qu'on n'en est pas moins français C'est précisément le charme de la France d'avoir su brasser de multiples populations et d'en avoir fait des Français à part entière.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Vous avez été sévèrement rappelée à l'ordre par Nicolas Sarkozy et François Fillon&lt;/b&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;parce que vous avez tendance à tenir tête à vos ministres de tutelle.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je veux être jugée sur mon travail. Nicolas Sarkozy m'a fait l'honneur de m'intégrer dans son gouvernement alors que j'avais à peine 32 ans. C'est pour cela que je lui en serai toujours reconnaissante. Et que les tentatives de division me choquent.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Mais c'est lui qui, début novembre, a dit : &lt;i&gt;&quot;Elle a du mal à s'intégrer dans une équipe&quot;&lt;/i&gt;...&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Moi, je ne l'ai pas entendu.&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Qu'avez-vous décidé pour les élections régionales ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'irai là où on estimera que je suis le plus utile pour mon parti.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jean-François Achilli et Françoise Fressoz&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Le Conseil économique et social se cherche un avenir.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Politique sociale</category>
<pubDate>Wed, 18 Nov 2009 17:37:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/02/00/404755424.jpg&quot; alt=&quot;a5fe2462-d411-11de-8494-b0a1e8ab8258.jpg&quot; name=&quot;media-2109206&quot; id=&quot;media-2109206&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Article de Cyrille Lachèvre,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;publié dans Le Figaro,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;le 18 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La troisième Assemblée, dont les membres nommés sont censés représenter les différents corps intermédiaires de la nation, doit être prochainement réformée. Une plus grande place sera accordée aux femmes, aux jeunes et aux sujets écologiques.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Treize octobre 2009&amp;nbsp;: sollicités par le président de l'Assemblée nationale, les dix-huit groupes composant le Conseil économique social et environnemental (Cese) se prononcent &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2009/10/14/04016-20091014ARTFIG00333-accidents-du-travail-la-taxation-contestee-.php&quot;&gt;contre la fiscalisation des indemnités d'accidents du travail&lt;/a&gt;. «L'abandon de ce projet, qui aurait mérité une étude d'impact, serait le bienvenu dans l'immédiat», écrit le président du Cese, Jacques Dermagne, à Bernard Accoyer. Une lettre restée sans suite. Cette taxe, défendue par Jean-François Copé, a été votée &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lefigaro.fr/impots/2009/11/14/05003-20091114ARTFIG00568-les-indemnites-pour-les-accidents-du-travail-taxees-.php&quot;&gt;par l'Assemblée la semaine dernière&lt;/a&gt;…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;26 décembre 2007&amp;nbsp;: saisi par le gouvernement Fillon qui cherche à se débarrasser du &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lefigaro.fr/economie/2007/09/12/04001-20070912ARTFIG90098-matignon_reporte_le_debat_sur_la_tva_sociale.php&quot;&gt;débat brûlant sur la TVA sociale&lt;/a&gt;, le Cese se prononce en faveur de son instauration sous une forme originale. La baisse des charges salariales pourrait être compensée par une taxe carbone&amp;nbsp;! Rendu pendant les fêtes, cet avis avant-gardiste est accueilli dans l'indifférence générale et ne sera jamais repris par Matignon…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;h3 style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Corps intermédiaires&lt;/h3&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces deux exemples résument tous les paradoxes de la troisième Assemblée de France, «celle du premier mot», comme aime à le répéter Jacques Dermagne. Une assemblée qui peine, en revanche, à avoir le dernier&amp;nbsp;: coincés entre l'hyperprésidence et l'hyper-Parlement, les débats feutrés des 233 conseillers du Cese franchissent rarement les épais murs en béton - classés monuments historiques - du palais d'Iéna, à Paris. «Les travaux du Conseil économique ont toujours été remarquables depuis une trentaine d'années… mais vains… Ses activités se déploient dans le vide» : en 1958 déjà, Maxime Blocq-Mascart, pourtant un de ses défenseurs, faisait ce constat au général de Gaulle, qui lui demandait comment réformer cette assemblée si particulière, composée non pas d'élus, mais de représentants des corps intermédiaires.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cinquante ans plus tard, Nicolas Sarkozy s'attelle à la tâche à son tour. &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lefigaro.fr/politique/2008/07/17/01002-20080717ARTFIG00422-institutions-ce-que-les-deputes-vont-voter-lundi-.php&quot;&gt;La réforme constitutionnelle votée pendant l'été 2008&lt;/a&gt; prévoit de transformer en profondeur l'institution. Le Conseil pourra être saisi par les citoyens ou par le Parlement, rendra ses avis plus vite - ce qui lui permettra de recoller à l'actualité politique - et devrait voir sa composition évoluer pour, en théorie, mieux représenter les Français. Le projet de loi qui gravera dans le marbre ces changements sera discuté dans quelques semaines. Mais la loi, seule, ne suffira pas à tout révolutionner. «Ici, on entend le ronronnement du conservatisme qui broie toute idée nouvelle», déplore un conseiller nommé par le Medef. La réalité est plus nuancée, même si le Conseil doit effectivement vaincre un grand nombre de résistances pour réussir sa mue.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«Depuis la Révolution, la France s'est toujours méfiée de ses corps intermédiaires», rappelle Dominique-Jean Chertier, l'auteur d'&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/094000028/0000.pdf&quot;&gt;un rapport commandé par l'Élysée&lt;/a&gt; en début d'année pour servir de base à la réforme. D'autant que les corporations ont une tendance naturelle à l'immobilisme, pour protéger leurs statuts. Résultat, poursuit Dominique-Jean Chertier, «la composition actuelle du Conseil est le fruit de compromis successifs entre des pressions catégorielles et les résistances corporatistes de l'institution». Autrement dit, le Cese ne représente plus aujourd'hui le vrai visage des Français. De fait, l'agriculture bénéficie de vingt-cinq conseillers, soit plus de 10&amp;nbsp;% de l'assemblée. Or, la France compte moins de 1,5&amp;nbsp;% d'agriculteurs… À l'inverse, les artisans et les professions libérales, qui constituent la moitié des entreprises et le tiers des emplois en France, ne disposent que de treize sièges au total, soit à peine plus de 5&amp;nbsp;% des conseillers… Le Cese compte, enfin, moins de 25&amp;nbsp;% de femmes. La réforme voulue par l'Élysée prévoit notamment de réduire le poids de l'agriculture, de faire disparaître les représentants des entreprises publiques, d'instaurer la parité ou encore de faire entrer trente conseillers au titre de l'environnement. Un jeu de bonneteau qui s'est effectué, au passage, sans que les syndicats ne perdent un seul siège et au détriment des entreprises. Signe que les corporatismes résistent plutôt bien.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Deuxième critique récurrente adressée au Conseil&amp;nbsp;: sa culture du consensus érigée en dogme absolu, qui l'empêche de peser dans le débat public. «Les discussions s'opèrent toujours dans le but d'obtenir l'adhésion de chaque groupe, ce qui signifie que seuls les plus petits multiples communs sont abordés, regrette Philippe Valletoux, membre de la section finances.&amp;nbsp;Le Conseil devrait s'attaquer aux débats compliqués et avoir le courage de dire&amp;nbsp;: «Voilà un point sur lequel nous ne sommes pas d'accord» pour que les politiques agissent ensuite de manière éclairée.» Résultat, si les analyses sont toujours jugées de grande qualité, les recommandations du Cese sont, à l'inverse, considérées comme trop timorées, compliquant singulièrement la communication auprès du grand public. «Difficile d'expliquer aux médias que l'on ne s'est pas battu avec son voisin de palier», reconnaît Jacques Dermagne. Qui se défend, toutefois, de toute compromission&amp;nbsp;: «L'avis rendu sur le travail le dimanche allait bien plus loin que la loi votée par le Parlement au final.» Et le président de rappeler que le Cese a été le premier à parler de la vache folle, à se saisir du thème de la lutte contre la pauvreté ou à s'intéresser au travail des seniors dans les années 1990.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;h3 style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;« Fromage » de la République&lt;/h3&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une autre résistance à vaincre n'est pas de son fait. Pour jouer pleinement son rôle, le Cese doit regagner la confiance du pouvoir exécutif. Or, ce dernier a eu tendance, au contraire, à multiplier les instances de conseil depuis quelques années (Conseil d'orientation de l'emploi, des retraites…). Au final, le nombre de saisines gouvernementales directes du Cese se compte sur les doigts d'une seule main chaque année. Le reste du temps, le conseil s'autosaisit. Un éloignement du pouvoir regretté par ceux qui ont été des deux côtés de la barrière. «À partir du moment où ce conseil existe, la puissance publique devrait s'en servir», estime Jean-Jacques Aillagon. L'ancien ministre de la Culture, qui quittera le Cese l'an prochain, défend fermement cette assemblée qu'il a rejointe après son éviction du gouvernement Raffarin. «Si je l'avais saisi avant la réforme des intermittents du spectacle, j'aurais évité un certain nombre d'erreurs», confie-t-il.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Manque de représentativité, discrétion absolue, absence de saisine gouvernementale… Pas étonnant dans ces conditions que le Cese fasse aujourd'hui encore figure de «fromage» de la République où syndicats, patronat et pouvoir recaseraient leurs apparatchiks méritants. C'est la dernière bataille à gagner, sans doute la plus difficile&amp;nbsp;: celle de l'opinion. Qu'en est-il exactement&amp;nbsp;? Un conseiller touche une indemnité d'environ 3 000 euros par mois - le tiers de celle des parlementaires - pour une réunion d'une matinée par semaine en commission et quatre après-midi par mois en séance plénière. Soit quatre journées pleines chaque mois au total. L'indemnité représente donc 800 euros par jour - frais de déplacement et d'hébergement compris pour les provinciaux -, soit le prix d'un consultant senior dans le privé.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais, au cas par cas, la situation est plus nuancée. Ainsi, les artisans, les patrons de PME ou les agriculteurs sont souvent obligés d'abandonner leurs entreprises pendant cette période, ce qui représente un coût. Quant aux syndicalistes, la règle tacite veut qu'ils reversent une large partie de leurs indemnités à leur organisation, dont ils sont salariés. Une manne théorique d'un peu plus de 2 millions d'euros à se partager entre les cinq syndicats représentatifs. À côté de ces indemnités, les conseillers bénéficient d'une caisse de retraite plutôt avantageuse. L'an dernier, celle-ci a versé 10 millions d'euros à un peu moins de 800 anciens conseillers ou leurs ayants droit (veuve, enfants). Soit une moyenne confortable de 1&amp;nbsp;000 euros par personne et par mois. Problème&amp;nbsp;: les cotisations actuelles ne parviennent à financer que les deux tiers de cette caisse, ce qui oblige le Cese à financer les 3 millions d'euros restants en puisant dans ses réserves. Une situation intenable à long terme pour cette maison, par ailleurs bien gérée, mais qui affiche un budget modeste - par rapport au Sénat et à l'Assemblée nationale - de 37 millions d'euros par an.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Reste enfin la question des personnalités qualifiées, «ceux nommés par le fait du prince», ironise le navigateur Gérard d'Aboville. L'ex-député européen défend, lui aussi, cette institution pour laquelle il a réalisé trois rapports sur la pêche en cinq ans&amp;nbsp;: «L'affaire Yvette Horner, nommée par Mitterrand pour échapper au RMI, a causé beaucoup de tort, mais elle n'est plus vraie, aujourd'hui.» De fait, même si certaines ne viennent jamais, les personnalités qualifiées figurent globalement parmi les plus assidus puisqu'elles représentent seulement 10&amp;nbsp;% des membres sanctionnés pour absentéisme. Et sont ceux qui produisent, proportionnellement, le plus de rapports. Faire du Cese une institution «plus écoutée», tel est l'objet du projet de loi à venir au Parlement. Une fois voté, le texte passera son premier test grandeur nature avant l'été 2010, lorsque les corps intermédiaires nommeront leurs nouveaux représentants. On mesurera alors leur volonté de réforme.&lt;/p&gt;
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<title>Séance publique annuelle de l'Académie des sciences morales et politiques.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Culture</category>
<pubDate>Tue, 17 Nov 2009 10:52:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/01/00/1017816296.JPG&quot; alt=&quot;IMG_0659.JPG&quot; id=&quot;media-2106466&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;J'ai assisté hier après-midi, à la séance de rentrée de l'Académie des sciences morales et politiques, sous la Coupole de l'Institut de France.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A cette occasion, Monsieur Jean-Claude Casanova, Président de l'Académie pour l'année 2009, est revenu sur les thèmes développés au cours des différentes communications présentées devant la compagnie depuis le début de l'année.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ensuite, Monsieur Jean Mesnard, vice-président de l'Académie, a&amp;nbsp;procédé à la lecture du palmarès&amp;nbsp;des prix et médailles attribués par l'Académie en 2009.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Enfin, Monsieur Michel Albert, Secrétaire perpétuel de l'Académie, a prononcé un discours sur le thème &quot;l'Académie aujourd'hui&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;NCL&lt;/p&gt;
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<title>«Il n'y a pas d'alternative à l'engagement en Afghanistan»</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Défense</category>
<pubDate>Mon, 16 Nov 2009 10:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/01/01/480391564.jpg&quot; alt=&quot;996c4964-6fad-11dd-b0b3-7f4ca09709aa.jpg&quot; id=&quot;media-2104240&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Interview d'Hervé Morin,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ministre de la Défense.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Entretien publié dans Le Figaro,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;le 16 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;LE FIGARO.&amp;nbsp;- Qu'allez-vous dire aux sénateurs de l'opposition qui s'interrogent sur le bien-fondé de l'engagement français en Afghanistan&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Hervé MORIN.&amp;nbsp;-Je leur répondrai qu'il n'y a pas d'alternative à cet engagement. Même si la France est depuis longtemps convaincue qu'il faut faire évoluer la stratégie et être davantage présent auprès de la population. Comme l'a dit un jour McChrystal, le patron des forces américaines en Afghanistan&amp;nbsp;: 10 - 2 ne font pas 8 mais 20. Lorsqu'on supprime deux talibans, on multiplie le nombre de talibans par deux, car des frères ou des cousins ont l'obligation de prendre les armes. C'est le fonctionnement de la société afghane, basé sur les dettes d'honneur. Nous ne sommes pas face à un enjeu militaire en Afghanistan, mais à un défi de sécurisation d'un pays.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous que la France ait suffisamment de résilience pour pouvoir soutenir à long terme l'effort de guerre en Afghanistan, alors même que les sociétés américaines et britanniques donnent elles-mêmes des signes d'essoufflement&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Les Français voient souvent l'Afghanistan comme un front armé classique, comme si on était dans les plaines de l'Europe centrale. Il est difficile de leur faire comprendre qu'on peut avoir des morts dus à l'explosion d'un IED (engin explosif improvisé) dans une région calme. Ce qui inquiète les Français, ce n'est pas le fait que l'on soit présent en Afghanistan, c'est que l'on soit contraint d'y rester pendant des années&amp;nbsp;! Il faut donner des perspectives, des objectifs à l'opinion publique. Il faut rappeler aux Français que laisser l'Afghanistan aux talibans, c'est laisser le terrorisme prospérer et nous menacer. Il faut enfin leur dire que le risque de contagion au Pakistan, puissance nucléaire, est loin d'être négligeable si nous partons.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L'impression d'indécision qui émane de&amp;nbsp;la Maison-Blanche, le fait que le président Obama n'arrive apparemment pas à trancher sur la question des&amp;nbsp;effectifs, ne risquent-ils pas d'avoir des conséquences en France&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Soyons clairs&amp;nbsp;: à l'échelle de l'Afghanistan, la zone couverte par les 3&amp;nbsp;000 soldats français représente 1&amp;nbsp;% du territoire… Pour pouvoir contrôler tout le pays, il faudrait des volumes militaires considérables et ce n'est pas envisageable. Alors le fait que l'on envoie 20&amp;nbsp;000&amp;nbsp;ou 40&amp;nbsp;000 hommes ne suffira pas. La seule stratégie qui vaille est de respecter la population afghane et de faire monter en puissance son armée et sa police. En Afghanistan, la victoire ne peut pas être uniquement militaire. La vraie question, c'est comment convaincre les Afghans que leur sécurité est garantie par l'alliance, qu'il leur faut coopérer pleinement avec nous et faire pression sur les talibans pour qu'ils rendent les armes. Aujourd'hui, ils sont pris entre le marteau et l'enclume.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous de la plainte déposée par les familles des victimes d'Ouzbin&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Elles vivent dans la douleur, avec un sentiment d'injustice que toutes les familles connaissent lorsqu'elles perdent un proche. Mais il n'y a pas eu de faute commise le 18&amp;nbsp;août 2008 à Ouzbin. On peut toujours dire qu'il manquait tel ou tel moyen ou qu'il n'y avait pas suffisamment de moyens de reconnaissance. Je vous rappelle que quelques semaines après Ouzbin, les forces françaises sont tombées dans une nouvelle embuscade qui a fait un blessé grave. Et bien, nos moyens de reconnaissance aériens mis en œuvre ont été inopérants&amp;nbsp;: les talibans étaient indétectables parce qu'ils ne bougeaient pas&amp;nbsp;! On ne pourra jamais supprimer l'imprévu dans les opérations militaires, ce que Clausewitz appelait le brouillard de la guerre. L'action militaire, qui comporte toujours une part d'incertitude, ne peut pas faire l'objet d'une appréciation judiciaire au risque de paralyser nos forces.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;hr style=&quot;text-align: justify;&quot; /&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;h3 style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Offensive franco-afghane dans la vallée de Tagab&lt;/h3&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Environ 700 soldats français et une centaine de militaires afghans, appuyés par des blindés et des hélicoptères de combat, ont lancé hier une offensive dans la vallée de Tagab, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Kaboul. Cette région montagneuse constitue une base arrière pour les talibans. L'opération vise à sécuriser la vallée où une route doit être construite. Celle-ci doit permettre de relier le Pakistan voisin au nord de l'Afghanistan, en contournant Kaboul, ce qui faciliterait le transport de marchandises. L'offensive se heurtait hier à des tirs de snipers.&lt;/p&gt; &lt;!-- google_ad_section_end() --&gt;&lt;!-- Template : Outils.php --&gt; &lt;p&gt;&lt;script src=&quot;http://www.hautetfort.com/scripts/tooltip/tooltip.js&quot; type=&quot;text/javascript&quot;&gt; //&lt;![CDATA[ &lt;!--  &lt;!    // --&gt;// --&amp;gt; //]]&gt; &lt;/script&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Les coulisses du Dictionnaire de l'Académie française.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Culture</category>
<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 13:33:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;sign&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/00/326694611.jpg&quot; alt=&quot;03e14cac-d085-11de-8bc8-6f8871d03625.jpg&quot; name=&quot;media-2102544&quot; id=&quot;media-2102544&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Article de Mohammed Aïssaoui,&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;sign&quot;&gt;&lt;em&gt;publié dans le Figaro,&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;sign&quot;&gt;&lt;em&gt;le 13 novembre 2009&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ambiance studieuse, calme, et cette impression d'entrer sur la pointe des pieds dans un atelier de haute couture où des petites mains s'affaireraient. Sauf qu'ici on ne fabrique pas des robes rares, mais c'est tout comme&amp;nbsp;: on prépare le Dictionnaire de l'Académie française&amp;nbsp;; les mots sont définis avec la même lenteur et exigence artisanales&amp;nbsp;: ainsi la huitième édition a-t-elle nécessité cinquante-sept années de gestation. Le premier dictionnaire a été publié en 1694&amp;nbsp;: l'Académie s'acquittait ainsi de la mission définie dans ses statuts originels qui est de fixer les règles de la langue française pour la rendre plus pure et plus claire. La neuvième édition du dictionnaire, en cours depuis 1992, s'arrête à la lettre «P» (1). Il faudra donc attendre encore pour connaître les définitions des termes commençant par «R» et suivants. Les immortels ont l'éternité devant eux. Sous la Coupole, il est plus difficile d'élire un mot qu'un nouveau membre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quai de Conti, dans des bureaux de l'Institut de France, loin des fastes de la Coupole, dix personnes sont plongées dans les livres, elles échangent des notes, vérifient une étymologie, c'est «le service du Dictionnaire»&amp;nbsp;: il est composé d'agrégés de lettres classiques ou modernes, de grammairiens, de lexicographes, de philosophes et d'historiens, la plupart sont détachés de l'Éducation nationale. Leur travail quotidien consiste à préparer la séance hebdoma­daire du jeudi matin, celle qui va décider - ou non - d'adopter une définition ou un sens nouveau. Une chose saute aux yeux&amp;nbsp;: ces hommes et ces femmes illustreraient bien le mot «vocation».&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Celle de ces dix érudits a partie liée avec le travail et la discrétion. Jouant un rôle considérable, ils n'apparaissent nulle part. «Sans eux, je ne sais pas comment nous y arriverions. J'ai de l'admiration pour tous les membres de ce service. C'est un rouage essentiel de l'Académie française, le cœur du système. Ils travaillent pour la gloire de la langue française&amp;nbsp;!» affirme Hélène Carrère d'Encausse, le secrétaire perpétuel. Le sérieux de leur travail n'exclut pas la passion.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avant d'être présenté à ladite commission, chaque mot, chaque sens est disséqué par le service. Le processus est long. «Nous remontons aux sources de l'usage, dit Patrick Vannier, l'un des dix spécialistes&amp;nbsp;: c'est un important travail de vérification, nous ne nous fions qu'à l'autorité de la chose écrite pour retrouver où le mot a été imprimé pour la première fois, dans quel sens premier…» Le système de lecture croisée qu'ils ont mis en place permet qu'au moins trois ou quatre personnes apportent leur regard.&lt;/p&gt; &lt;h3&gt;Ni «pin's» ni «bravitude»&lt;/h3&gt; &lt;div class=&quot;photo&quot; style=&quot;width: 200px; float: right;&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ici, contrairement au Larousse ou au Petit Robert qui admettent chaque année pas moins de 400&amp;nbsp;termes nouveaux, un mot met du temps à se faire adopter. Le seul critère qui prédomine, c'est le bon usage d'une langue commune à plusieurs centaines de millions de francophones à travers le monde. Le Dictionnaire de l'Académie française est l'ouvrage de référence. Pas question d'être tendance à tout prix, de courir après les néologismes quand un terme existe déjà pour désigner la même chose ou la même idée. On a beau faire dans la haute couture, on ne succombera pas à la mode. Maurice Druon ne disait-il pas «le langage subit des modes saisonnières. Des expressions nées de la dernière pluie s'en iront avec la sécheresse suivante»&amp;nbsp;? Si «bravitude» est entré dans le Larousse, ce néologisme usé après un semestre ne sera évidemment pas admis Quai de Conti. Vous n'y trouverez pas non plus «pin's» - on a oublié à quel point l'objet avait envahi les années&amp;nbsp;1980, puis a pratiquement disparu. Par expérience, les dix permanents, comme les immortels, cherchent à deviner ce que sera «l'espérance de vie» d'un mot, selon l'expression d'Agnès Oster. «Pour qu'il ait une chance d'être retenu, il faut qu'il ait fait ses preuves dans la durée», explique-t-elle. Une dizaine d'années - au moins - est nécessaire, parfois plus. Pour toutes ces raisons, le dictionnaire de l'Académie recense 35&amp;nbsp;000&amp;nbsp;termes environ, quand le Petit Robert affiche fièrement sur sa couverture 60&amp;nbsp;000 mots et 300&amp;nbsp;000 sens.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une fois le travail de préparation effectué, c'est au tour des douze académiciens de la commission du dictionnaire de débattre du sort des mots. Deux ou trois personnes du «service» sont également présentes à la séance. «Les débats sont animés et passionnants, il faut souvent plusieurs tours pour qu'un mot soit désigné», souligne Hélène Carrère d'Encausse.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le duc de Castries a rapporté au sujet des séances du dictionnaire l'anecdote suivante. Alors qu'on travaillait au mot «mitrailleuse», le maréchal Joffre fut tiré de sa sieste et prié d'apporter au sujet sa science de militaire&amp;nbsp;: «C'est une sorte de fusil qui fait pan, pan, pan», se borna-t-il à dire, avant de refermer les paupières.&lt;/p&gt; &lt;h3 style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;3&amp;nbsp;000 à 3&amp;nbsp;500 courriers par an&lt;/h3&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aujourd'hui, le groupe est plus dynamique. La commission démarre à 9&amp;nbsp;h&amp;nbsp;30, tous les jeudis matin. Une heure environ est consacrée aux nombreuses terminologies envoyées par les ministères. L'objectif est de trouver des équivalents français aux vocables anglais largement usités dans de nombreux domaines d'activité. Les recommandations des douze sont ensuite inscrites au Journal officiel. Le «service», qui prépare également cette partie pour les publications techniques officielles, doit s'intéresser aux secteurs les plus variés&amp;nbsp;: le bâtiment, la chimie, le nucléaire, la haute technologie… «C'est un moment extraordinaire, les termes sont parfois accompagnés de dessins explicatifs. On en apprend des choses&amp;nbsp;!» raconte, en souriant, Hélène Carrère d'Encausse. L'Académie tire profit de ces débats pour nourrir son ouvrage et l'élargir à la culture technique et scientifique.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;À 10&amp;nbsp;h&amp;nbsp;30, c'est la «pause Romilly», du nom de l'helléniste Jacqueline de Romilly qui a institué le rituel&amp;nbsp;: un petit quart d'heure de relâche, de bavardages et de café. «C'est particulièrement nécessaire après la séance de termes techniques…», explique le secrétaire perpétuel.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Reprise des débats à 10&amp;nbsp;h&amp;nbsp;45, pile. On n'admet pas de retard. Le reste de la matinée est consacrée au dictionnaire, et rien qu'au dictionnaire. Les académiciens peuvent passer deux heures sur une définition. Généralement, l'accord se fait aisément. En cas de divergences, on vote et le terme est adopté, comme une loi au Parlement. On emporte aussi chez soi des «devoirs de vacances», les deux heures d'échanges suffisent rarement. Une fois le travail terminé, la compagnie s'en va déjeuner et, souvent, les discussions se poursuivent autour d'une bonne table, celle de l'Académie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une autre partie du travail de ce service du dictionnaire mérite d'être racontée tant elle est étonnante. «Nous recevons 3&amp;nbsp;000 à 3&amp;nbsp;500 courriers par an qui nous interrogent sur la langue française. Ce qui est amusant, c'est le nombre d'élèves qui nous envoient leurs devoirs de français à faire&amp;nbsp;!» révèle Agnès Oster. «Beaucoup de personnes nous proposent des néologismes. Signe des temps, certaines se renseignent pour savoir si, éventuellement, elles pourraient toucher des droits d'auteur au cas où l'on accepterait ce mot…», ajoute Patrick Vannier. Tous deux sont tout de même heureux de constater que de nombreuses demandes émanent de l'étranger. Et, surtout, ils parlent «de découvertes, d'émerveillements, et d'étonnements». «On est loin d'être une institution sclérosée», disent-ils.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Derrière ce travail de bénédictin, en apparence technique et réservé aux seuls puristes, se cache un véritable enjeu politique. Hélène Carrère d'Encausse en est consciente, comme ses confrères. L'Académie se trouve au cœur de la plupart des débats actuels&amp;nbsp;: l'identité nationale, la réforme de l'orthographe, la domination de Google, la langue des brevets européens… Sur toutes ces questions, la compagnie - avec parfois le concours du service du dictionnaire - sait qu'elle a son mot à dire, et une position à prendre. D'ailleurs, elle ne va pas s'en priver à l'occasion de sa séance publique annuelle de rentrée, le 3&amp;nbsp;décembre prochain. «La langue est notre socle commun», tient à affirmer le secrétaire perpétuel.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;(1) Le Dictionnaire de l'Académie française est disponible dans une version mise à jour jusqu'au mot «plébéien» sur le site Internet www.academie-francaise.fr. Il existe une édition de poche en deux volumes coédités par Fayard et L'Imprimerie nationale (volume 1&amp;nbsp;: de A à Enzyme, 1200 pages, 35 €&amp;nbsp;; volume 2&amp;nbsp;: de Eocène à Mappemonde, 1244 pages, 30 €). Un troisième tome, jusqu'à la lettre «r» sera mis sous presse à la fin de l'année 2010. Un cédérom est également en vente.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Communiqué du Bureau du Président Chirac.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Politique</category>
<pubDate>Sat, 14 Nov 2009 11:10:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/02/00/805668434.jpg&quot; alt=&quot;2008-10-15T134241Z_01_APAE49E123700_RTROPTP_2_OFRTP-FRANCE-JUSTICE-CHIRAC-20081015.jpg&quot; id=&quot;media-2100605&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Bureau du Président Jacques Chirac&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;Paris, le 12 novembre 2009&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;COMMUNIQUÉ&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Style&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;Style&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span&gt;A la suite des déclarations de M. Charles PASQUA, le Bureau du Président CHIRAC tient simplement à rappeler les faits.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;S’agissant de la question relative à l’Angola, le Président CHIRAC a récemment déclaré qu’il était favorable à la levée du secret défense, si cela était utile au bon déroulement de la procédure en cours.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;S’agissant de la question sans aucun rapport de la libération des pilotes français détenus en otages dans les Balkans, le Bureau du Président Jacques CHIRAC tient à souligner que dès octobre - novembre 2001, à la fois par écrit et lors d’une audition du Directeur de Cabinet du Président de la République, la justice a été dûment informée des conditions de l’attribution de l’Ordre du Mérite à une personne ayant œuvré à la libération de ces pilotes, comme du remboursement des frais engagés à cette occasion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces informations ont d’ailleurs été, à l’époque, largement commentées par la Presse (1).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Point de révélation, donc, derrière les propos de M. Charles PASQUA.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;(1)Le Monde 25-26 novembre 2001, le Parisien 8 décembre 2001&lt;/p&gt;
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<title>Conseil européen: pourquoi je soutiens Vaira Vike-Freiberga.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Europe</category>
<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 21:52:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/02/01/363904464.jpg&quot; alt=&quot;327ec8ec-cf67-11de-8694-eef099f7892b.jpg&quot; name=&quot;media-2098155&quot; id=&quot;media-2098155&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Par Simone Veil,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;de l'Académie française,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;ancienne présidente du Parlement européen.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Figaro,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;le 12 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je lis beaucoup d'hypothèses et de commentaires sur la nomination prochaine du futur président du Conseil européen et peu me semblent correspondre aux besoins actuels de l'Europe.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;À la tête de la réunion des vingt-sept chefs d'État et de gouvernement, il nous faut une personnalité qui soit, à la fois, un symbole de ce que l'Europe a de meilleur et qui soit capable d'aider les responsables à mieux décider. L'Europe a besoin d'une volonté politique plus affirmée. Elle doit aussi s'incarner.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Parmi les noms cités, Mme&amp;nbsp;Vaira Vike-Freiberga, qui, pendant deux mandats, a présidé avec éclat aux destinées de la Lettonie, est une femme remarquable qui cumule toutes les capacités requises (cf. &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://unepresidentepourleurope.eu/&quot;&gt;http://unepresidentepourleurope.eu&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est une femme dont la hauteur de vues et les qualités morales et intellectuelles sont exceptionnelles. Polyglotte, universitaire réputée, pétrie de culture européenne, ouverte et accessible, elle a eu le courage d'affronter toutes les questions posées par le douloureux passé de son pays et de l'Europe pour en faire une force tournée vers l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le futur président du Conseil européen devra faire preuve d'un grand savoir-faire, préparer les travaux des chefs d'État, les animer et les conduire en veillant à ce que chacun puisse être entendu mais que tous puissent décider vite et bien. Mais il devra aussi être proche des citoyens, notamment les plus jeunes, et présenter une image attrayante, sympathique et respectable. Il en va du rôle de l'Union européenne et de sa place sur la scène internationale. Qui mieux qu'une femme d'expérience comme elle saura montrer le doigté nécessaire pour respecter les État membres, mais aussi les amener à s'accorder&amp;nbsp;? Ayant présidé le Parlement européen, je sais combien il est difficile de forger les consensus, de tenir compte d'avis souvent inspirés par l'histoire personnelle des grands acteurs de l'Europe, de concilier des positions apparemment inconciliables. Je connais aussi le poids des symboles.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ses recherches sur le langage et ses écrits sur les traditions orales en font une scientifique reconnue. Son histoire personnelle, qui l'a conduite à vivre les horreurs du second conflit mondial, traversant l'Europe jusqu'à la Méditerranée, puis trouvant refuge au Canada avant de rentrer dans son pays à la chute du mur de Berlin, la qualifie tout spécialement pour incarner une réconciliation des peuples d'Europe. C'est une intellectuelle engagée, qui a l'expérience des affaires d'État, mais n'oublie jamais de prendre le recul nécessaire pour agir et parler au niveau qui convient.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'Europe a besoin de souffle parce qu'elle reste la garantie de ne pas retomber dans les affres du passé et l'espoir de compter dans un monde qui se transforme. Elle doit avoir l'audace de choix qui ne soient pas seulement diplomatiques, mais qui représentent des gestes politiques forts. La nomination de Vaira Vike-Freiberga serait de ceux-là. Je souhaite que les chefs d'État et de gouvernement aient ce courage et cette ambition.&lt;/p&gt;
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<title>39e anniversaire de la disparition du Général de Gaulle.</title>
<link>http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/archive/2009/11/09/39e-anniversaire-de-la-disparition-du-general-de-gaulle.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Carnet</category>
<pubDate>Mon, 09 Nov 2009 05:45:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/02/00/1783724654.jpg&quot; alt=&quot;3255.jpg&quot; id=&quot;media-2098213&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;J'ai assisté hier matin aux côté de M&amp;nbsp;Yves Guéna, Président de la Fondation de la France Libre, à une cérémonie de recueillement à la mémoire du Général de Gaulle, à l'occasion du 39e anniversaire de sa mort, survenue le 09 novembre 1970.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette manifestation quasi familiale, était l'occasion, pour toutes les personnes présentes, de rendre un hommage appuyé à l'Homme du 18 juin qui, à trois reprises, sauva la France du désastre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ensemble, soyons-lui fidèles en nous&amp;nbsp;inspirant de&amp;nbsp;la haute vision qu'il avait pour la France et les Français&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;NCL&lt;/p&gt;
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<title>Eau : non-assistance à planète en danger.</title>
<link>http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/archive/2009/11/08/eau-non-assistance-a-planete-en-danger.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Politique</category>
<pubDate>Sun, 08 Nov 2009 21:20:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/01/01/439968014.jpg&quot; alt=&quot;nm-photo-221938.jpg&quot; id=&quot;media-2090354&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Par Danielle Mitterrand,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Présidente de la Fondation France Libertés&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Monde,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;le 07 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'eau reste la première cause de mortalité dans le monde et tue 34 000 personnes chaque jour. L'actualité internationale nous montre que les guerres de l'eau sont aujourd'hui une réalité. Qu'attendons-nous pour faire de l'accès à l'eau un droit inaliénable ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Que devient la mobilisation politique et sociale qu'appelait de ses voeux M&lt;sup&gt;me&lt;/sup&gt; Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie, le 23 mars, à l'issue du dernier Forum mondial de l'eau à Istanbul ? Au lieu de cela, l'Etat français a signé le 15 octobre un partenariat pour l'organisation du prochain Forum mondial de l'eau à Marseille en mars 2012, avec ceux-là mêmes qui ont refusé, à Istanbul, de faire de l'accès à l'eau un droit.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La France laisse aux mains d'un Conseil mondial de l'eau - présidé par ceux dont la raison d'être est de faire de l'accès à l'eau une source de profit - l'avenir de l'eau dans le monde ! Il faut en effet rappeler ici que la présidence et la vice-présidence du Conseil mondial de l'eau sont assurées depuis 2005 par des dirigeants des deux multinationales françaises de l'eau, de l'environnement et de l'énergie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au lieu de cela, le gouvernement français continue de croire que, face au problème urgent que constitue le droit à l'accès à l'eau, les multinationales sont la solution. Peut-on attendre des sociétés dont l'objectif est de faire du profit, et qui y réussissent brillamment, qu'elles puissent régler la question de la gouvernance et du partage équitable de la ressource ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Accès pour tous&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En treize ans, le Conseil mondial de l'eau a favorisé la construction de plusieurs milliers de barrages et d'autres infrastructures très coûteuses. Dans le même temps, qu'a-t-il fait pour régler les conflits liés à l'eau entre Israël et les territoires palestiniens, entre le Soudan, l'Ethiopie et l'Egypte, entre la Turquie, la Syrie, l'Iran et l'Irak, entre le Tibet et la Chine ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous demandons que soit instaurée une gouvernance publique internationale pour la gestion et l'accès à l'eau pour tous ; que la conférence de Copenhague reconnaisse la nécessité et l'urgence d'un pacte mondial pour l'eau ; que la conférence de Copenhague entérine la création d'une organisation de régulation et de coopération internationale et indépendante, l'Autorité mondiale de l'eau, représentant notamment la société civile, les ONG, les associations de consommateurs, les associations environnementales, sociales et citoyennes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Par l'intermédiaire de ses multinationales, la France a une lourde responsabilité dans l'appropriation par le secteur privé de la conduite de la politique mondiale de l'eau. Aujourd'hui, j'invite toutes celles et ceux qui, comme nous, s'indignent de la mainmise des marchands d'eau sur un bien commun de l'humanité à signer l'appel &quot;Tous porteurs d'eau&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A Copenhague, nous avons la possibilité et le devoir de faire entendre un autre discours. Ne rien faire serait refuser de porter assistance à humanité en danger.&lt;/p&gt;
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<title>Impôts locaux à Paris : les contrevérités de Delanoë.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Politique</category>
<pubDate>Sat, 07 Nov 2009 17:02:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/01/02/1323820525.JPG&quot; alt=&quot;800PX-~1.JPG&quot; name=&quot;media-2089614&quot; id=&quot;media-2089614&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Par Christine Lagarde,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ministre de l'Economie, de l'Emploi et de l'Industrie,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;et 15 élus UMP de Paris.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Figaro,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;le 07 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les contribuables parisiens, qui doivent s'acquitter de leurs feuilles d'impôts locaux, ont une bien mauvaise surprise. Qu'on en juge&amp;nbsp;: pour les propriétaires, la taxe foncière augmente en moyenne de 30&amp;nbsp;% par rapport à l'année dernière. Quant à la taxe d'habitation, dont le montant a été notifié en octobre, la hausse moyenne est de l'ordre de 9&amp;nbsp;%. Et ce n'est pas fini. Le maire de Paris a d'ores et déjà promis pour l'année 2010 &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lefigaro.fr/impots/2009/10/15/05003-20091015ARTFIG00594-les-impots-locaux-devraient-fortement-augmenter-a-paris-.php&quot;&gt;une hausse de même importance&lt;/a&gt;. Ainsi, avec l'évolution prévisible des bases d'imposition et l'inflation, la hausse moyenne des impôts locaux approchera les 25&amp;nbsp;% en deux ans&amp;nbsp;! Record historique, toutes catégories.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si le maire de Paris est contraint de frapper aussi lourdement, c'est en raison du dérapage incontrôlé depuis 2001 du train de vie de la Mairie de Paris. À l'arrivée de Delanoë, celle-ci comptait un peu moins de 40&amp;nbsp;000&amp;nbsp;agents. Huit ans plus tard, ils sont plus de 50&amp;nbsp;000. Les dépenses de personnel ont augmenté de 45,7&amp;nbsp;% et l'endettement de la ville et du département a quasiment doublé. Quant aux dépenses de communication, elles ont augmenté de 62&amp;nbsp;%… Pour tenter de masquer ces dures réalités, &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.nxtbook.fr/newpress/mairie-de-paris/Aparis_32-Automne_2009/index.php#/0&quot;&gt;dans le dernier numéro du journal À&amp;nbsp;Paris&lt;/a&gt;, diffusé à tous les foyers parisiens aux frais du contribuable, le maire de Paris, préfaçant un dossier «fiscalité», écrit&amp;nbsp;: «Trois principes nous guident dans cette démarche&amp;nbsp;: rationalité et exigence dans notre gestion, justice fiscale et transparence.» Parlons-en&amp;nbsp;! Le maire de Paris affirme que pendant huit ans les taux des impôts locaux sont restés stables. C'est faux. Plusieurs impôts ont augmenté&amp;nbsp;: la taxe de balayage (+&amp;nbsp;11&amp;nbsp;%), la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (+&amp;nbsp;18&amp;nbsp;%), la taxe de séjour (de 3 à 40&amp;nbsp;% selon les cas), pour ne prendre que ces trois exemples.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;«Conformément à ce que nous avions annoncé publiquement avant les dernières élections municipales, nous appliquons pour cette nouvelle mandature une hausse maîtrisée des impôts, strictement limitée aux deux premières années. Autrement dit, c'est à une nouvelle stabilité fiscale que je m'engage devant vous» (sic&amp;nbsp;!) M.&amp;nbsp;Delanoë est sans doute le seul à pouvoir considérer qu'une augmentation en une seule année de 30&amp;nbsp;% de la taxe foncière et de 9&amp;nbsp;% de la taxe d'habitation relève d'une bonne maîtrise de cette évolution. Quant à la stabilité sur laquelle il s'engage, rappelons que les taux d'imposition parisiens ont atteint cette année leur plus haut niveau historique.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La très forte hausse de la taxe foncière s'explique par la création d'une nouvelle taxe foncière départementale qui aurait pour objet de faire disparaître, toujours selon M.&amp;nbsp;Delanoë, «une profonde injustice fiscale». Rappelons que Paris est la seule ville de France à être à la fois commune et département.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Par ailleurs, le maire de Paris prétend que cette taxe foncière ne frappe que les propriétaires et exempte les locataires. C'est oublier que les propriétaires occupants sont nombreux à Paris et que tous les locataires connaîtront rapidement la répercussion sur leur loyer des hausses subies par les propriétaires. Pour justifier toutes ces hausses, le maire de Paris, inventeur de la double peine fiscale, évoque régulièrement une dette de l'État dont le montant, fluctuant depuis plusieurs mois, serait aux dernières nouvelles de 312&amp;nbsp;millions d'euros. Malgré nos questions précises, aucun élément n'est venu étayer une telle somme. À l'inverse, nous constatons que les concours de l'État ont augmenté de 25&amp;nbsp;% entre 2001 et 2008, alors que durant la même période l'inflation était de 14,7&amp;nbsp;%.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On le voit, malgré tous les efforts de son abondante communication, le maire de Paris ne parvient pas à justifier de telles hausses. Mais le plus inquiétant, c'est qu'il n'entend en rien modifier sa politique et le rythme des dépenses de la collectivité parisienne. «Poursuivre et amplifier une politique sociale parmi les plus dynamiques de France», nous dit-il&amp;nbsp;! Si l'on comprend bien, il s'agit de dépenser toujours plus et de ne rien réduire du train de vie de l'Hôtel de Ville&amp;nbsp;: le contribuable paiera…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Élus UMP à Paris, nous concevons notre action en termes d'opposition constructive. En décembre dernier, lors du vote du budget 2009, nous avions proposé de ramener l'augmentation moyenne des impôts de 9 à 4,5&amp;nbsp;%, preuve tangible de notre sens des responsabilités. Le maire de Paris a bien entendu fait rejeter par sa majorité notre proposition. Mais, on le voit bien, avec des hausses d'une telle brutalité, les Parisiens, déjà touchés par le coût de la vie très supérieur à Paris que dans le reste de la France, n'admettront pas une hausse supplémentaire d'un impact comparable pour l'année prochaine. Que tous les contribuables parisiens se manifestent et se joignent à nous pour exiger que le maire de Paris renonce en 2010 au matraquage fiscal supplémentaire déjà annoncé.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(1) &lt;strong&gt;Signataires&amp;nbsp;:&lt;/strong&gt; Jean-François Lamour, président du groupe UMPPA au Conseil de Paris et député de Paris&amp;nbsp;; Pierre Lellouche, secrétaire d'État chargé des Affaires européennes et conseiller de Paris&amp;nbsp;; Jean Tiberi, député maire du Ve&amp;nbsp;arrondissement de Paris&amp;nbsp;; Rachida Dati, députée européenne et maire du VIIe&amp;nbsp;arrondissement de Paris&amp;nbsp;; Claude Goasguen, ancien ministre, député maire du XVIe&amp;nbsp;arrondissement de Paris&amp;nbsp;; Bernard Debré, député de Paris et conseiller de Paris du XVIe&amp;nbsp;arrondissement&amp;nbsp;; Françoise de Panafieu, députée de Paris et conseillère de Paris du XVIIe&amp;nbsp;arrondissement&amp;nbsp;; Catherine Dumas, sénatrice de Paris et conseillère de Paris du XVIIe&amp;nbsp;arrondissement&amp;nbsp;; Jean-François Legaret, maire du Ier&amp;nbsp;arrondissement de Paris et président de la commission des finances du Conseil de Paris&amp;nbsp;; Jean-Pierre Lecoq, maire du VIe&amp;nbsp;arrondissement de Paris&amp;nbsp;; François Lebel, maire du VIIIe&amp;nbsp;arrondissement de Paris&amp;nbsp;; Brigitte Kuster, maire de XVIIe&amp;nbsp;arrondissement de Paris&amp;nbsp;; Laurence Douvin, 1re&amp;nbsp;vice-présidente du groupe UMPPA au Conseil de Paris&amp;nbsp;; Jean-Jacques Giannesini, vice-président du groupe UMPPA au Conseil de Paris.&lt;/p&gt;
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<title>«L'Europe, modèle de gouvernance pour le monde»</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Diplomatie</category>
<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 11:37:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/01/01/551112608.jpg&quot; alt=&quot;T_de_Montbrial.jpg&quot; id=&quot;media-2085970&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;INTERVIEW - Thierry de Montbrial, Membre de l'Institut,&amp;nbsp;est directeur général de l'Institut français des relations internationales (Ifri) et fondateur de la World Policy Conference, dont la 2e édition s'est tenue à Marrakech, le week-end dernier, sur le thème de la gouvernance mondiale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Entretien publié dans Le Figaro,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;le 04 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;E FIGARO. - Quelles sont les questions clés sur lesquelles les dirigeants doivent encore travailler pour pérenniser un nouveau mode de gouvernance mondiale adapté aux enjeux d'aujourd'hui&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Thierry de MONTBRIAL. - Deux points forts me sautent aux yeux. La question de la volonté politique, d'abord&amp;nbsp;: quand on ne veut pas résoudre un problème, on ne le résout pas. Cela paraît évident, mais c'est fondamental. Prenez les problèmes de sécurité au Moyen-Orient, on peut discuter du format le plus adapté aux enjeux du processus de paix israélo-palestinien ou du dossier nucléaire iranien, mais si les parties refusent d'avancer ou ne partagent pas un sens de l'urgence, il ne se passe rien. Le second point a trait à la question culturelle. Autrefois, on parlait du dialogue des cultures. C'est un concept un peu fumeux, mais il faut tenir compte, dans nos efforts de gouvernance mondiale, des différences de sens, d'interprétation au sens le plus large. La notion de «bien public», par exemple, n'a pas le même contenu partout. Le terme de «laïcité», pour n'en citer qu'un, n'a pas d'équivalent en arabe. Sur la notion de droit international, les pays du Nord et ceux du Sud ont des positions totalement différentes. Et je ne parle pas des États-Unis, qui forment une catégorie distincte à eux seuls.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dans ces conditions, n'est-il pas utopique de courir après un idéal de gouvernance mondiale&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; J'en tire la conclusion inverse. Si nous ne progressons pas dans la coordination des politiques nationales, en un temps où aucun pays ne peut résoudre seul les problèmes auquel il est confronté, nous irons dans le mur. Concrètement, cela signifie un monde fragmenté, et peut-être la multiplication des conflits politiques, économiques, voire des conflits armés. Je ne dis pas que c'est à l'ordre du jour, mais c'est un vrai danger. Par conséquent, le travail que nous avons essayé de faire à la World Policy Conference est indispensable.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La crise économique et financière avait dopé cet élan, mais beaucoup s'inquiètent aujourd'hui, à la faveur de la sortie de crise, d'un repli sur les stratégies nationales… Certains, notamment aux États-Unis, n'entrent pas dans la logique de la gouvernance collective, parce qu'ils restent enfermés dans la mentalité de la puissance dominante. Barack Obama n'est pas aussi bloqué. Mais les États-Unis doivent accepter le fait qu'ils sont en recul relatif par rapport à leur statut antérieur d'unique superpuissance.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le constat unanime, aujourd'hui, semble être que l'ONU a échoué. Comment définir le rôle respectif du Conseil de sécurité, du G8, du G20&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Si l'on voit l'ONU comme une machine à empêcher les grands conflits, évidemment, elle a échoué. Mais l'ONU a tout de même montré son utilité en tant que forum de négociations organisé et structuré. La question qui se pose, c'est celle de la transformation du Conseil de sécurité&amp;nbsp;: peut-être a-t-il vocation à devenir le nouveau G8, c'est-à-dire le forum des principales puissances pour les questions politiques et de sécurité. Il faudrait alors redéfinir ses missions, élaborer une charte des droits et des devoirs s'appliquant à ses membres. Chacun des cercles de gouvernance, G14 ou G20, devrait en faire autant. Ce serait la garantie de la volonté politique dont je parlais plus haut. Si le G8 - ou le Conseil de sécurité rénové - a plutôt une vocation politique et sécuritaire, et le G20 une mission d'ordre plutôt économique, encore faut-il être d'accord sur un schéma d'action et pouvoir engager des ressources. On peut en outre imaginer des «G» adaptés à des enjeux particuliers, comme la santé, l'énergie ou la sécurité alimentaire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Il est aussi beaucoup question de gouvernance régionale&amp;nbsp;: comment devraient s'articuler les différents niveaux de délibération internationale&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; C'est une question fondamentale, car la plupart des problèmes de la planète ne peuvent pas être réglés à l'échelle planétaire. C'est même une des raisons des difficultés de l'ONU. Je crois que ce qu'on appelle dans l'Union européenne le principe de subsidiarité doit s'appliquer chaque fois que cela est possible&amp;nbsp;: en clair, un problème devrait être réglé au niveau le plus bas possible. Il faut donc renforcer les organisations régionales. Reste une vraie difficulté, qui est au cœur de la géopolitique&amp;nbsp;: celle de définir les régions pertinentes. Le cas du Moyen-Orient est typique&amp;nbsp;: où s'arrête-t-on&amp;nbsp;? À l'Iran, au Pakistan, à l'Inde&amp;nbsp; ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment garder à ces nouvelles structures de gouvernance leur légitimité démocratique&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Le problème n'est pas l'élection directe de tous les niveaux de représentation. Ce qu'il faut pour que ça marche, c'est que chaque forum de gouvernance soit perçu comme utile et que les intérêts de ceux qui n'en font pas partie y soient tout de même pris en compte. Il faut trouver le bon équilibre entre l'efficacité, qui plaide en faveur de groupes restreints, et la légitimité, qui pousse à élargir le jeu.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment voyez-vous le rôle de l'Europe dans les nouveaux équilibres de la gouvernance&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; L'Europe est un fantastique laboratoire de construction d'une nouvelle forme d'unité politique. Malgré ses faiblesses, l'Union européenne a une valeur d'exemple considérable. C'est une vraie communauté de nations, vouée à assurer la sécurité et la prospérité de ses membres et qui se projette à l'extérieur comme un «pouvoir doux» (soft power), dont la puissance ne s'exprime pas agressivement. L'UE aborde la résolution des problèmes en des termes nouveaux, qui ne sont pas des expressions de la puissance brute. C'est un modèle à choyer. Nous réalisons là à l'échelle d'un continent, bien sûr péniblement, un modèle de gouvernance pour le monde. Si les choses se passent bien, la gouvernance mondiale dans deux siècles aura réalisé à l'échelle planétaire quelque chose qui ressemblera à ce que nous sommes en train de construire à l'échelle de l'UE. C'est d'ailleurs pourquoi je suis contre l'idée de fixer des limites a priori à l'Union européenne. Le concept de l'UE a une vocation planétaire.&lt;/p&gt; &lt;!-- google_ad_section_end() --&gt;&lt;!-- Template : Outils.php --&gt; &lt;p&gt;&lt;script src=&quot;http://www.hautetfort.com/scripts/tooltip/tooltip.js&quot; type=&quot;text/javascript&quot;&gt; //&lt;![CDATA[ &lt;!--  &lt;!   &lt;!    // --&gt;// --&amp;gt; // --&amp;gt; //]]&gt; &lt;/script&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Jacques Chirac : «J'irai m'expliquer avec sérénité»</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Politique</category>
<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 08:10:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/02/978137107.jpg&quot; alt=&quot;7f3e96ea-c96c-11de-85df-0f9542c4fd70.jpg&quot; id=&quot;media-2082944&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Entretien avec&amp;nbsp;le Président Jacques Chirac,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;publié dans Le Figaro,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;le 05 Novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;LE FIGARO. - Vous êtes renvoyé devant la justice dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris. Comment vivez-vous cette épreuve ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Jacques CHIRAC. -&lt;/strong&gt; La juge Xavière Simeoni a estimé devoir me renvoyer devant le tribunal correctionnel. J'ai pris acte de sa décision, même si je conteste son analyse. J'irai donc m'expliquer sur les 21 emplois qui restent en débat. Je rappelle d'ailleurs qu'au départ, près de 500 emplois ont été examinés par la justice, et qu'on a parlé d'un véritable «système». Aujourd'hui, on constate bien qu'il n'en est rien. Je n'ai rien à me reprocher. J'irai donc m'expliquer en personne, avec sérénité et détermination, pour que la vérité soit établie. Je le dois aux Français, qui m'ont accordé leur confiance.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Regrettez-vous que le parquet n'ait pas fait appel de la décision de la juge d'instruction ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Non. Je souhaite pouvoir établir rapidement la réalité des faits et que cette page soit définitivement tournée.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment allez-vous vous préparer à ce procès ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tranquillement. Je dirai la vérité, ce que je sais, ce que je pense.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Que répondez-vous à Charles Pasqua qui vous demande de faire la lumière sur les conditions d'attribution de l'Ordre national du Mérite à Arcadi Gaydamak ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Strictement rien. Je n'ai pas un souvenir très précis de cette affaire. Si Charles Pasqua pense aujourd'hui qu'il y a une utilité quelconque à lever le secret défense, ce n'est certainement pas moi qui m'y opposerai.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous du procès Clearstream ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ne comptez pas sur moi pour commenter une procédure en cours. La seule chose que j'ai à dire dans cette affaire c'est que je n'ai naturellement donné aucune instruction. En revanche, je veux rappeler les consignes très strictes que j'ai toujours données à mes gouvernements successifs pour la moralisation des marchés internationaux et la lutte contre les réseaux mafieux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le procureur a requis dix-huit mois avec sursis contre votre ancien premier ministre Dominique de Villepin. Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je vous le répète, je ne fais pas de commentaires sur une procédure en cours. Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai pour Dominique de Villepin beaucoup d'estime et d'amitié.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dans votre livre, vous évoquez des aspects très personnels de votre vie, notamment, pour la première fois, la maladie de votre fille Laurence.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour tout dire, j'ai hésité avant d'écrire ce livre. Mais je me suis dit qu'il ne pouvait avoir de valeur que si je disais toute la vérité, toute ma vérité, telle que je la ressentais, telle que je l'avais vécue. Sinon, l'exercice aurait été hypocrite ou inutile. Et les épreuves font partie de la vie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quel jugement portez-vous sur les présidents de la Ve République ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est difficile de porter un jugement sur des hommes qui ont joué un rôle éminent dans l'Histoire de notre pays. J'ai, comme tous les Français, une profonde admiration pour le général de Gaulle, pour son rôle historique. Georges Pompidou est pour moi, en quelque sorte, un père spirituel pour lequel j'éprouve de l'admiration, du respect et une réelle affection. Il aura poursuivi l'œuvre du Général de Gaulle, tout en permettant à notre pays de se moderniser en profondeur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vous êtes sévère envers Valéry Giscard d'Estaing, dont vous avez été le premier ministre de 1974 à 1976.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il n'est un secret pour personne que nos relations n'étaient pas marquées par un excès d'affection. Elles se sont ensuite dégradées, notamment en raison du rôle négatif d'un homme, Michel Poniatowski, qui ne supportait pas l'idée que quelqu'un d'autre que lui puisse avoir une influence sur le président. Mais au-delà des questions de personnes, c'est sur le fond et sur les choix de politique gouvernementale que nous nous sommes séparés.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous lu son livre, La princesse et le président ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est sur mon bureau justement…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Votre regard sur François Mitterrand est beaucoup plus clément.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'était un homme d'une grande culture, d'une grande intelligence. J'ai bien sûr combattu ses idées et son action. Parfois même de façon assez dure. Mais on peut parfaitement reconnaître les qualités humaines et personnelles d'un adversaire politique. Comme beaucoup de Français, j'ai pour François Mitterrand de l'estime.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquez-vous votre défaite à la présidentielle de 1988 face à lui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mitterrand a été meilleur. Il a su rassembler davantage. A cette époque, les Français ont eu un besoin de gauche. C'est la démocratie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Entre 1988 et 1995, avez-vous douté que vous seriez un jour élu président de la République ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ca a l'air très prétentieux, mais non, je n'ai pas douté. Tout simplement parce qu'il n'est pas dans ma nature de douter. Quand j'ai un objectif, je fais toujours le maximum pour l'atteindre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quel jugement portez-vous à mi-mandat sur la présidence de Nicolas Sarkozy ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je me suis fixé une règle à laquelle je ne déroge pas. Je ne fais jamais de commentaire sur mon successeur. C'est l'idée que je me fais de nos institutions.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vous écrivez : «j'avais confiance en Édouard Balladur». Avez-vous été surpris qu'il soit candidat à la présidentielle de 1995 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a eu entre Édouard Balladur et moi un certain malentendu. Un malentendu de bonne foi, comme on dit ! Je pensais qu'il existait entre nous un accord : il se consacrerait entièrement à la conduite du gouvernement tandis que je me préparerais à l'échéance présidentielle et à l'élaboration d'un projet pour la France. C'est ce que j'avais compris. J'avais dû me tromper… C'est la vie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vous dites que vous n'avez pas eu d'explication «d'homme à homme» avec lui. Le regrettez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'occasion ne s'est pas présentée. Je ne l'ai pas recherchée et pour dire la vérité, lui non plus. Mais je n'ai aucune hostilité à son égard.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Faut-il faire évoluer la Constitution de la Ve République&lt;/strong&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les Constitutions, comme toutes les règles, ne sont jamais idéales. Au total, cette Constitution, inspirée par la volonté et la pensée du général de Gaulle, a été et est la mieux adaptée au tempérament des Français et à la situation de la France. A force de toujours vouloir améliorer les choses, on finit par les détériorer. La Constitution est une bonne Constitution, et il serait à la fois maladroit et dangereux de la «tripoter».&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Donc vous n'êtes pas favorable à une évolution vers un régime présidentiel comme l'a proposé Jean-Pierre Raffarin ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne crois pas que le régime présidentiel s'impose. Nous avons aujourd'hui un système adapté, souple. Nous serions bien inspiré de ne pas vouloir trop le modifier. Les avantages l'emportent de beaucoup sur les inconvénients.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dans votre livre, vous évoquez l'hospitalité de Saddam Hussein qui vous reçoit «à bras ouverts» à Bagdad en 1974 alors que vous étiez premier ministre. Quand vous êtes-vous rendu compte de sa dérive vers un régime dictatorial ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je l'ai rencontré quand j'étais premier ministre, et qu'il était chef d'État. Nos deux pays entretenaient des relations diplomatiques. Au départ, l'homme avait des qualités et, aux yeux de beaucoup, il symbolisait une vision moderne et laïque dans cette partie du monde. Il a changé assez rapidement et s'est affirmé chez lui un côté tyrannique que personne n'avait soupçonné.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vous condamnez pourtant son exécution.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Oui. Je suis contre la peine de mort. Quoi qu'il arrive. Personne n'est fondé à exécuter un de ses semblables. C'est une question de principe.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quel a été le plus grand moment de votre carrière ministérielle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sans doute Mai 68. Il y a eu là un moment d'effervescence nationale, forte et vivifiante comme le peuple français en a le secret parfois. Tout le monde a été pris au dépourvu. J'étais alors secrétaire d'État à l'Emploi et à ce titre, j'ai pris part aux négociations. J'ai notamment rencontré dans le plus grand secret Henri Krasucki au nom de la CGT. On a beaucoup glosé sur le fait que j'y étais allé armé d'un revolver. C'était une période de grande agitation et j'avais intérêt à être armé. Non pas à l'égard de Krasucki, bien entendu, mais compte tenu du climat de tension extrême.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Au cours de votre carrière, on vous a souvent accusé d'être versatile. Quelle est votre ligne directrice ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. On peut changer d'avis lorsque la situation change. Plus sérieusement ma ligne directrice, c'est une certaine idée de la France, une certaine idée des Français. Et je m'inscris en cela dans le droit fil de la tradition gaulliste. Se battre pour la grandeur et l'indépendance de la France. Et dans le domaine intérieur, préserver et renforcer notre cohésion sociale et nationale.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment vivez-vous votre retraite de la vie publique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Très bien. Vous le savez, j'ai un tempérament actif. Je m'occupe de l'action de ma Fondation qui s'investit dans les domaines de l'accès à l'eau, la déforestation, la lutte contre les faux médicaments qui sont une «plaie d'Égypte», et la sauvegarde des langues et des cultures menacées. Demain, seront remis les premiers prix de ma Fondation pour la prévention des conflits. Je suis très assidu au Conseil constitutionnel qui est remarquablement présidé par Jean-Louis Debré. Je rencontre de nombreuses personnalités françaises ou étrangères, avec lesquelles j'ai noué des relations amicales. Et je travaille à la rédaction du deuxième tome de mes Mémoires.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quand paraîtra ce tome 2 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pas avant un an. Je viens juste de commencer à y travailler.&lt;/p&gt;
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<title>Disparition de Claude Lévi-Strauss.</title>
<link>http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/archive/2009/11/03/309e6b700548c8047076a23cd186b519.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Carnet</category>
<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 20:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/01/1738997842.jpg&quot; alt=&quot;h_14_ill_1262349_02f1_000_app2001060858032.jpg&quot; id=&quot;media-2080633&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;C'est avec une profonde émotion que j'apprends la mort de Claude Lévi-Strauss.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cet Homme avec un H majuscule, que j'ai découvert en classe de terminale littéraire par l'intermédiaire de &lt;em&gt;Race et Histoire&lt;/em&gt; et plus tard de &lt;em&gt;Tristes Tropiques&lt;/em&gt;, m'a de suite passionné,&amp;nbsp;par son parcours intellectuel et humain hors normes. En effet, Claude Lévi-Strauss, depuis l'obtention de son agrégation de philosophie en 1931, a toujours consacré sa vie&amp;nbsp;à la découverte des&amp;nbsp;autres, au sens large du terme. Sa curiosité pour les peuples méconnus auxquels il a consacré une grande partie de son oeuvre et de sa vie en sont les exemples les plus significatifs.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a quelques mois, Claude Lévi-Strauss avait répondu à un courrier que je lui avait adressé, avec humilité et une profonde gentillesse, deux qualités qu'il cultiva jusqu'à la fin de sa vie. Il&amp;nbsp;avait en effet à l'égard de chacun, un intérêt certain, signe de l'immense curiosité intellectuelle qui l'a conduit aux sommets des gloires&amp;nbsp;terrestres qu'il n'a pourtant jamais recherchées et pour lesquelles il avait finalement un certain mépris.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Claude Lévi-Strauss était Professeur au Collège de France, Membre de l'Académie française, bien qu'immortel depuis longtemps&amp;nbsp;de par&amp;nbsp;sa vie d'Homme, mais aussi Grand Croix de la Légion d'honneur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Puisse son message de curiosité, de tolérence et d'amour de l'Homme, être une source de méditation pour chacun et notamment pour les dirigeants des grandes puissances mondiales.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;NCL&lt;/p&gt;
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<title>Quelle erreur Madame Simeoni !</title>
<link>http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/archive/2009/11/02/quelle-erreur-madame-simeoni.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Justice</category>
<pubDate>Mon, 02 Nov 2009 14:47:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/02/02/1591446819.jpg&quot; alt=&quot;15d9ad00-c770-11de-863a-54d0d904d5c1.jpg&quot; id=&quot;media-2077624&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Par Frédéric Salat-Baroux,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Conseiller d'Etat, ancien Secrétaire général de l'Elysée.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Figaro,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;le 02 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Non, Madame la juge, votre décision n'est pas le symbole d'une justice libre, elle est la marque de votre incapacité à vous abstraire du fantasme d'une Ville de Paris mise au service de l'ambition d'un homme&amp;nbsp;! Permettez-moi de m'appuyer sur votre décision même.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Existait-il un système organisé d'emplois fictifs&amp;nbsp;? NON&amp;nbsp;: sur près de cinq cents emplois examinés par la justice, vous n'en retenez que vingt et un, au terme de plusieurs années d'enquêtes&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vous avez raison, en revanche, Madame la juge, les Français ont droit à la vérité. Alors de quoi parle-t-on, dans «&amp;nbsp;cette affaire&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: d'un inventaire à la Prévert de cas individuels qui ramène à des réalités parfois dérisoires. Ici, un chargé de mission basé en Corrèze pour trier les innombrables demandes d'interventions adressées au maire de Paris. Là, une enseignante, qui aurait pu continuer à être payée par l'Éducation nationale et qui va assister le maire de son expérience de terrain dans une matière qu'il connaît mal. Là, le fils d'une grande figure de la Ve&amp;nbsp;République, journaliste et écrivain, qui s'enfonce dans de graves difficultés personnelles et auquel on donne sa chance pour qu'il s'en sorte par le travail et sur un sujet - les relations avec la communauté asiatique de Paris - qu'il connaît parfaitement. Ici, une personne dont Jacques Chirac savait les qualités de plume et qui l'aidera - d'ailleurs également après son accession à l'Élysée - à répondre aux auteurs de la multitude d'ouvrages qu'il recevait chaque jour. Là encore, la mise à disposition - en plus du quota municipal - du chauffeur du responsable d'une grande organisation syndicale, qui depuis a remboursé l'ensemble des sommes en cause. Là enfin, mais on pourrait dérouler la liste des vingt et un cas en débat, le secrétaire général de l'Association internationale des mairies francophones, dont la Ville de Paris était le pivot.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On peut y trouver des maladresses ou la conséquence de défauts de vigilance. Mais on est loin, si loin de ces campagnes politiques agitant le spectre d'une armée de spécialistes et de conseillers payés par la Ville de Paris pour permettre à Jacques Chirac d'accéder à la présidence de la République. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que votre décision n'a pas tardé à faire le jeu du populisme. Marine Le Pen ne s'est-elle pas précipitée pour expliquer que votre décision n'était que la partie immergée de l'iceberg, évoquant - méthode éculée des années 1930 - «&amp;nbsp;l'argent volé&amp;nbsp;» des politiques.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors, OUI, il faut désormais que la justice passe pour purger des années de campagnes et de salissures. Et rien ne serait pire pour Jacques Chirac qu'un appel du parquet&amp;nbsp;! Ce procès aurait mille fois pu être évité. Il est maintenant indispensable.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Indispensable pour se remettre dans le contexte d'une époque où la loi - jusqu'en 1984 et 1994 pour son décret d'application - ne fixait aucune règle d'emploi des membres de cabinet des élus locaux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Indispensable pour dissiper cette «&amp;nbsp;idée-poison&amp;nbsp;» d'un Jacques Chirac se protégeant pendant douze ans derrière son immunité présidentielle, alors que la vérité est celle d'un homme responsable qui a veillé au respect de sa fonction et qui, au jour où il l'a quittée, a demandé à son avocat de faire savoir aux magistrats en charge qu'il était, sans attendre, à la disposition de la justice.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Indispensable simplement pour que justice soit faite et que chacun des vingt et un emplois soit passé au crible objectivement et sans le prisme de décennies d'amalgames et de campagnes de presse. Et cela sans jamais avancer les arguments de l'ancienneté des faits ou de l'âge, qui n'ont rien à voir avec la haute idée que Jacques Chirac se fait de la justice.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Car le vrai courage, Madame la juge, ce n'est pas d'avoir renvoyé un ancien président de la République devant un tribunal. C'est si politiquement correct et, depuis tant d'années, de tirer sur Jacques Chirac&amp;nbsp;! Le vrai courage aurait été, dans un contexte où pèse terriblement le débat sur la suppression du juge d'instruction, de conclure ce dossier comme n'importe quel autre. Ce faisant, vous auriez réellement montré que dans notre République, un ancien chef de l'État est un justiciable à l'égal de tous les autres citoyens français.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il faut maintenant que le procès vienne et vienne vite. Il n'est que temps que cette affaire soit ramenée à sa juste réalité.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce qui est en jeu est aussi simple qu'essentiel&amp;nbsp;: c'est la vérité d'un homme face aux Français et à l'histoire. L'homme qui a fait barrage, à droite, à la tentation de la compromission avec le Front national. L'homme du discours du Vél'd'Hiv. L'homme de la laïcité et de la défense du modèle français. L'homme évidemment aussi qui a dit non à la guerre en Irak et a fait face, avec raison et avec honneur, au président des États-Unis, George W. Bush.&lt;/p&gt;
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<title>Le grand emprunt doit mobiliser entre 50 et 100 milliards d'euros.</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Nicolas CALLEGARI)</author>
<category>Economie</category>
<pubDate>Mon, 02 Nov 2009 12:38:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/01/1277456780.jpg&quot; alt=&quot;idees-grand-emprunt-2010-L-1.jpg&quot; name=&quot;media-2079483&quot; id=&quot;media-2079483&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Tribune publiée dans Le Monde,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;le 02 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour le Parti socialiste, &lt;em&gt;&quot;un grand emprunt, c'est d'abord une grande dette de plus&quot;&lt;/em&gt;, pour reprendre l'expression du président socialiste de la commission des finances de l'Assemblée nationale. Il aurait dû écouter plus attentivement le discours du président de la République, à Versailles, le 22 juin, devant le Sénat et l'Assemblée nationale réunis en Congrès.&lt;/p&gt; &lt;div id=&quot;pave_meme_sujet_hidden&quot; style=&quot;display: none;&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Il disait en substance : &lt;em&gt;&quot;Certes, nous avons un problème de finances publiques mais, pour le résoudre, il nous faut changer notre approche des déficits, notre façon de poser le problème. La situation ne doit pas être examinée qu'en termes de valeur absolue. Il faut distinguer le mauvais déficit, celui qui finance les mauvaises dépenses, du déficit imputable à la crise, à la diminution des recettes, à l'augmentation des dépenses sociales. Mais il peut également y avoir un déficit justifié par le financement des dépenses d'avenir. Le grand emprunt constitue une vraie opportunité de débattre et d'identifier les investissements stratégiques pour préparer la sortie de crise et la croissance de demain.&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour nous, le grand emprunt c'est d'abord une opportunité de rompre avec une pratique qui depuis presque trente ans veut que l'on s'endette essentiellement pour assurer des dépenses de fonctionnement. Cette pratique doit être combattue et ce type de déficit condamné. Année après année, les investissements publics de l'Etat, sacrifiés sur l'autel de l'urgence et de l'immédiat, ont reculé pour s'établir à quelques milliards d'euros annuels seulement.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Or notre pays dispose de réserves de prospérité et d'un potentiel de croissance dans des secteurs d'excellence. Le pari du grand emprunt, c'est de transformer ce potentiel de croissance en recettes positives, en emplois, en amélioration de la qualité de vie de nos concitoyens, en réponse au défi environnemental.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Travailler sur le grand emprunt, c'est donc préparer la sortie de crise et l'avenir, qui se jouera sur la sélection des projets et des investissements. Ils devront respecter des principes rigoureux en termes de lisibilité, d'ancrage territorial et de rentabilité. Ces investissements devront être compris et approuvés par nos concitoyens qui pourront ainsi les soutenir, les porter et contribuer à leur succès. Ils devront donc concerner des programmes phares, mais surtout rentables, susceptibles de générer des retours sur investissement sous forme de croissance, d'emploi et de développement durable, à un horizon raisonnable. C'est la préoccupation essentielle des Français.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les idées ne manquent pas. Il faudra choisir les investissements les plus importants pour la croissance de demain et poser les conditions nécessaires pour garantir la meilleure utilisation de cet argent et les retombées économiques les plus favorables à la prospérité de notre pays.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un nouveau modèle de croissance est en train d'émerger. Si nous n'investissons pas massivement pour prendre une option sur l'avenir, nous risquons de prendre un retard que nous mettrions plusieurs décennies à rattraper. Ce serait une erreur historique. Les pays qui ont raté la &quot;révolution industrielle&quot; ou les &quot;trente glorieuses&quot; ont mis très longtemps à s'en remettre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous sommes à la veille d'une révolution d'une ampleur comparable. Face aux risques de déclassement liés à l'immobilisme, nous devons faire preuve d'audace et mobiliser les moyens suffisants pour donner à notre économie une dynamique nouvelle, pour faire de notre société une société de création, d'invention, d'innovation, résolument tournée vers l'avenir; un avenir qui garantisse notre souveraineté.&lt;br /&gt; Ces moyens, ils sont mobilisés en Chine, en Inde, au Brésil, qui veulent toute leur part de cette nouvelle croissance. Ils sont également mobilisés aux Etats-Unis par l'administration Obama, qui investit massivement dans la croissance verte.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est dire que le grand emprunt ne doit pas devenir un &quot;petit emprunt&quot;, au moment même où l'Allemagne décide de donner la priorité à la croissance en programmant des baisses d'impôts qui, sur cinq ans, représenteront 120 milliards d'euros.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour construire la France du XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, la France de l'après-Kyoto, de la croissance verte, de la révolution numérique, de la société de la connaissance, pour bâtir les infrastructures, les universités, les laboratoires, les entreprises, les grandes métropoles de premier rang mondial de demain, nous devons pouvoir mobiliser une masse critique de plus de 50 milliards d'euros, voire, pourquoi pas, aller, si les projets le justifient, jusqu'à 100 milliards d'euros d'investissements publics supplémentaires, qui seront dépensés sur les cinq à dix ans à venir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les fonds levés doivent être isolés du budget général. Ils ne doivent pas servir à financer les dépenses courantes. Ils doivent être investis selon des critères rigoureux. Ils pourraient donner lieu à des prises de participation dans des sociétés à créer, à des avances assurant une capacité de remboursement ou de valorisation. L'efficacité économique des dépenses doit être le maître mot. Et ainsi, dans cet esprit de rigueur et d'efficacité, nous pourrons inventer l'avenir et le grand emprunt représentera une rupture majeure dans la politique économique française.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/c55c/martine-aurillac.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Martine Aurillac&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/1292/brigitte-bareges.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Brigitte Barèges&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/6c4f/jean-louis-bernard.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Louis Bernard&lt;/a&gt; ; Jérôme Bignon ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/ed7b/claude-bodin.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Claude Bodin&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/e0c9/michel-bouvard.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Michel Bouvard&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/c0fd/bernard-brochand.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Bernard Brochand&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/5f3e/bernard-carayon.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Bernard Carayon&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/2dc2/olivier-carre.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Olivier Carré&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/c33c/eric-ciotti.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Eric Ciotti&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/baab/francois-cornut-gentille.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;François Cornut-Gentille&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/1b75/jean-michel-couve.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Michel Couve&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/751d/olivier-dassault.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Olivier Dassault&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/9e88/bernard-deflesselles.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Bernard Deflesselles&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/e609/yves-deniaud.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Yves Deniaud&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/8bb7/nicolas-dhuicq.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Nicolas Dhuicq&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/23dd/david-douillet.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;David Douillet&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/6365/cecile-dumoulin.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Cécile Dumoulin&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/a403/raymond-durand.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Raymond Durand&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/2adf/daniel-fasquelle.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Daniel Fasquelle&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/e042/jean-michel-ferrand.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Michel Ferrand&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/3365/jean-pierre-giran.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Pierre Giran&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/7c57/jean-claude-guibal.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Claude Guibal&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/a146/philippe-goujon.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Philippe Goujon&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/7ccc/anne-grommerch.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Anne Grommerch&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/e9da/michel-heinrich.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Michel Heinrich&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/6ee5/laurent-henart.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Laurent Hénart&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/6b9e/olivier-jarde.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Olivier Jardé&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/3be4/yves-jego.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Yves Jégo&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/4a16/arlette-grosskost.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Arlette Grosskost&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/9100/jean-christophe-lagarde.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Christophe Lagarde&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/21dd/jean-francois-lamour.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-François Lamour&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/3f0c/robert-lecou.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Robert Lecou&lt;/a&gt; ; Marc Le Fur ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/94a9/jean-leonetti.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean Leonetti&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/4999/maurice-leroy.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Maurice Leroy&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/8352/francois-loos.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;François Loos&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/a9a5/lionnel-luca.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Lionnel Luca&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/c444/jean-francois-mancel.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-François Mancel&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/7869/philippe-armand-martin.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Philippe-Armand Martin&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/b458/damien-meslot.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Damien Meslot&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/b77c/renaud-muselier.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Renaud Muselier&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/19b3/jacques-myard.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jacques Myard&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/29b4/francoise-de-panafieu.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Françoise de Panafieu&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/4d8e/jean-frederic-poisson.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Frédéric Poisson&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/cad7/berengere-poletti.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Bérengère Poletti&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/2d6d/jean-luc-preel.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Luc Préel&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/606c/didier-quentin.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Didier Quentin&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/0a1b/bernard-reynies.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Bernard Reyniès&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/92e9/franck-reyner.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Franck Reyner&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/452a/jean-roatta.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean Roatta&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/70cf/arnaud-robinet.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Arnaud Robinet&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/71f9/francois-rochebloine.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;François Rochebloine&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/a6e5/marie-josee-roig.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Marie-Josée Roig&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/fe0b/jean-marc-roubaud.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Marc Roubaud&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/7a4d/francis-saint-leger.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Francis Saint-Léger&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/ad38/rudy-salles.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Rudy Salles&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/1a31/andre-santini.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;André Santini&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/b593/francois-scellier.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;François Scellier&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/17bd/georges-siffredi.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Georges Siffredi&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/2f50/daniel-spagnou.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Daniel Spagnou&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/f80c/jean-tiberi.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean Tiberi&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/6df3/rene-paul-victoria.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;René-Paul Victoria&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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