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dimanche, 04 mai 2008
Bernard Debré: "Je suis et je resterai un rebelle."
Entretien publié dans Le JDD,
le 4 mai 2008.
Cette semaine, on fête le premier anniversaire de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Comment expliquez-vous la déception des Français?
C'est tout à fait normal, nous avons trouvé une France dans un mauvais état. Nous en portons tous une part de responsabilité. Je ne veux pas critiquer Jacques Chirac même si j'étais balladurien, mais nous venons de vivre douze ans pendant lesquels nous n'avons pas fait de réformes. Peut-être que cela arrangeait les uns et les autres parce que moins l'on en fait, plus on obtient de popularité. Des réformes étaient donc nécessaires. Et si elles ne sont pas forcément rejetées, elles sont, dans une France conservatrice, à droite comme à gauche, par définition, anxiogènes.
N'est-ce pas aussi parce que les réformes sont le plus souvent synonymes de sacrifices pour ceux qui sont déjà les moins bien lotis?
Les réformes engagées cette année n'ont pas encore produit leur effet. Il faut au moins neuf mois pour en percevoir les résultats. Si l'on prend ce qu'on a appelé à tort le bouclier fiscal, il commence à porter ses fruits. Et bien que l'opposition ne cesse de hurler aux 15 milliards, le bouclier fiscal, c'est d'abord la défiscalisation des heures supplémentaires pour combattre l'effet négatif des 35 heures. Il commence à y en avoir pas mal, il faut aller encore plus loin pour qu'un plus grand nombre de travailleurs en bénéficie. Les heures supplémentaires permettent, à ceux qui le veulent, de travailler plus pour gagner plus.
Finalement, vous dressez un bilan globalement positif de la première année de Nicolas Sarkozy à l'Elysée?
Globalement positif en effet, mais je ne suis pas en tous domaines béat d'admiration. Je suis et je resterai un rebelle. Prenons ce que l'on nous propose sur la révision constitutionnelle - et ce n'est parce que je m'appelle Debré que je suis le gardien de la Constitution -, il est clair que si le projet reste en l'état je ne le voterai pas. Par exemple, la présence du président de la République à l'Assemblée nationale me semble complètement psychédélique: cette disposition risque d'abaisser la fonction présidentielle parce que le chef de l'Etat, en venant dans l'hémicycle, se fera huer par l'opposition, quel que soit le Président, quelle que soit l'opposition. Vous imaginez le Président malmené par les députés passant le soir sur toutes les chaînes de télévision! Et puis, il viendra faire un discours de politique générale à la place du Premier ministre, ensuite il s'en ira et les députés discuteront de ce qu'il a dit en son absence. Cela n'a pas de sens.
09:13 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, justice, constitution, institutions, ump, sarkosy, ps













































































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