jeudi, 03 juillet 2008
Libération d'Ingrid BETANCOURT.
Après plus de six années de captivité, Ingrid BETANCOURT est enfin libre!
Cette libération qui arrive comme une surprise, est le fruit de la mobilisation de la communauté internationale qui, soudée à la cause d'Ingrid, a travaillé sans relâche à ce dénouement heureux.
Il faut évidemment saluer l'action du président colombien URIBE, l'engagement et la détermination de Nicolas SARKOZY dans ce combat, mais aussi celles de Jacques CHIRAC et de Dominique de VILLEPIN. Il ne faut bien sûr pas oublier toutes celles et tous ceux qui, de près ou de loin, ont participé à cette action humanitaire, tout comme celles et ceux qui se sont engagés depuis des années derrière la famille d'Ingrid.
NCL
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vendredi, 13 juin 2008
Jacques CHIRAC reçoit le Prix d'Etat à Moscou.
Le Président Jacques Chirac a reçu des mains du Président russe Dmitri Medvedev, lors d'une cérémonie solennelle au Kremlin, le Prix d'Etat, la plus haute distinction russe, pour sa contribution à la diffusion de la culture russe.
Jacques CHIRAC était le seul étranger parmi les neuf personnalités scientifiques et culturelles distinguées lors de cette cérémonie, à laquelle assistait de nombreux invités parmi lesquels le Premier Ministre russe Vladimir POUTINE et l'homme d'affaires français François PINAULT.
C'est de tout coeur que je lui adresse mes plus chaleureuses félicitations.
NCL
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lundi, 12 mai 2008
Crime contre les droits de l'homme à Gaza.
Par Jimmy CARTER,
ancien Président des Etats-Unis,
Président du Centre Carter qui œuvre pour la promotion de la paix, de la santé et des droits humains dans le monde.
Tribune publiée dans Le Figaro,
le 12 mai 2008.
Le monde est témoin d'un crime terrible contre les droits de l'homme à Gaza, où un million et demi d'êtres humains sont emprisonnés et quasiment privés de tout accès au monde extérieur, que ce soit par mer, par air ou par la terre. Une population entière est en train d'être brutalement punie.
Ce mauvais traitement flagrant des Palestiniens de Gaza a été intensifié de façon spectaculaire par Israël, avec le soutien des États-Unis, après que des candidats politiques représentant le Hamas eurent gagné une majorité de sièges au Parlement de l'Autorité palestinienne en 2006. Cette élection avait été jugée honnête et juste de façon unanime par tous les observateurs internationaux.
Israël et les États-Unis ont refusé d'accepter les droits des Palestiniens à former un gouvernement d'unité avec le Hamas et le Fatah et aujourd'hui, après une lutte interne, c'est le Hamas seul qui contrôle Gaza. Quarante et un des quarante-trois candidats victorieux du Hamas qui vivaient en Cisjordanie sont aujourd'hui emprisonnés en Israël, plus dix autres qui ont occupé des postes dans l'éphémère gouvernement de coalition.
Sans considération du choix de chacun dans la lutte partisane entre le Fatah et le Hamas à l'intérieur de la Palestine occupée, nous devons nous souvenir que les sanctions économiques et les restrictions dans les livraisons d'eau, de nourriture, d'électricité et de carburant provoquent d'extrêmes souffrances parmi les innocents habitants de Gaza, dont un million environ sont des réfugiés.
Les bombes et les missiles israéliens frappent régulièrement la zone enclavée, faisant de nombreuses victimes à la fois parmi les militants et les femmes et enfants innocents. Avant même le cas très médiatisé de la mort d'une femme et de ses quatre enfants en bas âge, il y a quelques jours,ce phénomène est visible dansun rapport antérieur de B'Tselem, la principale organisation israélienne de défense des droits de l'homme : 106 Palestiniens ont été tués entre le 27 février et le 3 mars. Cinquante-quatre d'entre eux étaient des civils qui ne prenaient pas part aux combats, et vingt-cinq avaient moins de 18 ans.
Lors d'un récent voyage au Moyen-Orient, j'ai essayé de mieux comprendre la crise. J'ai visité entre autres Sderot, une communauté d'environ 20 000 personnes dans le sud d'Israël, fréquemment frappée par des roquettes rudimentaires tirées de Gaza, non loin. J'ai condamné ces attaques, que je tiens pour des actes de terrorisme abominables, car la majorité des treize victimes des sept dernières années n'étaient pas des combattants.
J'ai ensuite rencontré des leaders du Hamas, à la fois une délégation de Gaza et les hauts fonctionnaires de Damas, en Syrie. J'ai exprimé la même condamnation à leur égard, et les ai pressés de déclarer un cessez-le-feu unilatéral ou d'organiser avec Israël un accord mutuel pour mettre fin à toutes les actions militaires à Gaza et autour sur le long terme.
Ils m'ont répondu que de telles actions, qu'ils avaient initiées, étaient restées sans contrepartie, et ils m'ont rappelé que le Hamas avait précédemment insisté pour instaurer un cessez-le-feu dans toute la Palestine, incluant à la fois Gaza et la Cisjordanie, ce qu'Israël avait refusé. Le Hamas avait alors fait une proposition publique de cessez-le-feu mutuel restreint à Gaza, ce queles Israéliens avaient considéré puis refusé également.
Les arguments fervents ne manquent pas, de chaque côté, pour rejeter le blâme de l'absence de paix en Terre sainte. Israël a occupé et colonisé la Cisjordanie palestinienne, qui représente environ un quart (28,5 %) de la taille de la nation d'Israël telle qu'elle est reconnue par la communauté internationale. Certaines factions religieuses israéliennes revendiquent un droit à la terre des deux côtés du Jourdain, et d'autres affirment que leurs 205 colonies peuplées de quelque 500 000 habitants sont nécessaires pour la « sécurité ».
Toutes les nations arabes ont accepté de reconnaître pleinement l'État d'Israël, à condition qu'il se conforme aux résolutions clés de l'ONU. Le Hamas s'est engagé à accepter tout accord de paix négocié entre le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le premier ministre israélien Ehoud Olmert, pourvu qu'il soit approuvé par un référendum auprès du peuple palestinien.
C'est une promesse de progrès, mais en dépit du bref tapage et des déclarations positives lors de la conférence de paix de novembre 2007 à Annapolis, dans le Maryland, le processus a connu une régression. Neuf mille nouvelles habitations de colons israéliens ont été annoncées en Palestine, le nombre de barrages routiers en Cisjordanie a augmenté et l'étranglement de Gaza s'est resserré.
C'est une chose pour d'autres dirigeants de s'en remettre aux États-Unis pour les négociations de paix cruciales, mais le monde ne doit pas rester les bras croisés pendantque des gens innocents sont traités avec cruauté. Il est temps que des voix fortes en Europe, aux États-Unis, en Israëlet ailleurs se fassent entendreet condamnent cette tragédiedes droits de l'homme infligéeau peuple palestinien.
© Project Syndicate, 2008, traduit de l'anglais par Bérengère Viennot.
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mardi, 08 avril 2008
Paix à la flamme olympique !
Par Jean d'Ormesson de l'Académie française.
Tribune publiée dans Le Figaro,
le 8 avril 2008.
Disons les choses comme elles sont : une situation intenable est en train de naître sous nos yeux. Des partisans des droits de l'homme à qui va toute notre sympathie sont traités comme des émeutiers. Des jeunes gens qui manifestent pour un monde meilleur sont jetés à terre par la police. Ils sont soutenus par une forte majorité. Un trouble profond s'empare des esprits. Que faire ?
Il n'est pas exclu que l'erreur primitive ait été de confier à la Chine l'organisation des Jeux olympiques. Le mal est fait. Il faut maintenant l'assumer.
La Chine est un grand pays. Nous n'avons pas envie de rompre tout lien avec elle. Il est toujours dangereux de faire parler les morts, mais il est douteux que le général de Gaulle eût été partisan de créer une situation d'affrontement avec une nation qui, qu'on le veuille ou non, se situe au tout premier rang du monde d'aujourd'hui et dont notre vie de chaque jour dépend désormais étroitement.
Le sport est, ou devrait être, au-dessus de tout débat politique. Des jeux ont été organisés dans l'Allemagne hitlérienne. Ils ont eu lieu. Il n'est pas possible de mettre la Chine d'aujourd'hui, qui a fait, depuis Mao, des progrès évidents et qui est en route vers quelque chose qui ressemble même de loin à une libéralisation, sur le même plan qu'une Allemagne national-socialiste qui préparait ouvertement la guerre. Pour beaucoup de raisons politiques, économiques, égoïstes et morales nous tenons à conserver des liens de cohabitation pacifique avec cette Chine en mouvement.
Le Tibet, en même temps, est aujourd'hui au cœur de nos préoccupations. Les droits de l'homme en Chine même nous sont, à chaque instant, une cause de tourment et d'angoisse. Nous ne renoncerons pas à agir dans ce sens. Toute solution apparaît du coup comme lourde d'inquiétudes et de troubles. La seule issue possible semble être de mettre entre parenthèses, pour quelques mois, le temps de ces Jeux olympiques qui marquent une sorte de trêve du sport héritière de la trêve des Dieux de jadis et qu'à tort ou à raison le concert des nations a confiés à la Chine, les graves réserves que nous entretenons tous à l'égard d'un système qui, de toute évidence, ne respecte pas les droits de l'homme. Nous irons aux Jeux. Mais nous gardons nos réserves. Et le droit de les exprimer.
Ce n'est pas d'aujourd'hui que date notre méfiance à l'égard du régime chinois. Hier, au temps de Mao, lorsque des centaines de milliers de Tibétains étaient affreusement persécutés ils le sont encore aujourd'hui, mais c'était bien pire hier, et tout le monde le savait , beaucoup de ceux qui manifestent aujourd'hui avec beaucoup de vigueur se sont tus avec prudence et parfois avec un enthousiasme honteux pour la Révolution culturelle. La Chine bouge. Il faut l'encourager au lieu de l'enfoncer. Et, demain, il faudra continuer à lutter pour les droits de l'homme en Chine, pour la démocratisation du régime communiste, pour le respect du droit élémentaire des Tibétains à exercer leurs croyances et à vivre leur vie traditionnelle si gravement menacée.
Il y a un paradoxe à manifester contre la flamme olympique tant nous n'avons pas bougé d'un pouce contre les horreurs de Mao, qu'on appelait le « Grand Timonier », et de la Bande des quatre. Ce n'est pas contre les Jeux olympiques à Pékin qu'il faut nous élever avec ardeur. C'est contre les restes d'un régime inacceptable que nous avons trop longtemps supporté sans un mot et que beaucoup ont même soutenu.
La seule façon de sortir avec le moins de dégâts possible de la situation où l'ensemble des nations est en train de s'engluer est de laisser le sport au-dessus des débats politiques et de garder à l'esprit et au cœur la ferme résolution d'aider dès demain de toutes nos forces la cause des Tibétains et des droits de l'homme.
L'ennemi, ce n'est pas le sport. L'ennemi, c'est la Chine d'hier, dont la Chine de demain tente, avec encore trop de mollesse, de se dégager. Il faut participer aux Jeux olympiques. Dès la cérémonie d'ouverture, il faut, d'une façon ou d'une autre abstention ou protestation , marquer notre condamnation de ce qui doit appartenir au passé.
Paix à la flamme olympique ! Mais lutte accrue contre tous les totalitarismes. Et engagement de lutter demain, comme nous aurions dû, à plus forte raison, le faire hier et comme nous ne l'avons pas fait, pour la libération des dissidents, pour la liberté des médias, pour la démocratie partout, pour les droits de l'homme partout, pour les droits des victimes tibétaines et pour les Chinois eux-mêmes.
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jeudi, 20 mars 2008
Carton jaune pour Pékin !
Par Jean d'Ormesson,
de l'Académie française.
Tribune publiée dans Le Figaro,
le 20 mars 2008.
La Chine est une grande nation. Avec les États-Unis, elle est l'autre superpuissance à régner sur la planète. Son industrie est impressionnante. Sa croissance donne le tournis. Si nombreux, si inventifs, formidablement doués pour le commerce, les Chinois sont un peuple d'élite. La Chine inspire trois sentiments au monde autour d'elle : le respect, la peur, l'espérance. Cette situation exceptionnelle, qui lui assure une des premières places dans le concert des nations, ne lui donne pas tous les droits.
Le sport est une des grandes réalités mythiques de notre temps. Pékin organise les Jeux olympiques. Cet honneur lui impose des devoirs. Des devoirs de retenue, de transparence, d'apaisement. Tout le monde savait que la Chine communiste convertie au libéralisme économique n'était pas une démocratie. Et que son action au Tibet jetait une ombre épaisse sur son image. Les organisateurs des Jeux, les gouvernements, l'opinion publique sont passés là-dessus avec l'espoir de voir la Chine s'avancer sur le chemin du respect des droits de l'homme. C'est le contraire qui se passe. La Chine est rattrapée par la violence qu'elle n'a cessé d'exercer au Tibet et la répression se poursuit de plus belle.
Voilà longtemps que ce qui se passe au Tibet n'aurait jamais été accepté par la communauté internationale venant d'une nation moins puissante que la Chine. Il est impossible de condamner les événements du Kosovo ou du Darfour et de ne pas condamner les événements du Tibet. Au Tibet est engagée une opération qui ressemble très exactement à un génocide culturel. Pékin accuse Lhassa de provocation délibérée. Tout ce qu'il est permis de constater, c'est que les efforts de Pékin pour venir à bout par tous les moyens de la résistance tibétaine n'ont pas réussi, malgré l'emploi de la violence et que les Jeux olympiques sont l'occasion pour les Tibétains survivants de manifester leur opposition au régime qui leur est imposé.
Qu'une violence extrême ait été utilisée par le gouvernement chinois contre les Tibétains est un fait établi, en dépit des rigueurs de la censure et de la désinformation. Voilà qu'au crime s'ajoute le mensonge : Pékin accuse les Tibétains de terrorisme et dénonce dans le dalaï-lama un chef terroriste et un fauteur de troubles qui relève de la justice.
C'en est trop. Entre le gouvernement chinois et les moines tibétains, où est le terrorisme ? Le dalaï-lama est plus proche de Gandhi que de Ben Laden et les moines bouddhistes du Tibet sont plutôt des victimes désarmées que des disciples d'al-Qaida. Naturellement, des comparaisons insoutenables nous seront opposées. On a presque honte d'y répondre. Mais, non, l'action du gouvernement chinois au Tibet n'a rien à voir avec le droit de toute autorité nationale à assurer et à rétablir l'ordre. Et, non, les malheureux moines tibétains ne peuvent pas être comparés à des organisations qui se réclament de la terreur. Ce qui pousse les Tibétains, c'est le désespoir. Et le dalaï-lama est si peu un chef terroriste qu'il menace de démissionner au cas où les émeutes au Tibet prendraient un caractère violent.
Ne soyons pas plus bouddhistes que le dalaï-lama. Le dalaï-lama ne réclame pas le boycott des Jeux olympiques. Il serait irresponsable d'y pousser. Mais il est aussi impossible de faire comme s'il ne se passait rien au Tibet. Le gouvernement chinois assure que l'ordre règne à Lhassa. Le régime tsariste assurait aussi que l'ordre régnait à Varsovie lorsque, bien avant Staline, il était en train de décapiter l'élite polonaise. Pékin veut détruire la langue, la religion, les traditions tibétaines. Si l'opinion publique internationale, si les organisations humanitaires, si les intellectuels de tout bord, si les gouvernements ne protestent pas, personne n'aura plus jamais aucun droit à protester où que ce soit.
Ne le dissimulons pas : nous souhaitons conserver et développer de bonnes relations avec la Chine communiste convertie à l'économie de marché. Mais nous avons le droit et le devoir de défendre les Tibétains. Nous ne soutenons pas un boycott absurde des Jeux olympiques. Mais nous demandons que, puisque Pékin a décidé d'organiser ces Jeux, la libre circulation des médias, de la télévision, des journalistes soit assurée en Chine. C'est la moindre des choses. Nous entendons conserver notre liberté de pensée et d'appréciation en ce qui concerne n'importe quel pays de la planète y compris la Chine. Nous souhaitons que le droit de protestation contre les excès soit reconnu en Chine comme dans tout autre pays du monde. Les Tibétains ont le droit de défendre leur culture, leur religion, leur manière de vivre. Et nous, nous sommes libres de notre opinion à l'égard des actions du gouvernement chinois.
Ce n'est pas un carton rouge qui doit être agité à la veille des Jeux olympiques de Pékin. Mais un carton jaune s'impose. À la cérémonie d'ouverture, quelque chose doit se passer — abstention ou protestation officielle — qui nous empêche de mourir de honte quand tant de Tibétains sont en train de mourir de désespoir.
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vendredi, 14 mars 2008
Les ambitions du prince Albert de Monaco.
Entretien publié dans Le Figaro,
le 14 mars 2008.
LE FIGARO. Monseigneur,on dit qu'un homme met cinquante ans à se construire. Dans quel état d'esprit abordez- vous cette étape de votre vie ?
S.A.S. le prince Albert II. Sereinement. C'est une autre période de ma vie que j'aborde avec détermination. L'expérience m'a apporté la confiance dans l'exercice de mes fonctions comme dans ma vie personnelle.
Vous avez accédé au trône voici plus de deux ans, comment avez-vous vécu ce moment ?
L'événement en lui-même était malheureusement lié à la disparition de mon père. Mais, pour moi, cela n'a pas été un changement aussi radical qu'on a pu le penser, même si l'intensité du rythme de travail s'est accrue. J'étais au fait de tous les dossiers et familiarisé avec les rouages gouvernementaux, administratifs, institutionnels de la Principauté. Ce qui a changé, c'est que désormais les responsabilités m'incombent exclusivement.
Longtemps dans l'ombre du prince Rainier, avez-vous éprouvé des difficultés à vous imposer ?
J'ai voulu d'emblée donner ma propre impulsion. J'ai clairement dit la vision qui est la mienne pour mon pays.
Avant votre avènement, on vous montrait en prince effacé et gentil. Certains ont assimilé votre gentillesse à de la faiblesse. Comment ressentiez-vous ces réserves à votre endroit ?
Je suis évidemment navré que l'on fasse systématiquement cet amalgame entre discrétion, gentillesse et faiblesse. Je n'ai jamais compris cela, mais c'est ainsi. J'ai ma propre façon de décider. Je suis quelqu'un de patient, qui sait écouter les autres, je crois avoir hérité ces qualités-là de ma mère.
Quel bilan peut-on établir de vos premières années de règne ?
J'ai voulu tout d'abord établir les priorités pour la Principauté, pour son développement, sa place et son rayonnement dans la communauté internationale, lancer de nouvelles réflexions : Je veux évidemment parler de l'environnement, défi majeur de ce XXIe siècle. Il fallait d'abord poursuivre la diversification de l'économie, développer dans la mesure du possible et à notre échelle la place financière, continuer de faire de mon pays un lieu de rencontres et d'échanges. Je me suis attaché à répondre aux besoins de bien-être et de sécurité de la population. J'ai voulu avoir une perspective sur un plus long terme. Aussi, avec mon gouvernement, ai-je réfléchi à un projet d'extension sur la mer qui permettra à Monaco de conforter son développement. Le choix de ce projet très ambitieux interviendra avant la fin de l'année.
Lors de votre accession vous avez martelé que «argent et vertu doivent se conjuguer en permanence». Des soupçons pèsent toujours sur Monaco en Allemagne et en Grande-Bretagne, notamment après le scandale au Liechtenstein. Comment comptez-vous réagir ?
Il faut différencier les choses. Il y a d'un côté le sujet de la fraude fiscale, et de l'autre tout ce qui est blanchiment d'argent et réseaux de financement du terrorisme. Sur ces deux derniers points, nous avons renforcé notre organisme de contrôle (le SICCFIN) et intensifié notre action en signant des conventions avec 24 pays pour améliorer cette lutte. Nous sommes irréprochables. Sur le volet de la fraude fiscale, je rappelle que chaque pays a ses spécificités qui le différencient des autres États. Il faut donc comparer ce qui est comparable. Par ailleurs, nous voulons que l'égalité de traitement s'applique à tous les pays. J'ai rappelé, il y a quelques jours, que Monaco n'entend pas rester à l'écart d'un mouvement général d'échange d'informations lorsqu'il sera réellement appliqué par tous les États.
Êtes-vous toujours exaspéré quand la presse internationale renvoie de Monaco l'image d'une principauté d'opérette ?
Cela fait très longtemps que j'essaye, avec ma famille, de montrer le vrai visage de Monaco. Derrière une qualité de vie appréciable, Monaco est un pays dont la prospérité, loin d'être le fruit du hasard, est le résultat de l'activité économique soutenue d'entreprises innovantes et performantes.
Certains notent que rien n'a vraiment changé. Que leur répondez-vous ?
A Monaco, les changements, lorsqu'ils sont nécessaires, se font sans heurt, sans porter atteinte aux équilibres subtils qui caractérisent la Principauté.
Au moment des récentes élections du Conseil national monégasque, il a été rappelé que le gouvernement princier n'est responsable que devant le prince et non pas devant le Parlement comme cela se passe dans les monarchies constitutionnelles. Êtes-vous, comme le prince Rainier, opposé à toute évolution dans ce sens ?
Je rappelle que nous sommes une monarchie constitutionnelle. Sans être fermé à toute évolution, il faut tenir compte de certaines spécificités et respecter ce qui est essentiel pour le pays. Monaco a un territoire de dimension réduite et une population qui l'est aussi, d'autant que les Monégasques ne sont pas majoritaires. Ce qui permet le succès de Monaco, c'est l'unité de décision au sommet de l'État, mais toujours dans le consensus national. Ce qui m'importe avant tout, c'est l'accomplissement des Monégasques et de la population dans le respect des intérêts suprêmes de mon pays.
Qu'est-ce qu'une monarchie moderne au XXIe siècle ? Sentez-vous toujours la même symbiose entre les Monégasques et la famille Grimaldi ?
Un État moderne est avant tout un État respectueux des droits de l'homme, qui garantit les libertés fondamentales. C'est aussi un État qui est conscient de l'évolution du monde qui l'entoure, sans rien renier de son histoire, de ses spécificités et de ses traditions. A l'échelle de Monaco, la monarchie offre aussi un rapport serein au temps, ce qui permet de relever les défis du monde contemporain qui s'inscrivent dans la durée.
En France, certaines voix stigmatisent Monaco tel un veau d'or à ses frontières. Cela vous irrite-t-il ?
Cela m'étonne. Monaco est un bassin d'emploi qui accueille chaque jour plus de 45 000 salariés. Cet essor économique et la prospérité de la principauté bénéficient aux régions voisines qui se félicitent de cet apport commun. Nous sommes un acteur économique important de la région.
Les relations avec la France ont évolué ces dernières années. Allez-vous renforcer votre indépendance, dont l'un des symboles sera la nomination d'un ministre d'État non proposé par la France ?
Cette évolution était nécessaire. Il fallait en effet revoir certains des textes qui régissent les rapports franco-monégasques. Je me félicite de l'excellence de nos relations et du climat de grande confiance et d'amitié qui existe entre nos deux pays. Je souhaite que nos relations se renforcent encore dans de nombreux domaines comme l'économie, la recherche, l'éducation. Par ailleurs, Monaco, par sa situation géographique, sa neutralité, peut contribuer à la mise en œuvre du projet d'Union méditerranéenne en accueillant sur son territoire des rencontres qui s'inscrivent dans ce cadre. Je me réjouis à la perspective d'évoquer, le 25 avril, avec le président Sarkozy, que j'accueillerai en visite officielle, les sujets d'intérêts entre nos deux pays.
Vous avez multiplié les visites officielles à l'étranger. Avez-vous la volonté de franchir de nouvelles étapes sur la scène internationale ?
La principauté de Monaco doit être présente et jouer un rôle sur la scène internationale dans la mesure de ses moyens en étant, comme d'autres petits pays, le lien entre des grandes nations plus puissantes. Dans les pays où nous ne pouvons avoir d'ambassades, faute de ressources humaines ou en raison de la charge budgétaire, nous avons des ambassadeurs non-résidents comme en Australie, en Chine, au Japon. Sera également maintenu un réseau consulaire très dense. Nous avons par exemple renforcé notre présence au Royaume-Uni par un consulat général pour nouer des relations d'affaires en lien avec la Chambre de développement économique. Il ne s'agit donc pas d'une simple représentation consulaire, mais d'une mission plus large de promotion de l'activité économique monégasque.
Dans un monde déchiré par la violence, Monaco est un îlot de prospérité. Certains sont tentés par un repli sur soi. Que leur répondez-vous ?
La présence de 126 nationalités, dont l'apport est exceptionnel, illustre s'il en était besoin que mon pays est loin d'être replié sur lui-même.
Depuis votre avènement, vous multipliez les initiatives en faveur de l'environnement. Quel rôle entendez-vous jouer ?
En tant que chef d'État, j'entends, notamment par l'action de ma fondation, alerter les responsables politiques et les populations sur l'urgence qu'il y a à agir. Je veux aussi démontrer, à travers les 52 projets retenus à ce jour, qu'une grande diversité d'actions est possible sur tous les continents.
Vous avez rappelé dernièrement l'ambition de Monacopour la recherche et les nouvelles technologies en matière d'environnement. Est-ce compatible avec une politique d'urbanisme et de développement sur la mer ?
La Principauté a une topographie compliquée, et ne dispose pas de ressources naturelles. Aussi devons nous être inventifs. Monaco s'est beaucoup développé depuis cinquante ans. Le souci du respect de l'environnement n'a pas toujours été aussi aigu qu'aujourd'hui. La réduction du trafic automobile sans réduire la mobilité des citoyens est un défi. Notre créativité doit s'exprimer aussi dans les technologies de construction d'immeubles qui doivent désormais prendre en compte les énergies renouvelables et produire leur propre énergie.
Quelle ambition nourrissez-vous pour votre pays ?
Ce qui me tient particulièrement à cœur c'est que mon pays se développe de la manière la plus harmonieuse possible. Je veux tracer la voie de la modernité, dans le respect des particularismes de la Principauté.
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samedi, 26 janvier 2008
Renouer avec le Rwanda, respecter la vérité.
Par Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes.
Tribune publiée dans Le Figaro,
le 26 janvier 2008.
En décidant, dès ma prise de fonction, et en accord avec le président de la République, de renouer avec le Rwanda des relations diplomatiques normales, je savais que je m'engageais dans une voie sinueuse mais nécessaire. J'ai fait ce choix, connaissant ce pays, ayant en mémoire notre histoire commune, me souvenant des drames que nous avons traversés.
Je ne sais pas qui a commandité l'attentat du 6 avril 1994 contre l'avion du président Habyarimana. Mais je ne crois pas, comme l'excellent juge Jean-Louis Bruguière, que Paul Kagamé ait sciemment décidé d'allumer l'étincelle qui embraserait son pays. Je ne peux pas cautionner cette vision simpliste et infamante qui fait des Tutsis les responsables de leur propre malheur, pas plus que je ne peux supporter d'entendre certains défendre la thèse d'un double génocide tutsi et hutu. Je sais que les ingrédients du drame étaient réunis depuis longtemps. Et j'ai vu au Rwanda la réalité d'un génocide. J'y étais.
Les soldats de l'opération « Turquoise » se sont trouvés empêtrés dans un drame dont ils ne contrôlaient pas davantage les tenants qu'ils ne mesuraient les aboutissants. Ils méritent comme nous la vérité. La France n'est pas restée sourde aux graves accusations portées contre sa politique rwandaise entre 1990 et 1994. La mission d'information parlementaire présidée par Paul Quilès a rendu des conclusions publiques très claires : malgré des « erreurs d'appréciation » dans notre politique, et notamment une « coopération militaire trop engagée » et une « sous-estimation du caractère autoritaire, ethnique et raciste du régime rwandais », la France et ses soldats n'ont en aucune manière incité, encouragé, aidé ou soutenu ceux qui ont orchestré le génocide et qui l'ont déclenché dans les jours qui ont suivi l'attentat.
Pour avoir côtoyé sur place les forces françaises, je peux en attester : la France a certainement commis des erreurs politiques, mais il serait odieux et inacceptable de penser qu'elle ait pu être coupable de crimes ou de complicité de crimes de génocide. C'est un point sur lequel je ne transigerai pas. Notre rapprochement avec le Rwanda ne se fera pas au détriment de l'honneur de l'armée française ni de la vérité historique.
Car la question aujourd'hui n'est plus là. La normalisation des relations avec le Rwanda est une nécessité. L'absence de relations diplomatiques entre deux États est et doit demeurer une exception. Les négociations en cours pour le rétablissement des relations diplomatiques avec le Rwanda n'équivalent aucunement à une caution apportée au régime rwandais, mais à une simple reconnaissance de l'État rwandais, conformément au droit international. Nous devons en être conscients : le statu quo est préjudiciable à nos deux pays.
Lancé dans un développement économique et social vigoureux, le Rwanda est aujourd'hui un acteur clé dans la stabilisation de la région des Grands Lacs africains. Il est en incontournable à l'est de la République démocratique du Congo. Et il joue un rôle majeur dans la crise du Darfour, où il déploie un important contingent dans le cadre de la force de maintien de la paix de l'Union africaine.
C'est notamment pour avancer sur ces dossiers que nous avons entrepris de renouer le dialogue avec les autorités rwandaises. Le président de la République s'est entretenu à Lisbonne avec son homologue rwandais, promettant de rétablir bientôt un dialogue normal entre nos deux pays. C'est dans cet esprit que j'entends poursuivre mes efforts pour que cesse cette anomalie dans les rapports de confiance que nous entretenons avec tous les pays africains. La France doit continuer d'être écoutée et respectée sur l'ensemble du continent, sans exception.
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samedi, 29 décembre 2007
Pourquoi il faut croire encore à la démocratie au Pakistan.
Par Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes.
Tribune publiée dans Le Figaro,
le 29 décembre 2007.
Benazir Bhutto, c'était un mélange qui n'appartenait qu'à elle d'élégance cette démarche altière, ce visage lumineux et de proximité avec le peuple. Ce peuple qui, en retour, lui vouait une véritable passion et fit d'elle deux fois un premier ministre. Et puis ce courage, cette détermination, ce mépris pour le danger dont elle était parfaitement consciente, dans une famille dont le destin a souvent croisé la mort violente… son père, ses deux frères. Je me souviens, comme beaucoup, de ses premiers mots au pied de l'avion qui la ramenait dans son pays, il y a quelques mois, quand elle disait savoir qu'elle pouvait être la cible d'un attentat dès ses premiers pas sur le tarmac. Et pourtant elle n'a pas craint de mener campagne, d'aller au devant des foules, même après le terrible carnage qui l'avait visée le jour même de son retour, en octobre. Bien sûr, je sais les reproches qui lui furent faits. Mais je préfère retenir la marque qu'elle laissera dans l'Histoire, celle d'un modèle, une femme de pouvoir aimée des siens, dans cet environnement qui ne fait pas la vie facile aux femmes.
Après cet ignoble attentat, il faut que la communauté internationale soit plus encore auprès du peuple pakistanais. Elle doit unir ses efforts pour prévenir les risques de fragmentation du Pakistan, comme l'y a appelé le Conseil de Sécurité des Nations unies dès jeudi soir. Les pays de la région, l'Afghanistan, l'Inde, l'Iran… savent qu'une déstabilisation du Pakistan est synonyme de risque majeur permanent à leur porte. Mais ce serait aussi une menace pour le monde, celle du développement d'un sanctuaire du terrorisme dans un pays qui a dans ses mains la puissance nucléaire. Quant à nous, Européens, nous devons prendre notre part du travail, ne pas faire comme si seuls les Américains étaient concernés. Le terrorisme, faut-il le répéter, c'est notre affaire à tous, de la Mauritanie au Pakistan, de l'Indonésie aux États-Unis, de l'Algérie à l'Espagne, au Royaume-Uni ou à la France. L'Allemagne, en tant que présidente du G8, avait lancé l'idée d'une initiative en faveur du Pakistan, et plus particulièrement des zones frontières avec l'Afghanistan. Sans doute faut-il rapidement mobiliser les financements nécessaires à sa mise en œuvre. Mais aussi, par exemple, lancer des programmes en faveur des jeunes du pays, notamment de formation de leurs futures élites. Nous devons à la fois appuyer le développement économique et social du pays et l'aider à lutter contre le terrorisme. C'est d'ailleurs en grande partie le même combat.
Nous devons croire à l'avènement de la démocratie au Pakistan. Ne pas y renoncer, alors que des millions de Pakistanais y aspirent et que Benazir Bhutto vient de mourir pour elle. Mais ce ne peut être un simple slogan, c'est une dynamique complexe et incertaine, qui doit être soutenue. Il faut refuser le chantage de la terreur. Les élections doivent se tenir, mais il faut aussi que les conditions le permettent. Leur sincérité sera la condition du retour au calme et à la stabilité. Pour l'instant, les autorités pakistanaises maintiennent l'échéance prévue du 8 janvier. Ce n'est pas à nous de nous prononcer sur la date. Ce ne sont pas nos élections, ce sont celles du peuple pakistanais. Notre rôle consiste à l'accompagner sur le chemin de la démocratie qu'il se choisira.
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lundi, 24 décembre 2007
Armes conventionnelles : ce que la Russie n'acceptera pas.
Par Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie.
Tribune puvliée dans Le Figaro,
le 21 décembre 2007.
La Russie a toujours soutenu le désarmement et un meilleur contrôle des armes. Nous avons largement contribué au renforcement de la stabilité régionale et ce malgré les difficultés en Russie dans les années 1990. Le traité sur les armes conventionnelles en Europe, conclu en 1990, a longtemps été une pierre angulaire de ce régime. Aujourd'hui, il est dépassé à maints égards.
Avec la fin de l'affrontement entre les deux blocs, la situation militaire et politique de l'Europe a changé radicalement. Le pacte de Varsovie a cessé d'exister alors que l'OTAN a procédé à deux élargissements. Par ailleurs, des projets d'implantation de bases militaires américaines sur le territoire des nouveaux membres de l'OTAN ont vu le jour.
La Russie est actuellement le seul pays à être lié par des restrictions absurdes datant de la guerre froide. Nous ne pouvons pas déplacer librement des troupes à l'intérieur de nos propres frontières du fait du traité FCE. Or il était initialement rédigé pour nous empêcher les forces retirées d'Europe de l'Est de stationner le long de la frontière entre le pacte de Varsovie et l'OTAN. Il est difficile aujourd'hui de justifier la discrimination dont la Russie est victime, alors que les pays de l'OTAN dépassent déjà les limites imposées par le traité de près de 5 500 unités d'armements au nord et au sud de l'Europe. Sur le flanc sud, pour une seule unité russe, l'OTAN dispose de 11,6 chars et de plus de 8,3 unités d'artillerie.
Les États membres du traité FCE avaient conclu dès 1999 un accord sur l'adaptation du traité. La Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan et l'Ukraine l'ont ratifié. Mais pas les autres signataires, au premier rang desquels les membres de l'OTAN, arguant de prétextes artificiels. Or la situation actuelle générée par le traité FCE est pour nous inacceptable.
Pour certains membres de l'OTAN, cette situation est satisfaisante, car elle leur permet de maintenir leur supériorité en matière d'armes conventionnelles sur tous les pays européens ne faisant pas partie de l'OTAN y compris sur la Russie.
Un autre élargissement de l'OTAN ne ferait que conforter cette supériorité, et l'Alliance ne fait pas mystère de cette ambition. Les actions des pays membres de l'OTAN révèlent clairement leur stratégie : continuer à vivre dans des conditions militaires qui leur sont unilatéralement favorables. Par conséquent, ils ne voient aucune utilité à la mise en œuvre du traité FCE adapté. Nous avons à plusieurs reprises exprimé notre inquiétude et mis en avant la nécessité de restaurer un régime FCE viable, mais aucune discussion sérieuse n'a été lancée à cette occasion.
Les réunions multilatérales et les consultations russo-américaines se sont multipliées ces derniers mois. Mais certains tentent d'utiliser la situation pour offrir des solutions préconçues aux problèmes complexes et pressants des conflits «gelés» sur le territoire de l'ancienne Union Soviétique, en particulier en Géorgie et en Moldavie. Tout cela explique pourquoi notre décision de suspendre le traité FCE (et non de s'en retirer) est devenue inévitable, toutes les autres tentatives visant à convaincre nos partenaires de faire preuve de sérieux ayant été infructueuses.
Notre moratoire ne représente aucune menace pour la sécurité des États européens. Nous n'avons pas, pour l'heure, l'intention de renforcer notre armement conventionnel. Nos actions dépendront de la situation politique et militaire, et notamment de la volonté de nos partenaires d'exercer une certaine retenue.
Le moratoire est un nouvel appel à regarder objectivement la situation actuelle, à franchir collectivement des étapes concrètes pour rectifier la situation. C'est une tentative d'adaptation du régime FCE aux réalités actuelles. Nous avons déclaré un moratoire s












































































