lundi, 16 novembre 2009
«Il n'y a pas d'alternative à l'engagement en Afghanistan»
Interview d'Hervé Morin,
Ministre de la Défense.
Entretien publié dans Le Figaro, le 16 novembre 2009.
LE FIGARO. - Qu'allez-vous dire aux sénateurs de l'opposition qui s'interrogent sur le bien-fondé de l'engagement français en Afghanistan ?
Hervé MORIN. -Je leur répondrai qu'il n'y a pas d'alternative à cet engagement. Même si la France est depuis longtemps convaincue qu'il faut faire évoluer la stratégie et être davantage présent auprès de la population. Comme l'a dit un jour McChrystal, le patron des forces américaines en Afghanistan : 10 - 2 ne font pas 8 mais 20. Lorsqu'on supprime deux talibans, on multiplie le nombre de talibans par deux, car des frères ou des cousins ont l'obligation de prendre les armes. C'est le fonctionnement de la société afghane, basé sur les dettes d'honneur. Nous ne sommes pas face à un enjeu militaire en Afghanistan, mais à un défi de sécurisation d'un pays.
Pensez-vous que la France ait suffisamment de résilience pour pouvoir soutenir à long terme l'effort de guerre en Afghanistan, alors même que les sociétés américaines et britanniques donnent elles-mêmes des signes d'essoufflement ?
Les Français voient souvent l'Afghanistan comme un front armé classique, comme si on était dans les plaines de l'Europe centrale. Il est difficile de leur faire comprendre qu'on peut avoir des morts dus à l'explosion d'un IED (engin explosif improvisé) dans une région calme. Ce qui inquiète les Français, ce n'est pas le fait que l'on soit présent en Afghanistan, c'est que l'on soit contraint d'y rester pendant des années ! Il faut donner des perspectives, des objectifs à l'opinion publique. Il faut rappeler aux Français que laisser l'Afghanistan aux talibans, c'est laisser le terrorisme prospérer et nous menacer. Il faut enfin leur dire que le risque de contagion au Pakistan, puissance nucléaire, est loin d'être négligeable si nous partons.
L'impression d'indécision qui émane de la Maison-Blanche, le fait que le président Obama n'arrive apparemment pas à trancher sur la question des effectifs, ne risquent-ils pas d'avoir des conséquences en France ?
Soyons clairs : à l'échelle de l'Afghanistan, la zone couverte par les 3 000 soldats français représente 1 % du territoire… Pour pouvoir contrôler tout le pays, il faudrait des volumes militaires considérables et ce n'est pas envisageable. Alors le fait que l'on envoie 20 000 ou 40 000 hommes ne suffira pas. La seule stratégie qui vaille est de respecter la population afghane et de faire monter en puissance son armée et sa police. En Afghanistan, la victoire ne peut pas être uniquement militaire. La vraie question, c'est comment convaincre les Afghans que leur sécurité est garantie par l'alliance, qu'il leur faut coopérer pleinement avec nous et faire pression sur les talibans pour qu'ils rendent les armes. Aujourd'hui, ils sont pris entre le marteau et l'enclume.
Que pensez-vous de la plainte déposée par les familles des victimes d'Ouzbin ?
Elles vivent dans la douleur, avec un sentiment d'injustice que toutes les familles connaissent lorsqu'elles perdent un proche. Mais il n'y a pas eu de faute commise le 18 août 2008 à Ouzbin. On peut toujours dire qu'il manquait tel ou tel moyen ou qu'il n'y avait pas suffisamment de moyens de reconnaissance. Je vous rappelle que quelques semaines après Ouzbin, les forces françaises sont tombées dans une nouvelle embuscade qui a fait un blessé grave. Et bien, nos moyens de reconnaissance aériens mis en œuvre ont été inopérants : les talibans étaient indétectables parce qu'ils ne bougeaient pas ! On ne pourra jamais supprimer l'imprévu dans les opérations militaires, ce que Clausewitz appelait le brouillard de la guerre. L'action militaire, qui comporte toujours une part d'incertitude, ne peut pas faire l'objet d'une appréciation judiciaire au risque de paralyser nos forces.
Offensive franco-afghane dans la vallée de Tagab
Environ 700 soldats français et une centaine de militaires afghans, appuyés par des blindés et des hélicoptères de combat, ont lancé hier une offensive dans la vallée de Tagab, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Kaboul. Cette région montagneuse constitue une base arrière pour les talibans. L'opération vise à sécuriser la vallée où une route doit être construite. Celle-ci doit permettre de relier le Pakistan voisin au nord de l'Afghanistan, en contournant Kaboul, ce qui faciliterait le transport de marchandises. L'offensive se heurtait hier à des tirs de snipers.
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vendredi, 11 septembre 2009
Prise de commandement du général Abrial à l’Otan.
Le général d’armée aérienne Stéphane Abrial, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, a pris, mercredi 9 septembre, la tête du commandement allié pour la transformation de l’Otan (ACT).
La cérémonie de passation de commandement s’est déroulée à bord du porte-avions USS Eisenhower, dans le port de Norfolk, en Virginie, aux Etats-Unis, ville où se trouve le quartier général de l’ACT.
Sources: Ministère de la Défense.
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mardi, 25 août 2009
Interview du général Paloméros, nouveau CEMAA.
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mercredi, 22 juillet 2009
Le général Moreau nommé inspecteur général des armées.
A l'issue du conseil des ministres du 22 juillet 2009, le général de corps d'armée Jean-loup MOREAU a été nommé inspecteur général des armées et élevé aux rang et appellation de général d'armée à compter du 1er septembre 2009.
Je tenais à lui adresser mes sincères félicitations et mes voeux de succès dans sa nouvelle mission !
NCL
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samedi, 18 juillet 2009
Le général Abrial élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d'honneur.
Une cérémonie officielle s’est déroulée le 16 juillet 2009 à l’École militaire, à Paris, au cours de laquelle le général Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées, a décerné diverses décorations.
Parmi les récipiendaires figurait le général d'armée aérienne Stéphane Abrial, chef d’état-major de l’armée de l’air, qui a été élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur. Cette distinction précède de près son prochain départ aux États-Unis pour occuper son nouveau poste à Norfolk, dans l’état de Virginie. À partir de la mi-septembre, il sera en effet à la tête du commandement «transformation» (ACT-Allied Command Transformation), unité chargée de piloter les transformations de l’Otan (structures, emploi des forces, capacités et doctrine militaire).
Je profite de ce blog pour lui adressé mes plus chaleureuses félicitations.
NCL
sources: ministère de la Défense;
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mardi, 14 avril 2009
Le désarmement nucléaire est une urgence pour la planète.
Par Aleksander Kwasniewski, Lech Walesa et Tadeusz Mazowiecki.
Tribune publiée dans Le Figaro,
le 09 avril 2009.
Après la provocation de la Corée du Nord, les auteurs, respectivement anciens présidents de la Pologne et ancien premier ministre, plaident pour une dénucléarisation militaire.
L'accord entre les présidents américain et russe visant à renouveler l'accord de réduction stratégique de l'armement redonne l'espoir de parvenir à une abolition générale de l'armement nucléaire. Il est difficile d'en exagérer l'urgence : des pays susceptibles d'utiliser l'arme nucléaire pourraient bientôt l'acquérir, de même que des terroristes internationaux - créant de nouvelles menaces de proportion inimaginable.
Ce qui était un beau rêve il y a seulement quelques années, l'élimination de la bombe atomique, n'est plus l'apanage des populistes et des pacifistes, car l'idée a été reprise par des gens très bien placés - hommes politiques connus pour leur réalisme et universitaires connus pour leur sens des responsabilités.
L'invention de la bombe atomique - qui a permis la dissuasion durant la guerre froide, quand le monde était divisé en deux blocs opposés - répondait aux besoins et aux risques de l'époque. La sécurité reposait sur l'équilibre de la terreur, autrement dit la certitude de la destruction mutuelle en cas de conflit.
Dans ce monde bipolaire, seules cinq grandes puissances, toutes membres permanents du Conseil de sécurité, détenaient la bombe atomique. Aujourd'hui la situation est différente. Un mouvement amorcé par le mouvement polonais Solidarité a conduit à la dissolution du pacte de Varsovie, l'Union soviétique s'est désintégrée et le monde bipolaire avec son clivage Est/Ouest a disparu.
L'ordre basé sur la dangereuse doctrine de la dissuasion nucléaire n'a cependant pas été remplacé par un système basé sur la coopération et l'interdépendance. Il s'en est suivi déstabilisation et chaos, dans une atmosphère d'incertitude.
Trois pays détenteurs de la bombe sont maintenant engagés dans des conflits : l'Inde, le Pakistan et Israël. Et compte tenu du développement de leur programme nucléaire, la Corée du Nord et l'Iran pourraient bientôt en disposer aussi. Il y a un risque réel de voir le groupe des pays détenteurs de la bombe s'élargir jusqu'à inclure des pays qui ne sont pas toujours guidés par des considérations rationnelles - sans compter le risque de voir la bombe tomber dans les mains d'acteurs non étatiques, des groupes terroristes par exemple.
On ne parviendra à la non-prolifération que si les principales puissances nucléaires, notamment les États-Unis et la Russie, prennent de toute urgence des mesures en faveur du désarmement. Ensemble, ils détiennent près de 25 000 ogives nucléaires - 96 % de l'arsenal nucléaire mondial.
Nous espérons que le président américain Barack Obama a conscience de ces dangers. Nous notons avec satisfaction que le nouveau gouvernement américain ne fait pas la sourde orei lle aux hommes d'État et aux scientifiques responsables qui demandent le démantèlement de l'armement nucléaire. L'objectif d'un monde dénucléarisé figure dans le programme de désarmement et de contrôle de l'armement du gouvernement américain. Nous apprécions à sa juste valeur les propositions du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne, tandis que la Russie a indiqué récemment à Genève qu'elle était disposée à s'engager dans cette voie.
Les opposants au désarmement nucléaire disent que cet objectif n'est pas réalisable en l'absence d'un système efficace de contrôle et de vérification. Mais la communauté internationale peut disposer aujourd'hui des moyens de contrôle voulus. Les garanties que peut apporter l'Agence internationale pour l'énergie atomique sont de toute première importance.
Le monde doit pouvoir être assuré que les réacteurs nucléaires civils ne seront pas détournés vers des objectifs militaires - une condition pour que les pays non détenteurs de l'arme atomique aient un accès sans restriction à la technologie nucléaire, ainsi que l'a proposé récemment le premier ministre britannique Gordon Brown dans son initiative en faveur d'un pacte nucléaire mondial pour notre époque. C'est particulièrement urgent actuellement, avec la recherche de nouvelles sources d'énergie et la « renaissance » de cette source d'énergie.
La conférence 2010 de réexamen du traité de non-prolifération appelle de toute urgence à une reformulation des priorités. Son comité préparatoire va se réunir en mai à New York. C'est à ce moment-là que les décisions nécessaires devraient être prises.
On peut espérer que la réunion débouchera sur une réduction de l'armement nucléaire, une diminution du nombre d'ogives nucléaires en état d'alerte (de-alerting), ainsi que sur des négociations portant sur un traité d'interdiction de la production de matières fissiles, sur la ratification d'un traité mondial d'interdiction des tests nucléaires et sur d'autres moyens pour renforcer l'application du traité de non-prolifération nucléaire, notamment son adoption universelle.
Le temps est venu d'un changement fondamental dans le déroulement de la Conférence sur le désarmement à Genève qui, depuis des années, ne parvient pas à répondre à l'attente de la communauté internationale. Nous partageons le point de vue des universitaires, des responsables politiques et des experts internationaux du Groupe de réflexion international de Varsovie, qui estiment que l'option zéro doit être prise en considération comme base éventuelle d'un futur accord sur le désarmement nucléaire multilatéral.
Rédigé par l'universitaire britannique Ian Anthony du Stockholm International Peace Research Institute (Sipri), le rapport qu'a élaboré ce groupe sous la présidence du Polonais Adam D. Rotfeld est basé sur les travaux de spécialistes en matière de sécurité de pays qui ont déjà détenu l'arme nucléaire (l'Afrique du Sud) et de pays postsoviétiques où elles furent stockées dans le passé (Biélorussie, Kazakhstan et Ukraine). Le fait que ces pays aient été dénucléarisés dans le cadre d'un programme de désarmement constitue un exemple précieux.
Il faut amorcer le processus de désarmement nucléaire progressif. Cela ne donnera pas des résultats du jour au lendemain, mais cela indiquera une direction, fournira une occasion de renforcer les mécanismes de non-prolifération et sera l'occasion d'établir un système de sécurité non nucléaire mondial fondé sur la coopération.
La menace la plus grave pour la sécurité mondiale vient d'un nouveau type de prolifération nucléaire. Les puissances qui disposent de l'arsenal le plus important portent la principale responsabilité. Nous pensons que les présidents américain et russe, ainsi que les dirigeants des autres puissances nucléaires, en tant qu'hommes d'État, auront assez de sagesse et de courage pour engager le processus consistant à libérer le monde de cette menace.
» Copyright : Project Syndicate, 2009. www.project-syndicate.org (Traduit de l'anglais par Patrice Horovitz)
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vendredi, 03 avril 2009
Assumons notre devoir d'indépendance.
Par Dominique de Villepin.
Tribune publiée dans Le Figaro,
le 3 avril 2009.
Alors que s'ouvre vendredi le sommet de l'Otan à Strasbourg, l'ancien premier ministre et ministre des Affaires étrangères avertit des risques que représente la décision française de réintégrer le commandement intégré de l'Alliance.
À Strasbourg et à Kehl, le soixantième anniversaire de l'Otan cache mal les doutes sur son avenir. Pourtant le président de la République a choisi de faire revenir notre pays dans le commandement intégré.
Il y a là une réelle rupture, alors que la France avait acquis une situation originale dans l'Otan, « un pied dedans, un pied dehors ». Ainsi depuis 1995, elle défendait ses intérêts et pesait sur la conduite des opérations, comme au Kosovo, tout en participant à trente-six des trente-huit comités et à toutes les missions.
Cette rupture est d'autant plus forte qu'elle tourne le dos à un héritage historique et à un consensus national. Est-elle opportune ?
Elle intervient à contretemps car, après la tentation unilatérale américaine, il s'agit aujourd'hui de construire un monde multipolaire pour faire face aux nombreux défis - prolifération nucléaire, terrorisme, crises régionales enlisées -, aggravés par la crise économique mondiale.
Elle est à contresens, car c'est l'Europe de la défense qui est notre avenir. C'est de l'affirmation d'une volonté européenne commune qu'ont résulté les avancées, de la déclaration de Saint-Malo en 1998 à la stratégie européenne de sécurité.
Elle est à contre-emploi, car il y a une originalité française qui s'enracine dans son histoire, dans sa présence outre-mer, dans son message universel. Elle nourrit sa vocation de trait d'union entre le Nord et le Sud, entre l'Est et l'Ouest, mettant sa voix au service du dialogue des cultures et de la paix.
En définitive, cette décision va à rebours de l'histoire, car l'Otan est la réponse d'hier, occidentale et militaire, aux défis de demain.
Cette réintégration n'est pas sans risques, chèque en blanc signé à une Otan en quête d'un rôle et d'une légitimité, tentée par la fuite en avant.
Elle est source de dangers, quand elle incarne une «famille occidentale » qui cristallise les rejets et réveille les logiques de blocs antagonistes, au risque de donner corps au «choc des civilisations».
Elle est source de blocages, quand elle bride les progrès d'une meilleure gouvernance en matière de sécurité. Substitut commode mais pernicieux, elle tend à empiéter sur de nombreux domaines comme la cybercriminalité, la sécurité des mers et la prolifération.
Elle est source de distorsions, quand elle prend l'allure d'une « ONU bis », sans limites et sans vision claire, ayant la tentation de s'étendre à toutes les démocraties du globe et de se voir déléguer la gestion des crises internationales.
Dès lors, cette décision doit être comprise comme un triple pari sur l'avenir.
Premier pari : la réintégration permettra de renforcer l'Europe de la défense. Mais certaines réticences britanniques, turques ou est-européennes, comme la lourdeur des procédures de non-dédoublement des opérations entre Otan et Union européenne la bloquent. Les occasions de mesurer les avancées possibles ne tarderont pas, qu'il s'agisse de l'État-major de planification, du développement de nos moyens d'intervention ou encore de l'Agence européenne de défense. Cela suppose aussi des efforts pour relever les crédits de défense.
Deuxième pari : la France sera à même de «codiriger» l'Otan. La tutelle américaine y reste lourde. Les postes attribués à la France, sans impact opérationnel réel, ne changent pas la donne.
Codiriger, c'est accepter d'être coresponsable de tous les choix, jusqu'à la logique de blocs et la militarisation du règlement des conflits, qui conduit à leur enlisement. En Afghanistan, nous devons tirer les leçons de l'Irak et faire prévaloir notre vision d'une solution politique.
Codiriger, c'est aussi peut-être lâcher la proie pour l'ombre. Ne bridons pas cette liberté d'action et de parole qui permettait à la France, en 2003, de poser la question de la légitimité de l'intervention en Irak et d'empêcher le vote d'une résolution aux Nations unies. Paradoxalement, la règle du consensus, si elle nous laisse libres quant aux modalités, tend à nous contraindre sur le fond.
Troisième pari : l'Otan sera capable de changer pour s'adapter à la multipolarité. En contrepoint d'une mécanique militaire lourde, la prééminence du dialogue politique doit être affirmée. L'Amérique de Barack Obama donne des signaux encourageants. Mais un vrai débat doit avoir lieu sur la modernisation de l'organisation, sur l'installation du bouclier antimissile ou sur l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie. L'Otan doit s'engager dans une logique de partenariats équilibrés.
Assumons notre devoir d'indépendance en nous tournant résolument vers l'avenir. Partout, l'initiative est nécessaire pour défendre notre vision, nos intérêts et faire entendre la voix de la France. Aussi, dès maintenant, il nous appartient de proposer aux États de l'Union une conférence pour la relance de la défense européenne. De même, le moment venu, il faudra refonder, dans la clarté et l'égalité, les relations transatlantiques. La France doit rester vigilante et exigeante, fidèle à ses valeurs et à son ambition.
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mardi, 17 février 2009
La France dans l'Otan: le choix de la responsabilité.
Par Michèle Alliot-Marie,
Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer et des Collectivités territoriales.
Tribune publiée dans Le Figaro, le 17 février 2009.
Le ministre de l'Intérieur et ancien ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie soutient la décision du président de la République de faire revenir la France dans le commandement militaire de l'Otan.
Le 3 avril prochain, la France rejoindra-t-elle le commandement militaire de l'Otan ? Aujourd'hui, cette perspective suscite des polémiques.
La France participe pourtant depuis 1949 à l'Otan, alliance de pays européens et nord-américains pour faire face à une agression majeure visant un de ses membres. En 1966, elle s'est retirée du commandement militaire. Son retour envisagé dès 1995 s'était heurté au refus des États-Unis de reconnaître notre place par l'attribution d'un des grands commandements.
Gaulliste de conviction, ministre de la Défense pendant cinq ans, aujourd'hui ministre de l'Intérieur, je suis sensible aux inquiétudes dès qu'un sujet engage la souveraineté du pays ou l'avenir de notre nation.
Je le dis sans ambiguïté, les craintes ne sont pas fondées dès lors que les conditions posées par le président de la République seront satisfaites.
Éviter les facilités démagogiques, c'est d'abord rappeler des réalités.
Première réalité : c'est en 1966 que le général de Gaulle a jugé nécessaire de quitter le commandement militaire de l'Otan. Entre 1958 et 1966, la France gaulliste y participait donc. Pourquoi l'avoir quitté ? Essentiellement pour préserver notre pleine autonomie sur le programme nucléaire naissant, gage de notre indépendance.
Aujourd'hui, la force de dissuasion nucléaire française existe et, à la différence de 1966, nous pouvons participer au commandement militaire sans renoncer en rien à notre souveraineté entière sur l'arme nucléaire.
Deuxième réalité : la France est membre de l'Otan. Contrairement à une idée reçue, elle ne s'en est jamais retirée ! Elle en est même l'un des principaux contributeurs en hommes et en financement. Elle a exercé le commandement des forces au Kosovo de 2004 à 2005, en Afghanistan en 2004, sans que quiconque, parmi les protestataires du jour, y trouve à redire. Paradoxe : elle n'a pas de poste dans le commandement militaire.
Troisième réalité : l'Otan prend ses décisions à l'unanimité. L'opposition d'un seul de ses membres interdit son engagement. En aucun cas, la France ne saurait donc être obligée de participer à une opération contre son gré. Il est foncièrement faux d'évoquer un alignement automatique sur nos alliés américains. La preuve, s'il en était besoin, c'est que lorsque les États-Unis ont décidé d'engager la guerre contre l'Irak, l'Allemagne, membre à part entière de l'Otan, a refusé d'y participer.
Ces réalités rappelées, que signifie la présence de la France au sein du commandement militaire ?
Dans le commandement de l'Otan, la France élargira sa capacité d'action sur le plan militaire et diplomatique, elle aura les moyens de peser plus sur les choix stratégiques.
En participant à toutes les structures, il devient possible d'exercer une réelle influence non plus seulement sur les décisions, mais aussi et surtout sur la conduite des opérations. Notre vision, notre savoir-faire dans le rapport aux populations, ce que nos alliés appellent la « French touch », pourra être prise en compte en amont et dans le déroulement de toute intervention.
Nos responsabilités seront ainsi davantage en conformité avec la réalité des moyens militaires que nous déployons.
Il devient possible de peser plus pour faire évoluer l'Otan vers un fonctionnement plus souple, plus simple, plus réactif. Renforcée en son sein, la France aura demain la capacité à peser réellement sur cette transformation.
Le monde de 2009 n'est pas celui de 1949 ou de 1966. L'Otan de 2009 n'est plus celle de 1949 ou de 1966. Son champ géographique d'action est plus large, ses cibles plus précises, son besoin de réactivité plus grand.
Avec la fin de la guerre froide, puis de l'Union soviétique, le sens et les missions de l'Otan devaient être redéfinis. Lorsque la France a accepté en 2003 que l'Otan intervienne en Afghanistan, elle lui a permis de refonder son ambition : affirmer la solidarité de nos démocraties et défendre leurs valeurs face aux nouveaux risques du monde et d'abord le terrorisme. Consolider notre place au sein de l'Otan, c'est aussi renforcer notre action contre le terrorismequi nous menace pas plus mais pas moins que les autres.
Bien sûr, notre présence dans le commandement militaire dépend de la satisfaction des conditions rappelées par le président de la République en septembre 2007.
La première d'entre elles, c'est la garantie de notre indépendance.
Nul ne songe à remettre en cause la règle du consensus qui garantit notre liberté d'engager ou non une opération au titre de l'Otan. Quelle idée méprisante de la France se font ceux qui prétendent que ses dirigeants pourraient céder à des pressions. Le renforcement du contrôle parlementaire français sur l'engagement de troupes en opérations constitue de plus désormais une garantie supplémentaire.
La souveraineté nationale sur la force nucléaire est la base intangible de notre indépendance. Personne ne la discute.
Deuxième condition, la reconnaissance de la Défense européenne comme pilier de l'Alliance.
Il m'est revenu, en 2003, de participer à la création de la première force européenne autonome en République démocratique du Congo. Depuis lors, les missions se sont multipliées, à l'extérieur et à l'intérieur de notre continent. La création des GT 1500, de l'Agence européenne de l'armement, de la force européenne de gendarmerie, de la cellule de planification lui a donné les structures de son opérationnalité.
L'Europe de la Défense est aujourd'hui une réalité : elle est déployée au Tchad et dans le golfe d'Aden contre la piraterie. Elle n'est nullement contradictoire avec l'Otan. Les nations européennes de l'Otan sont à peu de chose près celles qui composent l'Europe de la Défense. Une vraie complémentarité peut s'organiser. Les conflits actuels et probables sont suffisamment nombreux pour qu'on ne se dispute pas le « privilège » de participer à leur règlement.
Et les réticences de certains pays européens à faire les efforts nécessaires pour renforcer la Défense européenne seront d'autant plus faciles à surmonter qu'ils auront l'assurance que celle-ci ne se construit pas contre l'Otan.
Troisième condition fixée par le président de la République : la juste reconnaissance de notre poids dans l'Europe de la Défense et l'européanisation de l'Alliance.
Elle passe par l'attribution de grands commandements. C'est là que se mesurera la reconnaissance des alliés de notre rôle dans la sécurité commune.
La réintégration de la France dans le commandement militaire de l'Otan n'est donc pas le choix d'un quelconque renoncement. Au contraire ! C'est celui de la responsabilité assumée sans aucun complexe. Il répond pleinement aux défis du XXe siècle, à la volonté de défendre collectivement les valeurs qui unissent nos démocraties, dans la fidélité à l'une des plus fortes exigences du gaullisme : le refus de la fatalité et la grandeur de la France.
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vendredi, 13 février 2009
La guerre se gagne avce l'opinion publique.
Par le colonel Benoît Royal.
Tribune publiée dans Le Figaro,
le 13 février 2009.
Après la perte d'un soldat français en Afghanistan, l'auteur, officier de l'armée de terre, met l'accent sur le respect du droit et des populations civiles dans le cadre des conflits armés.
Un soldat français du 35e RAP vient d'être tué dans l'accomplissement de sa mission en Afghanistan. Il a succombé à un IED (Improvided Explosive Device), une des façons les plus lâches de combattre car, au même titre que les attentats suicides, ce type d'engin tue de façon indiscriminée, civils ou militaires. Pourtant, les méthodes employées par l'adversaire ne modifient en rien le comportement des soldats français, qui continueront d'agir avec la même détermination mais sans esprit de vengeance. C'est exactement dans ces termes que le général Stollsteiner, commandant les troupes françaises, s'était déjà exprimé à l'issue de l'embuscade d'Ouzbin du 19 août, qui avait coûté la vie à 10 soldats français. Il répondait à une question se rapportant à la façon dont le groupe d'insurgés avait exhibé, comme des trophées, des équipements français et la montre prise sur un des soldats tués. «Au contraire, ça leur donnera [aux soldats français], sans esprit de vengeance, et ça, je tiens à ce que vous le reteniez, davantage de volonté pour reprendre l'action avec plus de détermination. (…) Vous comprenez que dans tout groupe qui est affecté, le raccourci le plus rapide c'est de dire “j'utiliserai mon arme comme moyen de représailles”. Or, ce qui fait la différence entre une bande de rebelles et une armée organisée, une armée formée avec des chefs qui encadrent, justement, c'est de ne pas rentrer dans ce penchant très facile de la vengeance. Ça, je le réserve à mes adversaires.»
La question de l'éthique de comportement dans l'emploi de la force interpelle aussi bien un soldat engagé en Afghanistan, un simple spectateur de l'actualité mondiale, que le nouveau président des États-Unis lui-même. En effet, «L'Amérique ne torturera pas», a déclaré Barack Obama en annonçant la fermeture du centre de Guantanamo, «nos idéaux seront le phare de notre leadership». Au même moment, Richard Falk, le rapporteur spécial de l'ONU pour les Territoires palestiniens, déclarait qu'Israël avait délibérément violé les conventions de Genève pendant sa campagne contre le Hamas, mettant directement en cause le comportement des soldats de Tsahal dans la bande de Gaza. À quelques heures de là, à Kaboul, le 23 janvier, les autorités locales afghanes dénonçaient des victimes collatérales à l'occasion d'un raid aérien de l'Isaf - la force déployée sous commandement de l'Otan - coûtant la vie à plusieurs civils.
Où qu'elles se produisent, relayées par les médias planétaires, les dérogations au droit et à la dignité ne laissent pas l'opinion publique insensible, ni inactive. Forts de leur légitimité, les peuples expriment leur désapprobation dans la rue, dans les médias et, quand ils le peuvent, dans les urnes. Quant aux populations qui en subissent directement les conséquences, elles expriment leur révolte par un soutien à l'adversaire, aggravant la situation contre laquelle les forces militaires déployées cherchent précisément à lutter. Par leurs actions médiatisées à l'envi, les populations sont aujourd'hui en mesure de peser et d'influer sur les décisions politiques pouvant in fine infléchir les stratégies déployées. Maints exemples de l'histoire récente l'ont montré : un pays qui décide de l'emploi de la force ne peut garantir sa liberté d'action stratégique sans s'assurer du soutien de l'opinion publique. La sienne d'abord, qui contribue à l'expression de la légitimité de la force déployée, et celle du pays où il se déploie ensuite, qu'il en ait accepté la présence ou qu'il la subisse.
Un général britannique, Sir Rupert Smith, explique que la réussite des opérations militaires est directement conditionnée par cette adhésion populaire.
Un siècle plus tôt, le maréchal Lyautey, pacificateur du Maroc, avait démontré la même idée, léguant des principes fondateurs d'une stratégie respectueuse de l'humain qui ont fait la richesse de la culture militaire française. Aujourd'hui plus qu'hier, une force militaire qui ne bénéficie pas du soutien de l'opinion publique perd sa légitimité. Or obtenir l'adhésion des populations consiste notamment à leur renvoyer l'image d'une force exempte de tout reproche. Outre l'avantage que les forces armées tirent de ce comportement, il permet de préparer l'étape suivante, la phase des négociations, the day after. À ce moment, l'éventuel passif de violence et d'exactions des forces pèse lourdement dans les discussions politiques et conditionne souvent les modalités de l'accord final.
C'est dans cet esprit que l'armée française a décliné sa doctrine d'emploi de la force, qui en prône un usage maîtrisé dans l'accomplissement des missions. Il s'agit de ne jamais confondre action de combat et action violente. Il existe en effet une grande différence entre l'usage maîtrisé des armes pour s'opposer à la violence - usage qui n'empêche ni fermeté ni détermination - et l'usage non maîtrisé de la force qui conduit immanquablement à la même violence que celle à laquelle on s'oppose. En 1993, souvenons-nous du succès des troupes françaises à Mogadiscio en Somalie où, en dépit de la tactique détestable des combattants du général Aidid qui s'abritaient au sein de la population pour combattre, nos soldats sont parvenus au succès sans jamais succomber à l'abus de force et aux dégâts collatéraux. Mais au prix de plus de risques et de dommages pour nos propres troupes.
Une éthique de comportement au combat est plus que jamais indispensable au soldat, acteur et quelquefois victime de la guerre. C'est ce qui différencie fondamentalement l e soldat du mercenaire et du barbare. Son éthique répondra aux attentes de la population : celle de sa propre nation dont il tire sa légitimité, comme celle dont il doit gagner l'adhésion et le respect. Elle le protégera aussi des conséquences de ses actes, tant vis-à-vis du droit international que de sa propre santé psychologique et morale.
Dans le monde présent, où force est de constater la persistance peu glorieuse de nombre de combats et de guerres fratricides, la France a le devoir moral d'affirmer sa spécificité en multipliant ses stratégies fondées sur ses valeurs fondatrices. Face aux défis des conflits à résoudre, et sans faire preuve du moindre angélisme, il est possible d'imposer le respect et l'éthique comme idéaux fédérateurs d'une action coordonnée du pouvoir politique, des armées et des populations. Ils répondent aux attentes légitimes des peuples et ils peuvent être des moyens privilégiés de gestion des affrontements violents au sein des sociétés en crise.
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samedi, 27 septembre 2008
La Garde républicaine ouvre ses portes.
Aujourd'hui et demain, le quartier des Célestins, siège historique de la Garde républicaine, ouvre ses portes.
A cette occasion, de nombreuses animations musicales ainsi que des démonstrations de la cavalerie et du 1er Régiment d'infenterie de la garde sont présentées au public.
C'est une occasion exceptionnelle de découvrir cette unité d'élite de la Gendarmerie, tout en tissant le lien Défense-Nation. Venez nombreux!
NCL
08:54 Publié dans Défense | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : garde républicaine, gendarmerie, défense, politique, sarkozy, ump, ps
































































































Entretien avec le Général d'armée aérienne Jean-Paul Paloméros,