lundi, 16 novembre 2009

«Il n'y a pas d'alternative à l'engagement en Afghanistan»

996c4964-6fad-11dd-b0b3-7f4ca09709aa.jpgInterview d'Hervé Morin,

Ministre de la Défense.

 

 

 

Entretien publié dans Le Figaro, le 16 novembre 2009.

 

 

LE FIGARO. - Qu'allez-vous dire aux sénateurs de l'opposition qui s'interrogent sur le bien-fondé de l'engagement français en Afghanistan ?
Hervé MORIN. -Je leur répondrai qu'il n'y a pas d'alternative à cet engagement. Même si la France est depuis longtemps convaincue qu'il faut faire évoluer la stratégie et être davantage présent auprès de la population. Comme l'a dit un jour McChrystal, le patron des forces américaines en Afghanistan : 10 - 2 ne font pas 8 mais 20. Lorsqu'on supprime deux talibans, on multiplie le nombre de talibans par deux, car des frères ou des cousins ont l'obligation de prendre les armes. C'est le fonctionnement de la société afghane, basé sur les dettes d'honneur. Nous ne sommes pas face à un enjeu militaire en Afghanistan, mais à un défi de sécurisation d'un pays.

Pensez-vous que la France ait suffisamment de résilience pour pouvoir soutenir à long terme l'effort de guerre en Afghanistan, alors même que les sociétés américaines et britanniques donnent elles-mêmes des signes d'essoufflement ?
Les Français voient souvent l'Afghanistan comme un front armé classique, comme si on était dans les plaines de l'Europe centrale. Il est difficile de leur faire comprendre qu'on peut avoir des morts dus à l'explosion d'un IED (engin explosif improvisé) dans une région calme. Ce qui inquiète les Français, ce n'est pas le fait que l'on soit présent en Afghanistan, c'est que l'on soit contraint d'y rester pendant des années ! Il faut donner des perspectives, des objectifs à l'opinion publique. Il faut rappeler aux Français que laisser l'Afghanistan aux talibans, c'est laisser le terrorisme prospérer et nous menacer. Il faut enfin leur dire que le risque de contagion au Pakistan, puissance nucléaire, est loin d'être négligeable si nous partons.

L'impression d'indécision qui émane de la Maison-Blanche, le fait que le président Obama n'arrive apparemment pas à trancher sur la question des effectifs, ne risquent-ils pas d'avoir des conséquences en France ?
Soyons clairs : à l'échelle de l'Afghanistan, la zone couverte par les 3 000 soldats français représente 1 % du territoire… Pour pouvoir contrôler tout le pays, il faudrait des volumes militaires considérables et ce n'est pas envisageable. Alors le fait que l'on envoie 20 000 ou 40 000 hommes ne suffira pas. La seule stratégie qui vaille est de respecter la population afghane et de faire monter en puissance son armée et sa police. En Afghanistan, la victoire ne peut pas être uniquement militaire. La vraie question, c'est comment convaincre les Afghans que leur sécurité est garantie par l'alliance, qu'il leur faut coopérer pleinement avec nous et faire pression sur les talibans pour qu'ils rendent les armes. Aujourd'hui, ils sont pris entre le marteau et l'enclume.

Que pensez-vous de la plainte déposée par les familles des victimes d'Ouzbin ?
Elles vivent dans la douleur, avec un sentiment d'injustice que toutes les familles connaissent lorsqu'elles perdent un proche. Mais il n'y a pas eu de faute commise le 18 août 2008 à Ouzbin. On peut toujours dire qu'il manquait tel ou tel moyen ou qu'il n'y avait pas suffisamment de moyens de reconnaissance. Je vous rappelle que quelques semaines après Ouzbin, les forces françaises sont tombées dans une nouvelle embuscade qui a fait un blessé grave. Et bien, nos moyens de reconnaissance aériens mis en œuvre ont été inopérants : les talibans étaient indétectables parce qu'ils ne bougeaient pas ! On ne pourra jamais supprimer l'imprévu dans les opérations militaires, ce que Clausewitz appelait le brouillard de la guerre. L'action militaire, qui comporte toujours une part d'incertitude, ne peut pas faire l'objet d'une appréciation judiciaire au risque de paralyser nos forces.

 


 

 

Offensive franco-afghane dans la vallée de Tagab

 

Environ 700 soldats français et une centaine de militaires afghans, appuyés par des blindés et des hélicoptères de combat, ont lancé hier une offensive dans la vallée de Tagab, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Kaboul. Cette région montagneuse constitue une base arrière pour les talibans. L'opération vise à sécuriser la vallée où une route doit être construite. Celle-ci doit permettre de relier le Pakistan voisin au nord de l'Afghanistan, en contournant Kaboul, ce qui faciliterait le transport de marchandises. L'offensive se heurtait hier à des tirs de snipers.

vendredi, 11 septembre 2009

Prise de commandement du général Abrial à l’Otan.

abrial.jpgLe général d’armée aérienne Stéphane Abrial, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, a pris, mercredi 9 septembre, la tête du commandement allié pour la transformation de l’Otan (ACT).

La cérémonie de passation de commandement s’est déroulée à bord du porte-avions USS Eisenhower, dans le port de Norfolk, en Virginie, aux Etats-Unis, ville où se trouve le quartier général de l’ACT.

 

Sources: Ministère de la Défense.

mardi, 25 août 2009

Interview du général Paloméros, nouveau CEMAA.

 

gaa_palomeros_itw.jpgEntretien avec le Général d'armée aérienne Jean-Paul Paloméros,

nouveau Chef d'état-major de l'armée de l'air.

Mon général, quels ont été les principaux enseignements en termes d’expérience professionnelle de vos quatre ans et demi en tant que major général de l’armée de l’air (MG AA) et quel profit en tirez-vous pour vos fonctions actuelles ?
Général Jean-Paul Paloméros : Le poste de major général de l’armée de l’air (MG AA) constitue, à mes yeux, une véritable cheville ouvrière dans l’organisation de l’armée de l’air. Il est à la fois l’adjoint du chef d’état-major de l’armée de l’air (CEMAA) et il est chargé de diriger son état-major. La force du poste repose sur le fait que le MG AA est à la fois en situation de proposer des directives au CEMAA, en s’appuyant sur les travaux de l’état-major et de ses adjoints directs au travers du comité exécutif, et de proposer une stratégie entérinée par le CEMAA en comité stratégique. Ensuite le MG AA est chargé de la mettre en œuvre. Il existe ainsi une réelle cohérence dans l’action. Le MG AA est également responsable du budget opérationnel du programme Air, c’est-à-dire de la programmation des ressources relatives à la masse salariale, au maintien en condition opérationnelle, aux activités aériennes et aux activités de fonctionnement. Fort de cette expérience de quatre ans et demi et de la confiance que m’a accordée le général Abrial, je me sens bien armé pour assurer ces hautes responsabilités.

Vous aviez occupé la fonction de major général à un moment où l’armée de l’air se réorganisait fortement à l’été 2005. Le plan Air 2010 visait à rationaliser et à simplifier les structures de commandement pour lui donner une meilleure capacité opérationnelle et une plus grande réactivité. Le plan Air 2010 a-t-il tenu ses promesses ?
Je le crois. Grâce à l’action déterminée de tous et à tous les niveaux, le plan 2010 a été mis en œuvre dès 2008, avec deux ans d’avance par rapport aux prévisions. Ce fut un long travail qui a permis de redéfinir le fonctionnement et le processus de commandement de l’armée de l’air. À l’époque, notre structure de direction était trop lourde et trop compliquée. L’intérêt d’Air 2010 était de se concentrer sur les commandements de l’armée de l’air avant d’entamer une réforme en profondeur, décrite dans le dernier Livre blanc de la défense et la sécurité nationale. L’armée de l’air a donc anticipé. De fait, elle a pris le temps d’analyser les nouveaux processus qui devaient diriger son action en se recentrant sur le cœur de ses métiers. Face aux nouveaux enjeux de la Défense, à savoir l’interarmisation et la réintégration pleine et entière dans l’Otan, cette nouvelle structure simplifiée de commandement nous permet d’être très réactifs, véritable force de proposition dans un cadre interarmées, international, voire interministériel. J’estime que le résultat est positif et que nous avons tout lieu d’en être fiers.

Chaque année, vous visitiez une dizaine de bases aériennes. Quel était l’objectif de ces déplacements sur le terrain ?
Pour employer une formule efficace : la connaissance et la reconnaissance. D’abord, la connaissance de notre outil, l’armée de l’air, qu’on ne connaît jamais assez en profondeur. Ensuite, la reconnaissance des hommes et des femmes qui la font vivre au quotidien. Au travers de ces rencontres, j’ai beaucoup dialogué et appris. Dans les fonctions opérationnelles et de soutien, j’ai pu évaluer la motivation ainsi que la qualité professionnelle de l’ensemble du personnel militaire et civil. Ces rencontres m’ont aussi permis de traiter des vrais problèmes qui se posent sur le terrain, et de recueillir les préoccupations des hommes et des femmes, leurs avis et leurs idées (…). L’état-major de l’armée de l’air n’est pas une administration sans âme ; il a le souci de satisfaire le besoin opérationnel et d’améliorer les conditions de vie et de travail du personnel.

Parmi les dossiers que vous aviez traités, figure l’application de la loi organique relative aux lois de finances (Lolf) et vous étiez le premier responsable de l’élaboration des budgets opérationnels de programme. Nous sommes passés d’une culture de moyens à une culture de résultats. Comment la Lolf a-t-elle influé sur l’activité de l’armée de l’air ?
J’ai participé aux travaux initiaux sur la Lolf lorsque j’étais à l’état-major des armées. J’ai ainsi pu avoir une vision globale des enjeux et des objectifs. C’est une réforme centrale du fonctionnement budgétaire des finances de l’État. En fait, la Lolf n’a pas été une révolution culturelle pour les armées. Elle était déjà inscrite dans leur mode de fonctionnement. Elles en appliquaient les principes, peut-être sans le savoir. Cependant, en recentrant les responsabilités budgétaires de chacune des armées, représentées en l’occurrence par leur major général respectif à la tête des budgets opérationnels de programme, elle a permis de mieux identifier les axes de performance des armées. C’était essentiel au moment où nous allions construire la future loi de programmation militaire, celle qui est mise en œuvre aujourd’hui. Nous devions être plus crédibles dans l’établissement des budgets et dans la dépense des deniers de l’État. En clair, l’application de la Lolf s’est traduite par une meilleure adéquation des ressources et des objectifs confiés à l’armée de l’air. L’amélioration de la performance de l’armée de l’air s’est traduite concrètement par une meilleure efficacité de nos dépenses et par une augmentation de son activité aérienne.

Comment faire mieux avec moins de moyens ?
C’est dans un dialogue de commandement que nous pouvons établir le juste équilibre. Je suis parfaitement conscient des difficultés qui pèsent aujourd’hui sur le fonctionnement des bases. Nous entretenons un dialogue direct avec les commandants de base et nous nous efforçons d’identifier et de faire partager les bonnes pratiques. Cette démarche nous permet de présenter aujourd’hui notre budget, de le défendre avec des résultats concrets et des éléments tangibles vis-à-vis de l’état-major des armées ou de la représentation nationale.

Sous la présidence des majors généraux de la Marine et de l’armée de l’air, la première réunion du comité d’orientation de l’aviation de chasse (Comorac) s’est tenue le 18 juin à Paris. De quoi s’agit-il ?
La création du Comorac est le résultat direct des objectifs fixés par le Livre blanc de la défense et la sécurité nationale, qui préconise d’instaurer une gestion commune du parc de l’aviation de combat. Après des mois de réflexions et de dialogues avec la Marine, nous avons mis sur pied un comité d’orientation qui traite des sujets communs. En coordination avec la Marine, l’armée de l’air a la charge de la gestion de l’ensemble du parc des avions de chasse de la Défense et nous entretenons désormais un échange permanent afin d’être plus efficaces avec une aviation de chasse qui sera concentrée et plus performante. Cela se traduira par la constitution d’une unité de transformation commune sur Rafale dès 2010, par l’échange de compétences et par un travail commun des états-majors sur les capacités futures, par la participation de l’Aéronavale aux missions confiées aujourd’hui à l’armée de l’air, comme c’est le cas pour la sûreté aérienne. Le Rafale a été conçu dans des versions identiques pour équiper à la fois l’armée de l’air et l’aéronautique navale. C’est un exemple unique dans le monde ! Cet outil nous offre la possibilité de mettre en commun 80% des ressources, en particulier le soutien. À partir d’une gestion commune, nous pouvons mieux répartir les efforts et mieux harmoniser l’acquisition de rechanges.

Aujourd’hui, l’aérien doit affronter le défi du développement durable. Comment l’armée de l’air prend-elle en compte les questions environnementales ?
Depuis plusieurs années, nous portons une attention toute particulière à la préservation de notre environnement, si cher et si précieux. Nous avons engagé une démarche sur le concept de bases à développement durable, qui se traduit en particulier par des expérimentations à Orléans, par la mise en place de panneaux photovoltaïques à Istres, etc. Dans le cadre de la modernisation de l’armée de l’air, nous souhaitons décliner ce concept dans plusieurs domaines : en réduisant la consommation d’énergie et en améliorant l’efficacité de sa production, sans nuire à la qualité du soutien au personnel. C’est tout l’enjeu. Nous pouvons encore faire mieux, en valorisant, par exemple, les vastes espaces dont nous disposons. À l’occasion du renouvellement de nos infrastructures, nous construisons des bâtiments à haute qualité environnementale. Nous avons besoin de toutes les bonnes volontés et de l’imagination de chacun pour développer la démarche citoyenne (tri sélectif des déchets, recyclage des déchets, etc.).
S’agissant de nos avions, le sujet est plus difficile puisqu’on ne peut pas instantanément modifier leur technologie. Des expérimentations sont actuellement menées sur le carburant. Mais il ne faudrait pas aboutir à un nouveau carburant qui serait finalement, lorsqu’on examine globalement la chaîne écologique, plus polluant. Ce risque existe quand on analyse les expérimentations de carburant à base de charbon. La gêne pour l’environnement que peut induire aujourd’hui l’armée de l’air, est finalement assez réduite par rapport à son activité. Dans l’avenir, les nouveaux appareils comme l’A400 M seront plus performants, en matière d’allonge et de charge transportée, mais aussi moins polluants, grâce à une gestion optimisée de leur consommation de carburant. Il faut continuer à étudier toutes les mesures propres à réduire notre impact sur l’environnement sans remettre en question nos capacités opérationnelles.

Ces derniers mois ont été marqués par la réintégration de la France dans le commandement militaire de l’Otan. Selon vous, quel est l’impact de l’Otan sur l’armée de l’air ?
Ce processus d’intégration pleine et entière n’en est qu’à ses débuts. Nous avons tendance à dire que ce n’est pas un problème dans la mesure où nous travaillons déjà en parfaite collaboration et interopérabilité avec les forces alliées à l’occasion des exercices et des opérations extérieures comme en Afghanistan. Notre système national de commandement et de contrôle aérien est déjà connecté avec celui de nos alliés et nous sommes partie prenante du projet ACCS de l’Otan. Enfin, les projets européens que nous promouvons aujourd’hui, comme le commandement du transport aérien européen ou encore la formation de pilotes de chasse européens, s’intègrent à l’idée que l’Otan et l’Europe de la défense sont complémentaires et non concurrentes. Le plus délicat est de réintégrer toutes les structures de commandement, de préparation de l’avenir et de décision de l’Otan. L’armée de l’air jouera à ce titre un rôle important. Les responsables de l’armée de l’air vont occuper des postes éminents. Le meilleur exemple est celui du général Abrial, nommé à la tête du commandement allié « Transformation » à Norfolk. D’autres assumeront de hautes fonctions au sein du commandement interarmées SHAPE (Supreme Headquarters Allied Powers Europe) ou de commandements tactiques. Globalement, et c’est un point important, la réintégration est avant tout une aventure humaine et extraordinaire qui mérite d’être vécue. Nos aviateurs pourront nourrir légitimement cette ambition d’aller travailler aux côtés de leurs collègues alliés, dans des structures multinationales, en jouant un rôle important et en faisant valoir leur compétence, tout en étant force de proposition.

Depuis 2002, les aviateurs mènent des opérations de guerre sur le sol afghan…
L’armée de l’air y contribue pleinement et ce dans tous les domaines d’action. La partie la plus visible concerne l’intervention des avions de chasse au profit des forces de la coalition et des forces terrestres pour les soutenir et assurer leur sécurité. Six avions de combat sont présents en permanence à Kandahar. Depuis février, nous avons déployé des drones Male Harfang, avions de surveillance pilotés à distance. Ils apportent à la coalition connaissance, anticipation, renseignement, et discrétion. C’est un atout considérable qui améliore la qualité du service rendu. Nos unités d’hélicoptères ont mené des missions dangereuses au profit de nos forces ; nos avions de transport tactique assurent un soutien logistique quotidien à partie du site de Douchambé ; et enfin nous avons déployé des avions ravitailleurs indispensables au fonctionnement de la coalition. L’engagement de l’armée de l’air en Afghanistan se traduit également par la présence au sol, auprès des unités de l’armée de terre, d’aviateurs qui guident les avions de combat, sécurisent nos bases et protègent nos forces. Il faut aussi souligner le rôle fondamental du transport dans cette opération aérienne qui dure depuis plusieurs années. C’est un engagement admirable.

Quels sont les enseignements de la présence du Rafale en Afghanistan ?
L’armée de l’air a souhaité pouvoir déployer le Rafale très tôt, après sa mise en service opérationnel en juin 2006. C’était ambitieux puisqu’aucun pays du monde ne l’a fait à ce jour avec un appareil de cette génération. Nous en avons tiré un retour d’expérience exceptionnel pour l’évolution de cet appareil. Le concept d’utilisation du Rafale, avion polyvalent, est adapté à une crise de cette nature. Il doit pouvoir remplir à la fois les missions d’attaque au sol, de reconnaissance et de défense aérienne. L’autonomie du Rafale, la diversité de son armement et de ses capteurs ainsi que l’appréciation de la situation… sont des qualités appréciables sur un théâtre afghan, qui ont été mises en valeur lors des trois détachements effectués depuis sa mise en service opérationnel.

Les trois quarts des conflits se déroulent aujourd’hui en zone urbaine, au milieu des populations. En quoi les drones Harfang ont-ils redéfini la manière de faire la guerre ?
L’acquisition du Male visait à améliorer la surveillance des théâtres d’opérations. Clairement, il s’agit de suivre en temps réel l’évolution d’une situation et de pouvoir localiser, identifier puis transmettre les renseignements sur une partie du théâtre ou vers un combattant, de jour comme de nuit. Pour y parvenir, nous devions être capables de le mettre en œuvre, de transmettre ces données à très longue distance via les liaisons satellitaires et ensuite, d’intégrer cette information dans la chaîne de renseignement de la coalition. C’est aujourd’hui le cas sur le terrain. Cette information est reproduite quasi instantanément sous forme vidéo. Grâce au drone Harfang, la boucle du renseignement est pleinement bouclée. Il reste encore quelques améliorations à apporter afin de fournir aux forces engagées sur le terrain et aux commandeurs l’information précise, dont ils ont besoin au bon moment.

Sera-t-il équipé du Rover ?
Le Rover est l’un des outils de modernisation. Nous avons actuellement une démarche d’acquisition qui devrait aboutir très prochainement.

Depuis janvier dernier, comment se déroule le début de la phase d’expérimentation pour les trois bases de Défense (bdD), sous la responsabilité de l’armée de l’air ?
La restructuration se concrétise par la constitution des bases de Défense, mais elle ne se résume pas uniquement à cela. Il s’agit d’une réforme d’ensemble qui est en train de se mettre en place. Le retour d’expérience révèle que le personnel responsable et d’exécution ont bien appréhendé ce concept assez proche, il est vrai, de nos bases aériennes. Pour rendre ces bases de Défense efficaces, il faut d’ores et déjà élargir raisonnablement leur périmètre afin de mutualiser un maximum de ressources du soutien. Il faut définir précisément ce qu’on attend du soutien en termes de contrat opérationnel et de contrat de service entre les forces et les unités. Il s’agit également de moderniser et d’harmoniser les procédures interarmées au sein du ministère. Le ministère de la Défense a souhaité mener des expérimentations pour adapter le dispositif via des bases pilotes, en vue d’une généralisation en 2011.
Je rends d’ailleurs hommage aux aviateurs impliqués dans ces expérimentations. Ils ont fait un excellent travail. Les formules retenues sur les bases de Nancy, de Creil et d’Avord sont différentes. À Avord et à Creil, le colonel est à la fois commandant de la bdD et celui de la base aérienne. En revanche, à Nancy, pour différencier l’expérimentation et trouver la meilleure formule, nous avons désigné un commandant de base de Défense à part entière. Actuellement, nous évaluons la pertinence de chacun des modèles.

L’autre chantier d’envergure consiste à mutualiser des services de soutien uniques pour toutes les armées dans le domaine des achats, des ressources humaines et des finances.
Caractériser l’évolution du soutien de cette manière est quelque peu réducteur. Il restera au sein des armées, fort heureusement, des compétences dans ces domaines. Je voudrais insister en particulier sur la direction des ressources humaines. Chaque armée maintiendra sa pleine responsabilité sur son propre personnel. Chaque chef d’état-major conservera, en particulier, une responsabilité morale et culturelle vis-à-vis des militaires qui serviront sous l’uniforme de l’armée. Les aviateurs s’engagent et s’engageront toujours avec une motivation précise pour servir la composante aérienne. Nous devrons entretenir cette motivation par le biais d’échanges au sein des unités interarmées et des retours en unités aériennes. C’est le gage d’une meilleure compétence et d’une mobilité utile, une source de progrès et d’enrichissement et enfin, le maintien de l’esprit collectif qui correspond à chacune des armées.

Le plan de modernisation de la Défense prévoit une réduction d’effectifs dont 24% pour l’armée de l’air. Comment conciliez-vous diminution du personnel et préservation de l’efficacité opérationnelle ?
C’est un sujet délicat, dont l’enjeu est considérable. Nous devons réussir notre modernisation par une rationalisation de l’outil de défense, en général. L’armée de l’air va y contribuer de façon importante. Un des objectifs du Livre blanc concerne la réduction des effectifs que doit consentir le ministère. Elle sera compensée par une modernisation de nos forces. Nous devons réussir à réduire les effectifs progressivement, en cohérence avec les besoins de l’institution et avec les aspirations individuelles du personnel, tout en entretenant un effort de recrutement conséquent pour préserver et préparer l’avenir. Il existe, nous devons nous en persuader, des marges de progrès. La réduction de notre format nous impose de diminuer le nombre de bases aériennes sans porter atteinte à notre efficacité opérationnelle afin de mieux optimiser l’emploi des ressources et de moderniser notre outil opérationnel. Nous n’avons pas le choix ; il nous faut réussir cette réforme. C’est un des enjeux majeurs des années à venir.

L’effort budgétaire s’accompagne d’une rationalisation de l’organisation et des modalités de réalisation des opérations de maintenance aéronautique. Quels sont les leviers qui permettront d’assurer la maintenance et la disponibilité opérationnelle de nos avions ?
Dès mon arrivée au poste de major général, j’ai mobilisé les équipes sur ce dossier qui m’est très cher, derrière un slogan : « Nous n’avons pas droit de perdre la bataille du maintien en condition opérationnelle». Au-delà de cette bataille, ce sont la crédibilité de notre armée de l’air, le moral et donc notre capacité opérationnelle qui sont en jeu. Nous avons lancé une grande réforme du maintien en condition opérationnelle (MCO) au sein de l’armée de l’air qui a déjà porté ses fruits. Elle nous a permis de réduire le nombre de niveaux de maintenance pour faire face, d’une part, au vieillissement d’un certain nombre d’appareils -en particulier les flottes de transport - et, d’autre part, à l’arrivée de nouveaux avions, comme le Rafale, qui offrent des concepts de maintenance simplifiée. Nous devons cette amélioration aux efforts de chacun dans les unités qui s’emploie à réaliser, parfois dans des conditions difficiles, des opérations de maintenance nécessaires pour garantir la disponibilité des appareils. Pour y parvenir, nous travaillons à différents niveaux : la politique générale du MCO par la globalisation des contrats, c’est-à-dire par le dialogue et la recherche de partenariats avec les industriels. L’industrie bénéficie ainsi d’une meilleure visibilité et les coûts de soutien sont moins élevés. Nous devons continuer à travailler sur l’évolution de la structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la Défense (SIMMAD). Nous avons aussi créé des structures centralisées sur les bases, les escadrons de soutien technique aéronautique (ESTA). J’ai demandé à l’inspecteur de l’armée de l’air de mener rapidement une évaluation de ces ESTA pour me proposer toute forme d’évaluation souhaitable.

La loi de programmation militaire prévoit 101 milliards d’euros de crédits d’équipement. Selon vous, ce budget est-il suffisant pour rénover une partie de notre flotte vieillissante ?
Pour sa Défense, l’État investit beaucoup d’argent. Nous devons y être particulièrement sensibles, qui plus est en cette période de crise. Globalement, les efforts prévus sont nécessaires et suffisants pour rénover notre armée de l’air au juste niveau, en cohérence avec les objectifs du Livre blanc. Nous devons cependant être très attentifs à certains facteurs externes comme l’évolution des coûts, l’impact de l’export et la réussite des programmes multinationaux comme l’A400 M.

Quelles sont vos priorités calendaires ?
Les préoccupations actuelles portent sur l’aviation de transport. Les Transall rendent des services éminents qui deviennent, du fait du vieillissement de cette flotte, de plus en plus difficiles à garantir. De même, les avions ravitailleurs, indispensables aux opérations aériennes, sont vieillissants et leur coût en main-d’œuvre et en pièces de rechanges est élevé. Pour l’aviation de combat, l’une des priorités vise à renouveler la composante nucléaire aéroportée avec une première phase portant sur le Mirage 2000N et le missile ASMP-A. La deuxième étape concernera la polyvalence du Rafale et la montée en puissance de l’escadron 1/91 « Gascogne », dès l’an prochain, avec l’acquisition d’une nouvelle capacité de dissuasion nucléaire. Par la suite, il nous faudra rénover la flotte de Mirage 2000D pour doter ces avions d’une capacité de polyvalence. Comme inscrit dans le Livre blanc, nous disposerons alors d’une flotte de combat équilibrée qui reposera à la fois sur des avions modernisés et sur des avions de dernière génération, comme le Rafale au standard F3.

Le projet de l’A400 M affiche quatre ans de retard. Le C130J est-il une solution alternative ?
Sur ce dossier, nous devons d’abord répondre à la question : comment satisfaire les contrats opérationnels ? Le Livre blanc souligne aujourd’hui que nous devons transporter plus de charge, plus loin et dans des délais légèrement supérieurs aux contrats précédents. Nous devons par ailleurs assurer l’aéromobilité des forces sur les théâtres. L’A400 M reste l’outil le plus adapté à ces missions. Notre ambition repose sur l’acquisition d’un avion capable de remplir les missions stratégiques à long rayon d’action et des missions tactiques en opérant, comme le Transall, à partir de terrains sommairement aménagés ou dans des zones soumises à la menace. Grâce aux progrès techniques, c’est désormais possible. Cet avion polyvalent s’appelle l’A400 M. Peut-on le comparer à un avion en service ? La réponse est non. Aucun avion existant ne répond aux critères opérationnels définis. L’A400 M est l’avion de transport militaire du XXIe siècle. En attendant, il convient d’étudier toutes les mesures transitoires possibles et de décider en ciblant bien les effets et en couvrant tout le panel des missions. Le C130J fait partie des options. D’autres pays l’ont déjà acquis. L’acquisition ou la location de cet avion permettrait de compenser une partie du déficit en transport tactique, capacité requise, faut-il le souligner, sur tous les théâtres d’opérations. Dans le même temps, nous tâcherons de préserver une partie de la flotte de Transall. Notre position porte également sur deux domaines : conforter la composante de cargos légers de type Casa qui viendra soulager la tâche des avions de transport tactique et permettra de pérenniser le savoir-faire tactique des équipages ; et acquérir des avions de transport stratégique de type A330 pour commencer à assurer le transport à long rayon d’action du fret.

Au-delà de vos fonctions classiques de CEMAA, quels seront vos dossiers spécifiques à traiter dès septembre ?
Le personnel de l’armée de l’air est et restera le dossier prioritaire. Nous devons répondre à ses aspirations professionnelles et personnelles, conforter ses motivations, améliorer ses compétences, recruter les meilleurs, leur donner des perspectives et les persuader que l’armée de l’air du futur sera un outil magnifique. La maîtrise des risques est un autre dossier prioritaire. Chacun doit pouvoir exercer ses responsabilités à tous les niveaux, avec un bon degré de confiance. C’est vrai pour la sécurité des vols, un domaine sur lequel nous avons mis un accent tout particulier. Nous continuons à développer un rapport de confiance, de vigilance, de contrôle, et de rigueur dans l’exécution des missions et dans toutes les activités qui présentent des risques, qu’elles soient du domaine du soutien technique ou des missions de secours à la personne. La maîtrise des risques doit faire partie de notre culture et ne souffre d’aucune approximation. Elle nous permettra de mieux remplir nos missions opérationnelles, en préservant les vies humaines et notre outil de combat.

Propos recueillis par : Cne Céline Limousin


 
Droits : Ministère de la Défense

mercredi, 22 juillet 2009

Le général Moreau nommé inspecteur général des armées.

10-12-05a.jpgA l'issue du conseil des ministres du 22 juillet 2009, le général de corps d'armée Jean-loup MOREAU a été nommé inspecteur général des armées et élevé aux rang et appellation de général d'armée à compter du 1er septembre 2009.

Je tenais à lui adresser mes sincères félicitations et mes voeux de succès dans sa nouvelle mission !

NCL

samedi, 18 juillet 2009

Le général Abrial élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d'honneur.

general_abrial.jpgUne cérémonie officielle s’est déroulée le 16 juillet 2009 à l’École militaire, à Paris, au cours de laquelle le général Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées, a décerné diverses décorations.

Parmi les récipiendaires figurait le général d'armée aérienne Stéphane Abrial, chef d’état-major de l’armée de l’air, qui a été élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur. Cette distinction précède de près son prochain départ aux États-Unis pour occuper son nouveau poste à Norfolk, dans l’état de Virginie. À partir de la mi-septembre, il sera en effet à la tête du commandement «transformation» (ACT-Allied Command Transformation), unité chargée de piloter les transformations de l’Otan (structures, emploi des forces, capacités et doctrine militaire).

Je profite de ce blog pour lui adressé mes plus chaleureuses félicitations.

 

NCL

sources: ministère de la Défense;

mardi, 14 avril 2009

Le désarmement nucléaire est une urgence pour la planète.

26516304-2508-11de-9edf-4cf8bdb26134.jpgPar Aleksander Kwasniewski, Lech Walesa et Tadeusz Mazowiecki.

Tribune publiée dans Le Figaro,
le 09 avril 2009.


Après la provocation de la Corée du Nord, les auteurs, respectivement anciens présidents de la Pologne et ancien premier ministre, plaident pour une dénucléarisation militaire.

L'accord entre les présidents américain et russe visant à renouveler l'accord de réduction stratégique de l'armement redonne l'espoir de parvenir à une abolition générale de l'armement nucléaire. Il est difficile d'en exagérer l'urgence : des pays susceptibles d'utiliser l'arme nucléaire pourraient bientôt l'acquérir, de même que des terroristes internationaux - créant de nouvelles menaces de proportion inimaginable.

Ce qui était un beau rêve il y a seulement quelques années, l'élimination de la bombe atomique, n'est plus l'apanage des populistes et des pacifistes, car l'idée a été reprise par des gens très bien placés - hommes politiques connus pour leur réalisme et universitaires connus pour leur sens des responsabilités.

L'invention de la bombe atomique - qui a permis la dissuasion durant la guerre froide, quand le monde était divisé en deux blocs opposés - répondait aux besoins et aux risques de l'époque. La sécurité reposait sur l'équilibre de la terreur, autrement dit la certitude de la destruction mutuelle en cas de conflit.

Dans ce monde bipolaire, seules cinq grandes puissances, toutes membres permanents du Conseil de sécurité, détenaient la bombe atomique. Aujourd'hui la situation est différente. Un mouvement amorcé par le mouvement polonais Solidarité a conduit à la dissolution du pacte de Varsovie, l'Union soviétique s'est désintégrée et le monde bipolaire avec son clivage Est/Ouest a disparu.

L'ordre basé sur la dangereuse doctrine de la dissuasion nucléaire n'a cependant pas été remplacé par un système basé sur la coopération et l'interdépendance. Il s'en est suivi déstabilisation et chaos, dans une atmosphère d'incertitude.

Trois pays détenteurs de la bombe sont maintenant engagés dans des conflits : l'Inde, le Pakistan et Israël. Et compte tenu du développement de leur programme nucléaire, la Corée du Nord et l'Iran pourraient bientôt en disposer aussi. Il y a un risque réel de voir le groupe des pays détenteurs de la bombe s'élargir jusqu'à inclure des pays qui ne sont pas toujours guidés par des considérations rationnelles - sans compter le risque de voir la bombe tomber dans les mains d'acteurs non étatiques, des groupes terroristes par exemple.

On ne parviendra à la non-prolifération que si les principales puissances nucléaires, notamment les États-Unis et la Russie, prennent de toute urgence des mesures en faveur du désarmement. Ensemble, ils détiennent près de 25 000 ogives nucléaires - 96 % de l'arsenal nucléaire mondial.

Nous espérons que le président américain Barack Obama a conscience de ces dangers. Nous notons avec satisfaction que le nouveau gouvernement américain ne fait pas la sourde orei lle aux hommes d'État et aux scientifiques responsables qui demandent le démantèlement de l'armement nucléaire. L'objectif d'un monde dénucléarisé figure dans le programme de désarmement et de contrôle de l'armement du gouvernement américain. Nous apprécions à sa juste valeur les propositions du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne, tandis que la Russie a indiqué récemment à Genève qu'elle était disposée à s'engager dans cette voie.

Les opposants au désarmement nucléaire disent que cet objectif n'est pas réalisable en l'absence d'un système efficace de contrôle et de vérification. Mais la communauté internationale peut disposer aujourd'hui des moyens de contrôle voulus. Les garanties que peut apporter l'Agence internationale pour l'énergie atomique sont de toute première importance.

Le monde doit pouvoir être assuré que les réacteurs nucléaires civils ne seront pas détournés vers des objectifs militaires - une condition pour que les pays non détenteurs de l'arme atomique aient un accès sans restriction à la technologie nucléaire, ainsi que l'a proposé récemment le premier ministre britannique Gordon Brown dans son initiative en faveur d'un pacte nucléaire mondial pour notre époque. C'est particulièrement urgent actuellement, avec la recherche de nouvelles sources d'énergie et la « renaissance » de cette source d'énergie.

La conférence 2010 de réexamen du traité de non-prolifération appelle de toute urgence à une reformulation des priorités. Son comité préparatoire va se réunir en mai à New York. C'est à ce moment-là que les décisions nécessaires devraient être prises.

On peut espérer que la réunion débouchera sur une réduction de l'armement nucléaire, une diminution du nombre d'ogives nucléaires en état d'alerte (de-alerting), ainsi que sur des négociations portant sur un traité d'interdiction de la production de matières fissiles, sur la ratification d'un traité mondial d'interdiction des tests nucléaires et sur d'autres moyens pour renforcer l'application du traité de non-prolifération nucléaire, notamment son adoption universelle.

Le temps est venu d'un changement fondamental dans le déroulement de la Conférence sur le désarmement à Genève qui, depuis des années, ne parvient pas à répondre à l'attente de la communauté internationale. Nous partageons le point de vue des universitaires, des responsables politiques et des experts internationaux du Groupe de réflexion international de Varsovie, qui estiment que l'option zéro doit être prise en considération comme base éventuelle d'un futur accord sur le désarmement nucléaire multilatéral.

Rédigé par l'universitaire britannique Ian Anthony du Stockholm International Peace Research Institute (Sipri), le rapport qu'a élaboré ce groupe sous la présidence du Polonais Adam D. Rotfeld est basé sur les travaux de spécialistes en matière de sécurité de pays qui ont déjà détenu l'arme nucléaire (l'Afrique du Sud) et de pays postsoviétiques où elles furent stockées dans le passé (Biélorussie, Kazakhstan et Ukraine). Le fait que ces pays aient été dénucléarisés dans le cadre d'un programme de désarmement constitue un exemple précieux.

Il faut amorcer le processus de désarmement nucléaire progressif. Cela ne donnera pas des résultats du jour au lendemain, mais cela indiquera une direction, fournira une occasion de renforcer les mécanismes de non-prolifération et sera l'occasion d'établir un système de sécurité non nucléaire mondial fondé sur la coopération.

La menace la plus grave pour la sécurité mondiale vient d'un nouveau type de prolifération nucléaire. Les puissances qui disposent de l'arsenal le plus important portent la principale responsabilité. Nous pensons que les présidents américain et russe, ainsi que les dirigeants des autres puissances nucléaires, en tant qu'hommes d'État, auront assez de sagesse et de courage pour engager le processus consistant à libérer le monde de cette menace.

» Copyright : Project Syndicate, 2009. www.project-syndicate.org (Traduit de l'anglais par Patrice Horovitz)

vendredi, 03 avril 2009

Assumons notre devoir d'indépendance.

onuvil.jpgPar Dominique de Villepin.

Tribune publiée dans Le Figaro,
le 3 avril 2009.


Alors que s'ouvre vendredi le sommet de l'Otan à Strasbourg, l'ancien premier ministre et ministre des Affaires étrangères avertit des risques que représente la décision française de réintégrer le commandement intégré de l'Alliance.

À Strasbourg et à Kehl, le soixantième anniversaire de l'Otan cache mal les doutes sur son avenir. Pourtant le président de la République a choisi de faire revenir notre pays dans le commandement intégré.

Il y a là une réelle rupture, alors que la France avait acquis une situation originale dans l'Otan, « un pied dedans, un pied dehors ». Ainsi depuis 1995, elle défendait ses intérêts et pesait sur la conduite des opérations, comme au Kosovo, tout en participant à trente-six des trente-huit comités et à toutes les missions.

Cette rupture est d'autant plus forte qu'elle tourne le dos à un héritage historique et à un consensus national. Est-elle opportune ?

Elle intervient à contretemps car, après la tentation unilatérale américaine, il s'agit aujourd'hui de construire un monde multipolaire pour faire face aux nombreux défis - prolifération nucléaire, terrorisme, crises régionales enlisées -, aggravés par la crise économique mondiale.

Elle est à contresens, car c'est l'Europe de la défense qui est notre avenir. C'est de l'affirmation d'une volonté européenne commune qu'ont résulté les avancées, de la déclaration de Saint-Malo en 1998 à la stratégie européenne de sécurité.

Elle est à contre-emploi, car il y a une originalité française qui s'enracine dans son histoire, dans sa présence outre-mer, dans son message universel. Elle nourrit sa vocation de trait d'union entre le Nord et le Sud, entre l'Est et l'Ouest, mettant sa voix au service du dialogue des cultures et de la paix.

En définitive, cette décision va à rebours de l'histoire, car l'Otan est la réponse d'hier, occidentale et militaire, aux défis de demain.

Cette réintégration n'est pas sans risques, chèque en blanc signé à une Otan en quête d'un rôle et d'une légitimité, tentée par la fuite en avant.

Elle est source de dangers, quand elle incarne une «famille occidentale » qui cristallise les rejets et réveille les logiques de blocs antagonistes, au risque de donner corps au «choc des civilisations».

Elle est source de blocages, quand elle bride les progrès d'une meilleure gouvernance en matière de sécurité. Substitut commode mais pernicieux, elle tend à empiéter sur de nombreux domaines comme la cybercriminalité, la sécurité des mers et la prolifération.

Elle est source de distorsions, quand elle prend l'allure d'une « ONU bis », sans limites et sans vision claire, ayant la tentation de s'étendre à toutes les démocraties du globe et de se voir déléguer la gestion des crises internationales.

Dès lors, cette décision doit être comprise comme un triple pari sur l'avenir.

Premier pari : la réintégration permettra de renforcer l'Europe de la défense. Mais certaines réticences britanniques, turques ou est-européennes, comme la lourdeur des procédures de non-dédoublement des opérations entre Otan et Union européenne la bloquent. Les occasions de mesurer les avancées possibles ne tarderont pas, qu'il s'agisse de l'État-major de planification, du développement de nos moyens d'intervention ou encore de l'Agence européenne de défense. Cela suppose aussi des efforts pour relever les crédits de défense.

Deuxième pari : la France sera à même de «codiriger» l'Otan. La tutelle américaine y reste lourde. Les postes attribués à la France, sans impact opérationnel réel, ne changent pas la donne.

Codiriger, c'est accepter d'être coresponsable de tous les choix, jusqu'à la logique de blocs et la militarisation du règlement des conflits, qui conduit à leur enlisement. En Afghanistan, nous devons tirer les leçons de l'Irak et faire prévaloir notre vision d'une solution politique.

Codiriger, c'est aussi peut-être lâcher la proie pour l'ombre. Ne bridons pas cette liberté d'action et de parole qui permettait à la France, en 2003, de poser la question de la légitimité de l'intervention en Irak et d'empêcher le vote d'une résolution aux Nations unies. Paradoxalement, la règle du consensus, si elle nous laisse libres quant aux modalités, tend à nous contraindre sur le fond.

Troisième pari : l'Otan sera capable de changer pour s'adapter à la multipolarité. En contrepoint d'une mécanique militaire lourde, la prééminence du dialogue politique doit être affirmée. L'Amérique de Barack Obama donne des signaux encourageants. Mais un vrai débat doit avoir lieu sur la modernisation de l'organisation, sur l'installation du bouclier antimissile ou sur l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie. L'Otan doit s'engager dans une logique de partenariats équilibrés.

Assumons notre devoir d'indépendance en nous tournant résolument vers l'avenir. Partout, l'initiative est nécessaire pour défendre notre vision, nos intérêts et faire entendre la voix de la France. Aussi, dès maintenant, il nous appartient de proposer aux États de l'Union une conférence pour la relance de la défense européenne. De même, le moment venu, il faudra refonder, dans la clarté et l'égalité, les relations transatlantiques. La France doit rester vigilante et exigeante, fidèle à ses valeurs et à son ambition.

mardi, 17 février 2009

La France dans l'Otan: le choix de la responsabilité.

d5fe21bc-d066-11dd-bf64-cdb958494877.jpgPar Michèle Alliot-Marie,
Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer et des Collectivités territoriales.



Tribune publiée dans Le Figaro, le 17 février 2009.

Le ministre de l'Intérieur et ancien ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie soutient la décision du président de la République de faire revenir la France dans le commandement militaire de l'Otan.


Le 3 avril prochain, la France rejoindra-t-elle le commandement militaire de l'Otan ? Aujourd'hui, cette perspective suscite des polémiques.

La France participe pourtant depuis 1949 à l'Otan, alliance de pays européens et nord-américains pour faire face à une agression majeure visant un de ses membres. En 1966, elle s'est retirée du commandement militaire. Son retour envisagé dès 1995 s'était heurté au refus des États-Unis de reconnaître notre place par l'attribution d'un des grands commandements.

Gaulliste de conviction, ministre de la Défense pendant cinq ans, aujourd'hui ministre de l'Intérieur, je suis sensible aux inquiétudes dès qu'un sujet engage la souveraineté du pays ou l'avenir de notre nation.

Je le dis sans ambiguïté, les craintes ne sont pas fondées dès lors que les conditions posées par le président de la République seront satisfaites.

Éviter les facilités démagogiques, c'est d'abord rappeler des réalités.

Première réalité : c'est en 1966 que le général de Gaulle a jugé nécessaire de quitter le commandement militaire de l'Otan. Entre 1958 et 1966, la France gaulliste y participait donc. Pourquoi l'avoir quitté ? Essentiellement pour préserver notre pleine autonomie sur le programme nucléaire naissant, gage de notre indépendance.

Aujourd'hui, la force de dissuasion nucléaire française existe et, à la différence de 1966, nous pouvons participer au commandement militaire sans renoncer en rien à notre souveraineté entière sur l'arme nucléaire.

Deuxième réalité : la France est membre de l'Otan. Contrairement à une idée reçue, elle ne s'en est jamais retirée ! Elle en est même l'un des principaux contributeurs en hommes et en financement. Elle a exercé le commandement des forces au Kosovo de 2004 à 2005, en Afghanistan en 2004, sans que quiconque, parmi les protestataires du jour, y trouve à redire. Paradoxe : elle n'a pas de poste dans le commandement militaire.

Troisième réalité : l'Otan prend ses décisions à l'unanimité. L'opposition d'un seul de ses membres interdit son engagement. En aucun cas, la France ne saurait donc être obligée de participer à une opération contre son gré. Il est foncièrement faux d'évoquer un alignement automatique sur nos alliés américains. La preuve, s'il en était besoin, c'est que lorsque les États-Unis ont décidé d'engager la guerre contre l'Irak, l'Allemagne, membre à part entière de l'Otan, a refusé d'y participer.

Ces réalités rappelées, que signifie la présence de la France au sein du commandement militaire ?

Dans le commandement de l'Otan, la France élargira sa capacité d'action sur le plan militaire et diplomatique, elle aura les moyens de peser plus sur les choix stratégiques.

En participant à toutes les structures, il devient possible d'exercer une réelle influence non plus seulement sur les décisions, mais aussi et surtout sur la conduite des opérations. Notre vision, notre savoir-faire dans le rapport aux populations, ce que nos alliés appellent la « French touch », pourra être prise en compte en amont et dans le déroulement de toute intervention.

Nos responsabilités seront ainsi davantage en conformité avec la réalité des moyens militaires que nous déployons.

Il devient possible de peser plus pour faire évoluer l'Otan vers un fonctionnement plus souple, plus simple, plus réactif. Renforcée en son sein, la France aura demain la capacité à peser réellement sur cette transformation.

Le monde de 2009 n'est pas celui de 1949 ou de 1966. L'Otan de 2009 n'est plus celle de 1949 ou de 1966. Son champ géographique d'action est plus large, ses cibles plus précises, son besoin de réactivité plus grand.

Avec la fin de la guerre froide, puis de l'Union soviétique, le sens et les missions de l'Otan devaient être redéfinis. Lorsque la France a accepté en 2003 que l'Otan intervienne en Afghanistan, elle lui a permis de refonder son ambition : affirmer la solidarité de nos démocraties et défendre leurs valeurs face aux nouveaux risques du monde et d'abord le terrorisme. Consolider notre place au sein de l'Otan, c'est aussi renforcer notre action contre le terrorismequi nous menace pas plus mais pas moins que les autres.

Bien sûr, notre présence dans le commandement militaire dépend de la satisfaction des conditions rappelées par le président de la République en septembre 2007.

La première d'entre elles, c'est la garantie de notre indépendance.

Nul ne songe à remettre en cause la règle du consensus qui garantit notre liberté d'engager ou non une opération au titre de l'Otan. Quelle idée méprisante de la France se font ceux qui prétendent que ses dirigeants pourraient céder à des pressions. Le renforcement du contrôle parlementaire français sur l'engagement de troupes en opérations constitue de plus désormais une garantie supplémentaire.

La souveraineté nationale sur la force nucléaire est la base intangible de notre indépendance. Personne ne la discute.

Deuxième condition, la reconnaissance de la Défense européenne comme pilier de l'Alliance.

Il m'est revenu, en 2003, de participer à la création de la première force européenne autonome en République démocratique du Congo. Depuis lors, les missions se sont multipliées, à l'extérieur et à l'intérieur de notre continent. La création des GT 1500, de l'Agence européenne de l'armement, de la force européenne de gendarmerie, de la cellule de planification lui a donné les structures de son opérationnalité.

L'Europe de la Défense est aujourd'hui une réalité : elle est déployée au Tchad et dans le golfe d'Aden contre la piraterie. Elle n'est nullement contradictoire avec l'Otan. Les nations européennes de l'Otan sont à peu de chose près celles qui composent l'Europe de la Défense. Une vraie complémentarité peut s'organiser. Les conflits actuels et probables sont suffisamment nombreux pour qu'on ne se dispute pas le « privilège » de participer à leur règlement.

Et les réticences de certains pays européens à faire les efforts nécessaires pour renforcer la Défense européenne seront d'autant plus faciles à surmonter qu'ils auront l'assurance que celle-ci ne se construit pas contre l'Otan.

Troisième condition fixée par le président de la République : la juste reconnaissance de notre poids dans l'Europe de la Défense et l'européanisation de l'Alliance.

Elle passe par l'attribution de grands commandements. C'est là que se mesurera la reconnaissance des alliés de notre rôle dans la sécurité commune.

La réintégration de la France dans le commandement militaire de l'Otan n'est donc pas le choix d'un quelconque renoncement. Au contraire ! C'est celui de la responsabilité assumée sans aucun complexe. Il répond pleinement aux défis du XXe siècle, à la volonté de défendre collectivement les valeurs qui unissent nos démocraties, dans la fidélité à l'une des plus fortes exigences du gaullisme : le refus de la fatalité et la grandeur de la France.

vendredi, 13 février 2009

La guerre se gagne avce l'opinion publique.

5d986fa0-fa0c-11dd-aca1-ff2c936f57b4.jpgPar le colonel Benoît Royal.

Tribune publiée dans Le Figaro,
le 13 février 2009.


Après la perte d'un soldat français en Afghanistan, l'auteur, officier de l'armée de terre, met l'accent sur le respect du droit et des populations civiles dans le cadre des conflits armés.

Un soldat français du 35e RAP vient d'être tué dans l'accomplissement de sa mission en Afghanistan. Il a succombé à un IED (Improvided Explosive Device), une des façons les plus lâches de combattre car, au même titre que les attentats suicides, ce type d'engin tue de façon indiscriminée, civils ou militaires. Pourtant, les méthodes employées par l'adversaire ne modifient en rien le comportement des soldats français, qui continueront d'agir avec la même détermination mais sans esprit de vengeance. C'est exactement dans ces termes que le général Stollsteiner, commandant les troupes françaises, s'était déjà exprimé à l'issue de l'embuscade d'Ouzbin du 19 août, qui avait coûté la vie à 10 soldats français. Il répondait à une question se rapportant à la façon dont le groupe d'insurgés avait exhibé, comme des trophées, des équipements français et la montre prise sur un des soldats tués. «Au contraire, ça leur donnera [aux soldats français], sans esprit de vengeance, et ça, je tiens à ce que vous le reteniez, davantage de volonté pour reprendre l'action avec plus de détermination. (…) Vous comprenez que dans tout groupe qui est affecté, le raccourci le plus rapide c'est de dire “j'utiliserai mon arme comme moyen de représailles”. Or, ce qui fait la différence entre une bande de rebelles et une armée organisée, une armée formée avec des chefs qui encadrent, justement, c'est de ne pas rentrer dans ce penchant très facile de la vengeance. Ça, je le réserve à mes adversaires.»

La question de l'éthique de comportement dans l'emploi de la force interpelle aussi bien un soldat engagé en Afghanistan, un simple spectateur de l'actualité mondiale, que le nouveau président des États-Unis lui-même. En effet, «L'Amérique ne torturera pas», a déclaré Barack Obama en annonçant la fermeture du centre de Guantanamo, «nos idéaux seront le phare de notre leadership». Au même moment, Richard Falk, le rapporteur spécial de l'ONU pour les Territoires palestiniens, déclarait qu'Israël avait délibérément violé les conventions de Genève pendant sa campagne contre le Hamas, mettant directement en cause le comportement des soldats de Tsahal dans la bande de Gaza. À quelques heures de là, à Kaboul, le 23 janvier, les autorités locales afghanes dénonçaient des victimes collatérales à l'occasion d'un raid aérien de l'Isaf - la force déployée sous commandement de l'Otan - coûtant la vie à plusieurs civils.

Où qu'elles se produisent, relayées par les médias planétaires, les dérogations au droit et à la dignité ne laissent pas l'opinion publique insensible, ni inactive. Forts de leur légitimité, les peuples expriment leur désapprobation dans la rue, dans les médias et, quand ils le peuvent, dans les urnes. Quant aux populations qui en subissent directement les conséquences, elles expriment leur révolte par un soutien à l'adversaire, aggravant la situation contre laquelle les forces militaires déployées cherchent précisément à lutter. Par leurs actions médiatisées à l'envi, les populations sont aujourd'hui en mesure de peser et d'influer sur les décisions politiques pouvant in fine infléchir les stratégies déployées. Maints exemples de l'histoire récente l'ont montré : un pays qui décide de l'emploi de la force ne peut garantir sa liberté d'action stratégique sans s'assurer du soutien de l'opinion publique. La sienne d'abord, qui contribue à l'expression de la légitimité de la force déployée, et celle du pays où il se déploie ensuite, qu'il en ait accepté la présence ou qu'il la subisse.

Un général britannique, Sir Rupert Smith, explique que la réussite des opérations militaires est directement conditionnée par cette adhésion populaire.

Un siècle plus tôt, le maréchal Lyautey, pacificateur du Maroc, avait démontré la même idée, léguant des principes fondateurs d'une stratégie respectueuse de l'humain qui ont fait la richesse de la culture militaire française. Aujourd'hui plus qu'hier, une force militaire qui ne bénéficie pas du soutien de l'opinion publique perd sa légitimité. Or obtenir l'adhésion des populations consiste notamment à leur renvoyer l'image d'une force exempte de tout reproche. Outre l'avantage que les forces armées tirent de ce comportement, il permet de préparer l'étape suivante, la phase des négociations, the day after. À ce moment, l'éventuel passif de violence et d'exactions des forces pèse lourdement dans les discussions politiques et conditionne souvent les modalités de l'accord final.

C'est dans cet esprit que l'armée française a décliné sa doctrine d'emploi de la force, qui en prône un usage maîtrisé dans l'accomplissement des missions. Il s'agit de ne jamais confondre action de combat et action violente. Il existe en effet une grande différence entre l'usage maîtrisé des armes pour s'opposer à la violence - usage qui n'empêche ni fermeté ni détermination - et l'usage non maîtrisé de la force qui conduit immanquablement à la même violence que celle à laquelle on s'oppose. En 1993, souvenons-nous du succès des troupes françaises à Mogadiscio en Somalie où, en dépit de la tactique détestable des combattants du général Aidid qui s'abritaient au sein de la population pour combattre, nos soldats sont parvenus au succès sans jamais succomber à l'abus de force et aux dégâts collatéraux. Mais au prix de plus de risques et de dommages pour nos propres troupes.

Une éthique de comportement au combat est plus que jamais indispensable au soldat, acteur et quelquefois victime de la guerre. C'est ce qui différencie fondamentalement l e soldat du mercenaire et du barbare. Son éthique répondra aux attentes de la population : celle de sa propre nation dont il tire sa légitimité, comme celle dont il doit gagner l'adhésion et le respect. Elle le protégera aussi des conséquences de ses actes, tant vis-à-vis du droit international que de sa propre santé psychologique et morale.

Dans le monde présent, où force est de constater la persistance peu glorieuse de nombre de combats et de guerres fratricides, la France a le devoir moral d'affirmer sa spécificité en multipliant ses stratégies fondées sur ses valeurs fondatrices. Face aux défis des conflits à résoudre, et sans faire preuve du moindre angélisme, il est possible d'imposer le respect et l'éthique comme idéaux fédérateurs d'une action coordonnée du pouvoir politique, des armées et des populations. Ils répondent aux attentes légitimes des peuples et ils peuvent être des moyens privilégiés de gestion des affrontements violents au sein des sociétés en crise.

samedi, 27 septembre 2008

La Garde républicaine ouvre ses portes.

AffichePO2008.jpgAujourd'hui et demain, le quartier des Célestins, siège historique de la Garde républicaine, ouvre ses portes.

A cette occasion, de nombreuses animations musicales ainsi que des démonstrations de la cavalerie et du 1er Régiment d'infenterie de la garde sont présentées au public.

C'est une occasion exceptionnelle de découvrir cette unité d'élite de la Gendarmerie, tout en tissant le lien Défense-Nation. Venez nombreux!

NCL

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