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<title>Blog de Nicolas Callégari-Lefèvre</title>
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<subtitle>PATRIAM SERVANDO VICTORIAM TULIT (Devise de l'Ordre de la Libération)</subtitle>
<updated>2009-11-06T12:21:24+01:00</updated>
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>«L'Europe, modèle de gouvernance pour le monde»</title>
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<published>2009-11-06T11:37:00+01:00</published>
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<summary>   INTERVIEW - Thierry de Montbrial, Membre de l'Institut,&amp;nbsp;est directeur...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/01/01/551112608.jpg&quot; alt=&quot;T_de_Montbrial.jpg&quot; id=&quot;media-2085970&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;INTERVIEW - Thierry de Montbrial, Membre de l'Institut,&amp;nbsp;est directeur général de l'Institut français des relations internationales (Ifri) et fondateur de la World Policy Conference, dont la 2e édition s'est tenue à Marrakech, le week-end dernier, sur le thème de la gouvernance mondiale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Entretien publié dans Le Figaro,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;le 04 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;E FIGARO. - Quelles sont les questions clés sur lesquelles les dirigeants doivent encore travailler pour pérenniser un nouveau mode de gouvernance mondiale adapté aux enjeux d'aujourd'hui&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Thierry de MONTBRIAL. - Deux points forts me sautent aux yeux. La question de la volonté politique, d'abord&amp;nbsp;: quand on ne veut pas résoudre un problème, on ne le résout pas. Cela paraît évident, mais c'est fondamental. Prenez les problèmes de sécurité au Moyen-Orient, on peut discuter du format le plus adapté aux enjeux du processus de paix israélo-palestinien ou du dossier nucléaire iranien, mais si les parties refusent d'avancer ou ne partagent pas un sens de l'urgence, il ne se passe rien. Le second point a trait à la question culturelle. Autrefois, on parlait du dialogue des cultures. C'est un concept un peu fumeux, mais il faut tenir compte, dans nos efforts de gouvernance mondiale, des différences de sens, d'interprétation au sens le plus large. La notion de «bien public», par exemple, n'a pas le même contenu partout. Le terme de «laïcité», pour n'en citer qu'un, n'a pas d'équivalent en arabe. Sur la notion de droit international, les pays du Nord et ceux du Sud ont des positions totalement différentes. Et je ne parle pas des États-Unis, qui forment une catégorie distincte à eux seuls.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dans ces conditions, n'est-il pas utopique de courir après un idéal de gouvernance mondiale&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; J'en tire la conclusion inverse. Si nous ne progressons pas dans la coordination des politiques nationales, en un temps où aucun pays ne peut résoudre seul les problèmes auquel il est confronté, nous irons dans le mur. Concrètement, cela signifie un monde fragmenté, et peut-être la multiplication des conflits politiques, économiques, voire des conflits armés. Je ne dis pas que c'est à l'ordre du jour, mais c'est un vrai danger. Par conséquent, le travail que nous avons essayé de faire à la World Policy Conference est indispensable.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La crise économique et financière avait dopé cet élan, mais beaucoup s'inquiètent aujourd'hui, à la faveur de la sortie de crise, d'un repli sur les stratégies nationales… Certains, notamment aux États-Unis, n'entrent pas dans la logique de la gouvernance collective, parce qu'ils restent enfermés dans la mentalité de la puissance dominante. Barack Obama n'est pas aussi bloqué. Mais les États-Unis doivent accepter le fait qu'ils sont en recul relatif par rapport à leur statut antérieur d'unique superpuissance.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le constat unanime, aujourd'hui, semble être que l'ONU a échoué. Comment définir le rôle respectif du Conseil de sécurité, du G8, du G20&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Si l'on voit l'ONU comme une machine à empêcher les grands conflits, évidemment, elle a échoué. Mais l'ONU a tout de même montré son utilité en tant que forum de négociations organisé et structuré. La question qui se pose, c'est celle de la transformation du Conseil de sécurité&amp;nbsp;: peut-être a-t-il vocation à devenir le nouveau G8, c'est-à-dire le forum des principales puissances pour les questions politiques et de sécurité. Il faudrait alors redéfinir ses missions, élaborer une charte des droits et des devoirs s'appliquant à ses membres. Chacun des cercles de gouvernance, G14 ou G20, devrait en faire autant. Ce serait la garantie de la volonté politique dont je parlais plus haut. Si le G8 - ou le Conseil de sécurité rénové - a plutôt une vocation politique et sécuritaire, et le G20 une mission d'ordre plutôt économique, encore faut-il être d'accord sur un schéma d'action et pouvoir engager des ressources. On peut en outre imaginer des «G» adaptés à des enjeux particuliers, comme la santé, l'énergie ou la sécurité alimentaire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Il est aussi beaucoup question de gouvernance régionale&amp;nbsp;: comment devraient s'articuler les différents niveaux de délibération internationale&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; C'est une question fondamentale, car la plupart des problèmes de la planète ne peuvent pas être réglés à l'échelle planétaire. C'est même une des raisons des difficultés de l'ONU. Je crois que ce qu'on appelle dans l'Union européenne le principe de subsidiarité doit s'appliquer chaque fois que cela est possible&amp;nbsp;: en clair, un problème devrait être réglé au niveau le plus bas possible. Il faut donc renforcer les organisations régionales. Reste une vraie difficulté, qui est au cœur de la géopolitique&amp;nbsp;: celle de définir les régions pertinentes. Le cas du Moyen-Orient est typique&amp;nbsp;: où s'arrête-t-on&amp;nbsp;? À l'Iran, au Pakistan, à l'Inde&amp;nbsp; ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment garder à ces nouvelles structures de gouvernance leur légitimité démocratique&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Le problème n'est pas l'élection directe de tous les niveaux de représentation. Ce qu'il faut pour que ça marche, c'est que chaque forum de gouvernance soit perçu comme utile et que les intérêts de ceux qui n'en font pas partie y soient tout de même pris en compte. Il faut trouver le bon équilibre entre l'efficacité, qui plaide en faveur de groupes restreints, et la légitimité, qui pousse à élargir le jeu.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment voyez-vous le rôle de l'Europe dans les nouveaux équilibres de la gouvernance&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; L'Europe est un fantastique laboratoire de construction d'une nouvelle forme d'unité politique. Malgré ses faiblesses, l'Union européenne a une valeur d'exemple considérable. C'est une vraie communauté de nations, vouée à assurer la sécurité et la prospérité de ses membres et qui se projette à l'extérieur comme un «pouvoir doux» (soft power), dont la puissance ne s'exprime pas agressivement. L'UE aborde la résolution des problèmes en des termes nouveaux, qui ne sont pas des expressions de la puissance brute. C'est un modèle à choyer. Nous réalisons là à l'échelle d'un continent, bien sûr péniblement, un modèle de gouvernance pour le monde. Si les choses se passent bien, la gouvernance mondiale dans deux siècles aura réalisé à l'échelle planétaire quelque chose qui ressemblera à ce que nous sommes en train de construire à l'échelle de l'UE. C'est d'ailleurs pourquoi je suis contre l'idée de fixer des limites a priori à l'Union européenne. Le concept de l'UE a une vocation planétaire.&lt;/p&gt; &lt;!-- google_ad_section_end() --&gt;&lt;!-- Template : Outils.php --&gt; &lt;p&gt;&lt;script src=&quot;http://www.hautetfort.com/scripts/tooltip/tooltip.js&quot; type=&quot;text/javascript&quot;&gt; //&lt;![CDATA[ &lt;!--  &lt;!   &lt;!    // --&gt;// --&amp;gt; // --&amp;gt; //]]&gt; &lt;/script&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Jacques Chirac : «J'irai m'expliquer avec sérénité»</title>
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<summary>   Entretien avec&amp;nbsp;le Président Jacques Chirac,   publié dans Le Figaro,...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/02/978137107.jpg&quot; alt=&quot;7f3e96ea-c96c-11de-85df-0f9542c4fd70.jpg&quot; id=&quot;media-2082944&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Entretien avec&amp;nbsp;le Président Jacques Chirac,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;publié dans Le Figaro,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;le 05 Novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;LE FIGARO. - Vous êtes renvoyé devant la justice dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris. Comment vivez-vous cette épreuve ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Jacques CHIRAC. -&lt;/strong&gt; La juge Xavière Simeoni a estimé devoir me renvoyer devant le tribunal correctionnel. J'ai pris acte de sa décision, même si je conteste son analyse. J'irai donc m'expliquer sur les 21 emplois qui restent en débat. Je rappelle d'ailleurs qu'au départ, près de 500 emplois ont été examinés par la justice, et qu'on a parlé d'un véritable «système». Aujourd'hui, on constate bien qu'il n'en est rien. Je n'ai rien à me reprocher. J'irai donc m'expliquer en personne, avec sérénité et détermination, pour que la vérité soit établie. Je le dois aux Français, qui m'ont accordé leur confiance.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Regrettez-vous que le parquet n'ait pas fait appel de la décision de la juge d'instruction ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Non. Je souhaite pouvoir établir rapidement la réalité des faits et que cette page soit définitivement tournée.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment allez-vous vous préparer à ce procès ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tranquillement. Je dirai la vérité, ce que je sais, ce que je pense.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Que répondez-vous à Charles Pasqua qui vous demande de faire la lumière sur les conditions d'attribution de l'Ordre national du Mérite à Arcadi Gaydamak ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Strictement rien. Je n'ai pas un souvenir très précis de cette affaire. Si Charles Pasqua pense aujourd'hui qu'il y a une utilité quelconque à lever le secret défense, ce n'est certainement pas moi qui m'y opposerai.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous du procès Clearstream ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ne comptez pas sur moi pour commenter une procédure en cours. La seule chose que j'ai à dire dans cette affaire c'est que je n'ai naturellement donné aucune instruction. En revanche, je veux rappeler les consignes très strictes que j'ai toujours données à mes gouvernements successifs pour la moralisation des marchés internationaux et la lutte contre les réseaux mafieux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le procureur a requis dix-huit mois avec sursis contre votre ancien premier ministre Dominique de Villepin. Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je vous le répète, je ne fais pas de commentaires sur une procédure en cours. Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai pour Dominique de Villepin beaucoup d'estime et d'amitié.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dans votre livre, vous évoquez des aspects très personnels de votre vie, notamment, pour la première fois, la maladie de votre fille Laurence.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour tout dire, j'ai hésité avant d'écrire ce livre. Mais je me suis dit qu'il ne pouvait avoir de valeur que si je disais toute la vérité, toute ma vérité, telle que je la ressentais, telle que je l'avais vécue. Sinon, l'exercice aurait été hypocrite ou inutile. Et les épreuves font partie de la vie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quel jugement portez-vous sur les présidents de la Ve République ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est difficile de porter un jugement sur des hommes qui ont joué un rôle éminent dans l'Histoire de notre pays. J'ai, comme tous les Français, une profonde admiration pour le général de Gaulle, pour son rôle historique. Georges Pompidou est pour moi, en quelque sorte, un père spirituel pour lequel j'éprouve de l'admiration, du respect et une réelle affection. Il aura poursuivi l'œuvre du Général de Gaulle, tout en permettant à notre pays de se moderniser en profondeur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vous êtes sévère envers Valéry Giscard d'Estaing, dont vous avez été le premier ministre de 1974 à 1976.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il n'est un secret pour personne que nos relations n'étaient pas marquées par un excès d'affection. Elles se sont ensuite dégradées, notamment en raison du rôle négatif d'un homme, Michel Poniatowski, qui ne supportait pas l'idée que quelqu'un d'autre que lui puisse avoir une influence sur le président. Mais au-delà des questions de personnes, c'est sur le fond et sur les choix de politique gouvernementale que nous nous sommes séparés.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous lu son livre, La princesse et le président ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est sur mon bureau justement…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Votre regard sur François Mitterrand est beaucoup plus clément.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'était un homme d'une grande culture, d'une grande intelligence. J'ai bien sûr combattu ses idées et son action. Parfois même de façon assez dure. Mais on peut parfaitement reconnaître les qualités humaines et personnelles d'un adversaire politique. Comme beaucoup de Français, j'ai pour François Mitterrand de l'estime.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquez-vous votre défaite à la présidentielle de 1988 face à lui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mitterrand a été meilleur. Il a su rassembler davantage. A cette époque, les Français ont eu un besoin de gauche. C'est la démocratie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Entre 1988 et 1995, avez-vous douté que vous seriez un jour élu président de la République ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ca a l'air très prétentieux, mais non, je n'ai pas douté. Tout simplement parce qu'il n'est pas dans ma nature de douter. Quand j'ai un objectif, je fais toujours le maximum pour l'atteindre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quel jugement portez-vous à mi-mandat sur la présidence de Nicolas Sarkozy ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je me suis fixé une règle à laquelle je ne déroge pas. Je ne fais jamais de commentaire sur mon successeur. C'est l'idée que je me fais de nos institutions.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vous écrivez : «j'avais confiance en Édouard Balladur». Avez-vous été surpris qu'il soit candidat à la présidentielle de 1995 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a eu entre Édouard Balladur et moi un certain malentendu. Un malentendu de bonne foi, comme on dit ! Je pensais qu'il existait entre nous un accord : il se consacrerait entièrement à la conduite du gouvernement tandis que je me préparerais à l'échéance présidentielle et à l'élaboration d'un projet pour la France. C'est ce que j'avais compris. J'avais dû me tromper… C'est la vie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vous dites que vous n'avez pas eu d'explication «d'homme à homme» avec lui. Le regrettez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'occasion ne s'est pas présentée. Je ne l'ai pas recherchée et pour dire la vérité, lui non plus. Mais je n'ai aucune hostilité à son égard.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Faut-il faire évoluer la Constitution de la Ve République&lt;/strong&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les Constitutions, comme toutes les règles, ne sont jamais idéales. Au total, cette Constitution, inspirée par la volonté et la pensée du général de Gaulle, a été et est la mieux adaptée au tempérament des Français et à la situation de la France. A force de toujours vouloir améliorer les choses, on finit par les détériorer. La Constitution est une bonne Constitution, et il serait à la fois maladroit et dangereux de la «tripoter».&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Donc vous n'êtes pas favorable à une évolution vers un régime présidentiel comme l'a proposé Jean-Pierre Raffarin ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne crois pas que le régime présidentiel s'impose. Nous avons aujourd'hui un système adapté, souple. Nous serions bien inspiré de ne pas vouloir trop le modifier. Les avantages l'emportent de beaucoup sur les inconvénients.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dans votre livre, vous évoquez l'hospitalité de Saddam Hussein qui vous reçoit «à bras ouverts» à Bagdad en 1974 alors que vous étiez premier ministre. Quand vous êtes-vous rendu compte de sa dérive vers un régime dictatorial ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je l'ai rencontré quand j'étais premier ministre, et qu'il était chef d'État. Nos deux pays entretenaient des relations diplomatiques. Au départ, l'homme avait des qualités et, aux yeux de beaucoup, il symbolisait une vision moderne et laïque dans cette partie du monde. Il a changé assez rapidement et s'est affirmé chez lui un côté tyrannique que personne n'avait soupçonné.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vous condamnez pourtant son exécution.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Oui. Je suis contre la peine de mort. Quoi qu'il arrive. Personne n'est fondé à exécuter un de ses semblables. C'est une question de principe.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quel a été le plus grand moment de votre carrière ministérielle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sans doute Mai 68. Il y a eu là un moment d'effervescence nationale, forte et vivifiante comme le peuple français en a le secret parfois. Tout le monde a été pris au dépourvu. J'étais alors secrétaire d'État à l'Emploi et à ce titre, j'ai pris part aux négociations. J'ai notamment rencontré dans le plus grand secret Henri Krasucki au nom de la CGT. On a beaucoup glosé sur le fait que j'y étais allé armé d'un revolver. C'était une période de grande agitation et j'avais intérêt à être armé. Non pas à l'égard de Krasucki, bien entendu, mais compte tenu du climat de tension extrême.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Au cours de votre carrière, on vous a souvent accusé d'être versatile. Quelle est votre ligne directrice ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. On peut changer d'avis lorsque la situation change. Plus sérieusement ma ligne directrice, c'est une certaine idée de la France, une certaine idée des Français. Et je m'inscris en cela dans le droit fil de la tradition gaulliste. Se battre pour la grandeur et l'indépendance de la France. Et dans le domaine intérieur, préserver et renforcer notre cohésion sociale et nationale.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment vivez-vous votre retraite de la vie publique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Très bien. Vous le savez, j'ai un tempérament actif. Je m'occupe de l'action de ma Fondation qui s'investit dans les domaines de l'accès à l'eau, la déforestation, la lutte contre les faux médicaments qui sont une «plaie d'Égypte», et la sauvegarde des langues et des cultures menacées. Demain, seront remis les premiers prix de ma Fondation pour la prévention des conflits. Je suis très assidu au Conseil constitutionnel qui est remarquablement présidé par Jean-Louis Debré. Je rencontre de nombreuses personnalités françaises ou étrangères, avec lesquelles j'ai noué des relations amicales. Et je travaille à la rédaction du deuxième tome de mes Mémoires.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quand paraîtra ce tome 2 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pas avant un an. Je viens juste de commencer à y travailler.&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Disparition de Claude Lévi-Strauss.</title>
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<summary>  C'est avec une profonde émotion que j'apprends la mort de Claude...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/01/1738997842.jpg&quot; alt=&quot;h_14_ill_1262349_02f1_000_app2001060858032.jpg&quot; id=&quot;media-2080633&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;C'est avec une profonde émotion que j'apprends la mort de Claude Lévi-Strauss.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cet Homme avec un H majuscule, que j'ai découvert en classe de terminale littéraire par l'intermédiaire de &lt;em&gt;Race et Histoire&lt;/em&gt; et plus tard de &lt;em&gt;Tristes Tropiques&lt;/em&gt;, m'a de suite passionné,&amp;nbsp;par son parcours intellectuel et humain hors normes. En effet, Claude Lévi-Strauss, depuis l'obtention de son agrégation de philosophie en 1931, a toujours consacré sa vie&amp;nbsp;à la découverte des&amp;nbsp;autres, au sens large du terme. Sa curiosité pour les peuples méconnus auxquels il a consacré une grande partie de son oeuvre et de sa vie en sont les exemples les plus significatifs.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a quelques mois, Claude Lévi-Strauss avait répondu à un courrier que je lui avait adressé, avec humilité et une profonde gentillesse, deux qualités qu'il cultiva jusqu'à la fin de sa vie. Il&amp;nbsp;avait en effet à l'égard de chacun, un intérêt certain, signe de l'immense curiosité intellectuelle qui l'a conduit aux sommets des gloires&amp;nbsp;terrestres qu'il n'a pourtant jamais recherchées et pour lesquelles il avait finalement un certain mépris.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Claude Lévi-Strauss était Professeur au Collège de France, Membre de l'Académie française, bien qu'immortel depuis longtemps&amp;nbsp;de par&amp;nbsp;sa vie d'Homme, mais aussi Grand Croix de la Légion d'honneur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Puisse son message de curiosité, de tolérence et d'amour de l'Homme, être une source de méditation pour chacun et notamment pour les dirigeants des grandes puissances mondiales.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;NCL&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Quelle erreur Madame Simeoni !</title>
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<updated>2009-11-04T06:35:18+01:00</updated>
<published>2009-11-02T14:47:00+01:00</published>
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<summary>   Par Frédéric Salat-Baroux,     Conseiller d'Etat, ancien Secrétaire...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/02/02/1591446819.jpg&quot; alt=&quot;15d9ad00-c770-11de-863a-54d0d904d5c1.jpg&quot; id=&quot;media-2077624&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Par Frédéric Salat-Baroux,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Conseiller d'Etat, ancien Secrétaire général de l'Elysée.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Figaro,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;le 02 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Non, Madame la juge, votre décision n'est pas le symbole d'une justice libre, elle est la marque de votre incapacité à vous abstraire du fantasme d'une Ville de Paris mise au service de l'ambition d'un homme&amp;nbsp;! Permettez-moi de m'appuyer sur votre décision même.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Existait-il un système organisé d'emplois fictifs&amp;nbsp;? NON&amp;nbsp;: sur près de cinq cents emplois examinés par la justice, vous n'en retenez que vingt et un, au terme de plusieurs années d'enquêtes&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vous avez raison, en revanche, Madame la juge, les Français ont droit à la vérité. Alors de quoi parle-t-on, dans «&amp;nbsp;cette affaire&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: d'un inventaire à la Prévert de cas individuels qui ramène à des réalités parfois dérisoires. Ici, un chargé de mission basé en Corrèze pour trier les innombrables demandes d'interventions adressées au maire de Paris. Là, une enseignante, qui aurait pu continuer à être payée par l'Éducation nationale et qui va assister le maire de son expérience de terrain dans une matière qu'il connaît mal. Là, le fils d'une grande figure de la Ve&amp;nbsp;République, journaliste et écrivain, qui s'enfonce dans de graves difficultés personnelles et auquel on donne sa chance pour qu'il s'en sorte par le travail et sur un sujet - les relations avec la communauté asiatique de Paris - qu'il connaît parfaitement. Ici, une personne dont Jacques Chirac savait les qualités de plume et qui l'aidera - d'ailleurs également après son accession à l'Élysée - à répondre aux auteurs de la multitude d'ouvrages qu'il recevait chaque jour. Là encore, la mise à disposition - en plus du quota municipal - du chauffeur du responsable d'une grande organisation syndicale, qui depuis a remboursé l'ensemble des sommes en cause. Là enfin, mais on pourrait dérouler la liste des vingt et un cas en débat, le secrétaire général de l'Association internationale des mairies francophones, dont la Ville de Paris était le pivot.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On peut y trouver des maladresses ou la conséquence de défauts de vigilance. Mais on est loin, si loin de ces campagnes politiques agitant le spectre d'une armée de spécialistes et de conseillers payés par la Ville de Paris pour permettre à Jacques Chirac d'accéder à la présidence de la République. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que votre décision n'a pas tardé à faire le jeu du populisme. Marine Le Pen ne s'est-elle pas précipitée pour expliquer que votre décision n'était que la partie immergée de l'iceberg, évoquant - méthode éculée des années 1930 - «&amp;nbsp;l'argent volé&amp;nbsp;» des politiques.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors, OUI, il faut désormais que la justice passe pour purger des années de campagnes et de salissures. Et rien ne serait pire pour Jacques Chirac qu'un appel du parquet&amp;nbsp;! Ce procès aurait mille fois pu être évité. Il est maintenant indispensable.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Indispensable pour se remettre dans le contexte d'une époque où la loi - jusqu'en 1984 et 1994 pour son décret d'application - ne fixait aucune règle d'emploi des membres de cabinet des élus locaux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Indispensable pour dissiper cette «&amp;nbsp;idée-poison&amp;nbsp;» d'un Jacques Chirac se protégeant pendant douze ans derrière son immunité présidentielle, alors que la vérité est celle d'un homme responsable qui a veillé au respect de sa fonction et qui, au jour où il l'a quittée, a demandé à son avocat de faire savoir aux magistrats en charge qu'il était, sans attendre, à la disposition de la justice.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Indispensable simplement pour que justice soit faite et que chacun des vingt et un emplois soit passé au crible objectivement et sans le prisme de décennies d'amalgames et de campagnes de presse. Et cela sans jamais avancer les arguments de l'ancienneté des faits ou de l'âge, qui n'ont rien à voir avec la haute idée que Jacques Chirac se fait de la justice.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Car le vrai courage, Madame la juge, ce n'est pas d'avoir renvoyé un ancien président de la République devant un tribunal. C'est si politiquement correct et, depuis tant d'années, de tirer sur Jacques Chirac&amp;nbsp;! Le vrai courage aurait été, dans un contexte où pèse terriblement le débat sur la suppression du juge d'instruction, de conclure ce dossier comme n'importe quel autre. Ce faisant, vous auriez réellement montré que dans notre République, un ancien chef de l'État est un justiciable à l'égal de tous les autres citoyens français.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il faut maintenant que le procès vienne et vienne vite. Il n'est que temps que cette affaire soit ramenée à sa juste réalité.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce qui est en jeu est aussi simple qu'essentiel&amp;nbsp;: c'est la vérité d'un homme face aux Français et à l'histoire. L'homme qui a fait barrage, à droite, à la tentation de la compromission avec le Front national. L'homme du discours du Vél'd'Hiv. L'homme de la laïcité et de la défense du modèle français. L'homme évidemment aussi qui a dit non à la guerre en Irak et a fait face, avec raison et avec honneur, au président des États-Unis, George W. Bush.&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Le grand emprunt doit mobiliser entre 50 et 100 milliards d'euros.</title>
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<summary>   Tribune publiée dans Le Monde,     le 02 novembre 2009.    &amp;nbsp;   &amp;nbsp;...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/01/1277456780.jpg&quot; alt=&quot;idees-grand-emprunt-2010-L-1.jpg&quot; name=&quot;media-2079483&quot; id=&quot;media-2079483&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Tribune publiée dans Le Monde,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;le 02 novembre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour le Parti socialiste, &lt;em&gt;&quot;un grand emprunt, c'est d'abord une grande dette de plus&quot;&lt;/em&gt;, pour reprendre l'expression du président socialiste de la commission des finances de l'Assemblée nationale. Il aurait dû écouter plus attentivement le discours du président de la République, à Versailles, le 22 juin, devant le Sénat et l'Assemblée nationale réunis en Congrès.&lt;/p&gt; &lt;div id=&quot;pave_meme_sujet_hidden&quot; style=&quot;display: none;&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Il disait en substance : &lt;em&gt;&quot;Certes, nous avons un problème de finances publiques mais, pour le résoudre, il nous faut changer notre approche des déficits, notre façon de poser le problème. La situation ne doit pas être examinée qu'en termes de valeur absolue. Il faut distinguer le mauvais déficit, celui qui finance les mauvaises dépenses, du déficit imputable à la crise, à la diminution des recettes, à l'augmentation des dépenses sociales. Mais il peut également y avoir un déficit justifié par le financement des dépenses d'avenir. Le grand emprunt constitue une vraie opportunité de débattre et d'identifier les investissements stratégiques pour préparer la sortie de crise et la croissance de demain.&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour nous, le grand emprunt c'est d'abord une opportunité de rompre avec une pratique qui depuis presque trente ans veut que l'on s'endette essentiellement pour assurer des dépenses de fonctionnement. Cette pratique doit être combattue et ce type de déficit condamné. Année après année, les investissements publics de l'Etat, sacrifiés sur l'autel de l'urgence et de l'immédiat, ont reculé pour s'établir à quelques milliards d'euros annuels seulement.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Or notre pays dispose de réserves de prospérité et d'un potentiel de croissance dans des secteurs d'excellence. Le pari du grand emprunt, c'est de transformer ce potentiel de croissance en recettes positives, en emplois, en amélioration de la qualité de vie de nos concitoyens, en réponse au défi environnemental.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Travailler sur le grand emprunt, c'est donc préparer la sortie de crise et l'avenir, qui se jouera sur la sélection des projets et des investissements. Ils devront respecter des principes rigoureux en termes de lisibilité, d'ancrage territorial et de rentabilité. Ces investissements devront être compris et approuvés par nos concitoyens qui pourront ainsi les soutenir, les porter et contribuer à leur succès. Ils devront donc concerner des programmes phares, mais surtout rentables, susceptibles de générer des retours sur investissement sous forme de croissance, d'emploi et de développement durable, à un horizon raisonnable. C'est la préoccupation essentielle des Français.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les idées ne manquent pas. Il faudra choisir les investissements les plus importants pour la croissance de demain et poser les conditions nécessaires pour garantir la meilleure utilisation de cet argent et les retombées économiques les plus favorables à la prospérité de notre pays.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un nouveau modèle de croissance est en train d'émerger. Si nous n'investissons pas massivement pour prendre une option sur l'avenir, nous risquons de prendre un retard que nous mettrions plusieurs décennies à rattraper. Ce serait une erreur historique. Les pays qui ont raté la &quot;révolution industrielle&quot; ou les &quot;trente glorieuses&quot; ont mis très longtemps à s'en remettre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous sommes à la veille d'une révolution d'une ampleur comparable. Face aux risques de déclassement liés à l'immobilisme, nous devons faire preuve d'audace et mobiliser les moyens suffisants pour donner à notre économie une dynamique nouvelle, pour faire de notre société une société de création, d'invention, d'innovation, résolument tournée vers l'avenir; un avenir qui garantisse notre souveraineté.&lt;br /&gt; Ces moyens, ils sont mobilisés en Chine, en Inde, au Brésil, qui veulent toute leur part de cette nouvelle croissance. Ils sont également mobilisés aux Etats-Unis par l'administration Obama, qui investit massivement dans la croissance verte.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est dire que le grand emprunt ne doit pas devenir un &quot;petit emprunt&quot;, au moment même où l'Allemagne décide de donner la priorité à la croissance en programmant des baisses d'impôts qui, sur cinq ans, représenteront 120 milliards d'euros.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour construire la France du XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, la France de l'après-Kyoto, de la croissance verte, de la révolution numérique, de la société de la connaissance, pour bâtir les infrastructures, les universités, les laboratoires, les entreprises, les grandes métropoles de premier rang mondial de demain, nous devons pouvoir mobiliser une masse critique de plus de 50 milliards d'euros, voire, pourquoi pas, aller, si les projets le justifient, jusqu'à 100 milliards d'euros d'investissements publics supplémentaires, qui seront dépensés sur les cinq à dix ans à venir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les fonds levés doivent être isolés du budget général. Ils ne doivent pas servir à financer les dépenses courantes. Ils doivent être investis selon des critères rigoureux. Ils pourraient donner lieu à des prises de participation dans des sociétés à créer, à des avances assurant une capacité de remboursement ou de valorisation. L'efficacité économique des dépenses doit être le maître mot. Et ainsi, dans cet esprit de rigueur et d'efficacité, nous pourrons inventer l'avenir et le grand emprunt représentera une rupture majeure dans la politique économique française.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/c55c/martine-aurillac.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Martine Aurillac&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/1292/brigitte-bareges.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Brigitte Barèges&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/6c4f/jean-louis-bernard.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Louis Bernard&lt;/a&gt; ; Jérôme Bignon ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/ed7b/claude-bodin.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Claude Bodin&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/e0c9/michel-bouvard.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Michel Bouvard&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/c0fd/bernard-brochand.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Bernard Brochand&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/5f3e/bernard-carayon.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Bernard Carayon&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/2dc2/olivier-carre.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Olivier Carré&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/c33c/eric-ciotti.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Eric Ciotti&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/baab/francois-cornut-gentille.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;François Cornut-Gentille&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/1b75/jean-michel-couve.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Michel Couve&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/751d/olivier-dassault.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Olivier Dassault&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/9e88/bernard-deflesselles.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Bernard Deflesselles&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/e609/yves-deniaud.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Yves Deniaud&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/8bb7/nicolas-dhuicq.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Nicolas Dhuicq&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/23dd/david-douillet.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;David Douillet&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/6365/cecile-dumoulin.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Cécile Dumoulin&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/a403/raymond-durand.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Raymond Durand&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/2adf/daniel-fasquelle.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Daniel Fasquelle&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/e042/jean-michel-ferrand.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Michel Ferrand&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/3365/jean-pierre-giran.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Pierre Giran&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/7c57/jean-claude-guibal.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Claude Guibal&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/a146/philippe-goujon.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Philippe Goujon&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/7ccc/anne-grommerch.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Anne Grommerch&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/e9da/michel-heinrich.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Michel Heinrich&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/6ee5/laurent-henart.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Laurent Hénart&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/6b9e/olivier-jarde.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Olivier Jardé&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/3be4/yves-jego.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Yves Jégo&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/4a16/arlette-grosskost.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Arlette Grosskost&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/9100/jean-christophe-lagarde.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Christophe Lagarde&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/21dd/jean-francois-lamour.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-François Lamour&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/3f0c/robert-lecou.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Robert Lecou&lt;/a&gt; ; Marc Le Fur ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/94a9/jean-leonetti.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean Leonetti&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/4999/maurice-leroy.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Maurice Leroy&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/8352/francois-loos.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;François Loos&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/a9a5/lionnel-luca.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Lionnel Luca&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/c444/jean-francois-mancel.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-François Mancel&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/7869/philippe-armand-martin.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Philippe-Armand Martin&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/b458/damien-meslot.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Damien Meslot&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/b77c/renaud-muselier.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Renaud Muselier&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/19b3/jacques-myard.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jacques Myard&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/29b4/francoise-de-panafieu.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Françoise de Panafieu&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/4d8e/jean-frederic-poisson.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Frédéric Poisson&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/cad7/berengere-poletti.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Bérengère Poletti&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/2d6d/jean-luc-preel.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Luc Préel&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/606c/didier-quentin.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Didier Quentin&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/0a1b/bernard-reynies.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Bernard Reyniès&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/92e9/franck-reyner.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Franck Reyner&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/452a/jean-roatta.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean Roatta&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/70cf/arnaud-robinet.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Arnaud Robinet&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/71f9/francois-rochebloine.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;François Rochebloine&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/a6e5/marie-josee-roig.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Marie-Josée Roig&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/fe0b/jean-marc-roubaud.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Marc Roubaud&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/7a4d/francis-saint-leger.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Francis Saint-Léger&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/ad38/rudy-salles.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Rudy Salles&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/1a31/andre-santini.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;André Santini&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/b593/francois-scellier.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;François Scellier&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/17bd/georges-siffredi.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Georges Siffredi&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/2f50/daniel-spagnou.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Daniel Spagnou&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/f80c/jean-tiberi.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean Tiberi&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/6df3/rene-paul-victoria.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;René-Paul Victoria&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>&quot;Pourquoi nous ne voterons pas la réforme de la taxe professionnelle&quot;</title>
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<published>2009-11-01T13:14:00+01:00</published>
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<summary>    Dans les colonnes du Journal du Dimanche, Jean-Pierre Raffarin et 24...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/01/655580818.jpg&quot; alt=&quot;h_14_ill_1185546_805669.jpg&quot; id=&quot;media-2075506&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;em&gt;Dans les colonnes du Journal du Dimanche, Jean-Pierre Raffarin et 24 sénateurs* expliquent pourquoi ils ne voteront pas la réforme de la taxe professionnelle.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;Les réformes relatives aux territoires nécessitent à la fois sagesse et volontarisme pour une décentralisation juste et efficace. A la veille du Congrès des maires de France, nous entendons répondre aux préoccupations et inquiétudes des élus et exprimer nos convictions, en toute liberté et responsabilité.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Sénateurs, militants de la République décentralisée, nous souhaitons porter sur les réformes qui nous sont proposées un jugement sage, juste et réformateur. La réforme des collectivités territoriales nous paraît stratégique et moderne. Nous la soutiendrons avec conviction. Les décentralisateurs sont dans le camp des réformateurs. L’immobilisme est le pire adversaire de la décentralisation. Le débat sur les structures, leurs compétences et leurs moyens financiers est nécessaire à l’avenir de la République décentralisée. Il s’agit d’apporter à notre organisation territoriale plus de lisibilité, plus d’efficacité et un meilleur rapport coûts-avantages.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La réforme des collectivités territoriales et la recherche de plus de compétitivité pour les entreprises françaises nous conduisent à souhaiter une réforme de la taxe professionnelle. Les entreprises françaises sont pénalisées fiscalement par rapport à leurs concurrentes étrangères. Là aussi, nous sommes dans le camp des réformateurs. Cependant, la réforme de la taxe professionnelle, actuellement proposée par l’exécutif, ne peut être votée en l’état. Si le volet &quot;allègement fiscal&quot; pour les entreprises ne nous pose pas de problème et peut donc être voté rapidement, en revanche le travail relatif au volet territorial de la réforme n’est pas achevé.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L’actuelle proposition n’est ni claire, ni juste, ni conforme à nos convictions d’élus enracinés. Nous ne pouvons prendre à la légère l’inquiétude profonde et légitime de tous les élus qui, à la tête de leurs collectivités territoriales, sont les premiers investisseurs du pays.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il nous apparaît peu rationnel de mener la réforme des finances avant celle des compétences. Le principe de réalité nous conduit à penser qu’il est nécessaire de voter d’abord la réforme des collectivités territoriales, puis la réforme de la taxe professionnelle. La seconde doit trouver ses fondations dans les choix et principes de la première.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Définissons les compétences de chaque échelon territorial puis, sereinement, logiquement et équitablement, répartissons les recettes fiscales en fonction des missions des différents échelons. Afin d’être informés en toute clarté et connaissance de cause, les élus ont besoin des simulations financières et fiscales que Bercy est dans l’impossibilité de fournir dans les délais impartis.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Puisque la réforme proposée n’impactera pas les budgets territoriaux de 2010, il est possible de voter la réforme des collectivités territoriales et leurs compétences avant 2011, année au cours de laquelle s’appliquera la réforme de la taxe professionnelle.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour toutes ces raisons nous proposons un amendement visant à donner le temps nécessaire au bon ordre des réformes. Nous voulons des simulations avant les décisions. Il s’agit de nous donner le temps pour une réforme plus juste et plus efficace. Le bloc communal qui doit être renforcé par la réforme des collectivités territoriales, l’acte III de la décentralisation, ne peut être fragilisé par la réforme de la taxe professionnelle.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Représentants de la Haute Assemblée, nous voulons promouvoir la sagesse réformatrice.&quot;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;em&gt;*René Beaumont (Saône-et-Loire), Michel Bécot (Deux-Sèvres), Pierre Bernard-Reymond (Hautes-Alpes) , Joël Billard (Eure-et-Loir), Jacques Blanc (Lozère), Paul Blanc (Pyrénées-Orientales), Pierre Bordier (Yonne), Christian Cambon (Val-de-Marne), Jean-Claude Carle (Haute-Savoie), Alain Chatillon (Haute-Garonne), Philippe Dallier (Seine-Saint-Denis), Béatrice Descamps (Nord), Alain Fouché (Vienne), René Garrec (Calvados), Françoise Henneron (Pas-de-Calais), Michel Houel (Seine-et-Marne), Alain Houpert (Côte-d’Or), Jean-Marc Juilhard (Puy-de-Dôme), Jean-René Lecerf (Nord), Antoine Lefèvre (Aisne), Philippe Paul (Finistère), Jean-Pierre Raffarin (Vienne), Charles Revet (Seine-Maritime), Bernard Saugey (Isère).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Les surprises de l'Histoire</title>
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<updated>2009-11-02T07:54:19+01:00</updated>
<published>2009-10-31T14:54:00+01:00</published>
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<summary>   Par Vaclav Havel,   ancien Président de la République Tchèque.    &amp;nbsp;...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/02/1482430535.jpg&quot; alt=&quot;82290-004-9B7D3012.jpg&quot; id=&quot;media-2075111&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Par Vaclav Havel,&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;ancien Président de la République Tchèque.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Monde,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;le 31 octobre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A l'époque où je comptais parmi ceux qu'on appelait &quot;dissidents&quot;, je recevais parfois des journalistes venant de l'Ouest. Leurs questions laissaient transparaître leur grand étonnement devant le fait que nous autres dissidents - infime pourcentage de la population - oeuvrions ouvertement en faveur d'un changement radical de la situation alors qu'à première vue, il était évident que jamais nous n'obtiendrions de retournement majeur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au contraire, il semblait que tous nos efforts ne pouvaient qu'aboutir à de nouvelles persécutions. Faute du moindre instrument de pouvoir pour appui, faute de la moindre marque visible de soutien de la part d'un secteur significatif de la société, nos aspirations paraissaient vaines. Où comptez-vous parvenir si vous n'êtes pas appuyé par la classe ouvrière, par l'intelligentsia ou encore par un mouvement d'insurrection, un parti politique légal ou une autre force sociale d'importance ? Telles étaient les questions des journalistes, et nous leur donnions des réponses toutes faites.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ceux qui exprimaient ainsi leur étonnement partaient de l'idée qu'ils avaient compris tous les grands mécanismes de l'Histoire et savaient pertinemment ce qui allait ou pouvait advenir, ce qui avait une chance d'aboutir et ce qui n'en avait aucune, ce qui était raisonnable, réaliste et ce qui relevait de la folie pure. Lors de ces entretiens, j'ai souligné plus d'une fois que, dans un régime totalitaire, il était difficile d'entrevoir les entrailles de la société, dès lors que celle-ci se présentait de façon monolithique et prétendument loyale envers le régime.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Forgé en premier lieu par la peur, il se pouvait qu'un tel monolithe fût en réalité nettement plus fragile qu'en apparence. Personne n'aurait pu prédire si une boule de neige fortuite saurait, un jour, provoquer une avalanche. Cet état d'esprit n'était pas, bien évidemment, le seul ni même le principal moteur de notre comportement d'alors, mais tel était notre sentiment. La leçon que l'on peut en tirer est évidente : on ne devrait jamais présumer d'avoir saisi toutes les lois historiques et, par conséquent, d'être en mesure de prédire ce qui va se produire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a vingt ans, en Tchécoslovaquie, une boule de neige sous la forme de la répression féroce d'une manifestation d'étudiants s'est muée en avalanche. Et tout le système totalitaire en fut ébranlé, s'effondrant tel un château de cartes. Cela, il faut l'attribuer à bon nombre de facteurs, parmi lesquels la profonde crise interne dans laquelle était plongé le régime, les événements dans les pays voisins ou une conjoncture internationale favorable.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quoi qu'il en soit, nous fûmes étonnés par la rapidité et la facilité de ce retournement. Face à lui, il s'est avéré que les dissidents étaient aussi perplexes que les journalistes et politologues de l'Ouest. A notre tour, nous nous montrions incapables de prendre la juste mesure de la situation, et, en définitive, de prévoir leurs conséquences éventuelles. Nous cherchions à nous comporter en hommes libres, à dire la vérité, à apporter un témoignage sur la situation dans notre pays. Nous n'aspirions pas au pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Faute d'alternative, ce pouvoir nous l'avons accepté, avec embarras. Or, au même moment, il s'est produit une chose intéressante : bon nombre de ceux qui, pendant des années, avaient marché au pas sans mot dire, de même que bon nombre de ceux qui avaient jugé nos efforts gratuits, se sont mis à nous reprocher d'être mal préparés à jouer notre rôle dans l'Histoire. Aujourd'hui encore, d'aucuns montent en épingle tout ce que nous aurions dû faire et que nous n'avons pas fait, de même que tout ce que nous n'aurions pas dû faire, et que nous avons fait.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Arrivant après la bataille, ces généraux de la vingt-cinquième heure nous reprochaient ce que nous-mêmes tentions jadis de formuler aux observateurs sceptiques venus de l'extérieur, à savoir que nous n'anticipions pas tout ce qui pouvait arriver, que nous ne prévoyions pas les mouvements occultes de l'Histoire ni l'avenir avec suffisamment d'avance. Et que nous n'acceptions pas qu'il puisse survenir un événement que nous avions jusque-là cru improbable.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Oui, parmi les dissidents, il y avait des professeurs, des peintres, des écrivains, des chauffagistes, mais d'hommes politiques point. D'ailleurs, où serions-nous allés chercher une génération spontanée d'hommes politiques de rechange, sous un régime totalitaire ? La quantité de choses auxquelles il fallait s'attaquer ne laissait donc pas de nous étonner.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pourtant, je crois que c'était une bonne chose que de ne pas être préparés à assumer l'Histoire, ou plutôt sa course accélérée. D'une manière générale, je me méfie de celui qui est trop bien préparé. Mais dans l'enthousiasme général devant une révolution opérée sans douleur et alors que chacun venait proposer une aide désintéressée, il semblait que la restauration d'un système politique démocratique et la désétatisation de l'économie pouvaient être menées tambour battant.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Néanmoins, tel ne fut pas le cas. Il s'est avéré qu'il était impossible, en quelques heures ou quelques jours, de penser, de préparer et de mettre en oeuvre toutes les réformes nécessaires. Combien de fois me suis-je alors énervé parce que tout tardait beaucoup trop longtemps et que rien n'allait de soi. Ce fut peut-être la plus grande surprise pour moi que de constater, et je n'étais vraisemblablement pas le seul, que l'on peut dans une certaine mesure influencer l'Histoire, mais nullement la brusquer.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dès le début - et cela pour de bonnes raisons -, notre pays tout comme d'autres pays de l'ancien bloc soviétique a déployé tous ses efforts pour voir s'ouvrir devant lui les portes des institutions occidentales, notamment de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) et de l'Union européenne. Et c'est ce qui s'est enfin produit. La procédure d'adhésion a pris beaucoup de temps et il a fallu surmonter bon nombre d'écueils. A présent nous sommes, je crois, bien ancrés dans cet espace qui est le nôtre, et auquel nous avions été arrachés par la force. Pourtant, je ne suis pas sûr que les &quot;anciennes&quot; démocraties occidentales ne regrettent pas de temps à autre d'avoir donné l'aval à cet élargissement. Et si la décision en avait été reportée à aujourd'hui, je ne suis pas convaincu qu'elles nous admettraient encore parmi elles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;firstLine&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si tel était le cas, je n'en serais pas surpris. Mais en même temps, et on aura compris le sens de mon propos ici, la patience paie. Nous en avons fait l'expérience dans la dissidence, et aussi dans la pénible édification d'un Etat démocratique. Ce n'est pas en tirant sur l'herbe qu'on fait pousser le gazon.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est parfois exaspérant, mais il semble que chaque chose vienne en son temps. L'idée d'une Europe perpétuellement condamnée à la division est perverse. En ce sens qu'elle pourrait conduire, dans la région qui est la mienne, à une grave montée des nationalismes et de leurs zélateurs, ce qui se produit presque partout lorsque le terrain est instable. Et cela occasionnerait certainement bien davantage de tourments à l'Occident et, finalement, au monde entier que le tracas que nous lui causons aujourd'hui. D'autant que l'épidémie ne manquerait pas de se propager.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Faire preuve de patience, en ce sens, a incontestablement un sens. L'impatience peut conduire à l'orgueil et l'orgueil, mener à l'impatience. Par l'orgueil, j'entends la prétentieuse conviction que l'on est le seul à tout savoir, le seul à avoir compris l'Histoire, en conséquence de quoi on se trouve habilité à la prédire. Et lorsque le cours des choses ou du monde dépasse l'idée que l'on s'en fait, il ne nous reste qu'à intervenir. Par la force, s'il le faut. C'est le cas du communisme.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'assurance de ses théoriciens et de ses architectes a fini par aboutir au goulag. Dès le départ, leur conviction était qu'ils avaient percé le mystère des lois de l'Histoire et qu'ils sauraient donc construire un monde plus juste. A quoi bon dès lors se perdre en explications ? A ceux qui savent s'y prendre d'édifier un monde meilleur tout de suite, dans l'intérêt de l'humanité et sans se préoccuper de ce que cette dernière peut penser. Etablir un dialogue n'est qu'une perte de temps et, après tout, on ne fait pas d'omelette sans casser les oeufs.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La chute du rideau de fer et la fin de la division bipolaire du monde qui, jusqu'alors, semblait être l'une des causes principales de tous les maux, ont indubitablement constitué un événement historique d'importance majeure. Une forme de violence faite au monde a pris fin, le danger d'une troisième guerre mondiale s'est volatilisé. Dans un premier temps, d'aucuns pouvaient songer que l'Histoire elle-même avait pris fin et qu'en lieu et place on assisterait à l'avènement d'une belle ère arrachée à l'Histoire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cela aussi était la manifestation d'un manque de modestie face aux mystères de l'Histoire ou, tout simplement, un manque d'imagination. En effet, aucune fin de l'Histoire à l'horizon. Plusieurs grands dangers se sont certes éloignés, mais une multitude de menaces, en apparence de moindre importance, ont fait surface une fois le carcan bipolaire brisé. Mais quel danger peut-on tenir pour négligeable à l'ère de la mondialisation ? Jadis, c'est en Europe qu'étaient déclenchées les guerres mondiales, sur ce continent qui, pendant longtemps, fut le centre du monde civilisé. Sommes-nous certains qu'il en sera ainsi à jamais ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aujourd'hui, alors que n'importe quel dictateur peut se procurer une bombe atomique, n'est-il pas possible qu'un conflit régional finisse par ravager le monde entier ? Les terroristes n'ont-ils pas désormais maintes fois plus de possibilités à leur portée qu'ils n'en ont eues par le passé ? Cette première civilisation athée dans l'Histoire, qui ne se réclame pas de l'éternité, ne voit-elle pas advenir de nombreuses menaces graves surgies tout simplement d'un manque de perspicacité ? Ne naît-il pas des générations nouvelles de personnes obsédées, fanatiques et vouées à la haine auxquelles notre époque offre des possibilités de nuire infiniment plus étendues qu'auparavant ? Ne commettons-nous pas quotidiennement des centaines d'actes préjudiciables à la vie de notre planète, aux conséquences non seulement funestes, mais aussi irrémédiables ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il me semble que la chose la plus importante aujourd'hui - et mes expériences des dernières décennies ne cessent de m'en convaincre - serait d'adopter une attitude humble à l'égard du monde, de respecter ce qui nous dépasse, de tenir compte du fait qu'il existe des mystères que nous ne comprendrons jamais et de savoir qu'il faut assumer notre responsabilité sans la fonder sur la conviction que nous savons tout, en particulier comment tout va finir. Nous ne savons rien. Mais l'espoir, nul ne peut nous l'ôter. Du reste, une vie qui ne réserverait aucune surprise serait bien ennuyeuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Traduit du tchèque par Zuzana Tomanova avec Maxime Forest&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;firstLine&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Communiqué du Bureau du Président Chirac.</title>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/01/805668434.jpg&quot; alt=&quot;2008-10-15T134241Z_01_APAE49E123700_RTROPTP_2_OFRTP-FRANCE-JUSTICE-CHIRAC-20081015.jpg&quot; id=&quot;media-2073448&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;“Le président Chirac a pris connaissance de la décision rendue ce jour par Mme Xavière Siméoni, juge d’instruction.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;em&gt;Cette décision prononce un non-lieu pour le chef de faux en écriture publique. En revanche, contrairement aux réquisitions du parquet, elle renvoie devant le tribunal de grande instance de Paris le président Chirac ainsi que neuf autres personnes pour 21 supposés emplois fictifs sur les 481 emplois examinés par la justice, ce qui exclut toute idée de système durant la période où il a été maire de Paris.&lt;/em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;em&gt;Le président Chirac prend acte de cette décision en justiciable comme les autres.&lt;/em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;em&gt;Il est serein et décidé à établir devant le tribunal qu’aucun des emplois qui reste en débat ne constitue un emploi fictif”&lt;/em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Henri Guaino : &quot;Nous avons besoin d'investir rapidement&quot;</title>
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<summary>   Interview de Henri Guaino,     Conseiller spécial de Nicolas Sarkozy....</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/02/02/1718107137.jpg&quot; alt=&quot;20071019_WWW000000500_31953_1.jpg&quot; id=&quot;media-2071336&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Interview de Henri Guaino,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Conseiller spécial de Nicolas Sarkozy.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Entretien publié dans Le Monde,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;le 29 octobre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quel doit être le montant de l'emprunt national ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je n'ai jamais donné de chiffre et je n'en donnerai pas, puisque le président de la République a décidé qu'il fallait d'abord consulter et qu'une commission présidée par MM. Juppé et Rocard fournirait une expertise sur ce sujet.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Alain Juppé évoque une fourchette de 20 milliards à 40 milliards d'euros.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans ma conception de la démocratie et de la République, la décision appartient au pouvoir politique, en l'occurrence au premier ministre et au président de la République. J'ai une conviction profonde : nous sommes au début d'un nouveau grand cycle de croissance, nous avons besoin d'investir massivement, ne serait-ce que pour rattraper le retard que nous avons pris. Si nous ne le faisons pas, nous commettrons une erreur historique. Si le montant de l'emprunt n'est pas très important, nous prendrons du retard sur la croissance à venir. Ceux qui ont raté la révolution industrielle des &quot;trente glorieuses&quot; ont mis trente ou quarante ans à s'en remettre. Voulons-nous la même chose ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;L'Etat ne dépense-t-il pas trop en ce moment ? On l'a encore vu voler au secours des agriculteurs mardi.&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Soyons sérieux ! Aucune catégorie sociale ne pourrait résister à la baisse du niveau de vie que connaissent les agriculteurs. Je me souviens du gouvernement Balladur, confronté à la désespérance des pêcheurs, leur disant : &lt;i&gt;&quot;On n'a pas les moyens de vous aider.&quot;&lt;/i&gt; Les pêcheurs désespérés ont manifesté à Rennes. Ils ont ravagé le centre-ville. Le soir même, le gouvernement a négocié, la facture est passée du simple au double. Est-ce du courage pour un gouvernement d'aller jusqu'au drame ? Plus on agit en amont, moins c'est coûteux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Il y a aussi ces dépenses engagées par l'Etat lors de la présidence française de l'Union européenne. La Cour des comptes vient d'en pointer le coût : un dîner de chefs d'Etat qui revient à 5 367 euros par convive pour célébrer l'Union pour la Méditerranée, c'est normal ?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J'ai entendu les caricatures, les discours populistes absolument navrants qu'on a répandus dans tout le pays, sur toutes les ondes de radio !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Mais c'est la Cour des comptes qui le dit !&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On a réuni à Paris quarante-quatre chefs d'Etat et de gouvernement, plus le secrétaire général des Nations unies, plus le président de la Commission européenne. C'était un sommet absolument exceptionnel, une réussite diplomatique sans précédent pour la France. Alors, on peut considérer que la France ne peut plus du tout tenir son rang, que c'est une petite puissance, qu'elle n'a qu'à se replier sur ses frontières, ne plus avoir de diplomatie, ne plus avoir de politique étrangère, ne plus avoir de politique d'influence. C'est une façon de voir. Le gouvernement a fait le choix inverse.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Tout de même, ça ne pouvait pas coûter un peu moins cher ?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le gouvernement a décidé d'organiser ce sommet dans des délais très brefs. Ensuite, l'administration a mis en oeuvre ce qu'il avait décidé. Le prix a-t-il été abusif ? C'est le rôle de la Cour des comptes de le dire. S'il y a eu des irrégularités, elles seront sanctionnées. Mais c'est à la Cour de le dire. Cessons de tout caricaturer. Je pourrais aussi vous dire que la Mairie de Paris a fait payer très cher à l'Etat la location du Petit Palais pour accueillir le dîner des chefs d'Etat et de gouvernement. Ça vous paraît normal ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Charles Pasqua, condamné dans l'affaire de l'&quot;Angolagate&quot;, réclame la levée du secret-défense. Est-ce envisageable ?&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne suis pas partie prenante à ce procès. Je n'ai donc rien à dire là-dessus, sauf que j'ai pour Charles Pasqua beaucoup d'estime et de respect, je le connais bien, il a été un grand serviteur de la République. Après, à la justice de dire si des fautes ont été commises et de les sanctionner.&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Vous n'avez rien à faire dans un tribunal, Monsieur Sarkozy !</title>
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<summary>   Par Edmond-Claude Frety   et   Philippe Gonzalez   de Gaspard,     avocats...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/00/275826431.jpg&quot; alt=&quot;justice.jpg&quot; id=&quot;media-2064878&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Par Edmond-Claude Frety&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;et&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Philippe Gonzalez&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;de Gaspard,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;avocats au barreau de Paris.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Monde,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;le 26 octobre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous assisterons, les 28 et 29 octobre, devant la cour d'appel de Versailles une personne mise en cause dans un procès pour escroquerie aux comptes bancaires dans lequel vous vous êtes constitué partie civile.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En réponse aux conclusions d'irrecevabilité déposées par notre confrère Degoul, le jugement déféré à la cour, prononcé le 7 juillet par le tribunal correctionnel de Nanterre, avait admis votre constitution, tout en décidant jusqu'à l'expiration de votre mandat de surseoir à statuer sur vos demandes de réparation pour préjudice moral. La recevabilité de votre constitution de partie civile a également été contestée plus récemment par la défense de &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/6684/dominique-de-villepin.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Dominique de Villepin&lt;/a&gt;, assurée notamment par nos confrères Metzner et Leclerc, devant la 11&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; chambre correctionnelle de Paris, saisi du dossier Clearstream.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Devant les magistrats versaillais, nous invoquerons pour ce qui nous concerne la nullité du jugement rendu par la juridiction de Nanterre, votre simple intervention en qualité de partie dans un procès pénal nous apparaissant comme une violation manifeste du droit au procès équitable, garanti par l'article 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, et nous contesterons à nouveau votre constitution devant la juridiction d'appel en invoquant la rupture de l'égalité des armes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Depuis la réforme constitutionnelle de 2007, le président de la République bénéficie en effet, en raison de ses fonctions et fors le cas d'une destitution, d'une immunité totale interdisant l'exercice contre lui de toute action judiciaire (civile, pénale, prud'homale) pendant la durée de son mandat. Vous avez pris le parti, contrairement à vos prédécesseurs, d'intervenir volontairement dans les procédures ouvertes sur des faits vous ayant personnellement causé un préjudice, notamment en vous constituant partie civile en cours d'information et devant les juridictions de jugement. Or, votre intervention rompt nécessairement le juste équilibre qui doit exister entre les parties, et compromet l'égalité des armes, qui constitue le principe fondamental du procès équitable.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vous disposez en effet, par vos fonctions, d'une totale impunité dans l'exercice de votre action civile devant les juridictions d'instruction et de jugement. Contrairement aux autres parties civiles, qui sont tenues à certaines obligations dans la mise en oeuvre de leur action, vous ne pouvez faire ainsi l'objet ni d'une amende civile, prononcée par le juge en cas de constitution abusive ni d'une action en dommages-intérêts exercée par les personnes mises en cause, immédiatement après la reconnaissance de leur innocence.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En un mot, vous bénéficiez de tous les droits accordés aux parties civiles, notamment de solliciter des actes des magistrats instructeurs, sans être en revanche tenu à un quelconque devoir dans l'exercice de votre action civile ni même à devoir verser de consignation. L'inégalité résultant de votre intervention est encore plus flagrante à l'égard des personnes mises en examen, ou renvoyées devant les juridictions de jugement. D'un point de vue statutaire et constitutionnel, vos fonctions de président du Conseil supérieur de la magistrature et votre pouvoir réglementaire de nomination traduisent un lien réel avec la magistrature, qui est de nature à créer une apparence de partialité ou de dépendance chez les magistrats appelés à instruire ou à juger les affaires dans lesquelles vous estimez devoir intervenir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mieux encore, outre les droits qui sont attachés à votre qualité de partie civile, vous disposez d'un réel pouvoir de contrôle sur les organes de poursuites, en raison de la soumission hiérarchique du parquet à la chancellerie. Vous bénéficiez même, dans le cas qui nous concerne, d'une amitié ostensiblement revendiquée avec le procureur ayant déclenché les poursuites puis ayant signé les réquisitions de renvoi de tous les mis en examen devant la juridiction correctionnelle, à savoir &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/4a87/philippe-courroye.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Philippe Courroye&lt;/a&gt;, parquetier que vous aviez entre-temps décoré personnellement dans les salons de l'Elysée de l'ordre national du Mérite.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A cela s'ajoute, compte tenu de vos fonctions ou de vos précédents portefeuilles, une inévitable proximité avec les forces de police chargées de l'enquête, voire avec les entreprises qui se sont constituées parties civiles à vos côtés et dont les liens avec l'Etat ne sont plus à démontrer. Contrairement à ce que soutiennent vos meilleurs communicants, le problème n'est donc pas de savoir si vous bénéficiez ni plus ni moins des droits de tout justiciable, mais au contraire de savoir si vous n'en disposez pas de trop. Il appartient donc maintenant à l'ordre judiciaire de trouver une solution, afin de remédier au déséquilibre qui résulte de vos initiatives procédurales.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La première possibilité aurait consisté à renvoyer l'examen des dossiers dans lesquels vous êtes constitué partie civile à la fin de votre mandat : mais alors les personnes mises en cause n'auraient pas été jugées dans un délai raisonnable en violation de l'article précité de la Convention européenne des droits de l'homme.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La seconde, retenue par le tribunal de Nanterre et rappelée supra, consiste à recevoir votre constitution de partie civile, et à renvoyer l'examen de vos préjudices à la fin de votre mandat : cette solution n'est pas satisfaisante non plus, dans la mesure où elle ne fait pas disparaître l'inégalité existant &lt;i&gt;ab initio&lt;/i&gt; entre les parties et vous-même, notamment en cours d'enquête, pendant l'instruction ou à l'audience.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il n'y a donc que l'irrecevabilité systématique de votre constitution qui puisse permettre la tenue d'un procès pénal répondant aux exigences du procès équitable. Vos intérêts particuliers, en tant que personne physique, doivent s'effacer devant la préservation de l'ordre public. Parce qu'elle menace la cohérence de notre système pénal et son équité, votre intervention doit en conséquence être écartée par une fin de non-recevoir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Enfin, sur un plan plus général, vos interventions, tendant à la réparation d'un préjudice moral, nous paraissent disproportionnées et nuisent à la dignité de votre fonction. Cette enquête a abouti en un temps record, après maintes expertises et écoutes téléphoniques, à un dossier de près de 3 500 cotes qui fut audiencé sur insistance du parquet devant le tribunal correctionnel moins de deux mois après la clôture d'une instruction précipitée.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Outre que cette célérité procédurale a finalement eu pour conséquence de placer injustement les prévenus sur le même plan et de renvoyer certains d'entre eux au visa de tableaux récapitulatifs erronés, elle nous paraît surtout totalement disproportionnée au regard d'une somme initiale en ce qui vous concerne de deux fois 60 euros, immédiatement recréditée par votre banque.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout cela pour solliciter un euro de dommages-intérêts pour &quot;préjudice moral&quot;, demande purement symbolique qui nous conduit à penser que, si votre démarche procédurale s'inscrit sur le plan de vos principes personnels, certes respectables, elle foule aux pieds ceux, beaucoup plus fondamentaux, du procès pénal. Nous sommes également surpris que vous ayez formulé en première instance une demande d'indemnité de procédure, destinée à couvrir vos frais d'avocat, alors que votre conseil a récemment indiqué à un journaliste refuser de vous faire payer.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sachant que vous conserverez la possibilité de demander au juge civil la réparation de vos préjudices et que vous bénéficiez d'une suspension de la prescription qui vous permettra d'obtenir un jugement pour ce faire à la fin de votre mandat, il nous semble en conséquence conforme, tant aux principes les plus absolus qu'à votre serment d'avocat, d'exiger que vos initiatives judiciaires, qui portent intrinsèquement atteinte aux droits de la défense et au procès équitable, cessent jusqu'à cette date.&lt;/p&gt;
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<author>
<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Le sentiment d'injustice chez nos concitoyens inquiète par son ampleur.</title>
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<summary>    Par Jean-Paul Delevoye,       Médiateur de la République.     &amp;nbsp;...</summary>
<content type="html" xml:base="http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/">
&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;dropcap&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/01/02/1950250269.jpg&quot; alt=&quot;232071.jpg&quot; id=&quot;media-2055800&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Par Jean-Paul Delevoye,&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;dropcap&quot;&gt;&lt;strong&gt;Médiateur de la République.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;dropcap&quot;&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Monde,&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;dropcap&quot;&gt;&lt;em&gt;le 22 octobre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;dropcap&quot;&gt;&quot;S&lt;/span&gt;&lt;i&gt;elon que vous serez puissant ou misérable...&quot;&lt;/i&gt;, l'adage de La Fontaine est devenu le préambule de nombreuses critiques dénonçant l'injustice d'une société qui tarde à prendre conscience des inégalités entre ses membres et peine à les combler.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je ne sais si les inégalités ont augmenté ou non ces dernières années, si notre société est objectivement plus injuste qu'hier, si ses dysfonctionnements sont plus criants qu'autrefois. Les sociologues et les économistes ne semblent pas en mesure de porter un diagnostic incontestable et je n'ai pas, en tant qu'autorité indépendante, à me prononcer sur les politiques publiques menées. En tant que médiateur de la République, je n'ai pas été confronté à une nette augmentation du nombre de réclamations en cette période de crise.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En revanche, j'ai pu observer une douleur plus profonde chez les personnes qui me saisissent. Je souhaite aujourd'hui attirer l'attention de tous sur cette tension émotionnelle palpable. Le sentiment d'injustice chez nos concitoyens m'inquiète par son ampleur, son intensité, son mode d'expression autant que par les réactions et les actions qu'il déclenche.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Eric Maurin, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), fait l'analyse suivante : le déclassement est une réalité bien circonscrite, touchant une frange de la population. La peur du déclassement, quant à elle, touche tout le monde, notamment ceux qui ont le plus à perdre et le moins à craindre. Au travers d'expériences douloureuses, épisodiques mais dont on craint qu'elles ne deviennent régulières, ces personnes ont été confrontées aux difficultés de notre société. Pour les classes moyennes et supérieures, l'injustice était un cas de conscience autrefois : elle est aujourd'hui un triste présage. Demain, une amère réalité ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En parallèle, les personnes les plus démunies subissent de plein fouet les conséquences de la crise économique. La violence de ces situations engendre la violence des réactions. Le recours à la violence physique et psychologique, ayant prouvé son efficacité, se systématise : séquestrer un patron est l'assurance de voir les caméras arriver, le débat porté sur la place publique, l'opinion sensibilisée, l'action publique déclenchée.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je n'excuse pas ces actes mais souhaite qu'on s'interroge sur les motifs de cette colère : comment ces salariés peuvent-ils comprendre que leur usine ferme, leur laissant peu d'espoir de retrouver du travail dans la région et/ou dans leur domaine de compétence, pendant que les traders continuent de toucher des bonus aux montants astronomiques ? Un économiste expliquerait sûrement à raison que ces deux événements ne sont pas liés et taxerait peut-être de démagogie ce rapprochement, mais la personne qui vient d'être licenciée, qui se pose la question non pas de son confort de vie mais de sa survie et de celle de ses proches, peut-elle l'entendre ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Face à ces injustices perçues, douloureusement subies par certains, une société demande logiquement des comptes à ses gardiens, ceux qu'elle a chargés de contrôler, réguler, réduire ces injustices. Il en ressort parfois la dangereuse impression d'une collusion entre les puissants et le pouvoir, la force et la justice.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cette impression fragilise le pacte social qui veut que la République protège le plus faible du plus fort et assure les conditions premières du vivre ensemble. Si les membres de la société ne croient plus en leurs institutions et leurs représentants, ils envisagent alors de faire respecter eux-mêmes leurs droits ou se tournent vers d'autres aux discours séducteurs.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Lorsque je ne crois plus à la force du droit, je revendique le droit à la force. Je n'ai pas le droit de séquestrer mon patron. Oui, mais j'ai le droit de nourrir ma famille. Je n'ai pas le droit de conduire sans permis. Oui, mais j'ai le droit d'aller travailler pour gagner ma vie. L'apparition de certaines officines proposant des formations à la désobéissance civile et gangrenant certaines professions n'a rien de rassurant. Que penser alors de la crainte des responsables syndicaux et associatifs d'être bientôt dépassés par leur base ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je vois néanmoins en cette crise de confiance une chance que nos institutions républicaines doivent saisir pour démontrer l'efficacité et la nécessité de leur action. &quot;Si l'Etat est trop fort, il nous oppresse, s'il est trop faible, nous périssons&quot;, disait Paul Valéry. La crise économique est passagère. La crise des comportements résulte d'évolutions sociologiques et historiques lourdes ; les solutions semblent moins évidentes à imaginer et à mettre en oeuvre. Quoi qu'il en soit, elles ne pourront faire l'impasse sur les deux points suivants.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il faut privilégier le service du citoyen au confort du système, la défense des causes à la sauvegarde des structures. Dans une société en pleine mutation, nos institutions doivent prendre le pouls des changements et accompagner les citoyens dans la nouvelle voie qui leur est proposée ou qu'ils ont eux-mêmes tracée. Dans leur propre relation à l'administré, nos institutions doivent intégrer ces changements : passage d'une société industrielle à une société de services, d'une société rurale à une société urbaine, d'une société standardisée à une société multiculturelle et multiconfessionnelle.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Aucune politique ne peut être acceptée et appliquée telle la parole divine et infaillible : le temps de l'explication et de l'acceptation de la décision est bien plus important que le temps de la décision elle-même. Ce temps est nécessaire pour installer une véritable pédagogie des enjeux liés à la décision publique. En somme, nos institutions doivent se détacher de toute pratique que l'on pourrait qualifier de corporatiste ou protectionniste et prendre le risque de l'ouverture et de la transparence.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nos institutions doivent ensuite conjuguer traitement massif, efficace, rationalisé des administrés et respect de l'individu. Un usager de service public est d'abord un individu qui souhaite que soient considérées son histoire et sa situation personnelles, sans être réduit à un identifiant, ou un numéro à douze chiffres. Cette société anxiogène qui privilégie parfois la violence, ne croyant plus aux vertus de la discussion, a plus que jamais besoin de dialogue. L'écoute est un facteur d'apaisement et j'encourage le développement de lieux d'écoute et d'information sur tout le territoire. Je ne forme pas ici un simple voeu pieux : j'en fais déjà l'expérience concrète chaque jour dans mon institution.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Sur 65 000 dossiers traités chaque année, 50 % consistent en des demandes d'information et d'orientation, et montrent la difficulté pour les gens de frapper à la bonne porte, de trouver l'information au bon endroit au bon moment. Au pôle Santé sécurité des soins que je viens de créer, 90 % des personnes qui me sollicitent désirent avant tout comprendre ce qui s'est passé, comment les faits se sont enchaînés jusqu'à l'accident médical. Après avoir été écoutées et renseignées, nombre d'entre elles abandonnent toute démarche contentieuse.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le dernier exemple provient du témoignage d'un directeur de prison dans le sud de la France : depuis la mise en place de permanences de mes délégués au sein de son établissement, il a constaté une diminution de 30 % des faits de violence.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Notre société a besoin de soupapes de décompression pour endiguer cette violence physique et psychologique née du sentiment d'injustice. Nos institutions doivent veiller à ce que personne, fort ou faible, ne se sente méprisé. &quot;Selon que vous êtes puissant ou misérable&quot;, la République vous doit un égal respect.&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Le projet du Grand Paris est menacé de s'enliser dans la confusion.</title>
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<updated>2009-10-21T10:46:27+02:00</updated>
<published>2009-10-21T10:46:27+02:00</published>
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<summary>   Par Jean Nouvel,     architecte.        Tribune publiée dans Le Monde,...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/01/00/2078598318.jpg&quot; alt=&quot;JeanNouvel_432.jpg&quot; id=&quot;media-2054002&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Par Jean Nouvel,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;architecte.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Monde,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;le 20 octobre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sept mois après le rendu des études stratégiques, six mois après les fermes prises de position présidentielles, où en sommes-nous ? Nulle part. La confusion est totale. Pourquoi ? Nous allons essayer de suivre les méandres de cette histoire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La source&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quand &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/6ba2/nicolas-sarkozy.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Nicolas Sarkozy&lt;/a&gt; demande à dix équipes pluridisciplinaires, organisées autour d'urbanistes et d'architectes, de proposer une stratégie de développement du &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/0a0d/grand-paris.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Grand Paris&lt;/a&gt; pour intégrer la nouvelle donne (post-Kyoto) : limiter l'émission de gaz à effet de serre et réorienter le schéma directeur de la région Ile-de-France, le président surprend et, en période de crise, il suscite un grand espoir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; méandre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Initialement, le projet pour le Grand Paris est apparu d'abord comme un projet de redéfinition de la gouvernance lié à la réforme des collectivités territoriales, objet du rapport Balladur : quelles représentations démocratiques (électives) sur quels territoires ? Quelles répartitions des pouvoirs entre l'Etat, la région et les collectivités locales. Pour les Français, le projet du Grand Paris est un projet de découpage électoral. Rapidement, Nicolas Sarkozy a tranché : le projet urbain d'abord, le projet de gouvernance suivra. Mais pour les Français l'information devient : le projet pour le Grand Paris est remis aux calendes grecques.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;2&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; méandre, premier rocher&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le 6 mars, les équipes pluridisciplinaires remettent leurs conclusions et &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/8910/christian-blanc.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Christian Blanc&lt;/a&gt;, secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale, les invite à dîner pour les informer... de son projet pour le Grand Paris. En fait, un projet de transport urbain en périphérie de la métropole. Les jours suivants, il en informe abondamment la presse et le projet du Grand Paris devient un grand huit souterrain de métros automatiques, établi avant même la prise de connaissance des dix propositions ayant occupé des centaines de spécialistes de tout poil pendant le temps d'une bonne gestation : neuf mois.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et, pour les Français, le projet du Grand Paris devient un projet de métro enterré, mais promis à un bel avenir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; méandre, en eau calme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quand, après le rendu des propositions, le président de la République reçoit les représentants de ces équipes, il dit sa satisfaction et son impatience de voir se concrétiser les idées urbaines avancées, il réaffirme aussi sa volonté d'une action structurante à l'échelle du Grand Paris et, pour la mettre en oeuvre, témoigne sa confiance à Christian Blanc.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;4&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; méandre, courbe en accélération&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le 29 avril, le président de la République prononce le discours à l'ouverture de l'exposition de la Cité de l'architecture. Il cite de nombreuses idées empruntées aux dix études présentées, les fait siennes et confirme sa confiance en Christian Blanc. Il lui demande d'intégrer dans son projet de loi sur les transports du Grand Paris les conclusions de certaines études issues des projets des urbanistes architectes... Nous sommes à la veille de grandes décisions urbaines, même les plus sceptiques se prennent à espérer.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; méandre, embouteillage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Puis ouverture de l'exposition sur le Grand Paris. Succès populaire. Mais on comprend vite qu'il est impossible d'exposer et d'expliquer dix fois un sujet aussi complexe, chaque étude étant présentée dans un espace exigu de 20 m². La presse montre des images éparses de propositions contradictoires et résume chaque étude sur la transformation d'une métropole de 14 millions d'habitants en environ dix à quinze lignes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les Français sont curieux, intéressés et essayent de comprendre... mais c'est impossible.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bref, une telle somme de travail est trop difficilement communicable. La plupart des journalistes eux-mêmes ne prennent pas le temps de comprendre... seuls certains élus parisiens et franciliens ont souhaité des présentations projet par projet. Et, stupéfaction, je n'ai jamais entendu le secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale commenter une seule proposition, ni même seulement demander à une des dix équipes d'expliquer ses projets... En revanche, il dit aux équipes qu'elles auront toutes du travail et évoque avec certaines de futures responsabilités sur de larges territoires, et se fait ainsi quelques alliés...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;6&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; méandre, remous&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les responsables des équipes pluridisciplinaires suggèrent à Christian Blanc de regarder dare-dare leurs études pour (on ne sait jamais) intégrer quelques pensées pertinentes. Des conseillers élyséens, des élus parisiens et franciliens font de même. Le secrétaire d'Etat fait la sourde oreille au nom d'une urgence qui devient vite raison d'Etat. Tout le monde a compris que Nicolas Sarkozy souhaite aller le plus vite possible. Mais dans cette expression, il y a possible, pas uniquement le plus vite ! Toutes les équipes n'ont pas mis l'accent sur une proposition de transports métropolitains, mais toutes ont relevé l'importance de la corrélation entre stratégie d'évolution et carte des transports.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Certaines équipes ont approfondi un schéma de transports élaboré et argumenté de nature à questionner les élus et les conseillers au plus haut niveau de l'Etat. Ces derniers, pour l'essentiel, voulaient intégrer dans la proposition du secrétaire d'Etat de nombreux paramètres issus de ces équipes. Ce qui a amené, à l'initiative de &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/dd26/claude-gueant.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Claude Guéant&lt;/a&gt;, un schéma modificateur et complémentaire du grand huit de Christian Blanc, avec, en outre, la recommandation expresse d'avoir un métro aérien dès que la situation le permet. Cela n'empêche pas le secrétaire d'Etat de continuer à diffuser toujours son même schéma. Les Français ne perçoivent pas d'évolution dans le grand huit.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;7&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; méandre, en eau trouble&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En outre, parmi les multiples propositions indiquées dans le discours présidentiel qui énumère des propositions issues des dix études, l'une d'elles éclipse les autres : la liaison &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/f1c6/paris-le-havre.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Paris-Le Havre&lt;/a&gt;. Même si l'analyse du texte montre que l'on parle surtout du Havre port de Paris et d'une liaison rapide par TGV Le Havre-Paris, ce que la presse retient c'est l'axe de développement urbain et territorial Paris-Le Havre. Le Havre est cher à mon coeur et occupe mon esprit par d'importants projets, renforcer la notion de port avancé de Paris est pertinente, la liaison rapide souhaitable, mais urbaniser la vallée de la Seine entre les deux villes est à la fois une idée comique - &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/d570/ferdinand-lop.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Ferdinand Lop&lt;/a&gt; parlait de prolonger le boulevard Saint-Michel jusqu'à la mer - et une idée tragique : pour limiter l'émission des gaz à effet de serre, la métropole ne doit plus s'étendre, les transports doivent se concentrer, la densité doit être renforcée sur les gares d'interconnexions.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Seules de nouvelles unités de productions industrielles ont une raison stratégique d'être le long des voies fluviales. Un projet post-Kyoto ne peut être qu'une stratégie de modification de territoires déjà urbanisés. Etendre la ville est aujourd'hui criminel pour notre descendance. Pourtant, les Français ont compris que le projet du &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/0a0d/grand-paris.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Grand Paris&lt;/a&gt; était d'étendre Paris jusqu'au Havre !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;8&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; méandre, rapides avant les chutes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Puis nous avons appris qu'une loi dite du Grand Paris était en préparation pour permettre la réalisation du grand huit des métros souterrains. Une loi étrangère aux propositions urbaines liées à la consultation du Grand Paris. &lt;em&gt;(L'architecte)&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/bcca/christian-de-portzamparc.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Christian de Portzamparc&lt;/a&gt; demande alors avec pertinence que l'intitulé de la loi stipule qu'elle porte sur les transports du Grand Paris...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les Français n'ont aucun moyen de savoir que le Grand Paris de &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/8910/christian-blanc.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Christian Blanc&lt;/a&gt;, et son projet de loi, n'a rien à voir avec le Grand Paris exposé à la Cité de l'architecture par les dix équipes internationales pluridisciplinaires.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un premier projet de loi a circulé cet été sur l'urbanisation du Grand Paris. Ses nouvelles constructions sont implantées dans des cercles de trois kilomètres de diamètre, quarante gares sont le centre de quarante cercles. Quatre fois la surface de Paris aujourd'hui ! Ceux qui l'ont lu ont été effarés par un tel manque de discernement qu'ils soient élus ou professionnels de l'aménagement urbain. Une société du Grand Paris finance le grand huit, notamment en préemptant le foncier à l'intérieur des cercles. Le projet de loi amendé (les cercles ont disparu, les zones concernées sont flexibles, les collectivités locales sont représentées minoritairement au conseil d'administration) a été accepté en conseil des ministres et sera présenté à l'Assemblée nationale à la fin de l'automne.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est un projet de loi conflictuel qui ne donne aucune garantie d'utilité publique s'il n'est pas relié à une stratégie urbaine précisée et située. Oui, l'Etat a pour rôle d'initier, de proposer un mode de financement, et quand c'est nécessaire de décider de l'intérêt général face à des intérêts locaux. Cette loi est indispensable, mais elle ne peut être ni une carte blanche sur le mode d'urbanisation ni une incitation à l'extension urbaine. Le Grand Paris n'est pas un champ de bataille. Il ne pourra s'épanouir que dans la compréhension et la hiérarchisation d'objectifs sociaux, humanistes et optimistes. Le consensus sur ces objectifs est le principal paramètre nécessaire pour en accélérer la réalisation.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous en sommes là... Avec en plus la perspective des élections régionales pour crisper un peu plus les choses... Mais ne vous méprenez pas, je ne suis pas un démolisseur, mais un constructeur persévérant : j'oeuvre pour que le projet du Grand Paris, le vrai, le structurant, l'ambitieux, le durable, l'humaniste, pour lequel &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/6ba2/nicolas-sarkozy.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Nicolas Sarkozy&lt;/a&gt; a invité tant d'experts à réfléchir et à proposer, voit le jour et se mette en place au plus vite. La matière permettant les choix stratégiques est là. Elle n'est pas extraite.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et, Christian Blanc souhaitait-il vraiment l'extraire quand il a proposé de repartir de zéro et de faire un projet commun à dix équipes avant toutes discussions sur le contenu ! Piège grossier désamorcé in extremis.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il faut créer d'urgence un atelier du Grand Paris où l'Etat, la région, la &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/e427/ville-de-paris.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Ville de Paris&lt;/a&gt; et les collectivités locales désigneront des représentants qui, informés par les équipes auteurs des propositions et par les ateliers d'urbanisme de la ville de Paris et de la région, identifieront les propositions à retenir en vérifiant leur comptabilité et leur faisabilité. Car, vous l'avez compris, logiquement, les propositions formulées et étudiées séparément sont contradictoires et tout aussi logiquement, en démocratie, les experts proposent et les politiques disposent.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce n'est évidemment pas par hasard si Christian Blanc a proposé que l'Atelier du Grand Paris soit une association réduite aux seules équipes pour qu'elles travaillent ensemble... J'avais trouvé le nom : l'&lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/187e/atelier-de-sisyphe.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Atelier de Sisyphe&lt;/a&gt;. Le Grand Paris pourrait commencer demain matin dans des centaines de communes simultanément, puisque c'est, avant tout, la modification d'une situation existante où il faut :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- planter des arbres pour créer de la biomasse,&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- isoler et requalifier les bâtiments énergivores en agrandissant les logements et en améliorant leurs équipements et leur esthétique,&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- aménager les lisières, limites de la ville et de la nature,&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- accélérer la modification urbaine,&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- favoriser la mixité et les reconversions ainsi que l'implantation des commerces de proximité,&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- reconquérir les délaissés urbains et arrêter de démolir dans les quartiers sensibles, les ouvrir et surtout les équiper...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et, surtout, surtout arrêter d'étendre la ville par simples juxtapositions périphériques.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les élus de &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/1b7e/paris-metropole.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Paris Métropole&lt;/a&gt; proposent de travailler dès aujourd'hui avec l'Atelier du Grand Paris ; ces mesures et d'autres pourraient donc être intégrées rapidement dans des centaines de communes. Le plus difficile sera de décider où construire les 70 000 logements annuels pour créer des centralités autour du Paris historique à l'échelle de la métropole. Il est facilement compréhensible qu'entre une stratégie comme celle du groupe Descartes (Yves Lion, &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/81a6/francois-leclerc.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;François Leclerc&lt;/a&gt;...) avec 20 centralités de 500 000 habitants, ou une autre comme celle de &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/084a/richard-rogers.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Richard Rogers&lt;/a&gt; qui propose un polycentrisme compact, ou celle de Cantal-Duthilleul-Nouvel qui propose seulement cinq centralités... Le tracé du système de transports et l'implantation des gares risquent d'être légèrement différents ! Il faut choisir, trancher.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Après ce choix, un secrétaire d'Etat, ami des ingénieurs, urbanistes, architectes, artistes, intellectuels... à l'écoute de tous, humaniste curieux et ambitieux pour l'ensemble des habitants du Grand Paris, pourrait vite proposer un tracé de transports précis et pertinent sur des bases déjà consensuelles et il serait alors immédiatement possible de formaliser les nouveaux documents d'urbanisme à l'échelle de la métropole.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les représentants des dix équipes pluridisciplinaires ont signé, le 28 juillet, une lettre adressée au président de la République pour demander la création de l'Atelier du Grand Paris, conforme à cette stratégie afin de réaliser son ambition qui est logiquement partagée par ceux qui veulent que le début du XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle soit plus juste et plus généreux.&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Les silences du métronome.</title>
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<summary>   Par Philippe Labro.    &amp;nbsp;    Tribune publiée dans Le Figaro,     le 19...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/01/00/97729451.jpg&quot; alt=&quot;9aad5f0e-bc8a-11de-b964-db61ca243e18.jpg&quot; id=&quot;media-2051366&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Par Philippe Labro.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Figaro,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;le 19 octobre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce petit homme trapu, dont la tête massive domine un corps épais et tassé, dans un éternel costume sombre, qui a dit autrefois&amp;nbsp;: «Quand on ne sait pas où on va, tous les chemins mènent nulle part», a traversé Paris pendant 48&amp;nbsp;heures, la semaine dernière, personnage singulier, chargé d'histoires, secrets et expériences, tel un voyageur dont les valises seraient si volumineuses qu'elles feraient exploser, à l'enregistrement, la machine à mesurer l'excédent de bagages.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;À son âge (86 ans), Henry Kissinger sait sans doute très bien où il va - où nous irons tous, un jour fatal - mais il ne cesse de parcourir le monde à la même allure que celle de sa cinquantaine, lorsque, secrétaire d'État du président Richard Nixon, il ordonnançait la diplomatie de l'Amérique. Arrivant de Pékin, repartant pour Francfort, évoluant de colloques en séminaires, de conférences - chèrement rétribuées - en consultations au plus haut niveau - tout aussi bien payées -, Kissinger qui fut autant attaqué que respecté, accusé que célébré, m'a permis, à trois reprises, d'observer le déroulement de sa mécanique cérébrale, le déploiement de sa puissante personnalité. La première fois, au cours d'une cérémonie à l'ambassade des États-Unis. VGE remettait les insignes de commandeur dans l'ordre de la Légion d'honneur à l'ancien représentant de George W. Bush (Craig Stapleton), en présence du nouvel envoyé de Barack Obama (Charles Rivkin), sous les regards de deux cents hommes et femmes, séduits par cette démonstration typiquement américaine de courtoisie entre un républicain et un démocrate, que tout, en principe, sépare, mais que réunit la même dévotion à leur pays natal ainsi que le même amour pour la France. Au milieu de cette assemblée, se détachait, débonnaire et attentive, la figure marmoréenne de Kissinger, entouré comme un pontife, à qui, d'ailleurs, VGE rendit hommage en faisant l'éloge de son ouvrage, &lt;i&gt;Diplomatie&lt;/i&gt;, paru chez Fayard. En 763 pages de portraits et d'analyses, Kissinger y dresse le panorama des relations internationales, de Richelieu à Dean Acheson, de Metternich et Bismarck à Gorbatchev et Reagan. C'est un livre époustouflant. La deuxième fois, au cours d'un dîner en petit comité au Quai d'Orsay, donné en son honneur par Bernard Kouchner, avec qui il confronta ses vues sur l'Afghanistan. La troisième fois, un matin, dans un salon de l'hôtel Ritz, où je pus converser à bâtons rompus, avec lui, avant que Renaud Girard l'interroge sur l'actualité. Vous avez lu leur entretien dans ce même journal, samedi dernier.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;h3 style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Inclassable&lt;/h3&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Contrairement aux politiques de la nouvelle génération, qui attendent à peine la fin d'une question pour bombarder leur réplique, Kissinger offre un spectacle d'autant plus fascinant qu'il n'est pas spectaculaire, celui de la réflexion au travail. L'homme est inclassable, avec des lèvres à la fois gourmandes et sceptiques, un index de sa main droite épais et charnu comme si ce doigt avait pris du muscle à force de s'être agité, avoir tracé des lignes, conduit négociations et pourparlers, avec la même souplesse et autorité que le chef d'orchestre maniant sa baguette. Je suis frappé par la dissymétrie des yeux&amp;nbsp;: le gauche est ouvert, inquisiteur, vivant et souriant, le droit presque clos, alourdi par une paupière dolente. Kissinger parle d'une voix caverneuse, colorée pour toujours par un accent allemand, prononçant chaque phrase sur la même tonalité monocorde, pourchassant le moindre soupçon d'équivoques et amphibologies, en ennemi juré de l'impropriété. Il n'a pas encore répondu. On dirait que ça rumine, ça phosphore, ça dissèque et ça passe à travers un tamis, on devine alors quel est son système de pensée. En fait, Kissinger organise son temps de riposte comme celui d'un métronome, dont les battements, réguliers mais silencieux, marquent la mesure de ses appréciations. Un tic, puis un tac, une affirmation, puis son antithèse. Kissinger étudie d'abord l'intention, pour construire sa rhétorique avant de la délivrer oralement, choisissant ses mots avec scrupule, avec la minutie d'un artisan du drap qui s'assure du bon agencement de la moindre rame sur un tissu.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;h3 style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vision&lt;/h3&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il refuse la définition shakespearienne de l'Histoire comme un «récit raconté par un idiot, plein de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien». Pour lui, chaque période développe une certaine identité, avec ses limites, et seul le passé permet de comprendre le présent. C'est pourquoi il se définit autant historien que diplomate. Mais quand je lui demande de sélectionner ses souvenirs les plus forts, il répond&amp;nbsp;: «Les plus émouvants&amp;nbsp;: quand le Duc Tho m'a tendu, à Paris, en 1973, sa proposition de l'accord jetant les bases de la fin du conflit au Vietnam. Et, dans le même esprit, quand Sadate, dans son bureau à Assouan, a reçu, devant moi, le message confirmant l'accord Égypte-Israël pour la fin de la guerre du Kippour, à laquelle j'avais tellement œuvré.»&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Qui vous a le plus impressionné au cours de votre carrière&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- De Gaulle, Mao, Sadate, Mandela et, un rang en dessous, Zhou Enlai.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Qu'avaient-ils en commun&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- La vision du futur, la capacité analytique, le courage. Et dans le cas de Mandela et Sadate, une certaine générosité d'âme.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;h3 style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Spasmes&lt;/h3&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et si j'avance qu'après tout, vision et analyse font partie de ses propres atouts, le Prix Nobel de la paix 1973 émet un gloussement&amp;nbsp;; «Si vous vous intéressez trop à vous-même, vous perdez vite la vision». Ceci venant d'un homme dont les détracteurs ont souligné une propension à l'égocentrisme, peut prêter à sourire, mais il me semble qu'il est le premier à le savoir et que, dupe de rien, il a atteint ce stade de la vie où surgit une manière de sérénité. Sur les chefs d'État actuels, Kissinger s'avère prudent et poli, mais, comme toujours, avec sa méthodologie (le tic suivi du tac), il me dit&amp;nbsp;: «Les leaders modernes sont plus préoccupés par l'environnement immédiat, et l'humeur des opinions publiques, et ils oublient trop les tendances longues de l'Histoire.» Et cette réflexion&amp;nbsp;: «Je crois plus aux changements graduels qu'aux spasmes.&amp;nbsp;Il est vrai qu'il n'y avait pas de façon graduelle de se débarrasser du spasme appelé Hitler&amp;nbsp;!»&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;À l'énoncé de ce nom, il évoque pudiquement son enfance (il est né à Fürth, en Allemagne) et la fuite de ses parents juifs, ce qui lui permit de toucher du pied le sol de l'Amérique, se faire naturaliser, devenir prof de sciences politiques à Harvard, avant d'assouvir sa dévorante ambition politique, son avide envie d'exercer une haute responsabilité aux côtés des présidents (Nixon puis Ford).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Je n'aurais jamais rêvé de devenir secrétaire d'État.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Vous l'avez dû aux circonstances ou à votre «pouvoir cérébral»&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Un mélange des deux, sans doute. Mais je ne suis pas sûr que, dans les mêmes circonstances, n'importe qui d'autre aurait obtenu ce poste.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Surgit à nouveau le sourire de celui qui est conscient de sa différence, et a vécu dans la certitude de ses qualités d'exception. J'apprendrai, plus tard, que malgré un agenda quasi présidentiel, Henry Kissinger aura trouvé le temps d'aller passer une heure et demie au Louvre pour contempler les œuvres de Titien, Véronèse et Tintoret, s'attardant longuement devant trois tableaux : «Le Saint Jérôme pénitent dans le désert», «Les Pèlerins d'Emmaüs», «La Mise au tombeau». Précarité du pouvoir face à l'éternité de l'art.&lt;/p&gt; &lt;!-- google_ad_section_end() --&gt;&lt;!-- Template : Outils.php --&gt; &lt;p&gt;&lt;script src=&quot;http://www.hautetfort.com/scripts/tooltip/tooltip.js&quot; type=&quot;text/javascript&quot;&gt; //&lt;![CDATA[ &lt;!--   // --&gt; //]]&gt; &lt;/script&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Lavez l'injustice faite aux Chagossiens.</title>
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<summary>   Par Jean-Marie Gustave Le Clézio.    &amp;nbsp;   &amp;nbsp;    Tribune publiée...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/01/1149618839.jpg&quot; alt=&quot;ALeqM5jpfc-louFH1g9Y1jE4vkOFqr_VmA.jpg&quot; id=&quot;media-2048412&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Par Jean-Marie Gustave Le Clézio.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Monde,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;le 17 octobre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Monsieur le président, votre élection à la présidence des Etats-Unis a soulevé une immense vague d'espoir dans le monde. Pour la première fois depuis &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/26ce/abraham-lincoln.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Abraham Lincoln&lt;/a&gt;, le président des Etats-Unis était aussi, spontanément, un peu celui de la plus grande partie des habitants de la Terre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Votre parcours politique, vos origines, votre héritage et votre conduite ont quelque chose d'exemplaire. Et puis il y a eu le discours d'investiture que vous avez prononcé devant l'Union, et nous avons compris que vous étiez un grand homme d'Etat. Nous savions que vous n'alliez pas nous manquer, que nous ne pourrions pas nous passer de vous.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce discours a été lu et écouté dans le monde entier, non seulement dans les grands pays, mais aussi dans nombre de petits pays sans importance pour les affaires du monde. A Maurice (j'en parle car c'est aussi ma patrie), votre discours a été salué par l'ensemble de la population.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'idée que vous y développez est simple et lumineuse : il ne saurait y avoir de démocratie sans que soit affirmé le droit pour chaque individu de ne jamais avoir à renoncer à aucune partie de son identité. Vous êtes, monsieur le président, le symbole vivant de ce droit, et c'est pourquoi il fallait aussi que ce soit vous qui affirmiez cette conviction. Mais vous énoncez l'autre partie de cette certitude, qui lui donne un caractère d'universalité. C'est qu'il faut savoir dépasser le particularisme pour adhérer au projet humain universel, qui nous rend égaux et libres. Sans cette contrepartie, l'identité ne vaut rien car elle conduit à l'exclusion et à la guerre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En vous octroyant le prix Nobel de la paix, le comité d'Oslo a répondu à cette ferveur. Il soutient aussi votre action à un moment où vous êtes l'objet d'attaques déloyales dans votre propre pays et à l'extérieur, pour vouloir instaurer la justice en matière de protection sociale et combattre l'âpreté des lois du marché.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La tâche qui est devant vous est immense, c'est une tâche de paix et de réconciliation. Vous êtes le seul aujourd'hui à pouvoir l'accomplir. C'est pourquoi je souhaite attirer votre attention sur une injustice qui dure depuis quarante ans. Je veux parler de la déportation du peuple chagossien.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Permettez-moi, monsieur le président, de vous remémorer les faits : en 1968, l'île Maurice accédait à une indépendance longuement désirée. Au moment des négociations entre les Mauriciens et le gouvernement colonial britannique, ce dernier exigea en contrepartie de maintenir son autorité sur un groupe d'îles de l'océan Indien comprenant l'archipel des Chagos, devenues de ce fait le &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/403f/british-indian.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;British Indian&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/d453/ocean-territory.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Ocean Territory&lt;/a&gt; (BIOT).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dès l'accord signé, les Britanniques s'empressèrent de louer cet archipel au gouvernement des Etats-Unis qui cherchait à établir une base militaire dans l'océan Indien. La seule exigence préalable des Etats-Unis était qu'il s'agît d'îles désertes, afin de ne pas contrevenir au droit d'éventuels habitants. Un mensonge des autorités britanniques apporta cette garantie : les Chagos, affirmèrent-elles, étaient peuplées seulement d'un groupe de pêcheurs qui n'y résidaient que le temps d'une saison. L'installation de la base eut lieu à &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/ea7c/diego-garcia.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Diego Garcia&lt;/a&gt;, l'île principale de l'archipel, après qu'une milice musclée eut expulsé de leurs îles les habitants, qui en réalité étaient là depuis des générations, pêcheurs et cultivateurs.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces malheureux durent abandonner leurs maisons et leurs biens dans des conditions dramatiques. A ceux qui refusaient d'obéir, les miliciens répondaient par la menace : &lt;em&gt;&quot;Partez, ou vous mourrez de faim.&quot;&lt;/em&gt; On raconte que, lors du dernier voyage, faute de place sur le navire, certains durent abandonner leur chien sur le rivage. La compensation financière promise par le gouvernement britannique ne suffit pas à dédommager les Chagossiens. Depuis plus de quarante ans, ils sont sans domicile, sans identité. Certains survivent dans des conditions précaires à Maurice, sans travail, sans aide. D'autres ont trouvé asile en Angleterre, où ils sont des citoyens de seconde catégorie. Mais rien ne saurait remplacer leur patrie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Toutes leurs demandes de retour dans leurs îles sont restées sans effet. Pendant longtemps, l'armée américaine leur a même refusé de venir fleurir les tombes de leurs ancêtres sous le prétexte de la menace terroriste (Diego Garcia était le point de départ des bombardements sur Bagdad). Pourtant, à plusieurs reprises, des voix se sont élevées dans le Sénat américain afin qu'on reconnaisse le droit des Chagossiens, et qu'on dénonce le mensonge qui a causé leur déportation.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Monsieur le président, vous êtes un homme de paix et de justice, vous avez le pouvoir de changer le sort de ce peuple venu d'Afrique de l'Est au temps de l'esclavage. Vous avez le pouvoir d'autoriser ces gens et leurs enfants à revenir vivre sur le sol natal, à y travailler (sur la base militaire, pourquoi pas ?), à y honorer leurs défunts. Ce ne serait pas un acte de charité, mais de justice. Ecoutez, je vous prie, la voix de la grande dame des Chagos, Charleezia, qui chante sur un rythme de séga la douleur de l'exil et l'espoir du retour. Elle en dit plus long que tous les discours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Très respectueusement vôtre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/b727/jean-marie-gustave.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Jean-Marie Gustave&lt;/a&gt; Le Clézio&lt;/strong&gt;, Ecrivain français et mauricien &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/sujet/eb74/prix-nobel.html&quot; class=&quot;listLink&quot;&gt;Prix Nobel&lt;/a&gt; de littérature (2008)&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>La sécurité alimentaire est une priorité du gouvernement.</title>
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<summary>   Par Hillary Clinton,     Secrétaire d'Etat américain.    &amp;nbsp;...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/01/00/1805920473.jpg&quot; alt=&quot;6f49b4de-b9c9-11de-a0a8-bfff12e8b6f5.jpg&quot; id=&quot;media-2047102&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Par Hillary Clinton,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Secrétaire d'Etat américain.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Figaro,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;le 17 octobre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour un milliard d'habitants du monde, le labeur quotidien consiste à cultiver, acheter ou vendre des aliments. Mais cela nous concerne tous.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Considérons la vie du petit agriculteur typique. C'est une femme, elle habite dans un village, se lève avant l'aube, fait des kilomètres à pied pour trouver de l'eau. Si la sécheresse, la rouille et les nuisances ne détruisent pas ses récoltes, elle pourra nourrir sa famille et aura peut-être même un petit supplément, qu'elle pourrait vendre. Mais il n'y a pas de route pour le transporter au marché le plus proche, ni personne pouvant le lui acheter.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Considérons maintenant un jeune homme dans une ville surpeuplée, à une centaine de kilomètres de ce village. Il gagne un salaire de misère. Au marché, il trouve des produits déjà gâtés ou hors de prix. La cultivatrice a donc des produits à vendre que le jeune homme veut acheter. Mais cette transaction toute simple ne peut se faire, en raison de forces complexes qui les dépassent.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Relever le défi de la faim dans le monde est au cœur de la sécurité alimentaire&amp;nbsp;: il s'agit d'assurer aux producteurs du monde le moyen de semer et de récolter, d'élever le bétail et d'attraper du poisson, puis de faire parvenir ces aliments aux personnes qui en ont le plus besoin.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La sécurité alimentaire représente la convergence de plusieurs facteurs&amp;nbsp;: les sécheresses et les inondations causées par les changements climatiques, les aléas de l'économie mondiale qui agissent sur les prix alimentaires, et les flambées des cours pétroliers qui augmentent le coût des transports. En fait, la sécurité alimentaire est liée à la sécurité tout court. La faim chronique met en danger des individus, des gouvernements, des sociétés et des frontières nationales. Les gens qui souffrent de la famine ou de la sous- alimentation et qui ne peuvent nourrir leur famille se sentent découragés et désespérés, ce qui peut provoquer des tensions, des conflits et même de la violence. Depuis 2007, &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/economie/2008/04/14/04001-20080414DIAWWW00399-la-faim-et-la-colere.php&quot;&gt;d&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/economie/2008/04/14/04001-20080414DIAWWW00399-la-faim-et-la-colere.php&quot; title=&quot;www.lefigaro.fr&quot;&gt;es émeutes causées par la précarité alimentaire ont éclaté dans plus de 60 pays&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est pourquoi le gouvernement Obama a fait de la faim chronique une priorité maîtresse de la politique étrangère des États-Unis. &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/international/2009/07/11/01003-20090711ARTFIG00156-le-g8-veut-calmer-l-inquietude-des-pays-pauvres-.php&quot;&gt;D'autres pays se sont joints à cette lutte&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/international/2009/07/11/01003-20090711ARTFIG00156-le-g8-veut-calmer-l-inquietude-des-pays-pauvres-.php&quot;&gt;Les principaux pays industrialisés&lt;/a&gt; se sont engagés à consacrer plus de &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/international/2009/07/11/01003-20090711ARTFIG00156-le-g8-veut-calmer-l-inquietude-des-pays-pauvres-.php&quot;&gt;22&amp;nbsp;milliards&lt;/a&gt; de dollars au cours des trois prochaines années à la promotion d'une croissance économique fondée sur l'agriculture. Le 26&amp;nbsp;septembre, le secrétaire général de l'ONU, M.&amp;nbsp;Ban Ki-moon, et moi-même avons parrainé une conférence à laquelle ont participé les dirigeants de plus de 130 pays dans le but de mobiliser un appui international à cette cause.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous fondons notre initiative de sécurité alimentaire sur cinq principes. Premièrement, il n'y a pas de modèle unique d'agriculture. Nous allons collaborer avec les différents pays pour élaborer et adopter leurs plans. Deuxièmement, nous nous attaquerons aux causes premières de la faim, par des investissements tous azimuts, qu'il s'agisse de semences améliorées ou d'assurances pour les petits agriculteurs. Et nous encouragerons le savoir-faire et la persévérance des femmes qui représentent la majorité des agriculteurs. Troisièmement, nous allons accentuer la coordination à l'échelle nationale, régionale et mondiale car aucune entité ne saurait à elle seule éradiquer la faim. Quatrièmement, nous allons soutenir les institutions multilatérales qui ont des ressources et des moyens d'agir sans équivalent. Enfin, l'engagement à long terme et la transparence seront nos mots d'ordre et nous investirons dans des méthodes de suivi et d'évaluation qui rendront nos efforts transparents. Nos efforts dans l'aide au développement fondée sur l'agriculture viennent en complément de nos engagements de base pour ce qui est de l'aide alimentaire d'urgence et de notre réponse aux appels face aux drames et aux catastrophes naturelles - comme cela se produit actuellement dans la Corne de l'Afrique, où la sécheresse, les mauvaises récoltes et la guerre civile ont provoqué une crise humanitaire dévastatrice.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Revitaliser le secteur agricole mondial ne sera pas aisé. Il s'agit même d'une des tâches les plus ambitieuses sur le plan de la diplomatie et du développement que notre pays ait jamais entreprise. Mais elle peut s'accomplir et elle en vaut la peine. Notre réussite sera le gage d'une prospérité et d'une paix accrues dans les années à venir.&lt;/p&gt;
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<author>
<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Interview de Sarkozy au Figaro.</title>
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<updated>2009-10-17T21:00:02+02:00</updated>
<published>2009-10-16T09:48:00+02:00</published>
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<summary>        Entretien publié dans Le Figaro,     le 16 octobre 2009.    &amp;nbsp;...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/01/1580134807.jpg&quot; alt=&quot;f11a1e1c-b9a7-11de-a0a8-bfff12e8b6f5.jpg&quot; id=&quot;media-2046124&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Entretien publié dans Le Figaro,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;le 16 octobre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La majorité traverse une zone de turbulences. Que pensez-vous de cette détérioration du climat politique&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il n'est pas interdit de prendre un peu de recul. Je suis aujourd'hui à mi-mandat. Je vous invite à comparer la situation politique dans laquelle nous nous trouvons avec celle de mes prédécesseurs au même moment. En 1967, deux ans après la réélection du général de Gaulle, la majorité de l'époque ne l'emporte que d'un siège aux législatives. L'année suivante, ce sont les événements de Mai 1968. Deux ans après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing, en 1976, il rompt avec son premier ministre Jacques Chirac. Son septennat ne s'en remettra pas. En 1983, deux ans après l'élection de François Mitterrand, c'est le tournant de la rigueur, qui se solde par l'échec de la majorité socialiste, trois ans plus tard. Deux ans après l'élection de Jacques Chirac en 1995, c'est la désastreuse dissolution. Deux après son élection de 2002, 20 régions sur 22 sont perdues par la majorité. La situation de l'actuelle majorité est bien différente puisqu'elle vient de gagner les élections européennes. Le front social est apaisé malgré une crise économique sans précédent. Quant aux élections partielles qui sont traditionnellement mauvaises pour le gouvernement en place, nous en avons gagné l'immense majorité et &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/12/01002-20091012ARTFIG00280-legislatives-partielles-l-ump-david-douillet-en-tete-a-poissy-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;notre candidat David Douillet a fait 45&amp;nbsp;% au premier tour&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; dimanche dernier. J'en tire la conclusion qu'il ne faut pas confondre le climat du milieu médiatique, qui est par construction politisé et agité avec la réalité de la société française qui attend du gouvernement qu'il apporte des solutions concrètes aux problèmes des Français&amp;nbsp;: le chômage, la sécurité, l'éducation de leurs enfants, le pouvoir d'achat.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Depuis trois jours la polémique monte, y compris au sein de la majorité, sur la future élection de votre fils Jean à la tête de l'Epad. Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de «népotisme»&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a 45 conseillers généraux dans le département des Hauts-de-Seine, élus par le suffrage universel. Ils ont tous le droit de postuler à un poste d'administrateur à l'Epad. Sauf un&amp;nbsp;! Et pourquoi ne peut-il pas&amp;nbsp;? Parce qu'il est mon fils. &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/13/01002-20091013ARTFIG00535-qui-decide-quoi-a-l-epad-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;La présidence de l'Epad&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, est un poste non rémunéré. Il ne s'agit donc pas d'une prébende. C'est une élection, il ne s'agit donc pas de népotisme. A travers cette polémique, qui est visé&amp;nbsp;? Ce n'est pas mon fils. C'est moi. Ceux qui ne se sont jamais faits à mon élection et qui n'ont rien à dire sur le fond essayent d'attaquer sur tous les sujets avec une mauvaise foi et une méchanceté qui ne trompera pas les Français.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vous avez été élu sur un certain nombre de valeurs&amp;nbsp;: le travail, le mérite, la République irréprochable. Votre fils n'est-il pas, à 23 ans, trop jeune pour accéder à cette responsabilité&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Y a-t-il un âge pour être compétent&amp;nbsp;? Je souhaite le rajeunissement de nos élites politiques qui ont bien vieilli. J'ai été le premier surpris lorsque Jean a voulu se lancer en politique. Mais &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/15/01002-20091015ARTFIG00572-jean-sarkozy-un-dauphin-parmi-les-requins-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;il m'a impressionné par sa ténacité&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, il travaille énormément et fait face avec beaucoup de courage à la dureté et à la brutalité des attaques. J'ajoute qu'il faut avoir 21 ans pour être candidat à l'élection cantonale. Il a réussi. Une fois élu il n'a pas plus de droit qu'un autre mais pas moins non plus.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;A vos yeux, l'affaire Frédéric Mitterrand est-elle désormais close&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je suis président de la République. Je dois défendre certaines valeurs. Je ne laisserai donc personne assimiler homosexualité et pédophilie. C'est un retour au Moyen-Age qui fait honte à ceux qui ont employé cet argument. Quand je vois le porte-parole du PS, emboîter le pas à &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/10/01002-20091010ARTFIG00154-le-coup-mediatique-reussi-de-marine-le-pen-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;Marine Le Pen&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; et avec quel enthousiasme&amp;nbsp;! Je me demande où sont passées les valeurs humanistes de ce grand parti républicain. &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/13/01002-20091013ARTFIG00007-l-elysee-face-aux-turbulences-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;Frédéric Mitterrand n'a jamais fait l'apologie du tourisme sexuel&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; et il l'a même condamné en termes très forts. Il ne faut pas confondre confessions intimes avec prosélytisme. Le livre est intitulé La Mauvaise Vie, c'est assez clair.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a name=&quot;polanski&quot; id=&quot;polanski&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mais Frédéric Mitterrand n'en a-t-il pas trop fait&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Frédéric Mitterrand a reconnu que sa déclaration était une erreur et a dit qu'il la regrettait. Je ne saurais mieux dire. Je comprends que l'on soit choqué par la &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/10/02/01016-20091002ARTFIG00005-au-c339ur-du-proces-de-roman-polanski-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;gravité des accusations contre Roman Polanski&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Mais j'ajoute que ce n'est pas une bonne administration de la justice que de se prononcer 32 ans après les faits alors que l'intéressé a aujourd'hui 76 ans.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a name=&quot;fillon&quot; id=&quot;fillon&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Depuis deux ans et demi on a tout dit sur vos relations avec François Fillon. Vous avez dit vous-même qu'à mi-mandat, la question d'un changement de premier ministre se poserait. Où en êtes-vous de votre réflexion&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est normal qu'on m'interroge sur mes relations avec le Premier ministre. C'est un grand classique de la vie politique depuis le début de la Ve République. François Fillon et moi nous travaillons main dans la main. Ni lui ni moi ne nous reconnaissons &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/03/01002-20091003ARTFIG00165-les-cartes-maitresses-de-sarkozy-pour-le-poste-de-premier-ministre-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;dans les commentaires qui sont faits sur nos relations&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Il est partie prenante à toutes les décisions. J'ai confiance en lui. Nous sommes complémentaires. Pourquoi voudriez-vous que je prenne une initiative politique, voire politicienne, qui viendrait compliquer le travail de modernisation de la France qui est déjà bien assez complexe et sur lequel je ne céderai pas.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Regrettez-vous le forfait de plusieurs ministres pour les régionales de mars&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un ministre, et un seul, a déclaré forfait, et je l'ai regretté. &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/12/01002-20091012ARTFIG00286-regionales-l-ump-revoit-ses-ambitions-a-la-baisse-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;Il s'agit d'Hubert Falco&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Brice Hortefeux et Roselyne Bachelot, je leur ai demandé de ne pas être tête de liste. J'ai souhaité que le ministre de l'Intérieur se consacre à 100&amp;nbsp;% à la politique de sécurité, je le dois aux Français. Je ne céderai pas un millimètre de terrain sur la question de la sécurité qui est ma priorité. J'ai en outre demandé à Brice Hortefeux de relancer avec beaucoup d'énergie la lutte contre la délinquance routière. Les assassins de la route seront réprimés avec une grande sévérité. Quant à Roselyne Bachelot, c'est une excellente ministre de la Santé et son engagement se devait d'être total face au risque de pandémie de grippe H1N1. Elle ne pouvait être candidate.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Souhaitez-vous poursuivre l'ouverture&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Autant il convient de se méfier de la cohabitation ou des coalitions, qui favorisent les manœuvres d'appareil et le système des partis, autant je crois plus que jamais à l'ouverture. Les ministres d'ouverture font un travail formidable. Ils démontrent chaque jour que les compétences et les talents n'appartiennent pas à un seul camp. Le sectarisme est un défaut rédhibitoire. Chaque jour j'essaye de demeurer ouvert aux idées comme aux autres c'est mon devoir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous du débat sur «la cagnotte scolaire», qui choque à gauche comme à droite&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je veux dire ma grande réticence à envisager une récompense financière pour les élèves qui renonceraient à l'absentéisme. Je ne peux accepter qu'on puisse récompenser des élèves simplement parce qu'ils vont à l'école. En revanche je partage &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/10/02/01016-20091002ARTFIG00540-absenteisme-une-cagnotte-pour-motiver-les-lyceens-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;l'idée de Martin Hirsch&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; de valoriser et de récompenser ceux qui font plus que leur devoir. Le mérite doit être encouragé, le non respect de la règle doit être sanctionné.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Raffarin propose une évolution vers un régime présidentiel avec raccourcissement à quatre ans du mandat présidentiel, suppression du droit de dissolution. Etes-vous d'accord avec cette idée&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ici aussi le débat ne me choque pas mais &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/15/01002-20091015ARTFIG00011-raffarin-prone-un-regime-presidentiel-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;quatre ans&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, ce serait une erreur car en réalité, il n'y aurait que deux années utiles, la première année étant consacrée à l'installation et la quatrième à la campagne. Par ailleurs, je ne suis pas favorable à la suppression du poste de Premier ministre. On n'est pas trop de deux pour assumer la responsabilité d'un pays de 65 millions d'habitants. Quant à la suppression du droit de dissolution, ce serait tourner le dos à la Ve République.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a name=&quot;clearstream&quot; id=&quot;clearstream&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Regrettez-vous d'avoir commenté l'affaire Clearstream et l'emploi du mot «coupables», lors de votre dernière interview télévisée&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/politique/2009/09/24/01002-20090924ARTFIG00598-le-lapsus-de-sarkozy-provoque-des-remous-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;Ce que je voulais, c'est que la vérité éclate&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Elle est en train d'éclater. Le mieux à faire est de laisser se dérouler ce procès, de faire confiance à la justice et de s'abstenir de tout commentaire. J'aurais été mieux inspiré de le faire dès le début.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Faut-il durcir la loi sur les multirécidivistes&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est profondément anormal qu'on laisse sortir de prison des malades sans leur imposer &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/international/2009/10/02/01003-20091002ARTFIG00477-des-mesures-pour-etre-plus-efficace-contre-la-recidive-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;des règles très strictes&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; au premier rang desquels un traitement médical. J'ai demandé que passe au Parlement, dès le mois de novembre, le texte sur les délinquants sexuels. Un criminel sexuel ne devra sortir de prison qu'après exécution de sa peine, c'est bien le moins, et après s'être engagé à suivre un traitement chimique qui contiendra sa libido.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La fermeture de la jungle de Calais a été difficile. Que vous inspire l'évolution des questions d'immigration en France&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Eric Besson a eu raison d'être déterminé. &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/09/29/01016-20090929ARTFIG00570-jungle-de-calais-la-plupart-des-migrants-ont-ete-relaches-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;Cette situation de non droit&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; était intolérable. Il nous reste encore une question à traiter, celle des deux ordres de juridiction administrative et judiciaire - qui ont à se prononcer sur la rétention des étrangers en situation irrégulière. A mes yeux, il n'en faut qu'un. Et s'il faut une réforme de la Constitution pour cela, nous la ferons.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a name=&quot;mandat&quot; id=&quot;mandat&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vous êtes à mi-mandat. Serez-vous à nouveau candidat en 2012&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est une question qui se posera dans le courant de l'année 2011 pas avant. Je veux faire de mon mandat cinq années utiles pour la France. J'ai à mes côtés un très bon premier ministre, un gouvernement qui fait preuve d'une grande solidarité et un parti majoritaire qui a atteint un niveau que nous n'aurions jamais imaginé, alors qu'autrefois on regardait la CDU allemande comme un géant. Je suis déterminé à me battre contre toutes les forces de l'immobilisme et de la réaction. Je veux une France compétitive, juste, moderne, de plain pied dans le XXI ème siècle. Pour la suite, en conscience, je ne suis pas encore prêt à répondre. Et croyez bien que cette réponse est sincère.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L'économie montre quelques signes encourageants. Sommes-nous en train de sortir de la crise&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'année dernière à la même époque, on nous prophétisait la violence dans les banlieues, l'explosion sociale et la paralysie Outre-mer. Un an après&amp;nbsp;? La France doit revoir ses prévisions de croissance à la hausse parce qu'elles étaient trop pessimistes. La France est, de tous les pays industrialisés, celui qui a le moins souffert de la crise. Nous aurons cette année une récession de l'ordre de 2&amp;nbsp;% alors que nous avions prévu 3&amp;nbsp;% et les signes de reprise sont plus marqués que partout ailleurs en Europe, comme en témoigne la hausse de 1,8&amp;nbsp;% de la production industrielle au mois d'août. Le gouvernement a géré au mieux cette crise sans précédent. Nous avons mis en œuvre un plan bancaire, un plan auto, un plan de relance qui ont été imités dans le monde entier… Cette stratégie porte ses fruits&amp;nbsp;: les résultats sont là mais on ne sera sorti de la crise que quand le chômage diminuera.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mais les déficits se creusent et la dette s'envole dans des proportions dangereuses…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D'abord, &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2009/10/01/04016-20091001ARTFIG00005-la-france-laisse-filer-les-deficits-pour-soutenir-la-croissance-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;avec un déficit de 8,2&amp;nbsp;% du PIB en 2009&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, la France fera mieux en valeur relative que les autres pays. Ensuite, ceux qui crient le plus fort sont ceux qui ont laissé déraper les déficits pendant des années et qui, curieux paradoxe, critiquaient notre plan de relance jugé trop timide. Avec la crise, la France a perdu 57 milliards d'euros de recettes, ce qui explique la dégradation des comptes publics. Nous sommes maintenant sortis de la dépression, mais si l'on relâche nos efforts, l'économie risque de rechuter et la situation des comptes sera pire. Le G20 a d'ailleurs été unanime sur ce point&amp;nbsp;: il faut soutenir la croissance. Voici la priorité. C'est ainsi que nous combattrons les déficits. Par ailleurs nous continuerons de réduire les dépenses publiques courantes. Je rappelle que nous avons diminué de 100 000 le nombre de fonctionnaires, dont le coût représente près de la moitié du budget de la France. Alors que la France avait créé un million d'emplois publics depuis 1992. Qui pourrait imaginer qu'on puisse continuer ainsi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a name=&quot;impots&quot; id=&quot;impots&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Même en cas de retour de la croissance, la France ne devra-t-elle pas, tôt ou tard, se résoudre à augmenter les impôts pour combler ses déficits&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts et je ne les augmenterai donc pas. Nous avons fait ce choix déterminé pour rompre avec une politique menée depuis vingt ans et qui a conduit à détruire des emplois en handicapant la compétitivité de notre économie. Je ne toucherai pas au bouclier fiscal car je crois au principe selon lequel on ne peut prendre à quelqu'un plus de la moitié de ce qu'il gagne. Si on laisse passer une exception, comme par exemple la CSG, ce n'est plus un bouclier. S'agissant des niches fiscales, nous verrons au cas par cas. Certaines peuvent être modifiées. Dans l'immobilier, par exemple, il n'y aura plus d'avantage fiscal si l'immeuble concerné n'est pas labellisé basse consommation.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une majorité de Français continue de s'inquiéter de l'instauration de la taxe carbone…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les Français ont compris que l'environnement pèse sur la santé publique, c'est donc une priorité pour notre avenir. Il y a urgence à agir pour modifier nos comportements&amp;nbsp;: produire propre et consommer propre. &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/vert/2009/09/10/01023-20090910ARTFIG00445-sarkozy-fixe-le-prix-de-depart-de-la-taxe-carbone-a-17-euros-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;Cette taxe sera intégralement remboursée aux ménages&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; à l'euro près dès février prochain. Pourquoi la France sera-t-elle écoutée à Copenhague&amp;nbsp;? Parce qu'elle a été à l'initiative. Nous allons entraîner le monde entier à prendre des engagements pour protéger l'avenir de la planète. Par ailleurs, nous obtiendrons la taxe carbone aux frontières de l'Europe. Ainsi, enfin, les importations financeront notre modèle social.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La suppression de la taxe professionnelle suscite un tollé dans les collectivités locales, qui craignent de perdre des ressources financières…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La taxe professionnelle était dénoncée de toutes parts comme un «impôt imbécile», qui taxait les investissements des entreprises. Cela a conduit à des délocalisations désastreuses, qui ont ravagé nos régions. La France doit rester une terre de production et d'industrie. Nous devons garder, préserver, défendre nos emplois. Pour cela, il faut supprimer la taxe professionnelle qui n'existe nulle part ailleurs en Europe. C'est une réforme difficile, &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/impots/2009/10/15/05003-20091015ARTFIG00001-la-reforme-de-la-taxe-pro-agite-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;qui suscite des inquiétudes&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; dans les collectivités, mais elle est nécessaire. Une négociation s'est engagée avec les élus et je suis sûr que nous allons trouver des solutions. Mais, au même titre que l'Etat diminue ses effectifs, il va falloir que les collectivités corrigent des mauvaises habitudes&amp;nbsp;: l'an dernier, leurs effectifs ont augmenté de 36 000 personnes, alors qu'aucun domaine de compétence nouveau ne leur a été transféré.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le déficit de la Sécurité sociale atteindra 30 milliards d'euros l'an prochain. Comment le résorber&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2009/10/01/04016-20091001ARTFIG00392-famille-retraite-maladie-les-trous-se-creusent-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;Ce déficit&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; est imputable pour les trois quarts à la baisse conjoncturelle des recettes liées à la crise, la réponse est donc dans le retour de la croissance. Par ailleurs, nous avons pris des mesures d'économies supplémentaires comme la hausse du forfait hospitalier de 16 à 18 euros. Je note que la plupart de ces mesures ont été proposées au gouvernement par les conseils des caisses gérant les différents régimes c'est-à-dire les partenaires sociaux. Ainsi, ils font preuve d'un grand sens des responsabilités.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Allez-vous modifier le régime des retraites comme vous l'aviez promis&amp;nbsp;? Seriez-vous prêt à revenir sur la retraite à 60 ans&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous ouvrirons le débat sans aucun tabou, je dis bien sans aucun tabou. Il sera lancé en 2010 et nous prendrons les décisions à la fin 2010. Je ne souhaite pas prendre position avant ce grand rendez-vous, où chacun s'exprimera sans aucune idée préconçue. Mais je dis aux Français que je n'éluderai pas mes responsabilités. Je garantirai la pérennité de notre modèle social.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi ne pas privatiser, comme s'apprête à le faire la Grande-Bretagne&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Puisque vous parlez de la Grande-Bretagne, vous noterez que son budget était excédentaire lorsque j'ai été élu, alors que le nôtre était en déficit d'un peu moins de 3&amp;nbsp;% du PIB&amp;nbsp;; elle est aujourd'hui dans le rouge à plus de 10&amp;nbsp;% et nous de 8&amp;nbsp;%. Nous n'avons donc pas à rougir de notre situation. Nous ne nous interdisons rien en matière de privatisation, mais ce n'est pas à l'ordre du jour et ce ne serait par exemple certainement pas le meilleur moment pour vendre une partie de nos actions dans Renault…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Sur les banques, vous avez été particulièrement dur ces derniers mois. Etes-vous aujourd'hui satisfait de leur comportement&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les banques ont répondu à nos attentes et deviennent exemplaires. Elles ferment leurs filiales dans les paradis fiscaux et le dispositif retenu par la France pour encadrer les bonus des traders s'est imposé au reste du monde lors du G20. L'aide que leur a fournie l'Etat a été profitable pour les contribuables. Les banques auront à la fin du mois remboursé 13 milliards sur les 20 que nous avions engagés. Au jour d'aujourd'hui cela a rapporté au budget de l'État 716 millions d'euros. Comme elle semble dépassée la polémique sur l'argent prétendu donné aux banques&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Qu'attendez-vous du grand emprunt&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un pays en crise a tendance à se replier sur lui-même. La France, qui sacrifie depuis trop longtemps l'investissement au profit des dépenses de fonctionnement, a besoin de projets porteurs d'avenir. Il nous faut avoir les meilleures universités du monde&amp;nbsp;: encore faut-il leur donner les fonds propres nécessaires pour attirer les meilleurs. Même chose pour les PME. Seulement 400 indépendantes sont exportatrices, faute de fonds propres suffisants. Il faut impérativement y remédier. Par ailleurs, pourquoi ne pas mettre en œuvre un grand programme sur les énergies renouvelables, à l'image de celui qui a fait le succès du nucléaire français&amp;nbsp;? Pourquoi ne pas lancer un grand programme de recherche sur la dégénérescence des cellules, à l'origine de maladies comme le cancer, le sida ou Alzheimer, en associant public et privé&amp;nbsp;? Pourquoi, alors que les Chinois préparent des concurrents d'Airbus, ne pas travailler sur l'avion du futur&amp;nbsp;? C'est tout l'objet des réflexions autour de &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/editos/2009/09/23/01031-20090923ARTFIG00527-un-grand-emprunt-au-service-de-la-croissance-de-demain-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;cet emprunt&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; et j'attends beaucoup des travaux de la Commission Juppé-Rocard.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quelles seront les modalités de l'emprunt&amp;nbsp;? Ferez-vous appel aux particuliers&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les modalités sont secondaires. Seuls comptera l'utilisation que nous en ferons pour préparer l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quelles réponses apportées après les vingt-cinq suicides qu'a connus France Télécom&amp;nbsp;depuis deux ans&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il ne faut pas exploiter &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/10/15/01016-20091015ARTFIG00616-un-25e-salarie-de-france-telecom-se-suicide-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;ces drames humains douloureux&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Mais ils viennent rappeler que le travail des salariés doit être placé au-dessus du reste. Ils doivent évoluer dans un environnement de qualité et recueillir le fruit de leurs efforts à travers le salaire, l'intéressement et la participation. Trop longtemps, la vie des entreprises a tourné autour du cours de Bourse et du court terme, au détriment des conditions de travail et des relations sociales. C'est la raison pour laquelle j'ai voulu en finir avec les bonus excessifs des traders. &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/economie/2009/09/15/04001-20090915ARTFIG00007-pib-sarkozy-veut-sortir-de-la-religion-du-chiffre-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;Des salariés heureux&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; au travail sont un élément de la compétitivité d'une entreprise. On a trop privilégié dans certaines entreprises l'avis des analystes financiers et ainsi on a oublié la qualité des relations sociales. La moralisation du capitalisme doit nous amener à changer cette détestable habitude.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les agriculteurs organisent une grande manifestation ce-jour, en raison de la baisse de leur revenu&amp;nbsp;? Quelles réponses comptez-vous apporter aux difficultés répétées que traverse ce secteur&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'agriculture et la ruralité sont deux éléments de notre identité nationale. A ce titre ils doivent être au cœur des préoccupations du Chef de l'État. J'ajoute que l'agriculture est un élément décisif de notre compétitivité économique. Je n'accepterai jamais que l'agriculture française, comme européenne, soit sacrifiée sur l'autel d'une mondialisation anarchique. On a vu où a failli nous conduire la dérégulation de la finance. Il nous faut porter une nouvelle régulation agricole qui considérera les agriculteurs comme des entrepreneurs, qui ne craindra pas la préférence communautaire et qui assurera la sécurité alimentaire des consommateurs européens, et qui enfin garantira aux agriculteurs un juste prix de leur travail. La France sera au premier rang de ce combat. Avant la fin du mois, je prendrai des initiatives fortes sur l'ensemble de ces sujets.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a name=&quot;afghanistan&quot; id=&quot;afghanistan&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les Etats-Unis s'apprêtent à envoyer 13 000 hommes supplémentaires en Afghanistan. La France doit-elle aussi renforcer son contingent sur place&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/international/2009/10/14/01003-20091014ARTFIG00054-le-pentagone-doute-de-ses-capacites-face-au-defi-afghan-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;Faut-il rester en Afghanistan&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; Je réponds oui. Et rester pour gagner. Pas contre l'Afghanistan, mais pour l'Afghanistan. Si nous partons, c'est le Pakistan, puissance nucléaire, qui sera menacé. Mais la France n'enverra pas un soldat de plus. Ma conviction, c'est qu'il faut davantage de soldats afghans. Ce sont eux qui seront les plus efficaces pour gagner cette guerre, parce que c'est leur pays. Mais il faut les payer davantage afin d'éviter des désertions au bénéfice des Talibans.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Si l'Iran n'accepte pas de coopérer avec l'AIEA avant la date limite de décembre que vous avez fixée, quelles sanctions faudra-t-il prendre&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Attendons les contrôles de l'AIEA. &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/10/12/01011-20091012FILWWW00283-nucleaire-ahmadinejad-optimiste.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;L'Iran et ses dirigeants&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; sont maintenant au pied du mur. Ce serait une bonne nouvelle qu'ils laissent ces contrôles s'effectuer jusqu'au bout. Sinon, ils auraient à en assumer toutes les conséquences. Et je me félicite en ce sens des déclarations récentes du président russe Medvedev.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a name=&quot;lisbonne&quot; id=&quot;lisbonne&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment jugez-vous le refus du président tchèque Vaclav Klaus de signer le traité de Lisbonne&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/international/2009/10/10/01003-20091010ARTFIG00141-traite-de-lisbonne-les-tcheques-s-obstinent-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;Ce refus&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; est d'autant plus inadmissible que le Parlement tchèque a voté en faveur du traité et que le gouvernement tchèque est favorable à sa ratification. Mais le président tchèque ne pourra pas jouer sur les deux tableaux. L'heure du choix arrive pour lui et il ne sera pas sans conséquence. En tout état de cause, cette question sera réglée à la fin de l'année.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une fois Lisbonne ratifié, Tony Blair peut-il être un bon candidat à la présidence de l'Union européenne&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/international/2009/10/08/01003-20091008ARTFIG00018-tony-blair-domine-la-course-a-la-presidence-de-l-europe-.php&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3165b0;&quot;&gt;Il est trop tôt pour le dire.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; Il y aura un débat. Nous sommes en présence de deux thèses&amp;nbsp;: faut-il un président fort et charismatique ou un président qui facilite la recherche du consensus et qui organise le travail&amp;nbsp;? Personnellement, je crois en une Europe forte politiquement et incarnée. Mais le fait que la Grande-Bretagne ne soit pas dans l'euro reste un problème.&lt;/p&gt; &lt;!-- google_ad_section_end() --&gt;&lt;!-- Template : Outils.php --&gt; &lt;p&gt;&lt;script src=&quot;http://www.hautetfort.com/scripts/tooltip/tooltip.js&quot; type=&quot;text/javascript&quot;&gt; //&lt;![CDATA[ &lt;!--  &lt;!    // --&gt;// --&amp;gt; //]]&gt; &lt;/script&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Europe de la défense : les nouveaux défis.</title>
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<updated>2009-10-15T10:02:00+02:00</updated>
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<summary>   Par Javier Solana,     Haut Représentant de l'UE pour la Politique...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/01/02/2125794945.jpg&quot; alt=&quot;eb8ac72a-b7c3-11de-a8ab-2fd8d928ab23.jpg&quot; id=&quot;media-2042213&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2042213&quot; /&gt;Par Javier Solana,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Haut Représentant de l'UE pour la Politique étrangère et de sécurité commune.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Figaro,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;le 13 octobre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.consilium.europa.eu/showPage.aspx?id=261&amp;amp;lang=fr&quot;&gt;Politique européenne de sécurité et de défense&lt;/a&gt; a dix ans. Quels doivent être les axes d'efforts des prochaines années&amp;nbsp;? À l'évidence, certaines des crises qui secouent le monde d'aujourd'hui vont continuer de nous mobiliser pour longtemps encore. Sans compter que de nouveaux conflits peuvent toujours surgir. L'enjeu est clair&amp;nbsp;: pour les crises existantes ou celles qui menacent, disposer des instruments adéquats pour créer, sur le terrain, les conditions d'une solution.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour relever ce défi, deux nouveaux éléments viennent aider l'Union&amp;nbsp;: les avancées promises par le &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://eur-lex.europa.eu/JOHtml.do?uri=OJ:C:2007:306:SOM:FR:HTML&quot;&gt;traité de Lisbonne&lt;/a&gt; en matière d'action extérieure d'une part&amp;nbsp;; la nouvelle donne transatlantique d'autre part, depuis le retour de la France dans les structures militaires intégrées de l'Otan jusqu'à la confirmation par l'Administration Obama de la nécessité d'une Europe de la défense.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans ce nouveau cadre, je vois trois axes d'effort. Premièrement, parachever la mise en ordre des instruments existants. Rassembler les outils diplomatiques traditionnels de l'Union européenne et les placer sous l'autorité d'un seul et unique haut représentant qui contrôlera aussi les outils de gestion de crise de l'UE, sera le gage d'une plus grande efficacité. C'est tout l'enjeu de la mise en œuvre du traité de Lisbonne, lorsque celui-ci sera définitivement ratifié. L'opérationnalité du nouveau dispositif ne sera pas assurée en une nuit. Nous parlons de mettre sur pied ce qui doit devenir le premier réseau diplomatique mondial, épaulé par les ressources civiles et militaires de 27&amp;nbsp;États membres et fort d'un budget communautaire de près de 50&amp;nbsp;milliards d'euros d'ici à 2013.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Deuxième axe&amp;nbsp;: renforcer la capacité de l'Union européenne à déployer des &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.consilium.europa.eu/showPage.aspx?id=268&amp;amp;lang=fr&quot;&gt;opérations de paix&lt;/a&gt;. C'est grâce aux progrès accomplis depuis dix ans que celle-ci, sous la présidence de la France, a déployé en 2008, en moins de trois semaines, l'opération qui a permis d'enrayer, dans le Caucase, la crise entre la Russie et la Géorgie. C'est également grâce au succès de ses opérations en Indonésie, après le tsunami, ou dans la région des Grands Lacs africains que l'Europe a acquis l'expérience et l'autorité nécessaires pour conduire des opérations plus ambitieuses encore. En clair, les Européens ont fait la démonstration de leur capacité à déployer des opérations civiles, de la lutte contre le crime organisé dans les Balkans à la formation de la police afghane, et des opérations militaires, pour prévenir de nouvelles catastrophes humanitaires au Tchad ou sécuriser des élections au Congo. Ce sont, au final, pas moins de 23&amp;nbsp;opérations sur quatre continents, soit près de soixante-dix mille hommes et femmes, que l'Europe a déployées depuis 2003. Avec à chaque fois le souci de porter secours à des populations en détresse ou à des citoyens européens dont la sécurité et les intérêts sont directement menacés. Tels sont les paramètres de l'Europe de la défense. La route est désormais tracée&amp;nbsp;; l'élan donné. Nul retour en arrière n'est envisageable. Preuve en est&amp;nbsp;: si demain Israéliens et Palestiniens parviennent à un accord, l'Europe sera attendue par ses principaux partenaires, américains et russes, pour assumer toute sa part, sur le terrain, dans la mise en œuvre d'une paix historique. Mais engager des hommes et des femmes sur des théâtres lointains avec le matériel adéquat a un coût. Garantir l'efficacité de la dépense dans un environnement économique soumis aujourd'hui à des contraintes&amp;nbsp;: c'est le dernier axe d'efforts.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En amont, la mutualisation des programmes européens de recherche et de développement de défense a encore plus de sens aujourd'hui qu'hier. Pour autant, la partie n'est pas gagnée. Des habitudes ont été créées, mais elles ne sont pas encore devenues des réflexes. Des expériences passées doivent être tirées toutes les leçons. Avec franchise. Les intérêts économiques et stratégiques des industries européennes en dépendent. En aval, ceci impose de développer davantage l'interopérabilité de nos moyens militaires et civils entre eux. Engager sous un même drapeau européen les soldats et les policiers de plus de vingt nationalités différentes n'est pas une mince affaire. Et ce sera plus complexe lorsque nous prendrons la décision de lancer des opérations européennes de protection civile, avec secouristes et pompiers des 27&amp;nbsp;États membres.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Enfin, il faut être capable de déployer une opération là où l'urgence humanitaire l'impose, mais là aussi où l'on est assuré de la plus-value de l'engagement européen. L'Union européenne, comme les Nations unies, l'Otan ou l'Union africaine ont leurs spécificités propres, des ressources autant que des contraintes particulières pour s'engager ou non dans telle ou telle région du monde.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'efficacité de l'action dépendra de la complémentarité et du partage intelligents des responsabilités pour gérer et régler les crises de demain.L'Europe de la défense a fait ses preuves depuis 1999. Mais elle n'a pas épuisé toutes ses vertus. C'est une chance qu'il faut saisir.&lt;/p&gt; &lt;!-- google_ad_section_end() --&gt;&lt;!-- Template : Outils.php --&gt; &lt;p&gt;&lt;script src=&quot;/scripts/tooltip/tooltip.js&quot; type=&quot;text/javascript&quot;&gt; &lt;/script&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Appel de Cotonou contre les faux médicaments</title>
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<updated>2009-10-28T06:30:07+01:00</updated>
<published>2009-10-13T06:25:00+02:00</published>
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<summary>   Discours     du   Président Jacques CHIRAC,     le 12 octobre 2009....</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/01/02/1118390497.jpg&quot; alt=&quot;Cotonou2.jpg&quot; id=&quot;media-2067574&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Discours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;du&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Président Jacques CHIRAC,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;le 12 octobre 2009.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;Monsieur le Président de la République du Bénin,&lt;br /&gt; Messieurs les Présidents,&lt;br /&gt; Mesdames et Messieurs les Ministres,&lt;br /&gt; Chers amis,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La joie d’être parmi vous le dispute à la gravité du sujet.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Médecins, pharmaciens, industriels, juristes, fonctionnaires de l’Etat, citoyens, vous vous êtes engagés à combattre l’économie criminelle des faux médicaments. La Fondation que j’ai créée pour servir la paix a fait de l’accès aux médicaments de qualité l’un de ses objectifs prioritaires.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je veux d’abord saluer aujourd’hui celles et ceux qui ont réussi à faire du Laboratoire de Contrôle de la Qualité des médicaments de Cotonou, une référence qui servira d’exemple à d’autres implantations. Cet après-midi, je visiterai ses nouveaux bâtiments construits à l’initiative du Ministère de la Santé du Bénin et réalisés en partie avec notre concours. Car le début du combat c’est de se donner les moyens de vérifier la qualité des médicaments mis sur le marché et disponibles dans les hôpitaux, les dispensaires et les officines.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; De toutes les inégalités, la plus blessante est l’inégalité devant la santé.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je me suis battu dans mon propre pays pour que les plus démunis aient accès aux soins ; pour que les traitements pionniers ne soient pas réservés aux privilégiés ; pour que nous trouvions des solutions afin d’abaisser le coût des médicaments destinés aux pays les plus pauvres, et des financements innovants permettant d’atteindre les Objectifs sanitaires du millénaire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L’économie criminelle des faux médicaments me révolte.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Parce qu’elle s’attaque aux pays les plus pauvres, et, en leur sein, à des familles sans protection sociale et sans moyens ;&lt;br /&gt; Parce qu’elle concerne les médicaments les plus indispensables à la santé individuelle et collective : ceux qui soignent le paludisme, la tuberculose, le SIDA ;&lt;br /&gt; Parce qu’elle s’insinue partout, sur les marchés des rues, comme sur Internet, et qu’elle grossit au point que ses revenus dépassent ceux du trafic de la drogue ;&lt;br /&gt; Parce que les faux médicaments ne se contentent pas de tromper l’espérance des patients et qu’ils sont souvent des poisons qui tuent ou handicapent.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Qu’on ne me dise pas qu’il ne s’agit pas d’un crime.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En effet, selon l’OMS :&lt;br /&gt; Un médicament sur quatre utilisé dans les pays en développement est faux.&lt;br /&gt; 200.000 décès par an pourraient être évités, si les médicaments prescrits contre le paludisme étaient conformes à la réglementation et capables de traiter réellement la maladie.&lt;br /&gt; C’est pourquoi, devant ces drames, nous voulons lancer, aujourd’hui, de Cotonou, ville exemplaire, cet appel contre l’impunité et l’indifférence que je me permets de vous proposer.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; “Nous, chefs d’Etat, ou anciens chefs d’Etat, responsables politiques et citoyens des nations d’Afrique, des Amériques, d’Asie et d’Europe, réunis à Cotonou ce lundi 12 Octobre 2009 à l’invitation de son Excellence Monsieur Thomas Boni Yayi, Président de la République du Bénin, et à l’initiative de la Fondation Chirac,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Considérons que l’accès universel à des soins et des médicaments de qualité est un droit fondamental ;&lt;br /&gt; Considérons que dans la plupart des pays en développement, des franges importantes de la population n’ont pas accès à ce droit fondamental, ce qui est contraire à la dignité humaine et constitue une injustice génératrice de déséquilibres et de tensions ;&lt;br /&gt; Considérons que la production et la vente de faux médicaments constituent un crime et une atteinte à l’ordre public ;&lt;br /&gt; Considérons que le trafic international des faux médicaments nuit gravement aux relations pacifiques entre les Etats ;&lt;br /&gt; Considérons qu’un terme doit être mis le plus rapidement possible à la production, au trafic international et à la commercialisation illicites des faux médicaments ;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En conséquence :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Exprimons le vœu que les Etats mettent en œuvre, sans délai, des politiques sécurisées d’accès universel à des médicaments de qualité, en cohérence avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement ;&lt;br /&gt; Exhortons les chefs d’Etat et de Gouvernement, les responsables d’organisations internationales et d’organisations non gouvernementales à prendre la pleine mesure des enjeux de santé et de sécurité publiques liés au fléau des faux médicaments et à décider au plan national de mesures appropriées :&lt;br /&gt; - la mise en application stricte des textes législatifs et réglementaires dans les Etats qui en disposent ; et l’instauration d’un cadre législatif et réglementaire, là où il fait défaut ;&lt;br /&gt; - la mise en place, sur le terrain, d’instruments efficaces de lutte contre le trafic ; avec des personnels formés et des dispositifs répressifs adaptés à la réalité du trafic des faux médicaments ;&lt;br /&gt; - le renforcement des capacités des personnels de santé dans la prévention et la lutte contre les faux médicaments ;&lt;br /&gt; - la sensibilisation et l’information du public sur les méfaits des faux médicaments ;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; A cet effet,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nous engageons à œuvrer ensemble en vue d’éradiquer la production, le trafic et le commerce illicites des faux médicaments ;&lt;br /&gt; Appelons à la responsabilisation de tous les acteurs, y compris des populations, pour mettre en oeuvre les dispositions qui s’imposent ;&lt;br /&gt; Proposons d’accroître la mise à disposition de médicaments génériques de qualité pour tous, notamment ceux de la liste des médicaments essentiels établie par l’Organisation Mondiale de la Santé.&lt;br /&gt; Invitons les chefs d’Etat et de Gouvernement, les responsables d’Organisations internationales, d’organisations non gouvernementales et les chefs d’entreprise concernés à se réunir à Genève en 2010 pour une conférence mondiale visant à arrêter les principes de base d’une Convention internationale de lutte contre les faux médicaments.”&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mes chers Amis, nous sommes tous conscients de l’importance de ce geste et je vous invite maintenant à signer cet Appel.&quot;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Jacques Chirac&lt;br /&gt; Président de la fondation Chirac,&lt;br /&gt; Cotonou, Bénin, 12 octobre 2009&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;em&gt;Source: Fondation Chirac&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Gorbatchev : «On a évité une troisième guerre mondiale»</title>
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<summary>   Interview de Mikhaïl Gorbatchev,   dernier président de l'URSS.    &amp;nbsp;...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/00/02/114694174.jpg&quot; alt=&quot;3d4ea1c2-b6e7-11de-b400-58d086bb227c.jpg&quot; id=&quot;media-2035547&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Interview de Mikhaïl Gorbatchev,&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;dernier président de l'URSS.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Entretien publié dans Le Figaro, le 12 octobre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;LE FIGARO. - Il y a vingt ans, vous étiez au pouvoir en Union soviétique au moment de la chute du mur de Berlin. L'aviez-vous vue venir ou vous a-t-elle pris par surprise&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Mikhaïl GORBATCHEV. - Il aurait été difficile de me surprendre à cette époque-là. Ces événements étaient le résultat d'un long processus. Cela faisait longtemps que j'étais dans les cercles du pouvoir et je connaissais parfaitement la situation. Quand je suis devenu le leader de l'Union soviétique, l'une des pierres angulaires de ma vision du monde était de considérer l'Europe comme notre maison commune. J'avais d'ailleurs proposé, au cours d'une visite en France, que nous bâtissions cette maison commune. Et la question allemande faisait partie de cette vision. L'unification de l'Allemagne a été possible parce qu'elle a été précédée de grands changements en URSS, en Europe centrale et de l'Est, dans les relations avec les pays occidentaux et particulièrement avec les États-Unis, avec qui nous étions alors en très mauvais termes. Quand je suis arrivé à la tête de l'URSS, les responsables soviétiques et américains ne s'étaient pas rencontrés depuis six ans. Quelques années plus tard, nous avions changé cela. Et c'est l'ensemble de ces changements qui a entraîné la possibilité de la réunification. Lors d'une visite en RDA en 1989, à l'occasion du 40e&amp;nbsp;anniversaire de la République est-allemande, j'ai été très impressionné par ce que j'ai vu. J'ai longuement parlé avec le président Erich Honecker et il m'a étonné. Je pensais qu'il ne comprenait pas ce qui se passait. Ou qu'il refusait d'accepter le processus qui était en cours et qui, de toute évidence, mettait la question de l'unité de l'Allemagne sur la table. Il y avait un grand défilé, les vingt-huit régions de la RDA étaient représentées. Les jeunes qui participaient à la manifestation criaient des slogans qui prouvaient que le pays était en effervescence et qu'il allait y avoir de grands changements très bientôt… Le premier ministre polonais, Mieczyslaw Rakowski, s'est approché de moi en me demandant si je comprenais l'allemand. J'ai répondu&amp;nbsp;: suffisamment pour savoir ce que disent les pancartes et les slogans. Alors il m'a dit&amp;nbsp;: c'est la fin. J'ai dit oui.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;À vous entendre, c'est presque comme si vous aviez vous-même planifié tout cela&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Non, je ne l'ai pas planifié. D'ailleurs, en juin 1989, à l'occasion d'une visite en RFA, après un entretien avec Helmut Kohl, un journaliste m'a demandé si nous avions évoqué la question allemande. J'ai répondu que oui. J'ai déclaré que la division de l'Allemagne était un héritage de l'histoire, de la Seconde Guerre mondiale. Mais que c'était à l'histoire de dire ce qu'il en adviendrait. Les journalistes n'étaient pas contents et ils ont insisté en me demandant quand aurait lieu la réunification. J'ai répondu que cette question serait probablement résolue au XXIe&amp;nbsp;siècle et que ce serait l'histoire qui déciderait. Vous voyez, c'était ma position quelques mois avant la chute du Mur… Et puis il y a eu les changements en URSS, en Europe centrale et de l'Est, la «&amp;nbsp;révolution de velours&amp;nbsp;», les nouvelles relations avec les États-Unis, le désarmement. Tout cela a entraîné la spirale des événements, même si la RDA était encore une sorte d'île dans cette mer de changement.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous eu la tentation de recourir à la force pour arrêter les mouvements à l'œuvre en Europe de l'Est&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Vous savez, quand mon prédécesseur, Konstantin Tchernenko, est mort, en 1985, les leaders des pays du pacte de Varsovie sont venus aux funérailles à Moscou. Nous nous sommes réunis dans mon bureau. Je les ai remerciés et je leur ai dit&amp;nbsp;: nous ne ferons rien qui puisse compliquer nos relations avec vous. Nous respecterons nos obligations, mais vous êtes responsables de votre politique, de votre pays, et nous sommes responsables de notre politique, de notre pays. En 1985, donc, je leur ai promis que nous n'interviendrions pas -&amp;nbsp;et nous ne sommes jamais intervenus. Si nous l'avions fait, alors je ne serais probablement pas là aujourd'hui, avec vous… Cela, je peux vous l'assurer.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Que se serait-il passé, selon vous&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; On aurait pu avoir une Troisième Guerre mondiale… À l'époque, l'Europe était pleine d'armes nucléaires. Il y avait environ deux millions de troupes des deux côtés du rideau de fer… Imaginez simplement ce qui aurait pu arriver si nous avions utilisé la force…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quelle était, à cette époque, votre vision de l'avenir de l'Union soviétique&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; C'était une vision qui nous a conduits à engager des changements démocratiques, à ouvrir le pays, à réformer notre union et notre économie, à rendre leur liberté de mouvement aux citoyens, à introduire la liberté d'expression et de religion. À cette époque, je n'avais aucune hésitation, je savais que c'était le chemin à suivre. Et j'ai cru que l'on pourrait ainsi préserver l'Union soviétique. Mais, après les élections libres de 1989, certains, au sein du Parti communiste, ont réagi férocement contre toutes ces réformes. Le parti était alors divisé&amp;nbsp;: 84&amp;nbsp;% des députés en étaient membres, mais la nomenklatura avait perdu les élections. J'avais toutes les raisons de croire que la perestroïka était soutenue par la majorité. Il n'empêche que la nomenklatura a essayé à plusieurs reprises de me renverser, de me démettre lors des réunions du Soviet suprême. Les adversaires de la perestroïka n'ont pas été capables de s'opposer à nous légalement, politiquement. C'est pour cela qu'ils ont organisé un coup d'État en 1991. Nous avons sous-estimé le danger, nous aurions dû agir avec plus de fermeté pour empêcher cela. Je pense que les défenseurs de la perestroïka, y compris moi-même, nous avons été trop confiants. Nous croyions être sur la bonne voie. À cette époque, nous avions préparé un programme pour redresser la situation économique en URSS. Ce programme avait été soutenu par toutes les Républiques, même les Républiques baltes. Début août, nous avions aussi préparé un nouveau traité pour l'Union. En novembre 1991, nous voulions tenir un congrès pour réformer le parti. Nous pensions que, dans cette situation, il aurait été irresponsable pour quiconque d'organiser un coup d'État. Malheureusement, ils l'ont fait, et certains de ceux qui ont organisé le coup faisaient partie de mon entourage, de mon cercle rapproché.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment interprétez-vous aujourd'hui la nostalgie de l'empire et de l'Union soviétique qui se manifeste au sein du pouvoir et de la population russes&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Je connais la situation. Je pense qu'il ne faut pas exagérer cette tendance. Dans un sondage réalisé en 2005 pour le 20e&amp;nbsp;anniversaire de la perestroïka, 55&amp;nbsp;% des gens estimaient que les changements avaient été nécessaires, alors qu'ils étaient minoritaires dix ans plus tôt. Les deux tiers des Russes se disent favorables aux élections libres, à l'économie de marché et à la liberté de mouvements…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Oui, mais Staline est plus populaire aujourd'hui qu'hier…&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Je ne le pense pas. Il est vrai que certains manifestent dans la rue avec des portraits de Staline. Cela prouve surtout que la Russie n'a pas totalement réussi son processus de changement. Mais cela, on le savait déjà. Quoi qu'il en soit, il n'y aura pas de retour vers le passé. On ne peut pas faire marche arrière. Cela n'arrivera pas.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quel jugement portez-vous sur la politique du tandem Medvedev-Poutine&amp;nbsp;? Ces deux hommes mènent-ils la Russie sur la bonne voie&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Le premier mandat de Vladimir Poutine était plutôt positif. Il a mis fin au processus de désintégration de la Russie, qui était extrêmement dangereux. Il a stabilisé la situation&amp;nbsp;: ne serait-ce que pour cela, il aura sa place dans l'histoire. Mais je ne vois pas de véritable effort de modernisation, c'est le principal problème. Les conditions étaient favorables, grâce à l'augmentation du prix du pétrole… Mais je m'interroge sur la manière dont ont été utilisés ces millions de pétrodollars. Je crois qu'ils ont permis à leurs amis d'acheter les Champs-Élysées et le reste de la France… Je plaisante, mais je pense qu'une grande partie de cet argent a été gaspillée et qu'il n'a pas été utilisé pour moderniser le pays. Ils auraient dû agir beaucoup plus tôt pour améliorer la situation économique, moderniser la Russie et aussi la démocratiser. D'un côté, ils ont arrêté l'incendie&amp;nbsp;; de l'autre, ils ont commis des erreurs.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le problème essentiel relève-t-il selon vous de la politique économique ou de la corruption&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Ce qu'il faut au pays, c'est un nouveau système, un nouveau modèle de développement. Et, pour le bâtir, il faut venir à bout de la corruption. Pour l'instant, je vous l'accorde, ce n'est pas le cas. Mais qui vivra verra.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous que Medvedev et Poutine vont saisir la main tendue par Barack Obama&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Ce n'est pas seulement Barack Obama qui est à l'origine de cette opportunité dans la relation russo-américaine. Mais c'est une personne sérieuse, qui comprend la situation de crise, qui milite en faveur de la dénucléarisation et qui a pris la mesure des problèmes environnementaux. C'est un bon interlocuteur pour nos dirigeants, parce que c'est aussi ce qu'ils souhaitent. J'ai un sentiment positif à l'égard du président américain. Et, oui, je crois que la Russie veut saisir cette chance. Mais on ne sait jamais…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vous avez reçu le prix Nobel de la paix en 1990. Pensez-vous que celui qui vient d'être décerné à Barack Obama est mérité ou prématuré&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Je lui ai écrit pour le féliciter. J'ai dit que c'était le bon choix car je me sens proche de sa vision du monde. Il lui faudra beaucoup de détermination, d'autorité internationale et de talent de communication pour la mettre en œuvre. Je lui souhaite de réussir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vous avez retiré les troupes russes d'Afghanistan. Vingt ans après, Barack Obama s'apprête à décider, ou non, l'envoi de renforts américains dans ce pays. Que lui conseilleriez-vous&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Nous avons traversé une période identique à celle que connaît Obama en Afghanistan. Nous aussi, nous avons dû remettre à plat notre stratégie et nos politiques. Je pense que l'objectif ultime des Américains devrait être le retrait de leurs forces. Mais je n'ai pas de recommandation à lui faire. Sans doute aurait-il mieux valu ne pas s'y engager… Pendant que nous nous retirions d'Afghanistan, les Américains travaillaient avec les Pakistanais pour créer les talibans, alors qu'ils nous affirmaient vouloir un pays «&amp;nbsp;libre et stable, en bons termes avec nos deux nations&amp;nbsp;»… Aujourd'hui, ils en récoltent les fruits. D'un autre côté, j'admets qu'il est nécessaire d'agir contre les noyaux terroristes…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vous êtes à la tête de Green Cross («&amp;nbsp;la croix verte&amp;nbsp;»), une ONG vouée à la protection de l'environnement&amp;nbsp;: êtes-vous confiant avant la réunion mondiale prévue en décembre à Copenhague sur le réchauffement climatique&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Je veux croire que ce sera une étape majeure dans la bonne direction. De solides travaux préparatoires ont eu lieu. Les problèmes environnementaux nous étranglent&amp;nbsp;: nous devons faire en sorte d'éviter une catastrophe, d'échapper au désastre. Il ne faut pas que la température moyenne de la planète augmente de plus de 2&amp;nbsp;%&amp;nbsp;: même cet objectif sera très difficile à atteindre. Les États doivent maintenant prendre des mesures décisives.&lt;/p&gt;
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<name>Nicolas CALLEGARI</name>
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<title>Un reflet du désespoir qui règne à l'école.</title>
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<updated>2009-10-10T05:42:35+02:00</updated>
<published>2009-10-10T05:36:00+02:00</published>
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<summary>   Par Chantal Delsol,     Philosophe, Membre de l'Institut.    &amp;nbsp;...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://blogdenicolascallegari.hautetfort.com/media/02/00/1143847489.jpg&quot; alt=&quot;chantaldelsol.jpg&quot; id=&quot;media-2031448&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Par Chantal Delsol,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Philosophe, Membre de l'Institut.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;Tribune publiée dans Le Figaro,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;em&gt;le 09 octobre 2009.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Devenus impuissants à lutter contre l'absentéisme scolaire, quelques lycées ont pris la décision de récompenser les classes assidues en leur consentant des «cagnottes» permettant de financer des projets comme l'obtention de permis de conduire ou des voyages. L'affaire fait grand bruit. Affaire de détail, mais si révélatrice de l'état où se trouve l'institution scolaire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ceux qui considèrent l'enfant comme un citoyen à part entière, autonome par nature, nanti de toutes sortes de droits (dont le droit de grève) qu'il peut revendiquer avec véhémence, devraient juger la chose normale&amp;nbsp;: l'enfant est aussi un travailleur comme un autre, susceptible de recevoir des émoluments pour sa présence et son labeur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Naturellement, les défenseurs de cette mesure arguent qu'il ne s'agit pas de rétribuer l'élève personnellement, mais de financer toute une classe pour son assiduité. En quoi serait-ce plus justifiable&amp;nbsp;? L'idée de «cagnotte» suppose une responsabilité collective. Ce qui est parfaitement injuste. La responsabilité collective ne s'entend que dans un groupe communautaire, c'est-à-dire réuni par des liens de sang, de croyance ou d'affection indélébile, ou à la limite, dans un groupe menacé en situation exceptionnelle. Une classe n'est pas une communauté, mais un ensemble de personnes réunies par un but commun, qui peuvent être solidaires, mais ne répondent pas les unes des autres. On imagine la pression des bons élèves sur les habitués de l'école buissonnière… La rétribution a clairement été collectivisée pour échapper au reproche de l'individualisme marchand. Car il est bien curieux de voir sortir cette mesure dans une société où toute relation d'argent est vilipendée à temps et à contretemps. Autrement dit&amp;nbsp;: l'argent doit vous paraître détestable, sauf à être remis au groupe tout entier. Quelle hypocrisie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;h3 style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pantalonnade&lt;/h3&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La mesure, qui sera tentée à titre d'essai dans quelques lycées, traduit, au-delà de son aspect de pantalonnade, le désespoir qui règne dans l'école. Elle nous apprend (cela n'est pas clamé sur les toits, naturellement), que l'absentéisme est devenu monnaie courante au lycée. On peut comprendre que beaucoup d'élèves multiredoublants, qui ne restent là que par obligation de présence avant d'avoir le droit légal de travailler, s'ennuient mortellement et préfèrent tâter des petits boulots au lieu d'écouter à longueur de journée des cours qui ne les concernent plus. Il faut comprendre aussi que l'on ne peut plus punir les absences, et il faut comprendre que les parents n'ont plus l'autorité suffisante pour persuader un adolescent de 15&amp;nbsp;ans d'aller à l'école.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'Éducation nationale finira-t-elle par se rendre compte qu'il serait préférable pour certains enfants de commencer un apprentissage plus tôt, et que son patron en lui imposant de venir travailler le matin, le construira au lieu de le détruire (les patrons sont tous des exploiteurs, comme on sait)&amp;nbsp;? Finira-t-elle par saisir que des punitions justifiées construisent l'adolescent en même temps qu'elles le contraignent (la contrainte est fasciste, comme on sait)&amp;nbsp;? Les parents finiront-ils par saisir que surveiller et punir un enfant n'est pas un délit foucaldien, mais un geste de construction de la personnalité&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;h3 style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Des générations de petits tyrans&lt;/h3&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous nous trouvons là devant l'impuissance affichée d'adultes terrorisés par des enfants-rois&amp;nbsp;: lesquels, en conséquence, ne deviendront pas des adultes, puisque personne n'ose leur fixer des limites. Nous fabriquons des générations de petits tyrans, qui continueront de se croire tout permis, exhiberont un ego surdimensionné, et se prétendront victimes des moindres déboires de la vie, à moins qu'ils ne deviennent tout simplement des flambeurs criminels.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En même temps, cette méthode proprement incroyable pour répondre au problème de l'absentéisme scolaire signe le caractère décidément maternel, et despotique au sens littéral, de l'État français. Au même moment, on nous annonce l'installation de brigades de sécurité scolaire qui pourront intervenir dans les lycées menacés de violences. C'est dire que l'État se donne pour mission d'éduquer lui-même les enfants, à savoir à la fois de punir et de récompenser. Ce qui revient aux familles, si elles veulent, du moins, façonner des enfants autonomes, c'est-à-dire capables d'intérioriser les normes morales pour pouvoir ensuite se les donner à soi-même. L'État qui récompense et punit à la place des parents, méprise les groupes intermédiaires, ignore tout ce qui peut se glisser entre lui et l'individu solitaire, et finit par devenir le maître des esprits et des cœurs. Le rôle de l'État, dans la situation présente, serait davantage d'inciter les parents à remplir leur mission, de les y aider, et éventuellement de les priver d'allocations familiales s'ils négligent de s'acquitter de leurs devoirs légitimes. Sans groupes intermédiaires conscients de leur rôle et même jaloux de leur rôle, l'État devient le directeur d'un immense jardin d'enfants qui tape sur les doigts et distribue des sucettes. Parce qu'il n'a pas les moyens d'éduquer à l'autonomie, il peut seulement répondre en aval aux conséquences des sottises enfantines.&lt;br /&gt; Devoir payer quelqu'un pour qu'il accomplisse son simple devoir, c'est légitimer l'émergence d'une société à la fois irresponsable et matérialiste.&lt;/p&gt;
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